J'ai rencontré le Diable
Note moyenne
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Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2014
Depuis sa récente explosion, notamment due à la transition progressive de son pays vers une démocratie fonctionnelle dans les années 1990, le cinéma sud-coréen n'a cessé de creuser plus avant le thème de la vengeance avec toute la fougue, la créativité et la percussion caractéristique des milieux artistiques nouvellement libérés après avoir été trop longtemps maintenus sous camisole. A tel point que s'en est suivie la création d'un sous-genre du polar, dérivé du vigilante, presque exclusivement axé sur la vendetta personnelle. Devenue marque de fabrique, cette obsession fut même le ticket d'entrée des réalisateurs de ce mouvement neuf vers une exportation et un succès à l'international. Si le billet fut validé par Park-Chan Wook et son chef-d'oeuvre Old Boy, le polyvalent Kim Ji-Won avait lui aussi surfé sur la vague nationale en signant A bittersweet life, que je me rend compte avoir peut-être un peu sous-estimé sur le coup. Pourtant, quelques années plus tard et probablement conscient que le filon du film vengeur, presque devenu passage obligé pour tout cinéaste coréen, s'était considérablement épuisé, celui qui est devenu le fer de lance du septième art dans son pays décidait de signer une approche censée condenser de façon exponentielle les thématiques du genre. Une manière à la fois de s'en détacher, d'en signaler les défauts, mais aussi pourquoi pas d'en dessiner un chant du cygne en signifiant sa mort tout en célébrant sa beauté morbide. Il est vrai qu'on retrouve quelque chose de crépusculaire dans cette photo au spectre ponctuel, presque kaléidoscopique mais sans trop de nuances et dans des tons généralement sombres. L'image est froide, la lumière manifestement artificielle, mécanique, et l'ambiance glauque ne se départit jamais d'une beauté inhumaine. Sans contrecarrer la noirceur de son scénario, Ji-Won signe à nouveau quelque chose de profondément cinématographique, avec tout ce que cela signifie de pouvoir de fascination et d'impressions sensorielles. L'entreprise globale, celle d'un corpus filmique complété par une tentative de conclusion, pouvait paraître prétentieuse mais dans les mains de Kim Ji-Won, artiste habitué à se saisir d'un genre pour le décliner avec l'emphase fascinée qui le caractérise, elle semblait avoir tout pour réussir. C'est le cas, à en juger par l'accueil dithyrambique reçu par le film, mais de mon côté, je suis un peu resté à quai. Moi qui m'attendais à voir revivre sous un jour nouveau mais non moins marquant la radicalité surpuissante de Old Boy (je me suis sans doute, une nouvelle fois, trop projeté le film intérieurement avant de le lancer), je suis vraiment resté sur ma faim face à l'emprise trop légère qu'I saw the devil a eue sur moi. Pourtant, le parti pris dénote une absence de concessions qui lance à fond le long-métrage sur la voie de l'expérience totale. Mettant à la fois le genre face à ses limites et le spectateur face à lui-même, le scénario (peut-être un peu étiré, mais bon, là n'est pas vraiment le problème), tient vraiment du génie. Sa conclusion, peut-être un peu trop lisible dans ses intentions, demeure quand même marquante, au-delà du simple rappel à David Fincher que Jee-Won cite parmi ses trois ou quatre réalisateurs contemporains préférés. Le problème, c'est que dans les faits, je n'ai pas été retourné. La violence physique m'a pratiquement laissé de marbre, alors qu'elle est précisément, au-delà du simple argument de vente, la véritable voie d'entrée vers le trivial de ce récit animal et de sa remise en perspective décapante de la nature des pulsions humaines. Dans la même ligne d'idées, je n'ai pas ressenti avec la force escomptée le dégoût, la rage coupable et la jubilation malsaine qui sont visiblement les points d'ancrage sur lesquels le film cherche à s'amarrer. Le problème ne vient surtout pas de Lee Byung-Hun, plein de classe et de violence froide, ni même du world-class talent Choi Min-Sik totalement investi en tueur animal lourd de symbolique. La glace et le feu, qui s'éteignent et se liquéfient pour mêler leurs essences, dans une entreprise d'autodestruction au-delà de tout contrôle. Mais non, ma gêne vient d'ailleurs, sans doute des choix de mise en scène. Dans un premier temps, j'ai adoré la lenteur détachée des cadrages, qui semblaient vouloir banaliser les scènes de dinguerie de Min-Sik pour appeler à un dégoût encore plus prononcé. Ça, ainsi que la découverte rapide de l'identité du tueur, m'ont rapidement porté à espérer un processus filmique original en forme de jeu vis à vis des codes, de détournement des attentes. Mais in fine, l'impression prolongée de voir Kim Jee-Won se refuser à appuyer trop fortement son bagage dramatique (par exemple par une utilisation trop ponctuelles de la bande-son) a handicapé le film à mes yeux. Pour un sujet si jusqu'au-boutiste, j'aurais tellement préféré voir I saw the devil s'abandonner à un baroque sans limite, qui lui aurait donné une assise d'un autre acabit. Terriblement frustrant, I saw the devil est donc un de ces films avec lesquels je n'ai pas réussi à entrer en connexion (un peu comme Memories of Murder), sans doute aussi parce que je ne lui ai pas laissé assez de libertés a priori. Cela ne doit bien entendu surtout pas remettre en question son statut et l'urgence qu'il y a à le voir, qu'on soit rompu ou non au polar coréen. Une oeuvre radicale et majeure.
max M.
max M.

22 abonnés 35 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 octobre 2014
Je vous préviens, le film est entre le thriller et l'horreur avec des scènes à la "Hostel". Mais c'est pas ce qui me dérange. Pour moi, il n'y a rien de nouveau. Voilà je m'attendais à mieux. Les acteurs sont bons, la mise en scène parfaite, les cascades très bien mais il manque un je ne sais quoi qui donnerait envie de voir le film une deuxième fois. Dommage, mais cela dit, ça reste bien au-dessus de la moyenne occidentale/hollywoodienne.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 544 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 octobre 2014
l'impression de voir un film au ralenti : des scènes d'une grande lenteur, une réalisation lymphatique qui alterne avec des situations d'une rare violence réaliste. ce mélange et l'esprit de vengeance poussé à bout en font un thriller glauque et insoutenable. au bout d'1h, c'est déjà trop!
Brian L
Brian L

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 octobre 2014
malsain. fascinant. éreintant. absolument indispensable.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 février 2020
Un chouette tour de train fantôme avec la maestria actuelle du cinéma coréen, tour à tour violent, choquant et émouvant. Pas de doute l'avenir du Thriller est à l'Est!
Gustave Aurèle
Gustave Aurèle

184 abonnés 2 627 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2015
Un jeu du chat et du chat pour une histoire basique de vengeance jalonnée de scènes de tortures. Bien.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 septembre 2014
Un tout grand film du genre thriller, mais aussi un film très, très dur, de par ses scènes d'une grande violence, qui peut effrayer certaines personnes sensibles, mais c'est un tout bon film à voir, pas de temps mort, le bon film, celui que l'on aime voir et revoir, j'ai adoré, même si certaines scènes sont très dures, mais je note sans hésiter 5/5.
Stephane H.
Stephane H.

3 abonnés 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 janvier 2019
I saw the devil est un film tout juste énorme.
Un thriller mêlant action et scènes ultra violentes dont seuls les coréens ont le secret.
Un choi min sik plus fou que jamais!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 novembre 2014
Un chef d'œuvre !!! Je prend plaisir à retrouver Choi MinSik a chaque fois, il excelle en tant que victime et aussi en tant que tueur détraqué sanguinairement répugnant, comme ici. Ce film est dur, il tape la où ça fait mal. Un thriller comme on en redemande.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 septembre 2014
Un film avec pour seul mot d'ordre : Souffrance. c'est clairement un film destiné a ceux qui ont les tripes bien accroché car la violence de ce film est assez dur et difficilement soutenable a certain moment.moment. Kim Jee-woon nous sert la un terrible thriller glauque à souhait qui met du temps à se mettre en route mais qui une fois lancé narre la folie destructrice (dans tout les sens du terme) d'un jeune agent secret (Lee byung-hun) ivre de vengeance partit a la recherche d'un sérial killer psychopathe et schizophréne (Choi Min-sik ), qui a assassiné sa fiancé ,et qui va à son tour devenir le chasseur et Choi Min-sik le gibier. Ce film est superbement mis en scéne et le l'histoire terriblement prenante, chaque scéne est impeccablement travailler, la tension du film monte crescendo j'usqu'a la terrible confrontation finale qui atteint son apogée tant par son dénouement que part le jeu d'acteur des 2 protagonistes. Parlons justement des 2 acteurs principaux qui sont pour moi d'une incroyable justesse , Lee byung-hun interprète parfaitement cet homme ivre de justice qui passe d'un visage calme et serein au désespoir le plus total et à la sauvagerie le plus extrême, quand à Choi Min-sik .... il signe la un jeu d'acteurs absolument terrifiant et magnifique qui ferait pâlir Anthony Hopkins (non je déconne pas) il réussie a passer de l'image du petit gars rondouillard sans importance au plus angoissant et sauvage des sérial killer avec un naturel déconcertant et bluffant, savoir que ce type n'a même pas été nominé au oscars me révolte au plus au point.Maintenant pour moi Choi Min-sik est la référence absolue pour les personnages de dangereux psychopathe.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 septembre 2014
Un vigilante movie qui va jusqu'au bout de son sujet, sans faire de concessions ni pour ses personnages, ni pour ses spectateurs. J'ai rencontré le film haletant, prenant, dérangeant... Dommage que la crédibilité en prenne parfois pour son rhume ceci dit.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 février 2015
Des cris, du sang, beaucoup de sang, de la sueur, de la vengeance, de la folie surtout. J'ai rencontré le diable, c'est d'abord tout ça. Mais , "J'ai rencontré le diable"... Quel "diable" ? Est-ce le tueur psychopathe, dénué de compassion, de peur et même de douleur ? Ou alors n'est-ce pas le petit ami offensé, un Bruce Lee moderne, prêt à tout pour venger celle qu'il aimait, et qui va devenir plus violent, plus fou, que son ennemi ?

Le film est une longue et éprouvante interrogation sur ce grand thème du cinéma, en particulier du cinéma coréen, la vengeance. Bien qu'elle paraisse d'abord légitime, elle en devient bientôt folle, hors de contrôle et profondément repoussante.
Je ne veux pas révéler trop d'éléments sur ce thriller ultra-violent qui est aussi une expérience à vivre.
La réalisation est d'une propreté et d'une intelligence notable, la musique est très réussie et évidemment les deux acteurs sont tous deux hypnotisants. Je pense en particulier à Choi-Min Sink (Old Boy) qui peint un serial-killer comme on en a rarement vu...

Bref, J'ai rencontré le diable, c'est un film dur, ultra-violent et qui marque indéniablement. Le cinéma coréen nous a donc conquis une fois de plus.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2014
Avec «J’ai rencontré le diable», Jee woon-kim signe un thriller sauvage au duel passionnant. Et si le film a des ambitions élevées en citant «Seven» pour l’écriture et «Le Silence des Agneaux» pour les décors, il se distingue aisément de ces références avec une utilisation originale de la violence et en créant un rapport de force unique entre les deux personnages principaux. Car cette opposition entre deux acteurs hyper charismatiques (Byung-Hun Lee en flic déterminé et au regard halluciné, puis Min-sik Choi en serial killer fou à lier qui tue par plaisir et par nécessité) est réellement hypnotisante. Jeu du chat et de la souris, méthodes de frustration et une définition simple de la vengeance (se rendre coup pour coup) sont appliqués par deux êtres qui ne s’expriment donc que par la violence. La fascination du mal est d’ailleurs le grand sujet du film et permet l’ambigüité concernant le réel vainqueur de cette histoire féroce aux moyens de torture surprenants (amateurs de bricolage et de jardinage seront servis). Une réflexion hautement pessimiste sur la nature humaine pour un film stylisé et aux revirements de situations jubilatoires. Le meilleur thriller de la décennie.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 septembre 2014
"J'ai rencontré le diable" ou "I saw the Devil" est un film effrayant sur l'horreur de la bestialité humaine. Le film est d'une rare violence, en effet la violence est montré de manière cru physiquement et psychologiquement. Comme dans une belle quantité de films asiatiques, "I saw the Devil" traite du thème de la vengeance, mais le plus loin possible. Le film est porté par deux acteurs coréens très connus qui sont Lee Byung-hun et Choi Min-sik. Ce dernier est absolument génial en tueur psychopathe pervers. Il a donné tout ce qu'il avait pour le film, il m'a même effrayé à certains moments. Il faut dire que c'est lui qui est à l'origine du film. "I saw the Devil" commence une histoire de vengeance simple: un tueur psychopathe tue la femme du héros d'une manière sauvage. Après cela, le héros va tout faire pour retrouver le tueur et se venger. Et quand il trouve le tueur, c'est là que que le film devient absolument génial et effrayant. Il ne cherchera pas à le tuer tout de suite, il va se mettre à jouer avec lui. Etant donné qu'il travaille pour une agence secrète, il pourra se servir d'un gadget assez jouissif. Au début on prendra part à ce jeu. On sera même surpris de sentir une jouissance de voir le tueur se faire frapper à de nombreuses reprises. Une adrénaline va monter, on sera d'accord avec le héros sur sa décision de faire souffrir ce monstre. Mais au fur et à mesure que le film progresse on commencera à se dire que finalement le héros devrait peut être s'arrêter. Qu'il l'achève enfin. C'est là qu'on comprend que le héros, un jeune homme à la conduite tout à fait normale, devient petit à petit un monstre. Le jeu devient de plus en plus violent et pervers. Cela devient un affrontement entre ces deux "diables". Oui car au début on n'aura pas de doutes de qui est le diable mais passé la première moitié du film, le doute plane. Finalement, spoiler: le tueur finit par être tué. Qui a gagné ? la réponse est simple, le tueur. Il n'a jamais vraiment souffert , pour lui c'était un jeu jouissif auquel il a prit goût, au bout d'un moment. Tout est de la faute du héros, comme le montre la dernière scène du film où il est en pleurs. Toutes les personnes tués par le tueur dans la deuxième partie du film seraient vivantes si le héros avait tué Choi Min-sik tout de suite.
Le héros a absolument tout perdu, sa vengeance a été dévastatrice. Là le film met cette question indirectement en avant, la vengeance est-elle la bonne solution ? Peut être pas finalement. Mais c'est inévitable, c'est un comportement tout à fait humain. Le film est extrêmement violent et sanglant. Le film joue avec nous, au début on jouit de plaisir, à la fin on aimerait que cela s'arrête. Malgré sa durée, le film passe assez vite. La première moitié du film a une atmosphère froide et pesante (en même temps c'est en hiver) avec des cadres très bien filmés. Cela permet de monter un tension jusqu'à la deuxième partie du film, qui est bien plus rapide et rythmée. Le film frôle le chef d'oeuvre avec son exploration dans les comportements les plus bestiaux de l'être humain. Âmes sensibles s'abstenir. Je suis quand même surpris comment Kim Jee woon est passé d'un tel film au "Dernier rempart" qui est certes fun et bien réalisé, reste très loin de "I saw the Devil". Si Kim continu ainsi, il brisera sa carrière tellement bien entamé avec "2 soeurs", "A bettersweet life", "Le bon, la brute et le cinglé" et "I saw the Devil". Bref foncez voir ce film.
BlueSkull
BlueSkull

92 abonnés 523 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 juillet 2014
Dur de formuler une critique pour ce film. Étant régulièrement cité parmi les meilleurs films asiatiques, j'en attendais forcément énormément. Si sur la forme je n'ai absolument rien à reprocher à J'ai rencontré le diable, je n'ai cependant pas réussi à m'immerger complètement dans cette histoire de vengeance. Malgré des cadrages et une photographie impeccables, le long métrage n'a pas eu l'impact émotionnel que j'attendais. Je suis resté hermétique à cette intrigue, qui potentiellement pouvait se révéler éprouvante psychologiquement. Mais étrangement, en dépit des scènes gore et de baston indéniablement parfaitement réalisées, je n'ai pas accroché. Et pourtant l'antagoniste principal avait de la gueule. Peut-être est-ce dû à des personnages pas assez développés, en plus d'une bande son assez fade et banale ? Je ne sais pas. En tout cas, au bout de ces 2h20 de film, j'ai certes assisté à un bon thriller, pourvu d'un scénario extrêmement bien ficelé, d'excellentes performances de l'ensemble du casting et beau visuellement parlant, mais pour ma part, il manquait ce côté poignant qui fait le charme des grands films du genre.
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