Prenez des acteurs has been et un réalisateur qui a enchaîné les ratés, le tout dans une sorte de plagiat maladroit d’Ocean’s Eleven (2002) et vous obtenez ce film.
Si le film se veut plus comme une comédie de cambriolage que comme un film sérieux, cela reste toujours très médiocre.
Connaissant un minimum le système judiciaire américain, je trouve hallucinant les pirouettes scénaristiques invoqués à tort et travers pour illustrer les va-et-vient judiciaires du « méchant » du film.
Ce qui paraît bizarre est que le méchant patron semble volontairement mettre au défi son employé modèle de le voler, sans que cela soit jamais pris en considération dans l’écriture du personnage ou l’histoire globale du film.
Il aurait été audacieux et vraiment malin pour que coup de convertir notre Robin des Bois du pauvre en le transformant en homme cynique et calculateur à l’image de son modèle.
Idem pour le soupçon de romance entre Josh et l’agente du FBI, jouée par la charmante Tea Leoni, intrigue inutilisée au demeurant, qui laisse là aussi un vide dans le film.
Le pire dans cette oeuvre, ce n’est pas que l’humour soit nul ou que le réalisateur n’ait pas eut d’idées, mais qu’il se contente de les esquisser sans jamais développer le potentiel du film.
L’humour n’est jamais recherchée, il manque au film ce côté très absurde et loufoque des frères Cohen, qui auraient vu ces simples employés, victime de la société ultra-capitaliste, tenter de la combattre, en faisant des bourdes, en créant des quiproquos, des situations décalées, etc.
Mais non, on se contente de blagues peu recherchées, de situations digne d’une mauvaise sitcom lambda.
En soi, j’aurai plutôt aimé retrouver au moins en partie le ton d’un Hors d’atteinte (1998) de Steven Soderbergh, quitte à virer dans l’humour noir, et déjouer les attentes du spectateurs avec le décès d’un personnage par exemple.
Aucun acteur ne sort du lot, au-delà de la magnifique Téa Léoni, mais dont le rôle secondaire ne lui donne guère de grain à moudre.
Un combo perdant de piètres réalisateur et d’acteurs disparus des écrans, venu pour payer leur facture de chauffage, que pouvions-nous attendre de plus? ça a le mérite de ne pas être trop ennuyant et de ne durer que "1h45"…