Hallucination, rêve, roman filmé, mise en abîme, ou réalité ?
La voix-off du narrateur est celle de Tom Waits :
Il était une fois :
Hall Baltimore, écrivain en mal d’inspiration œnologique arrive dans une petite bourgade de Californie du nord où rien ne vit, « apparemment », hormis deux vieux policiers et une bande de jeunes gothiques. Certitude ?
Il vient pour dédicacer son dernier livre sur les sorcières dans une quincaillerie.
Œuvre baroque, ce film nous emmène à travers des miroirs dans un jeu de pistes réelles ou imaginaires mêlant habilement présent et passé.
La fiction réelle se mêle progressivement au rêve, ou l’inverse. Les deux mondes s’imbriquent dans un kaléidoscope temporel. L’imagination est dédoublée, le miroir est-il l’envers de l’imaginaire ? On le comprend ce film joue sur les frontières poreuses entre le rêve et la réalité, entre le passé et le présent, entre le noir et blanc et la couleur, entre la clarté et l’opacité, transfigurée par le brouillard. Le brouillard inquiétant de la forêt un soir d’hiver, le petit chaperon blanc ,V, comme vampire, accompagne Hall , perdu dans ses pensées, ses actes manqués, il découvre à travers elle les abîmes de son inconscient torturé.
Ce double parcours, ou plutôt cette douce promenade, nous emmène au beffroi, tour de bois mobile employée au moyen âge dans le siège des villages. 7 horloges n’indiquant pas la même heure tournent inlassablement.
Les gothiques campant autour du siège sont près, peut-être, à assaillir le village
Les vampires sont-ils cette bande de gothique qui colle au village ?
N’ y-a-t-il pas eu un horrible meurtre au 19ème siècle ou est-ce le fait d’un tueur en série aujourd’hui? La morgue du sheriff nous montre encore les traces d’un crime récent
Le lieu mythique est hanté par Edgar Allan Poe dans une apparente certitude. Le double de Hall ?
La technique du split-screen surajoute l’espace à la dimension du miroir :
Le village semble désert et les voitures sans âmes ressemblent plus à de vieux pick up des années 60 qu’à la Volvo de Hall Baltimore. Ainsi le temps se détache laissant place au rêve.
Songe, fantôme, chimère .