Depuis son retour, F. F. Coppola s'est éloigné des grosses productions ruineuses sur lesquelles il n'exerce plus le même contrôle qu'auparavant. Le voilà donc de retour au cinéma de la bricole, celui de ses débuts dans l'écurie Corman sauf que si faire des films rempli d'effets kitschs, tourné avec 3$50, avec des acteurs en roue libre et un propos mal maîtrisé c'est plutôt cool quand on a 30 ans, les faire quand on en a 70 c'est plus problématique. Film de vampires ? Pas vraiment. Film fantastique ? Assurément. Film personnel ? Complètement. Içi, Coppola parle surtout de la culpabilité de la perte d'un enfant et cette perte hante le personnage principal. Coppola exorcise donc la mort de son film et trouve en V. Kilmer un alter ego plutôt convaincant, parfois trop libre de faire ce qu'il veut et qui rappelle aussi le M. Brando de "Apocalypse now". Le casting est par ailleurs assez sympa et l'ambiance happe le spectateur assez vite sauf que la fin est complètement à l'ouest et que son histoire captive moyennement au fur et à mesure, les artifices ne fonctionnant pas et Coppola peinant à tenir son propos. Visuellement, c'est splendide au niveau de la photo, Coppola étant toujours un grand esthète sauf que ce dernier le dit dans les interviews sans fard : il ne s'intéresse plus à la mise en scène, le spectateur moderne, selon lui, ne s'y intéressant pas non plus. C'est bien là la triste vérité sur cet ancien grand du 7ème art : c'est devenu une feignasse, qui n'invente plus (par manque de force intérieure probablement, le feu sacré s'étant éteint il y a quelques temps déjà) qui se contente du strict minimum et qui vit sur sa gloire passée et sa réputation, toujours intacte dans certains cercles cinéphiliques. Sauf qu'il faut ouvrir les yeux, le grand Coppola ne reviendra probablement jamais. Reste donc un film au fort potentiel mais plombé par son rythme, ses effets démodés et un manque d'implication dans la mise en scène ce qui occasionne une trop grande distance avec le spectateur qui aurait eu besoin de plus d'implication pour s'immerger. D'autres critiques sur
Superbe film surréaliste. un "petit" chef d'oeuvre. Val kilmer époustouflant, mais ce n'est pas plus un scoop que de dire de Coppola que c'est un excellent réalisateur, un auteur, un artiste.
Une allure de série B pour ce film peut convainquant. Trop d'erreur et peu de crédibilité, notamment à cause de Val Kilmer qui ne parvient pas à rentré dans son rôle. Le film repose seulement sur de belles images, mais ne parvient en aucun cas à rendre le spectateur bouche bée.
Bon, Coppola livre avec Twixt un film en demi-teinte, avec on le sent de bonnes choses, mais surement délivrée de manière peu claire et absconse. Le casting est convaincant. On retrouve un Val Kilmer très éloigné de ses débuts, mais il trouve de nouveaux rôles du coup, et il s’en empare avec un plaisir évident. Je l’ai trouvé sobre et juste dans ce métrage, et du coup peut-être pas assez exubérant compte tenu du ton du film, mais il livre vraiment une interprétation soignée. C’est le cas aussi de Bruce Dern, pour le coup plus excentrique, et qui amène justement ce qui manque au personnage de Kilmer, sans oublier Ben Chaplin, étonnant Edgar Allan Poe, très convaincant. Au-delà de cela Elle Fanning a une présence magnétique indéniable, même si pour le coup elle n’apparait pas tant que cela, et le film dispose aussi à son avantage de second rôle de belle tenue, notamment David Paymer. Le scénario est déjà moins attrayant. Comme dit en intro, il y a de bonnes idées, on le sent, mais elles sont mal développées. Certaines sont laissées au bord du chemin trop vite, d’autres s’intègrent mal à une narration fragmentée qui manque de fluidité, et le caractère trop souvent métaphysique du métrage finit par lui nuire quelque peu. Je comprends Coppola, je vois ce qu’il a essayé de faire, mais à mon avis il aurait mieux fait de s’orienter vers quelque chose de proche d’Arizona Dreams, où le conte et l’onirisme ne sont jamais loin, mais où l’on a bien les pieds sur terre un minimum. Le rythme en pâtit un peu aussi, car pour un film d’une heure vingt il parait tout de même assez long. Visuellement c’est en revanche très soigné pour voir le petit budget. Coppola livre une mise en scène très propre. S’il ne montre pas une grande ambition lui qui peut se montrer tout de même beaucoup plus audacieux, toutefois son travail est efficace et s’adapte bien au film, à sa tonalité. Les décors sont convaincants, mais l’ambiance et le travail sur la photographie sont nettement au-dessus, instaurant un climax particulier à ce métrage. Il y a certaines scènes qui sont d’une grande beauté, alternant parfois avec des morceaux qui pourrait presque rappeler Sin City (noir et blanc très stylisé, notamment lors de l’exécution), bref Twixt est un mélange d’expériences visuelles imaginatif. Sinon rien d’horrifique ici, en tout cas visuellement, et j’ai été déçu par la bande son. Compte tenu de l’ambiance du métrage j’attendais énormément plus que ce que Twixt propose. Dommage, vraiment. Au bout du compte on ne tient là un film pas déplaisant, avec des atouts certes, mais qui parait tout de même pas tout à fait abouti. Pas très à l’aise au niveau de sa narration et de l’exploitation de son potentiel, il a aussi des ratés notables coté bande son et il est dommage que les décors ne soient pas plus audacieux pour s’adapter au brillant travail sur l’image. J’accorde 3, et les amateurs d’expériences particulières pourront surement apprécier.
Pour la première fois depuis longtemps, je sors d'un film sans savoir si j'ai aimé ou non, à la fois rebuté, intrigué et dérouté par ce trop plein de bouffonnerie gothique.
Un Val Kilmer qui se traine, une Elle Fanning qui n'a jamais su rebondir et voilà une histoire des plus inintéressantes dans un lieu ennuyeux à mourir. Une intrigue plate, sans rebondissements intenses et l'ennuie dès le début.
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3,5
Publiée le 7 mars 2014
Mi-gothique, mi-poètique, "Twixt" donne une impression d'impalpable et d'intangible, comme si le spectateur prenait part à un rêve / cauchemar et pènètrait dans un univers peuplè de fantômes assoiffès de sang! En tout cas, Francis Ford Coppola n'a rien perdu de sa libertè artistique depuis "Youth Without Youth" et "Tetro" dans un conte horrifique placè sous le signe de la maîtrise technique et de l'intelligence! Alliant la bouffonnerie et l'èmotion, c'est un film qui joue sur deux dimensions de manière très littèrale: la dimension satirique et ironique puis la dimension mèlancolique et èmouvante! Val Kilmer en Stephen King du rabais et alter ègo de Coppola, Ben Chaplin dans la peau d'Edgar Allan Poe et Bruce Dern en shèrif novateur (et fabricant à ses heures perdues de nichoir à chauve-souris) sont parfaits! Mais c'est le jeu incroyablement gracieux de la jeune Elle Fanning qui impressionne et son errance avec Kilmer au beau milieu d'une forêt sombre est un joli moment de cinèma, mieux encore un rêve de cinèma! il est juste dommage que le final soit rapidement expèdiè! Reste que "Twixt" nous transporte et rèussit à être drôle et morbide! Ce qui n'est pas si facile à maintenir dans un film sur la perte entre rèalitè frappadingue et univers des rêves, d'un metteur en scène qui a perdu son fils dans un accident de speedboat en 86! Scène reprise - on imagine dans la douleur - dans "Twixt"...
Absolument sans queue ni tête ! On s'attend tout le long du film à ce que ça démarre et arrive la fin comme ça, sans rien du tout. Reste l'ambiance du film qui est plutôt réussie, mais pour le reste...
Francis Ford Coppola est capable du meilleur comme du pire. Et j'ai rarement vu pire que les images/cadrages de cette série B fauchée, en particulier ces horribles séquences en (faux) noir et blanc qui abusent des incrustations numériques comme Val Kilmer avec l'alcool. Du "Sin City au rabais". Ici un écrivain en manque d'inspiration se ballade dans le passé quand sonne minuit... Tiens, exactement comme dans "Minuit à Paris" sorti un an plus tôt... (Très mauvais)
C'est marrant parce que j'avais entendu un peu de tout à propos de ce film : très mauvais, très bon, nanar, aucun intérêt si non signé de Coppola. Bon, déjà moi je suis pas du tout un fan de FFC. Je dis pas qu'il n'a pas fait de bons films, au contraire y en a de très bons, par exemple Apocalypse Now, mais globalement FFC c'est pas trop mon truc, y a plus de films de lui que je n'aime pas que l'inverse. Mais Twixt, bizarrement, m'a plu. Le film a une superbe ambiance, j'aime ce genre de film où un mec arrive dans une petite ville glauque si le réal arrive vraiment à foutre quelque chose. Et FFC y arrive, il a pas mal de bonnes idées, ce clocher et sa façon de le filmer, c'est déjà super. Et puis même si les révélations etc etc. et la tournure de l'intrigue sont un peu décevantes, il y a tellement de trucs réussis, il y a une vraie atmosphère, un vrai univers, que je trouve que le film est vraiment intéressant.
Le Grand Francis Ford Coppola nous transporte dans un film d'horreur assez étrange avec Val Kilmer en écrivain dérangé , Elle Fanning en fantôme, Ben Chaplin dans la peau du légendaire romancier d'horreur Edgar Allan Poe !!! Par le réalisateur de la trilogie du Parrain, de Dracula, de l'Homme sans âge !!!
Ce qui touche dans Twixt, c'est ce parfum mélancolique qu'il exhale - quand on sait que Coppola cherche à remonter le temps, jusque dans ces périodes reculées, bénies où le génie jaillissait de lui comme le pétrôle d'un puits texan, jusqu'aux Jardins de Pierre et la mort de son fils dans un accident de hors bord... Alors oui, le film émeut dans sa dimension psychanalytique, dans ce travail de deuil qu'il essaye d'accomplir pour libérer les forces motrices d'un créateur au point mort. Mais si l'on fait abstraction de tout cela, il faut bien reconnaître que Twixt sort habilement des sentiers battus, fort d'un scénario malin, en revanche, il ne réinvente en rien le cinéma comme mise en abyme du processus de création. Il se pose en faiseur de deuils mais pas de miracle. Un attachant petit polar horrifico-métaphysique diablement futé en somme. Rien de plus.
Bon ... Coppola s'est lancé dans ce genre de cinéma ... Why Not ? Je l'ai vue ni avec regret , ni avec joie (Il n'est pas très long en plus ...) . C'est pas mauvais . Le travaille de mise en scène et de couleurs y est . Après , on prend partie de l'histoire ou pas (Qui est , ce ci dis , pas mauvaise . ) Ce n'est pas trop du Coppola's Style , mais ,a voir a la rigueur .
Le clocher vient de sonner, il est minuit, ou peut-être une heure qui sait ? Le temps dans cette ville perdue des États-Unis ne s'écoule pas de la même façon que partout ailleurs. Ici, c'est différent. C'est pourtant dans ce bled que Hall Baltimore, un auteur en perte d'inspiration, vient faire la promotion de son dernier livre de sorcellerie. Alors que le meurtre d'une jeune fille vient d'avoir lieu, l'écrivain décide de rester pour commencer un nouveau roman. Il y a dans le dernier film de Coppola quelque chose d'atypique, un mélange des genres qui donne à Twixt une saveur particulière. D'abord une ambiance fantastique, où les rêves de Baltimore sont filmés sous une lumière onirique réussie, qui donne une atmosphère envoûtante à ce conte. Flirtant parfois avec l'épouvante mais aussi le baroque (repensons ces effusions de sang à l'excès, rappelant fortement Dracula), Twixt tient également du drame. Fortement inspirée de l'histoire personnelle du cinéaste (mort de son fils en 1986, récit tiré d'un rêve qu'il a lui-même fait), cette œuvre se penche sur un homme perdu, tant dans sa vie personnelle que professionnelle. Incarné par un très bon Val Kilmer, ce personnage sympathique a du caractère, et il ne serait pas choquant de le voir dans un roman policier bien poisseux. En bref, de bonnes idées parsèment cette fiction ici et là, mais cela ne va pas plus loin. Avec ce cadran aux visages multiples, nous sommes perdus dans cet espace temporel infini à l'image de notre imaginaire, et décontenancés par cette histoire de vampires qui ne nous accrochera finalement pas tant que ça.