Avatar, de feu et de cendres, est une pure dinguerie.
Commençons par l'évidence.
Personne n'a jamais pu dire le contraire, Avatar vous propose une aventure tout simplement inédite. En matière d'effets spéciaux (même si ça va bien au delà de cette simple appellation), vous ne verrez nulle part ce que vous voyez dans Avatar.
Ce 3eme opus réussit à rendre le 2nd "petit", celui là même qui rendait déjà le 1er "petit".
Les décors, les engins, les créatures, les scènes de vols ou sous marines, la capture de performance, bref tous les visuels sont absolument renversants et sans commune mesure.
Un univers entier prend forme et vie sous nos yeux de spectateurs et se dévoile de telle sorte que nous en devenons presque les explorateurs. Ce qui est toujours très plaisant, surtout dans un grand récit d'aventure.
Voilà pour l'évidence. Parlons du fond et des détails maintenant.
Dans Avatar, l'immense côtoie l'intime.
Ce décorum toujours plus beau, plus grand, plus merveilleux, débordant de visuels qui célèbrent l'imagination n'est pas une fin en soi. Il est au service d'un récit central, simple en apparence, mais auquel nous pouvons, dès lors, tous nous identifier, une histoire familiale.
Plus précisément, l'histoire d'une famille vivant en temps de guerre et toutes les épreuves que cela représente.
Voici donc un autre élément qui rend Avatar grandiose, les personnages sont au centre de tout.
Ils ne sont jamais laissés de côté. Les épreuves et leurs interactions les font évoluer respectivement et font avancer le récit et sa dramaturgie.
On aborde le deuil, la colère et même la haine, la culpabilité, la vengeance, mais aussi la parentalité , la fraternité, l'amour, l'amitié, l'abnégation... voilà que dans un blockbuster à plusieurs centaines de millions de dollars, la simple question du père et du fils devient un élément central.
Pour citer un exemple, le personnage de Quaritch n'est plus le même à la fin de ce film par rapport à la fin du précédent. Il n'était déjà plus le même à la fin du précédent par rapport au premier...
Autre exemple, le traitement de Spider. Un personnage que je trouvais un peu casse-gueule, presque dissonant. Je ne voyais pas trop où on voulait en venir avec lui. Mais maintenant tout est clair, il est totalement intégré dans le recit de cette famille, ce qui apporte une impression d'aboutissement bienvenue.
Enfin il y a la croisée des genres.
On dit d'Avatar que c'est de la SF, on a raison. Mais Avatar va bien plus loin. Le fantastique est présent, un peu plus à chaque opus.
La dimension spirituelle et la connection (symbolique et littérale dans cet univers) entre les êtres et la nature mais aussi les êtres entre eux, prennent de l'ampleur tout en parvenant à parfaitement se marier avec l'univers SF dépeint en premier lieu.
En bref, voir des chamanes (les tsahíks), une entité divine naturelle (Eywa, alter ego de Gaïa), ou encore des pouvoirs élémentaires ou une revisite de l'immaculée conception dans un univers de SF, n'est pas une chose si courante.
Ajoutez à cela la dimension dramatique du récit familiale qu'on a évoqué plus haut, la dimension épique du récit initiatique (qui concerne plus d'un personnage), la réflection sur l'écologie, le consumérisme etc et vous obtenez... Avatar.
Certains diront peut être qu'il y a une impression de redite. Pour moi, c'est ne pas avoir vraiment suivi l'histoire et les personnages que de penser cela.
Oui des scènes, souvent de batailles, peuvent évoquer le 1er ou le 2nd. C'est ce que l'on appelle une synthèse, reprendre des éléments précédents, les fusionner pour arriver à un aboutissement, encore.
Le 1er était très aérien, le 2nd d'avantage sous marin, ici il y a les deux en plus grand, plus immense même. Des créatures sous marine gigantesques face à une armada de navires, des nuées de créatures volantes antagonistes qui remplissent l'écran... bref du vrai grand spectacle mais le plus intéressant est de voir comment la dynamique entre les personnages a évolué entre temps.
Jake et son fils Lo'ak, Quaritch et son engagement militaire, Neytiri et Spider, Kiri et son "don"... autant d'éléments qui donnent de nouvelles dynamiques aux batailles, même si les camps restent les mêmes.
Bon j'ai beaucoup évoqué la saga et pas seulement ce troisième opus mais il est dans la continuité logique, efficace et émotionnelle des deux premiers.
C'est un pur régal de suivre cette histoire dans ce monde fantastique.
J'ai noté toutefois une physicalité des Na'vis encore plus prononcée dans cet opus, notamment avec le peuple des cendres et surtout sa chamane Varang, mais aussi Quaritch et Neytiri. Egalement dans le langage des signes utilisé par le peuple de l'eau (oui, il y a tout ça aussi dans Avatar). Ce qui les ancre toujours plus dans la réalité. Un vrai plaisir.
Je souhaite conclure en disant que malgré son carcan estampillé SF, Avatar est en réalité la continuité, l'évolution des grands récits d'aventures dramatiques que nous avons suivi via la littérature et le cinéma.
C'est l'héritier des James Fenimore Cooper, Edgar Rice Burroughs, Léon Tolstoï ou encore John Ford.
En fait, Avatar est l'évocation des grands récits immémoriaux, version 21eme siècle.
Nous avons bien de la chance d'avoir cette saga à nôtre époque.
Un film formidable dans une saga exceptionnelle.