Plus qu'une enquête. Une manière différente de traiter l'enquête elle même. Ce qui fait donc de ce film un objet original pour son fond principalement. En effet, nous sommes plongés dans l'arrestation de terroristes irlandais s'en prenant à la civilité Anglaise. On connait bien ce conflit et ce film nous livre une représentation de cette bataille dans son intimité, une guerre sous silence imposé entre les services secrets anglais et cette bande terroriste irlandaise issue de l'IRA. Ce traitement intimiste nous plonge dans la vie simple de cette " héroïne " qui va devoir trahir les siens pour son fils. Et choisir une si jolie fille, ça ne nous laisse pas indifférents. Oui ce choix de casting se révèle très juste pour le déroulement de l'énigme. Elle respire la peur, l'amour, la beauté; elle est inoffensive, fragile cachant une morale sombre, dure encadrée par des frères bien plus inquiétants à vue d'oeil. Ce décalage nous permet de rentrer dans cette logique d'affrontement que dégage cette partie de Belfast déterminée à faire valoir leur identité irlandaise. Cette enquête ne sera plus une enquête dès lors que Colette sera amenée à collaborer pour les Anglais. Un film d'une belle dramaturgie, laissant la corruption, l'espionnage et la fraternité se déchainer et donc se délier avec brio et surprise. D'autant plus que sans dire explicitement la cause du conflit, on comprend rapidement ou nous nous retrouvons durant l'intrigue. Une narration belle et profonde pour l'adaptation du roman de Tom Bradby qui ne doit pas y être pour rien dans la réussite de l'écriture filmographique.
la force du film c'est à mon avis l'intimité créée avec les personnages (Andréa Riseborough et Clive Owen) filméé à la façon du cinéma réaliste britannique, sans concession et pointu..... Le film suit principalement la jeune et belle actrice qui doit servir de "taupe" pour éviter la prison, elle infiltre donc son propre milieu mais les évènements vont la placer en porte à faux... le film est plus dans la suggestion et propose une jolie palette d'émotions....Peu ou prou de violence, pas de didactisme ou de condamnation, les faits relatés sont semblent ils vécus et nous montrent l'étranglement auquel sont soumis les irlandais.... Un film plutot subtil si on en juge la fin (que je ne raconte pas) et qui montre que rien n'est acquis dans un camp ou dans l'autre.... Dans des teintes sombres (pouvait il en être autrement ?) voila une Irlande politisée avec précision et à propos, même si c'est une page à priori d'histoire qui est décrite....J'ai apprécié
Mou mais réaliste ! "Shadow dancer" se penche sur les activités de l'IRA sous un trait d'espionnage en renonçant aux scènes marquantes mais en misant le tout sur les prouesses d'actrice d'Andrea Riseborough, qui porte littéralement le film à elle seule, en l'accompagnant d'une musique agréable. Le manque de panache reste tout de même regrettable.
Début intense, fin explosive et au milieu que de longueurs ! Film malgré tout déroutant et peut se voir sans que l'on regarde l'heure ! Mais aurait pu mieux faire.
Ne cherchez pas le thriller sulfureux,ni angoissant, ni hyper vitaminé...ici c'est une question d'atmosphère et d'ambiance. Comme une ballade Irlandaise, un peu froide, le temps s'est suspendu. Une jeune femme ancienne activiste conclue un marché avec Mac (Clive Owen agent Anglais ) afin qu'elle puisse surveiller de l'intérieur sa propre famille au détriment d'un danger permanent mais en échange de sa liberté. 1993 c'est déjà les dernières années actives de l'IRA...mais les fanatiques rôdent toujours. Owen campe un espion de sa Majesté...loin du JB 007 plutôt pataud et gratte-papier. Une mise en scène classique et parfois prévisible mais les acteurs sont convaincants. Une fin également en demie-teinte...même si une certaine logique l'emporte...nous pouvions espérer une idylle plus joyeuse...
Sur fond de conflit anglo-irlandais, James Marsh propose un film d'atmosphère, plutôt muet et particulièrement tendu. Suspicion et faux-semblants sont les mots d'ordres de ce thriller politique, à la croisée du film d'espionnage . Malgré l'authenticité de son propos, "Shadow Dancer" souffre d'un manque de rythme et n'offre à ses personnages que peu de psychologie.
Un film d espionnage naturaliste sans grands effets qui se concentre plus sur les individus que sur les actes. L ambiance du film est assez voilée voir brumeuse comme les personnages qu il observe, qui agissent au fur et à mesure qu ils avancent et découvrent les tenants et les aboutissants. Un film qui dégage une forme de fatalité.
Un film prenant du début à la fin malgré le rythme relativement lent. Froid, clean, délicat, "Shadow Dancer" n'est ni du divertissement ni plein d'action, mais nous tient en haleine et nous donne une fin plutôt inattendue. C'est bien joué, bien réalisé, et il faut parfois bien suivre.
Parce que petite, elle a vu son cadet mourir d’une balle perdue pendant les Troubles irlandais, Colette a rejoint ses frères à l’IRA. Mais la police l’intercepte à l’issue d’un attentat raté dans le métro de Londres. Sentant qu’elle cherche à s’éloigner de l’activisme pour élever son fils, les services secrets la forcent à devenir indic. Et le tiraillement commence. Shadow dancer n’est pas de ces films de spectacle, où des héros maquillés déroulent les vannes avant une explosion, après une séduction. Il est cru, raide, gris, furieusement vrai. La caméra s’attarde sur les immeubles aux murs décrépis, le ciel chargé de pluie, les banlieusards aux visages pâles et au jogging bouffant. Mais c’est ce réalisme, porté par des acteurs tous excellents et un scénario très construit qui rend l’objet si intense. Un jeu de dupes où chacun tente de sauver sa peau en jouant de manipulations et de faux-semblants. La lenteur des scènes toujours aboutit à un événement imprévu, une torture dont on ne devine pas la fin, un aveu qu’on n’attendait pas. Le sujet était captivant, le traitement l’est tout autant. Une réalisation d’une grande finesse, et à la fois extrêmement forte. Il faudra surveiller ce James Marsh.
L'une des plus prometteuses bandes annonce qu'il m'ait été de voir: un style épuré pour une intrigue resserrée mise en valeur par un jeu d'acteurs hors pair. Assez proche de ma conception du cinéma, simple et efficace. Le film n'en reste pas moins satisfaisant. Nous nous situons du côté de cette mère irlandaise célibataire qui a accusé la responsabilité de la mort de son frère 20 ans auparavant. La mise en scène est dépourvue de fioriture qui accompagnerait le spectateur par la main jusqu'à sa sortie prématurée au générique de fin. Je regrette le jeu d'acteur encore trop dans le genre qui dénature l'aspect réaliste quasi-documentaire. On hâche ses mots pour attendre que l'autre nous réponde de la même manière. Style film noir américain des années 50. On tente le travelling arrière à l'épaule au risque d'avoir une image en marche et insupportable à regarder. On multiplie les surcadrages pour donner de l'amplitude et du caractère au hors-champ, mais le rythme a du mal à suivre. La scène de la découverte de la mort du 1er indic dans la famille représente ce que je serais enclin à critiquer: une mise à distance soulignée par l'efficacité des plans serrés quasi-immobiles. Tout cela a pour conséquence un effet soporifique, presque dérangeant. A force d'ouvrir le rideau de la chambre, on fermerait celui de l'écran. Marsh a finalement succombé à l'inévitable attraction dominant/dominé. Ecarté aussitôt par une nouvelle ombre. Il s'excuse du baiser non-partagé. Aux spectateurs d'interpréter... Ce que j'aurais tendance à proclamer si l'ensemble m'était plus familier.
Une excellente surprise! L'histoire est tordue à souhait et cependant cohérente quant aux développements psychologiques des protagonistes. Le suspense m'a happé et je n'ai ressenti aucune longueur. Derrière la façade glaciale normale de gens habitués à la guerre civile larvée, la tension monte, et faute de trouver un dénouement à l'américaine, semble vouloir tourner en eau de boudin, avant de finir en ballade irlandaise, à la façon de "si tu ignores où tu vas, regarde d'où tu viens", sauf qu'ils viennent de la violence armée. On est très loin d'une éloge romantique de l'IRA, et tout aussi loin de l'autre camp. L'atmosphère (décors , etc) est crédible, et les acteurs intenses et justes portent avec puissance un scénario brillant qui déplaira aux shootés à l'action boum boum (nos vies sont-elles pourtant plus faites de kalashnikovs et de vengeances sacrées ou de tensions émotionnelles et de dilemmes?). A voir, d'autant plus que malheureusement le nombre de copies n'est pas égal à l'attrait légitime exercé par ce beau film qui met en scène une tragédie exempte de toute inauthenticité à formuler à son encontre, ce qui est encore plus rare.
Ce thriller est d'une psychologique très complexe. Il nous met au cœur du terrorisme en Irlande. Malheureusement, son calme et son aspect pessimiste lui donne aussi un côté soporifique. On retient néanmoins un rôle agréablement discret pour Clive Owen qui ne vole pas la vedette à la sublime performance d'Andrea Riseborough. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44