Lorsque le réalisateur de documentaires anglo-saxon James Marsh (« Le funambule », Oscar en 2009) s’attelle au drame format cinéma, cela donne « Shadow Dancer », film britanniquo-irlandais présenté dans divers festivals en 2012, et récemment sorti en France. Récompensé du Hitchcock d’or ainsi que du prix du public Studio Ciné Live au Festival du film britannique de Dinard en octobre dernier, « Shadow Dancer » réunit pour la première fois à l’écran le british Clive Owen et la jeune actrice qui monte, Andrea Riseborough.
Thème abordé au cinéma sous différents angles (« Au nom du père », « Ennemis rapprochés », « Ordinary Decent Criminal », « Bloody Sunday »), le sujet brûlant de l’IRA continue son bonhomme de chemin sur les écrans en interrogeant les foules à chaque nouvelle mouture. Aujourd’hui, c’est James Marsh qui se charge de faire vibrer le public au son des balles de mitraillettes de ses activistes.
« Shadow Dancer » commence sur les chapeaux de roue, enchaînant d'entrée successivement les deux séquences les plus fortes du film. La première nous fait faire connaissance avec la jeune Colette, militante de l'IRA, lors d'un attentat avorté dans le métro londonien, James Marsh ayant choisi, à juste titre, de filmer cette scène inaugurale de manière réaliste et hypnotique. La seconde est l'objet de la rencontre ténébreuse entre Colette et Mac, un agent secret britannique, interprété par un Clive Owen à l'éternel regard de cocker battu, lors d'un rugueux interrogatoire.
Moins poignant qu’un Greengrass, moins alarmant qu’un Sheridan, moins percutant qu'un Pakula, le film de Marsh, à la mise en scène intrépide, authentique et élégante, souffre par la suite d’un défaut soporifique indéniable, débouchant sur un thriller politique doublé d'un mélodrame terne et sans l'ambiguïté attendue, dans une situation qui aurait dû la développer.
Si Clive Owen se contente de faire le boulot dans un rôle pas évident à négocier, il faut surtout saluer la révélation Andrea Riseborough comédienne ayant débuté sur les planches londoniennes, puis fait ses preuves au cinéma, dans un premier temps avec le réalisateur Mark Romanek sur « Auprès de moi toujours », puis avec l'aide diva Madonna dans « W.E. ». L'actrice a, semble-t-il, conquis le cœur d’Hollywood avec cette brillante interprétation, et devrait la reconnaître, si tout va bien, en star étincelante grâce à sa participation dans le très attendu « Oblivion » de Joseph Kosinski, aux côtés de Tom Cruise. Domhnall Gleeson, plus roux que son père (l’acteur Brendan Gleeson), erre, quant à lui, sans panache dans les limbes de ce « Shadow Dancer ». À se demander s'il ne s'est pas perdu dans le film !
Bilan : Avis mitigé sur le premier long métrage de James Marsh, qui recèle un scénario habile et une mise en scène irréprochable, mais nous laisse frustrés quant à la vérité du cinéma !
Shadow Dancer s'érige dans la lignée de thrillers comme celui d'Haneke, Caché, bien que le film de James Marsh soit un peu moins politique. La réalisation est soignée, les non-dits font le film et les ouvertures sont multiples.
Honnêtement exécuté, « Shadow dancer » ne décolle pourtant jamais vraiment. Le choix du réalisme et de l’étude de caractères est tout à fait recevable, les comédiens sont convaincants, malheureusement le scénario et la mise en scène sont par trop scolaires. Le choix du non-spectaculaire manque de densité et débouche sur une dramaturgie trop aplanie et des personnages un peu trop fades. Dommage, car l’intrigue recélait de vrais enjeux dramatiques et des personnages soumis à de forts cas de conscience. Au final, on a un peu de mal à vibrer avec eux…
En lisant les critiques on voit que ceux qui notent mal sont ceux qui n'ont rien compris au film et ceux qui aiment les happy end et autres films ou on leur mâche tout. Shadow Dancer est un excellent film psycho-policier. L'ambiance est envoûtante et les acteurs exceptionnels !
J'ai aimé : l'évolution de la relation (Owen/Riseborough), le suspense saisissant, l'intensité/puissance surprenante, la simplicité et l'efficacité.
Petit film (comparé à Lincoln, Django, Les Misérables, …) qui ne fait malheureusement pas grand bruit dans l’hexagone malgré le fait que la presse française l’a majoritairement bien accueilli. Excellent thriller porté par un scénario millimétré qui nous entraine dans une histoire dramatique à la sauce Irlandaise. Shadow Dancer vous surprendra !
Un film un peu lent, avec des scènes et des plans dont on aurait pu se dispenser. Le début met du temps à démarrer sans que l'on sache où cela nous mène. Heureusement par la suite, ça s'arrange un peu avec un peu plus de moments avec de petits rebondissements pour éviter un film plat. Je ne le conseille pas spécialement, mis à part pour ceux qui savent à quoi s'attendre et qui envie de voir ce film.
D'habitude, ces histoires de conflit anglo-irlandais, ça me gonfle profondément. Les derniers exemples que j'ai en tête en tout cas ne me rappellent rien de bon (tousse – Hunger – tousse). Mais bon... Ce "Shadow Dancer" a tout de suite eu ce mérite de commencer tambour battant. Tout est posé très vite, et le trio Andrea Riseborough – Clive Owen – Gillian Anderson fonctionne rapidement. L'intrigue dispose en plus de suffisamment de révélations, habilement distillées qui plus est, pour faire en sorte que jamais "Shadow Dancer" n'ait à trop se reposer sur sa « cause » (...faiblesse dans laquelle succombent trop de films sur le sujet). En somme, James March a tellement bien ficelé son propos, qu'il n’avait plus qu'à faire preuve de sobriété et de maîtrise au niveau de la forme pour emporter le tout. C'est ce qu'il a fait, si bien qu'au final son film est humain, touchant, mais aussi tendu... et même parfois un brin cynique. Un film simple en fin de compte, mais remarquablement mené. Parfois, la différence, elle est juste là...
L'une des plus prometteuses bandes annonce qu'il m'ait été de voir: un style épuré pour une intrigue resserrée mise en valeur par un jeu d'acteurs hors pair. Assez proche de ma conception du cinéma, simple et efficace. Le film n'en reste pas moins satisfaisant. Nous nous situons du côté de cette mère irlandaise célibataire qui a accusé la responsabilité de la mort de son frère 20 ans auparavant. La mise en scène est dépourvue de fioriture qui accompagnerait le spectateur par la main jusqu'à sa sortie prématurée au générique de fin. Je regrette le jeu d'acteur encore trop dans le genre qui dénature l'aspect réaliste quasi-documentaire. On hâche ses mots pour attendre que l'autre nous réponde de la même manière. Style film noir américain des années 50. On tente le travelling arrière à l'épaule au risque d'avoir une image en marche et insupportable à regarder. On multiplie les surcadrages pour donner de l'amplitude et du caractère au hors-champ, mais le rythme a du mal à suivre. La scène de la découverte de la mort du 1er indic dans la famille représente ce que je serais enclin à critiquer: une mise à distance soulignée par l'efficacité des plans serrés quasi-immobiles. Tout cela a pour conséquence un effet soporifique, presque dérangeant. A force d'ouvrir le rideau de la chambre, on fermerait celui de l'écran. Marsh a finalement succombé à l'inévitable attraction dominant/dominé. Ecarté aussitôt par une nouvelle ombre. Il s'excuse du baiser non-partagé. Aux spectateurs d'interpréter... Ce que j'aurais tendance à proclamer si l'ensemble m'était plus familier.
Ennuyant, on a le sentiment d'une fin tronquée, des grosses bizarreries dans le scénario qui le rende incompréhensible sur la fin. Je ne vous le recommande pas
Film d'espionnage ou policier, c'est selon, qui ne paie pas de mine mais qui en a sous le capot il faut bien l'avouer. Clive Owen impose sa stature et sa classe mais l'actrice A.Riseborough le lui rend bien également. Un film poignant dans un microcosme ultra violent et radical des membres de l'IRA, surveillés sous tous les angles par le Royaume-uni.
Un film sans grand interet. Les personnages manquent de relief et donnent parfois l'impression de ne faire que passer sans conviction. A voir si il n'y a rien d'autre
Bon film, bon sujet, Clive Owen très bon et une fin inattendue mais que de longueurs. Des moments très fades et mous à l'image de l'actrice principale, Andréa Riseborough.