Comédie parodique réalisée par Larry Charles, The Dictator est un très bon divertissement. L'histoire nous fait suivre l'Amiral Général Aladeen, fils d'un dictateur lui ayant succédé à la tête de la République de Wadiya alors qu'il venait de fêter ses sept ans, au détriment de son oncle Tamir, qui espérait accéder au pouvoir. Régnant en maître sur ce petit État pétrolier situé dans la corne de l'Afrique, le dictateur, qui développe un programme d'armes de destruction massive, se voit sommé par les Nations Unies de s'expliquer, faute de quoi une intervention militaire serait mise en œuvre. Conscient des risques qui planent sur son pouvoir autocratique, il se résout à voyager jusqu'aux États-Unis afin d'intervenir au Conseil de Sécurité de l'ONU. Seulement, arrivé sur place, son oncle va le trahir en mettant en application un plan visant à le faire assassiner et à le remplacer par un sosie, un éleveur de chèvres simplet. Ainsi, Tamir espère instaurer une démocratie de façade lui permettant de faire main basse sur le pétrole wadiyen. Commence alors un périple pour l'Amiral Général Aladeen qui tente de reprendre sa place, non pas sans difficultés. Ce scénario s'avère franchement plaisant à visionner pendant toute sa courte durée d'une heure et vingt minutes. L'intrigue débute en exposant la façon dont est arrivé au pouvoir l'homme, ainsi que sa personnalité fantasque et autoritaire. S'ensuit une mésaventure savoureuse donnant lieu à des scènes toutes plus délirantes les unes que les autres. Le récit s'appuie sur de véritables dictateurs ayant sévit afin de nous offrir ce portrait semblant fictionnel mais pourtant hélas réel pour certaines populations. Le ton se veut politiquement incorrect à la faveur de gags trashs et sans restrictions se lâchant complètement en s'en prenant à tout le monde. L'humour vulgaire et obscène fonctionne parfaitement en décrochant de nombreux rires et sourires tout du long. C'est franchement drôle. L'ensemble est porté par des personnages hauts en couleur, à commencer par la tête d'affiche. Un rôle parfaitement incarné par un Sacha Baron Cohen s'en donnant à cœur joie à jouer ce Guide suprême misogyne, anti-occidental et antisémite. Cela est d'autant plus réjouissant quand on sait de quelle confession il est réellement. Il est entouré par une distribution tout aussi appréciable comprenant Ben Kingsley, Anna Faris, Jason Mantzoukas ou encore John C. Reilly. Tous ces individus entretiennent des rapports amusants, soutenus par des dialogues qui le sont tout autant. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère de bonne facture. Sa mise en scène amène bien les gags et évolue dans des environnements plaisants alternant entre le pays fictif et la ville de New York. Ce visuel contrastant est accompagné par une bande originale particulièrement appréciable à la faveur des ses titres aux sonorités arabisantes. De plus, celle-ci intègre de nombreux morceaux connus en version arabe qui sont tout aussi bons. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à The Dictator qui, en conclusion, est un long-métrage hautement sympathique, faisant passer un très bon moment de détente, méritant donc largement le coup d'œil.