A la différence de son remake (Vanilla Sky), "Ouvre les yeux" entre beaucoup plus rapidement dans le vif du sujet et se montre bien plus cruel, avec de réelles hallucinations chez le personnage principal. Ce qui est impressionnant est que la majeure partie des scènes et dialogues seront reprises pour le remake, ce qui efface presque cet original, beaucoup plus sombre et tout aussi bien joué, encore que le personnage principal est plus colérique et joue peut-être mieux que Tom Cruise (Sauf en ce qu concerne le charme naturel pour lequel Tom Cruise est bien meilleur). Un bon thriller.
Vraiment original, film fantastique par excellence. Si le début est un peu long a se mettre en place, on fini par rentrer dans le film et dans ce scénario hors du commun.
Thriller espagnol par le talentueux Alejandro Amenabar (Les Autres, Regression), Ouvre les yeux raconte son scénario par l'intermédiaire des flash-backs de son protagoniste César, jeune homme de vingt-cinq ans enfermé dans une unité carcérale, où un psychiatre l'aide à prendre connaissance des circonstances qui l'ont amené à commettre un meurtre. On suit alors son passé lors de longues phases, en revenant par moment dans le présent où s'ensuivent des dialogues avec le psychiatre. Lors d'une fête à l'américaine dans son vaste domicile, il cherche à échapper à Nuria, sulfureuse jeune femme dans sa robe rouge semblant être son ex, en allant aborder Sofia, une inconnue assez proche de son ami Pelayo et brillamment jouée par la très jeune Pénélope Cruz (Vanilla Sky, Bandidas, Pirates des Caraïbes la fontaine de jouvence). Forcément, il s’attache bien plus à cette fille qu’il ne veut bien l’avouer (ce qui est d’ailleurs très bien rendu dès les premiers instants où ils se retrouvent seuls) et attise la jalousie de Nuria, pour qui il semble tout de même garder un certain attachement spoiler: étant donné qu’il accepte de passer du temps avec elle en attendant de revoir Sofia.
spoiler: Mais lors d’un accident de voiture provoqué volontairement par Nuria, César se réveille défiguré et de graves confusions apparaissent dans sa perception de la réalité : croyant retrouver sa bien-aimée Sofia, c’est parfois le visage de Nuria qu’il voit apparaître, en plus de cauchemars le remontrant défiguré, ayant retrouvé son vrai visage entre temps. Plus le scénario avance, plus il met en doute son équilibre psychique et imagine être victime d'une vaste machination. L’ambiance est souvent maussade et les musiques mélancoliques voire d’une grande tristesse renforcent le sentiment de solitude et de souffrance du personnage principal, qui a bien du mal à s’accepter défiguré et qui se sent facilement rejeté par les autres. Son visage balafré rappelle des créatures comme Edward aux mains d’argent, ou encore les figures de Double Face et de Matt Hagen dans la série animée Batman.
Assez complexe dans son déroulement, les scènes avec le psychiatre renforcent le sentiment même d’incertitude du spectateur, qui ne sait pas vraiment si César rêve, ou même s’il est mort. On entend cela dit parler assez tôt de spoiler: cryogénisation et ça met la puce à l’oreille, tout comme la société qui dit permettre de continuer une vie pendant un coma, le temps qu’un remède soit trouvé. Emouvant et très prenant grâce au fort cachet que soumet le réalisateur, Ouvre les yeux est une grande œuvre psychologique qui fait réfléchir et offre même une fin incertaine, bien que spoiler: César semble bien se réveiller après s’être jeté dans le vide. Amenabar participera à la production du remake Vanilla Sky qui sortira quatre ans plus tard, dans lequel Pénélope Cruz reprendra son rôle de Sofia.
Pour son deuxième long métrage, un an après "Tesis", Alejandro Amenabar place déjà la barre haute dans le domaine du thriller parano en surfant sur une atmosphère à la David Lynch. "Abre los ojos" est un film étrange et relativement complexe, une expérience intéressante et sensorielle, beaucoup d'émotions différentes s'y croisent au travers d'un scénario alambiqué et particulièrement travaillé. Les acteurs jouent juste et les dialogues les y aident bien, une raison supplémentaire de plonger dans cet univers atypique, plein de faux-semblants et toujours sur le fil de la réalité, un voyage déroutant dans la psyché du personnage principal jusqu'à un twist étonnant. Bon moment de ciné.
Je vois ce film 15 ans environ après sa sortie. Alors suis-je plus bête que tout le monde ici car aux vues des critique enflammées, j'aurais dû être complètement sous le charme de ce film. Encore eût-il fallu que je comprenne quelque-chose à cette histoire alambiquée, confuse, tirée par les cheveux. Le début me semblait prometteur pourtant mais rapidement ça part dans tous les sens même si le postulat de départ était intéressant. La fin ou l'explication de l'histoire est pétrie de facilité scénaristiques. S'ajoute à cela une musique grandiloquente, pompeuse à souhait qui m'a quelque peu tapé sur les nerfs. J'avais détesté Vanilla Sky mais alors détesté et après avoir lu que l'original était beaucoup plus réussi, je me suis laissée tenter. Mouais....
Comme son remake Vanilla Sky qui lui est d'après les souvenirs que j'en ai d'une totale fidélité, Ouvre les yeux est un dédale psychologique laborieux. Alejandro Amenábar y reproduit les erreurs de Tesis, son premier long-métrage : chercher à troubler et perturber par une complexification horizontale de l'intrigue, quitte à laisser de côté une crédibilité et une cohérence (tant vis à vis de l’enchaînement des événements que du respect des lois naturelles du rêve) qui sont très loin d'apparaître limpides. A trop vouloir démêler rationnellement ce sac de nœuds, on perd de côté le trouble et la peur, qui ne sauraient survenir quand on dissèque mentalement scène par scène en espérant les remettre dans l'ordre avec la froideur méthodique d'un enquêteur. Construit comme une devinette, ou une énigme géante, Ouvre les yeux est de ces films à twists construits de façon mécanique, et qui finissent par devenir imperméables à l'émotion. Ici, c'est presque criminel, parce que le début du film est au contraire riche, prenant et bien construit, jouant avec force sur le rapport schizophrénique du personnage aux femmes (entre séduction vaniteuse et amour véritable pour Sofia) pour tisser solidement son récit comme la conséquence véritable des névroses de son personnage et non comme un simple prétexte à des soubresauts narratifs vides de sens. Dans une veine similaire, Inception est déjà bien meilleur, parce que sa progression participe d'un épaississement et d'une complexification des enjeux (la certitude de la réalité des choses, l'acceptation de l'illusion, le pardon du personnage envers lui-même) et non d'un simple jeu de marionnettes où le réalisateur prétend révéler par petites touches la réalité finale de son récit. Mais, construite trop arbitrairement et sans respect d'un but, d'une direction émotionnelle, celle-ci perd toute substance, et quel qu’eut été le dénouement d'Ouvre les yeux, j'y aurais été également indifférent.
Une idée de scénario originale et intelligente mais une réalisation beaucoup trop longue. Certes c'est un bon film au début, à la fin mais tout le reste est si ennuyeux qu'il est difficile de ne pas décrocher, et ce serait une très grosse erreur puisque le meilleur reste à voir...
Alejandro Amenábar m'avait déjà prouvé ses capacités de réalisation avec Les Autres et il ne fait que confirmer son talent avec Ouvre les yeux, dont il est également scénariste. Il livre ici une histoire qui emporte le spectateur dans le même cauchemar que son personnage principal. Ce qu'il faut retenir de ce film c'est sa construction non-linéaire qui est vraiment originale. Elle prend littéralement la forme d'un puzzle : le réalisateur commence par nous présenter les différentes pièces (des scènes qui n'ont pas l'air d'avoir grand rapport entre elles) puis, dans un second temps, passe à l'assemblage et constitue une image qu'on ne pouvait distinguer au début. C'est d'ailleurs à ce moment que le personnage principal commence à douter, que les apparences deviennent floues et l'aventure s'enfonce dans quelque chose de résolument plus sombre. Beaucoup d'enjeux du film reposent sur le point de vue, un thème que j'affectionne tout particulièrement. Des questions comme "Qui est Sofía ?" ou bien "Comment est réellement le visage de César ?" ne trouveront pas qu'une seule réponse, et leur sens évoluera au fur et a mesure que l'histoire avance. Amenábar multiplie les références visuelle à cette idée, comme par exemple la douche ou le moment des photos. Porté par une réalisation qui s'assombrit de plus en plus, Ouvre les yeux possède néanmoins un dénouement serein, qui permet au spectateur de faire le point sur ce qu'il a traversé et de réfléchir sur la frontière ténue entre réalité et fiction.
Abre Los Ojos (à voir en V.O.S.T.F) est peut-être LE film le plus intense et intéressant jamais réalisé par Alejandro Amenabar ! Il n'a jamais fait aussi bien avant ni après ce film !
Oh, je ne dis pas que ce qu'il a fait avant (Tesis) ou après (The Others, Mar Adentro) sont nuls, ce sont de très bons films mais Abre Los Ojos a atteint des sommets ! Je fais volontairement abstraction du film qui ont suivi Mar Adentro (Agora) dont la qualité est, par contre, clairement mise en cause et qui est la triste confirmation de l'américanisation du cinéma d'Alejandro Amenabar (en effet, depuis la timide tentative de The Others, ce réalisateur ne fait plus de film se passant en Espagne, n'embauche plus d'acteurs espagnols, ne joue plus ses films en espagnol (à l'exception de Mar Adentro) mais préfère embaucher des célébrités hollywoodiennes et nous noyer sous des banalités, des facilités scénaristiques. Il ne prend plus de risque. Le prochain film d'Alejandro Amenabar s'intitule Régression et sortira dans le courant de l'année 2015. Le casting est le suivant (vous serez bien en peine de trouver ne serait-ce qu'un acteur avec un nom hispanique : Ethan Hawke, Emma Watson, David Thewlis, David Dencik, Devon Bostick, Dale Dickey, Aaron Ashmore, Lothaire Bluteau, Janet Porter S. Cooper, Jacob Neayem, Alli McLaren, Danielle Bourgon, Vanessa Spencer, Matija Matovic Mondi, Mackenzie Kerfoot, Samantha Tenus et Goran Stjepanovic !
Agora, c'était la même chose !
Amenabar prend donc ses distances avec l'Espagne et préfère rentrer dans les sentiers battus. Mais du temps d'Abre Los Ojos, il n'en était rien. Amenabar était la fierté du cinéma espagnol. Suffisamment underground pour ne pas sombrer dans les paillettes et la facilité, mais aussi suffisamment upperground pour ne pas sombrer dans l'oubli ou l'élitisme. Suffisamment créatif pour ne pas être Almodovar mais évitant clairement le film-concept si cher à Almodovar et à son public de snobs et pseudo-intellectuels chiants.
Abre Los Ojos nous égare, joue avec le fil ténu de la raison :
Où est le rêve, où est la réalité ?
L'un et l'autre existent-ils ou Cesar n'est-il tiraillé, en réalité, qu'entre la folie et de la raison ?
Qu'est-ce qui est réel et qu'est-ce qui est faux ?
Sommes-nous dans un monde où cohabitent deux dimensions parallèles qui, par moment, s'entrechoquent ?
Voilà ce que raconte le film, et personnellement, j'ai adoré !
Abre los ojos...
Abre los ojos...
Abre los ojos...
Abre los ojos...
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Le genre de film dans lequel on est captivé dès la première seconde et dans lequel on ressort complètement chamboulé ! Esthétiquement très dur, ce film reflète avec beaucoup d'authenticité les sentiments de rejet et d'abandon vécu par un homme qui voit sa vie basculée à la suite d'un accident de la route. Amenábar pointe ici avec une justesse extraordinaire l'intensité des angoisses et le conflit intra-psychique pouvant conduire à la folie. Il parvient à nous faire percevoir toute la détresse, le sentiment d'oppression et la tension interne vécue par César mais également la vulnérabilité et le désarroi de son entourage. La tension est palpable, ce qu'il vit est insupportable, Mais ce qui fait la force de ce film par-dessus tout, c'est surtout l'élégance du scénario au rythme effréné qui nous offre quelques répits pour entrevoir la beauté de la vie, de l'amour et sa force...ou à son inverse nous replonger dans un cauchemar sans fin.
Deuxième film d'Alejandro Amenábar après "Tesis", "Ouvre les yeux" nous fait suivre César, interné dans une unité psychiatrique pour meurtre mais qui nie tout acte criminel de sa part. Interrogé par un médecin, il revient peu à peu sur son passé.
Dès le début du film, Amenábar alterne entre passages dans l'unité psychiatrique avec un psychologue et retour sur une partie précise de son passé et quelqu'une de ses rencontres. Il braque sa caméra sur le personnage de César et on découvre la galerie de personnages qui l'entoure et notamment deux femmes, une qui vient de rencontrer et dont il tombe amoureux et l'autre qui le colle et dont il cherche à se débarrasser.
Bénéficiant d'un montage ingénieux et d'un scénario qui l'est tout autant, Amenábar nous emmène progressivement dans un puzzle composé de manipulations, de morts, de faux-semblants, de visions et d'angoisses. Captivant tout le long, le film nous fait passer ensuite par divers sentiments, de l'interrogation à l'angoisse. L'intrigue est bien ficelé, surprenante, parfois fascinante et diaboliquement efficace.
Alejandro Amenábar maîtrise son film de bout en bout. Très bien mis en scène, il instaure un climat fascinant qui se fait de plus en plus troublant, inquiétant et mystérieux. La mort est omniprésente et le réalisateur espagnol met en scène la frontière entre le rêve et la réalité et étudie aussi l'apparence et la perception d'autrui. Il arrive à instaurer de la tension et de l'intensité dans son film, de plus en plus présente et surtout dans les moments adéquats. Les jeunes acteurs, notamment Eduardo Noriega dans le rôle principal et Penélope Cruz, sont impeccables.
Un film loin de laisser indifférent. Entre rêve et réalité, Alejandro Amenábar sublime un scénario déjà fort intéressant et rend son film de plus en plus fascinant, mystérieux et angoissant (Thanks to Kiwi _98).
Attention chef d'oeuvre ! Voilà le genre de pépites qui a fait du cinéma espagnol le cinéma le plus créatif au monde en matière de thriller fantastique. L'histoire est captivante, il faut le voir pour savoir alors regardez-le si ce n'est pas déjà fait : allez y les yeux fermés c'est du très bon !