Le dernier Wim Wenders est de très loin le meilleur film tourné en 3D que j'ai eu l'occasion de voir dans une salle obscure. Le réalisateur semble avoir délibérément compris que la réussite d'une image en relief se jouait non en surface mais dans la profondeur de champ. Dans Pina la composition des plans est magnifique, solidement étayée par les chorégraphies colossales de l'artiste défunte. Wim Wenders construit son documentaire sur deux modes : celui du témoignage posthume et celui de la pure mise en scène des spectacles de Pina Bausch... C'est assurément ce dernier qui finit de nous combler pleinement, notamment la bouleversante séquence du Café Müller, d'un lyrisme peu commun. Le ton cérémonieux, presque ( involontairement ) tire-larmes des instants de témoignage sont donc moins réussis car presque inutiles à l'installation d'une beauté intrinsèque au sujet. Un spectacle qui s'affirme comme une grande fête pour les yeux et les oreilles, moment nostalgique d'un art qui a su habilement tirer profit des nouvelles technologies. C'est délicieux.
Le retour en grâce de Wenders avec ce documentaire qui allie la grâce contemplative des "ailes du désir" à l'hommage crépusculaire de "Nick's movie". Utilisation novatrice du 3D.
Wim Wenders qui s'attaque à un documentaire sur la grande chorégraphe Pina Bausch, après son très bon "Buena Vista Social Club" et en 3D, il y avait de quoi saliver. Quelle douche froide ! On est effaré de constater à quel point son "travail" s'est borné à des interviews incroyablement inintéressantes des membres de sa troupe. Des personnes sommairement présentées qui nous servent des anecdotes dont on se fout sur la chorégraphe. Où est le travail de fond ? où sont les vraies questions que l'on se pose sur la création, sa mise en oeuvre, sa façon de travailler ? Rien de rien de tout cela. Wenders se contente de filmer le travail de Pina Bausch, de mélanger toutes ses chorégraphies dans des décors somptueux et basta. On est sous le charme au premier abord, la danse et ce que Bausch en fait subjugue toujours autant. Mais au bout de 30mn, on a la désagréable impression de s'être fait arnaquer.
Je commence à écrire cette critique sans savoir quoi dire, encore sous le choc. Je n'attendais rien de particulier de ce film, curieux de voir comment un artiste comme Wenders allait jouer avec la 3D. Je ne m'intéressais pas plus que ça à la danse contemporaine, et savais simplement que la Pina en question avait collaboré avec Pedro Almodovar sur le (très beau) "Hable Con Ella". Et dès les premiers instants je suis parti dans un rêve d'un peu moins de 2 heures. Un documentaire qui n'en est pas un, où seuls quelques témoignages viennent interrompre les chorégraphies. Un rêve avec seulement des corps et de la musique. Des artistes qui se libèrent, qui semblent oublier toutes les règles physiques. Les chorégraphies s'enchainent pour le plaisir des yeux. Le choix de la 3D est totalement justifié car l'un des motifs majeurs de ces danses sont les rapprochement entre les corps. C'est la première fois que j'ai totalement savouré les conditions 3D d'une salle de cinéma, rien que pour ça Pina restera dans ma vie de cinéphile. Les chorégraphies s'enchainent donc, et le cinéma permet les audaces folles qu'une simple scène interdisait : et l'espace explose. Sur le leitmotiv classique des 4 saisons, les danseurs proposent un spectacle original, et Wenders fait varier les espaces et les angles de vue avec grand talent. Désert, montagne, rivières, mais aussi décors urbains avec les métros par exemple. Variété dans les langues et les musiques aussi, avec des mélanges entre allemand, français, anglais, espagnol, italien,...un bonheur pour l'étudiant en lettres que je suis^^ L'un des témoins dit à peu près ceci vers la fin : "Pina a toujours été en recherche d'elle-même, elle n'a jamais arrêté de fouiller l'âme humaine". Je crois qu'on peut dire la même chose de Win Wenders qui parvient à offrir une nouvelle expérience visuelle, entre la danse contemporaine et le cinéma. On pourra dire que le mérite en revient plus à Pina qu'à Wenders, mais quoi qu'il en soit, l'expérience est à vivre, et à vivre sur un grand écran avec des lunettes 3D. Merci aux artistes.
Dés la première séquence, un extrait du Sacre du Printemps, on est impressionné. La caméra est sur la scène au plus près des danseurs, à côté d’eux, au-dessus d’eux. Wenders place sa caméra là où celles des reportages sur la danse osent rarement s’avancer. On est au plus près des corps et des visages. Cette réalisation idéale offre un magnifique écrin aux créations de Pina Bausch.
De la chorégraphe allemande, je ne connaissais que le nom et une apparition dans le film d’Almodovar « Parle avec elle ». Pour apprécier "Pina", pas besoin d’aimer particulièrement cet art. Pas besoin d’être féru de danse pour goûter la beauté des mouvements, l’étirement des corps, l’inquiétant jeu des acteurs que Pina choisissait sans doute autant pour leur qualité de danseurs que pour leur gueule. Que ces chorégraphies soient dérangeantes, émouvantes ou drôles, elles ne laissent jamais indifférent. Il est vrai qu’on se réjouit une ou deux fois qu’il ne s’agisse que d’extraits des ballets et non des ballets complets mais pour le reste, le plus souvent, on aurait aimé poursuivre. La plupart de ces moments de danse sont filmés sur scène avec les décors créés pour la pièce. On peut ainsi voir plusieurs passages de Café Muller et de son décor de chaises ou de Volmond dans laquelle l’eau envahit la scène et danse avec la troupe. Mais les plus beaux passages du film sont sans doute ceux où Wenders sort les danseurs de scène et les plonge dans des décors naturels. Le contraste entre les danseurs et la ville ou la nature qui les entourent sert plus encore la beauté des chorégraphies. On oublie totalement la performance pour ne plus voir que la poésie.
Seule réserve au film, l’utilisation de la 3D. Sur la première scène, le sacre du printemps, elle saute aux yeux de façon plutôt positive. Elle participe à notre entrée en scène, à une plus grande perception des corps et des mouvements. Puis, toujours sur les passages filmés en scène, elle agit de façon inégale, donne parfois une image qui au lieu de nous rapprocher au plus près du réel nous en éloigne, une image qui sonne un peu faux. Elle ne gène pas vraiment mais pour le coup n’apporte plus grand chose. Enfin, sur les scènes tournées en extérieur, Wenders, libre de mettre en scène les danseurs, sait trouver les lieux et les cadrages qui serviront pleinement la 3D. Et effectivement l’effet de relief et de profondeur est assez saisissant jusqu’à prendre toute la place et à détourner l’attention du spectateur des danseurs et des chorégraphies… Tout ça pour dire, que je ne suis toujours pas convaincue de l’intérêt artistique de la 3D. Mais ce n'est qu'un détail. "Pina" n'en est pas moins un très bel hommage au travail de Pina Bausch et de ses danseurs. Un film intéressant, beau et émouvant.
Hormis une belle scène près d'un lac, le film est globalement ennuyeux. Wenders n'a, à mes yeux, pas su dépasser son admiration pour Pina Baush. Sous couvert de documentaire, il a perdu son cinéma.
Suite à d'amicales pressions de connaissances et de blogueurs réputés ayant plutôt bon goût (ils se reconnaîtront), je me suis hélas décidé à aller voir Pina.
Il faut dire que Les rêves dansants m'avaient enthousiasmés, tout en me familiarisant avec l'univers de Pina Bausch. Malheureusement, autant ce dernier film arrivait à être plus que ce qu'il montrait (au-delà de la chorégraphie il donnait une leçon de vie), autant Pina parvient à être moins que la somme de ce qu'il donne à voir. En d'autres termes, il me fait regretter de ne jamais avoir vu un spectacle de Pina Bausch en vrai, alors que Les rêves dansants me donnait le plaisir de ressentir ce qu'était un spectacle de Pina Bausch, même sans en avoir vu un.
Je ne sais à quoi tient ce sentiment, mais j'ai quelque idée : - la 3D est pour le coup assez impressionnante (une fois n'est pas coutume), mais presque trop : par moment des effets de brillances donnent l'impression de "trous" dans l'image, l'effet général étant d'assister à une projection d'une sorte de Godzilla post-moderne dans un drive-in cheap de Wuppertal - les déclarations de vénération de chaque danseur face caméra sont de trop (Pina voyait à travers nous, Pina savait des choses qu'on ne savait pas, Je n'ai toujours connu que Pina, avant de connaître Pina j'étais introverti et peu sûr de moi) : le Tanztheater finit par ressembler à une secte - les choix de mise en scène sont parfois lourds et peu élégants - l'idée de faire évoluer les danseurs dans des décors extérieurs donnent des résultats très disparates en qualité
Bref, on a envie de dire à Wenders : ne nous emmerde pas avec ton ego de réalisateur et montre nous les choses un peu plus simplement ! Il y a suffisamment de génie dans la danse de Pina Bausch pour éviter un gros plan sur un tissu rouge !
Filmer un tableau de Picasso en multipliant les effets de manche (gros plan sur l'oeil du minotaure, zoom arrière sur la tâche de rouge en bas à droite, interview de l'encadreur) ne rend pas plus sensible le génie de Picasso. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Win Wenders, via une esthétique très appliquée, offre un brillant hommage à Pina, cette metteur en scène de théâtre talentueuse et assidue. Une esthétique précise, des danses envoûtantes, et un rythme vif pour permettre au spectateur de suivre ces pérégrinations.
L'art ou la culture doivent me procurer des émotions, ce film, hélas , ne m'a procuré que de l'ennui, et ce malgré le savoir faire incontesté des deux grands que sont Mr Wenders et P.Bausch. Peut être que le ballet ne peut se voir qu'en tant que spectacle vivant!!!!
En grand admirateur, Wim Wenders rend ici hommage à la chorégraphe Pina Bausch disparue en 2009. Plutôt que d'enchainer les longues interviews et les documents d'archives (il y en a mais très peu), le cinéaste opte judicieusement pour des séquences dansées, légèrement entrecoupées de quelques mots de protagonistes ayant la chance de travailler avec la chorégraphe, la vision de ces chorégraphies incroyables parlant plus que tous les mots. En résulte une oeuvre purement sensorielle (comme l'art auquel elle rend hommage finalement), un brin trop conceptuelle et poseuse, mais touchant plus d'une fois au sublime. Cela dit, il vaut mieux être un poil réceptif à l'art contemporain pour apprécier à sa juste valeur ce poème visuel imparfait mais très attachant.
Très bon moment de "cinéma" (je ne sais pas trop, peut-on parler de cinéma ?). J'y étais allé pour séduire une fille, et je suis sorti amoureux du film. Quelle grâce, quel envoûtement, quelle puissance ! Et pour une fois, la 3D sert à quelque chose d'autre que maintenir les tarifs à haute altitude. Merci pour ce moment de magie, celui où j'ai découvert que j'aimais la danse contemporaine, paradoxalement dans un cinéma.
Intriguant !... C'est surprenant, tout ce que les êtres humains peuvent faire ou subir avec leurs corps. Un film de toute évidence destiné aux passionnés d'Art, dans toutes les formes possible. Film de Wim Wenders que je ne conseillerais pas à tout le monde, mais la beauté, l'harmonie qui se dégage de certaine chorégraphie, pourrait enthousiasmer les esprits curieux.
Un film hommage à Pina Bausch où même Wim Wenders s'essaye à la 3D et prouve une nouvelle fois la grande inutilité au cinéma de cette technique même si sa mise en scène capte très bien la danse. Mais le film semble être une enfilade de séquences inégales où certaines sont vraiment très belles et d'autres vraiment ennuyeuses d'autant plus si l'on n'est pas sensible à la danse.
Pina Bausch est décédée quelques jours avant le début de ce film que Wenders avait préparé durant 6 mois, mais il y pensait depuis le début des années 90 lorsque de passage en Allemagne. Il avait été gagné par l'émotion dégagée par le spectacle musical, théâtral, dansant et universel de cette femme hors norme. C'est sur l'insistance de la troupe du ''Tanztheatre Wuppertal'' qu'il transforma ce film,prévu avec elle, en hommage avec quelques images rares d'archives. C'est une belle réussite qui va bouleverser les vrais amateurs mais qui risque hélas d'être pollué par le snobisme de certains , inhérent à ces spectacles prétendument réservés aux initiés. Wenders cinéaste marginal,trop souvent introverti à parfaitement su rendre l'esprit et l'oeuvre de Pina:le besoin de chaleur humaine. En vérité son film ''Les ailes du désir'' en était déjà extrêmement proche , la symbiose entre ces deux artistes est indiscutable. N'étant guère sensible, hélas, à l'art de l'un ou de l'autre ,je m'y suis un peu ennuyé mais je reconnais mes lacunes. Certains et surtout certaines vont y prendre un grand plaisir tellement c'est sincère et visuellement beau. Wenders et sa formidable capacité d'admiration, font merveille pour nous faire retrouver la qualité qu'il faut mettre dans nos regards pour apprécier les échanges affectifs lors de courtes scènes se passant dans des lieux extrêmement variés. Il est étonnant par exemple de constater la rigueur et la signification des expressions corporelles sous le magnifique métro suspendu de Wuppertal ou à l'intérieur d'un de ses wagons. En pratique,il a fallu 70 techniciens sur place en permanence pour maîtriser un nouveau procédé 3 D plus destiné à donner du volume aux acteurs et à leurs mouvements qu'à nous impressionner par des décors. Les indispensables lunettes faisant malgré tout perdre du champ visuel et de l'éclat aux images. J'espère qu'il existera une version DVD normale. Pur hasard bienvenu, ''le sacre du printemps'' a été mon passage préféré.