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Laurent C.
296 abonnés
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3,0
Publiée le 24 février 2012
C'est belge et ça se voit. C'est un film aux antipodes du concept bobo du film français. Ça dure, ça dure et malgré la grisaille, l'enfermement, on est saisi jusque dans son âme par la lourdeur de ce monde. On a envie de se sauver, d'échapper à la monstruosité obscène du héros et pourtant on reste jusqu'au bout ... Fascination ou masochisme ?
Putain (excusez moi pour le mot), j'ai pris une sacrée claque avec ce "Bullhead". Un méchant scénario béton comme j'en ai rarement vu avec une sacrée histoire qui ne nous laisse pas indemne. La force de drame réside dans le fait que tout se qui s'y passe peut nous arriver à tous. La photographie est tout simplement magistrale et je ne me rappelle pas en avoir vu de meilleure auparavant et pourtant, j'ai vu un quantité de longs métrages. C'est beau, c'est sombre, c'est puissant, poignant, c'est la Belgique profonde et je reste béa devant ce côté là du film. Les acteurs sont très bons mais ça ne m'étonne pas et le premier rôle est aussi impressionnant physiquement que psychologiquement. Que dire du fond et de la forme à part que justement ... il n'y a rien à dire, ça se passe de commentaire et je pense que vous comprendrez par vous même une fois que vous l'aurez vu. Il n'y a pas beaucoup de musiques mais les seules présentes suffisent pour nous transporter sans que l'on s'en rende vraiment compte. J'ai vraiment adoré ce parallèle entre le passé et le présent car cela nous permet de nous immerger en plein dans l'histoire et de comprendre la douleur intérieur du protagoniste. Tout n'est que tabou dans le film et la voix off du début ne fait que nous le rappeler pour nous mettre dans l'ambiance. Franchement, le cinéma belge n'a rien à envier aux autres car lorsque je vois des réalisations comme "My Queen Karo", "La Merditude des Choses" ou bien "C'est arrivé près de chez vous", il n'y a vraiment plus de questions à se poser. Le seul petit reproche que je peux faire à M.Roskam c'est la longueur car je pense que de réduire le tout de 20 minutes n'aura pas été du luxe. Sinon, c'est beau, tout simplement. 14/20.
Chef d'œuvre du film noir, "bullhead" réussit la prouesse d'allier la profondeur intellectuelle et sentimentale avec les codes du film noir et dramatique, et l'intensité des films de gangsters un peu comme les films de Jacques Audiard. La réalisation choc est un véritable coup de poing dans l'année ciné 2012!!
Présenté comme un polar rural en milieu agricole, situé dans une Flandre grise et froide, l’intrigue tourne autour des trafics d’hormone. Pourtant le vrai sujet du film est ailleurs. « Bullhead » est avant le portrait d’un homme hors norme, sorte de freaks shootés à la testostérone, éternel enfant frustré devenu adulte, piégé dans un corps de monstre. Ce mélange de polar et de drame intime se noue réellement lors d’un flash-back traumatisant (pour les hommes surtout) arrivant tardivement dans le film, redistribuant ainsi les enjeux du récit. Comme souvent dans les films belges la mise en scènes et les acteurs impressionnent par leurs maîtrises. Un cinéma radical sans équivalent en France à mon avis.
Finalement ce n'est pas l'aspect thriller qui forme le coeur du film, d'autant que c'est là que se concentrent ces principales faiblesses. Là où "Bullhead" est brillant et innove, c'est dans la description de son "héros", écorché et terriblement instable suite à un traumatisme terrible dans l'enfance, se retranchant dans une course en avant qui ne peut que mal finir. L'acteur qui l'incarne, Matthias Schoenaerts, dont on devrait reparler, est juste phénoménal... "Bullhead" est donc avant tout un grand film dramatique, aux personnages très fouillés, et à la chute très forte. La surprise, ce sont les touches comiques qui viennent ponctuer l'oeuvre. Un ton belge inattendu...
Le film sort du lot grâce notamment à la performance de son acteur principal assez bluffant, son esthétisme sombre dans un milieu opaque original, et sa double histoire enquête policière/traumatisme infantile sans exagération ni sentimentalisme. Un film brut et bien fait pour tenir le spectateur en haleine.
Une excellente histoire de base hélas desservie par un scénario vulgaire et des acteurs terriblement mauvais - excepté l'excellent Matthias Schoenaerts qui sauve le film du désastre (les scènes où il apparaît seul sont particulièrement saisissantes). On regrettera en outre la pauvreté et la platitude des personnages féminins tout comme le spécisme des dialogues : ainsi les hommes sont-ils comparés, à la fin du film, à des "animaux" (sic) par le personnage très mal interprété de Lucia, alors que ceux-ci leur sont bien supérieurs...
Ce film, d'une invraisemblable noirceur, vaut avant tout par la performance totalement incroyable de Mathias Schoenaerts. Pour le reste, misérabilisme, pessimisme, violence gratuite…et apparemment, beaucoup aiment ça, mais le box office n'a pas explosé...
Glaciale, puissant, cru comme la bonne viande de la ferme. Pour un premier long-métrage, Rundskop s'avère donc une réussite par sa force et vitalité omniprésente. Le scénario se tire en longueur sans vraiment nous surprendre, et une fin qui laisse un peu songeur sur la cohérence réelle d'un des personnages sur ses actions. Matthias Schoenaerts est une bête, un animal, un sanglier prêt à tout, bouffant le cadre par une présence charismatique importante, et ça, ça à de la gueule. Mais, c'est un peu tout sur ce film...
Un film intéressant et bien maîtrisé, mais qui laisse malgré tout quelques regrets. Le réalisateur délivre ici une belle surprise : la mise en scène est moderne et très efficace, l'histoire assez bien foutue et la réflexion sur la sexualité plutôt bien vue. Malheureusement, le film met du temps à se lancer et je me suis vraiment demandé dans le premier quart d'heure où j'avais mis les pieds. Puis les pièces s'emboîtent et le scénario prend de l'ampleur. Mais la narration cloche malgré tout et le rythme n'y est pas, ce qui crée des sortes de trous d'air où l'attention retombe. La réalisation, quant à elle manque d'une certaine virtuosité et on se prend à penser ce que Winding Refn aurait pu faire d'un tel projet. Au final, c'est Matthias Schoenaerts qui tire vraiment son épingle du jeu et porte à bout de bras le film, grâce à une prestation fascinante.
Un film sombre, noir, violent, originale, sans concessions, réaliste, belge, cynique, tantôt drôle, tantôt dérangeant! Une mise en scène sobre mais qui ne manque pas de faire mouche et de surprendre rappelant un peu la mise en scène de Scorsese sur les Affranchis tout en restant très personnelle!
De temps en temps sort du Plat pays un film déjanté dont seuls ses habitants ont la recette. Le cinéaste portraiture le genre humain, sur une palette badigeonnée de viande trafiquée et de misère humaine, proche du naturalisme à la Zola. Sur la frontière flamando-wallone, le destin de notre héros a de la peine à se hisser au-delà du fait divers. Heureusement, la mise-en-scène, le découpage et le rythme de la construction narrative sont superbement réussis. Une curiosité.
Du film noire puissant et sans concession, les amateurs de films d'actions pasteurisés peuvent passer leur chemin ici on n'est dans le plausible, pas de supers héros, le film en est d'autant plus marquant.
Un thriller belge jouissif à souhait. Dans un milieu rural, grisâtre et bovin ; dans le traffic d'hormones et la mafia. Ce décors réaliste, voir parfois naturaliste, n'est qu'un prétexte pour mettre en scène, non seulement la séparation Flandre Wallonie et une réalité sociologique, mais surtout pour nous dépeindre l'histoire d'un homme en quête de masculinité et d'Amour. L’interprétation de Matthias Schoenaerts crève l'écran; et il faut rajouter à tout ça les longs plans-séquences et une réelle immersion dans l'ambiance. Une réalisation soignée, de vrais acteurs et un scénario mature et complexe font de ce film un thriller original, cohérent - en définitif, une œuvre cinématographique (comme on en voit de moins en moins).
"Rundkop", alias "Bullhead", alias "Tête de boeuf", prend le traffic de viande comme base pour nous offrir un drame humain déchirant. Le personnage central est Jacky, et comme le titre l'indique, il est un homme boeuf, mi humain mi animal. Et rarement je n'ai senti un film aller si loin dans la bestialité de l'être humain, dans l'animalité d'un homme qui reste pourtant attachant. Il faut ici nous arrêter un peu sur la prestation de Matthias Schoenaerts. D'abord physiquement, il nous offre une intensité assez incroyable ; sa dualité est même symbolisée dans ses yeux, dont l'un est comme mort, et l'autre comme humain encore innocent. Et puis intérieurement, sa performance est également énorme, nous faisant comprendre toutes ses blessures, nous attachant à son destin d'homme enfant destiné à chercher vainement sa place dans un monde adulte. Les autres acteurs sont également très bons, très biens dirigés par le réalisateur qui joue avec brio sur les regards, les silences, comme dans les meilleurs films de gangster. Le cinéaste, c'est Michael R Roskam, et pour son premier film il a déjà trouvé un style bien à lui, n'ayant pas peur de briser la structure temporelle ou d'interrompre l'action pour des plans contemplatifs de toute beauté. J'ai particulièrement apprécié son traitement de la violence, qui évite tout voyeurisme. Il est également bien aidé par une musique très réussie. Je regrette seulement quelques chutes de tension lorsqu'on quitte le personnage principal pour revenir dans le thriller, moins intéressant. Car ce héros à la tête de boeuf est l'un des plus boulversants vus sur grand écran récemment.