Disons le clairement, le scénario de "Camille Redouble" n'est pas terminé, et ne l'a jamais été. Le film est, par conséquent, une immense frustration.
Son dispositif (une femme est propulsée dans son passé de 2008 à 1985) laisser présager une pléiade de situations les plus jouissives les unes que les autres. Hélas, Lvovsky n'en fait rien et n'utilise pas la chance qu'a son personnage (à savoir, avoir de l'avance sur tout les autres, puisqu'elle sait ce qu'il va se passer). Ainsi, on assiste à un enchainement de situations qui ne vont pas jusqu'au bout de leur possibilités narratives, et c'est immensémment frustrant (pourquoi ne pas envoyer valser une prof d'histoire en lui parlant de la fin de la guerre froide par exemple? pourquoi ne pas révéler à son amie l'âge à laquelle elle va devenir aveugle? pourquoi ne pas être juste active tout simplement?)
Car le personnage de Lvovsky est mou, ne fait rien, reste planté là en regardant béatement ce qu'il se passe autour de lui. Tout cela est ennuyeux et ne mène à rien. Certaines scènes n'ont tout simplement pas d'aboutissement: une scène de pseudo-révolution en classe, et alors? Quelles en sont les conséquences?! Le film souffre également d'un énorme problème de rythme: on s'ennuie (et oui, 1h55 sur du rien, c'est dur).
De plus, le film abuse de la musique, ne devenant ainsi qu'un clip gigantesque et flashy au possible (trop de rouge, trop de bleu), dès qu'une scène débute et se termine, musique! Comme si Lvosky cherchait à dissimuler la vacuité de son scénario et l'inexistence de son propos.
Au niveau du casting, certaines interventions sont savoureuses (celle de Sattouf et Amalric par exemple) et offrent une bulle d'air dans ce film navrant. D'autres interventions (notamment celle de Jean-Pierre Léaud, en totale roue libre) alourdissent ce film gentillet qui n'ose rien.
"Camille Redouble" est au final un film mou, sans fil conducteur, dont les scènes se terminent toutes trop tôt. Un film ne peut pas tenir uniquement sur son dispositif de départ, il faut l'utiliser et le faire vivre comme il se doit. Dommage.
Source: Plog Magazine, les Critiques des Ours
http://lescritiquesdesours.blogspot.fr/2012/09/camille-redouble.html