Ressortie en salle de trois opus signés par la cinéaste hongroise Marta Meszaros, figure majeure du cinéma hongrois, dont la filmographie s'attache à décrire au plus près l'univers feminin.
" Elles deux " (1977) est le plus tardif des trois opus, sans doute - du moins à mon goût - pas le meilleur non plus , malgré son intérêt.
Portraits de deux femmes, distinctes par leur âge, par leur statut social mais se ressemblant par leur remise en question des règles sociales et de couple ( l'une est directrice d'un centre pour jeune femme isolées, l'autre est une de ses pensionnaires ).
Critique du couple ( ici les hommes ne sont pas à la hauteur. L'une souffre d'addiction à l'alcool, l'autre est doté d'une rigidité de caractère qui interdit une véritable connexion émotionnelle avec son épouse ) et invitation à la sororité, la description des rapports homme/femme est présentée comme une impasse.
Il manque peut-être, à certains moments, une fluidité entre les scènes, une tension aussi qui manque parfois dans les interactions entre les personnages ( les dialogues sont parfois un peu flottants, pour rendre compte avec une plus grande précision de l'intériorité des personnages ).
Filmé en couleurs, avec la franco/russe Marina Vladi en vedette ( elle est le rayon de soleil visuel et intérieur parmi tous les personnages ), " Elles deux " n' est pas aussi puissant que chez Bergman notamment. Mais le spectateur intéressé par l'introspection psychologique au cinéma, ne le laissera pas passer.