Une Séparation
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DarioFulci
DarioFulci

132 abonnés 1 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2011
Étonnante prise du pouls de la société iranienne telle quelle est aujourd'hui: tendue, à vif. Il ne s'agit pas d'un discours politique. Si prise de position il y a vis-à-vis du pouvoir, elle est faite très discrètement. Un couple se sépare. L'homme doit s'occuper de son père grabataire. La femme ne pense qu'à partir du pays. Le drame qui va les frapper a un impact plus profond qu'ils ne le pensent. Le réalisateur mène son histoire et réserve quelques surprises à la manière d'un thriller. C'est un peu roublard vis-à-vis du spectateur puisqu'il s'amuse à brouiller les pistes ou à nous donner des données erronées, mais quelle maîtrise du récit !
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 octobre 2012
Après un générique inscrit sur le plan fixe d'une photocopieuse reproduisant des papiers d'identités, sans doute pour constituer un dossier de demande de visa, le film s'ouvre sur une scène, elle aussi en plan fixe, où Sirin et Nacer plaident chacun leur cause devant un juge hors cadre ; elle veut partir à l'étranger avec leur fille à l'aide du visa qu'elle a si difficilement obtenu et qui va expirer d'ici quarante jours, lui ne veut pas abandonner son père atteint de la maladie d'Alzheimer ni laisser partir sa fille. Le juge, c'est le spectateur, et nous voilà aux premières loges pour construire notre intime conviction, sachant que d'emblée les deux personnages semblent avoir un point de vue défendable.
Ashgar Farhadi justifie ainsi sa démarche : "Le cinéma dans lequel le réalisateur impose sa vision des personnages est aujourd'hui dépassé. Plutôt que de faire passer un message, mon intention est de susciter des interrogations. Il me semble qu'à l'heure actuelle, nous avons davantage besoin de questions que de réponses. C'est au spectateur de trouver des réponses." Rarement le propos d'intention d'un réalisateur n'aura été si clair, et rarement son film n'aura été aussi cohérent avec cette intention. En effet, non seulement Ashgar Farahdi par la subtilité de son écriture et de sa réalisation parvient à nous faire ressentir de l'empathie avec les différents personnages, y compris ceux qui pourraient passer pour les plus éloignés de nous, comme Razieh qui téléphone à son directeur de conscience pour savoir si c'est péché de laver un vieil homme, mais encore réussit-il à nous faire douter de ce que nous avons pourtant vu : est-ce la poussée de Nacer qui a provoqué la chute de Razieh dans l'escalier ? Savait-il qu'elle était enceinte ?
Cette capacité à instiller le doute provient d'une science de l'ellipse et du hors champ parfaitement maîtrisée : mieux vaut laisser le spectateur deviner ou déduire ce qui vient de se passer plutôt que de lui imposer une vérité démonstrative. Et quand la puissance de conviction de telle ou telle partie commence à s'imposer, Ashgar Farhadi fait intervenir celle qui est la première spectatrice de ce déchirement, à savoir Termeh, la fille de Sirin et Nacer. A deux occasions, Termeh, qui a été élevée par son père dans l'idée qu'il fallait toujours dire la vérité, même au risque de contredire son professeur, renvoie Nacer à ses contradictions et à ses petits arragements avec cette même vérité.
Fahradi vient du théâtre, et cela se perçoit par la précision de son écriture et la formidable qualité de jeu de ses acteurs, justement récompensés collectivement à Berlin. Mais le rythme palpitant et la tension permanente sont aussi rendus possibles par la qualité de la mise en scène, où toute la grammaire du cinéma est utilisée à bon escient : au plan fixe du début, nécessaire pour la frontalité de la scène, succèdent des longs travelings qui slaloment dans le labyrinthe de la maison de Nacer, passant de la chambre du grand-père à la cuisine où dicutent les femmes, puis à la chambre où Termeh se laisse distraire de ses devoirs. La caméra est en permanence dans la nécessité de contourner les obstacles, verres dépolis, cages d'escaliers, fenêtres, à l'image du spectateur qui doit démêler les mensonges de la vérité.
Là encore, il ne s'agit pas d'un heureux hasard, mais du produit d'une réflexion :"C'est une erreur de croire que le rythme d'un film ne se travaille qu'au montage. le rythme se construit dès le départ, à l'écriture, puis à la mise en scène et bien évidemment au montage. Ce que je voulais surtout, c'était montrer le rythme de la vie à Téhéran, et faire ressentir aussi la pulsation de cette ville. Je pensais donc que pour traduire ce tempo très rapide, il fallait partir à la fois d'un découpage comportant beaucoup de plans et d'une caméra constamment mobile."Objectif parfaitement atteint, puisque les 123 minutes du film s'écoulent à toute vitesse, aucune scène, aucun plans n'étant superflu ou inutilement étiré.
Le drame de cette histoire réside dans le fait que le point de vue de chacun est entendable, et que la mécanique du mélodrame débouche à chaque fois sur une contradiction plus douloureuse à résoudre. Comme dans "A propos d'Elly", les femmes jouent un rôle important, à la fois dans le déclenchement de l'action (la demande de divorce de Sirin, la dignité bafouée de Razieh), mais aussi dans son dénouement (la médiation de Sirin, les doutes de Razieh), alors que Hojat et Nacer semblent plus cadenassés par des visions sociales ou principielles qui empêchent la résolution du problème. Mais à l'heure du choix ultime, quand le juge demande aux parents de quitter le bureau pour permettre à Termeh de faire connaître son choix, la caméra s'eclipse elle aussi, comme si elle devenait indiscrète et que l'avenir de la jeune fille, symbolique de l'Iran à venir, ne la (nous) concernait plus.
Grâce au travail de recherche fait en amont par son réalisateur, "Une Séparation" a souvent une formidable puissance documentaire sur la société iranienne contemporaine, ses blocages, ses contradictions et les adapations que chacun doit y faire. Mais la force de ce film réside aussi dans sa dimension universelle, et dans les questions auxquelles Farhadi renvoie chacun des spectateurs, sur la vérité, la culpabilité, et les nécessaires concessions pour vivre ensemble. "Une Séparation" fait partie de ces films qui laissent une trace profonde, et l'unanimité de son succès critique ainsi que sa razzia de récompenses au Festival de Berlin sont amplement méritées ; espérons qu'elles permettront qu'un tel film rencontre le succès public qu'il mérite.
http://www.critiquesclunysiennes.com/
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 avril 2013
Rarement le cinéma n'aura eu autant d'allure et de puissance. Le meilleur drame depuis des années. Où comment dynamiter un genre, comment le génie accouche d'une simplicité exemplaire. Juste dans ses moindres détails, sans concession ni prétention. Le meilleur de 2011, une vraie révélation. Et encore une fois, qu'il fait bon vivre en Iran.
belo28
belo28

87 abonnés 1 130 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 juin 2011
Un très grand film d'une force incroyable! Tout est construit, à l'aide d'une mise en scène absolument construite et pensée, autour des personnages! Des acteurs sublimes qui portent un scénario réaliste bien qu'un poil long! Une réussite qui ne tardera pas à passer à la postérité!
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 juin 2011
Le cinéma perse est toujours sorti du lot. Une grande intelligence, beaucoup de lucidité et une introspection de la société iranienne, de la culture persane, sans fard. "Une séparation" dépeint la relation homme-femme, la solidarité, le rapport à la religion et à l'état, de deux familles, une traditionaliste et la seconde occidentalisée. Des plans courts, un montage efficace, une intrigue prenante, une vision naturaliste et brute et des acteurs marquants : ce film est une pure merveille à ne point rater.
Flying_Dutch
Flying_Dutch

79 abonnés 770 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 février 2012
Une séparation est un drame qui, bien qu'il s'inscrit dans un contexte particulier, semble universel. C'est le manège de ses gens honnêtes qui sont bloqués dans un système et qui, faute de ne pouvoir s'en extirper, se retrouvent confrontés les uns aux autres. Ici, on ne peut pas prendre parti, chacun a sa vie, ses raisons, et tous se retrouvent entraîner dans ce bal conflictuel autour d'un drame quotidien qui ouvre en eux des blessures qu'ils pensent pouvoir purger sur leur prochain. Rarement un film n'a su se montrer aussi juste et pertinent, que ça soit dans son propos ou dans sa mise en scène. Le début rappelle Prendre Femme de Ronit Elbkabetz et effectivement, les sujets sont très proches. Une séparation confirme ce que l'on savait déjà, le cinéma du Moyen-Orient et d'une richesse inouïe, et possède un style propre, souvent social, mais qui fait passer le cinéma social français pour de la guimauve. Ici, ce n'est jamais trop, souvent dur, parfois tendre, et surtout, jamais inutile.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 26 juin 2012
Film intéressant et assez abouti. Une séparation dresse le portrait d'un couple, d'une famille mais également d'une société où plus rien ne semble aller : peu d'argent, peu de travail, des relations compliquées. Tout cela converge vers un éternel conflit entre la vérité et le mensonge. La vérité que tous ces personnages doivent dire, car Dieu les surveille et les puniera s'ils mentent. La religion offre du sens dans la vie tourmentée de ces personnages et les contraint à accepter la vie telle qu'elle est sans tricher. Puis face à la religion apparait la tentation perpétuelle de mentir pour améliorer sa situation : mentir en ne disant que l'on a rien entendu pour ne pas aller en prison, mentir pour gagner davantage d'argent et sortir sa famille de la honte et de la misère puis mentir tout simplement pour vivre mieux, vivre heureux peut être dans le meilleur des cas. Tout le film a pour but de faire ressortir cet éternel conflit, présent dans l'esprit de chaque individu. La mise en scène est de qualité assez satisfaisante. Son point fort réside dans le jeu de ses acteurs: notamment le grand père qui, à chaque apparition, bouleverse. Les plans sont d'une qualité correcte, la gestion du mouvement est certes simpliste mais efficace. Les quelques interventions de la musique sont intelligentes. Bref la mise en scène est correcte sans non plus transcender. Le scénario semble meilleur. Comme nous l'avons énoncé, une belle réflexion sur la religion, la société mais également sur l'amour, l'enfance, la vieilesse... Voilà un film intéressant, mais non exceptionnel, qui plaira à tout public cinéphile ou non. A voir !
SYNEPHIL
SYNEPHIL

62 abonnés 1 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2018
Grace a un bouche a oreille grandissant ,ce film réalise un joli parcours (mérité) dans nos salles preuve qu'au dela de l'exposition mediatique ou bien encore de la 3D ,le succes d'une oeuvre repose avant tout sur une bonne histoire et sur le talent des comédiens a lui donner vie.Loin d’être exempt de tout reproche (absence de rythme ,multiples scènes "d’engueulades" ainsi que plusieurs longueurs ici et la) cette vision du quotidien de 2 couples Iraniens que les circonstances vont voir s'affronter s’avère ,pour nos yeux d'occidentaux ,riche d'enseignement a tout point de vue : religieux ,familial ,culturel ,social ...Les acteurs sont tous formidable de justesse et de sincérité ,ils participe pour beaucoup dans l'aspect poignant et fort qui ressort de leur face a face.Sans aller jusqu’à évoquer le mot de chef d'oeuvre ,voici en tout cas un film instructif qui nous permet d'observer un univers assez éloigné du notre.
aberdeen76
aberdeen76

58 abonnés 1 014 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mars 2012
Un drame familial iranien simple et efficace qui, (une fois n'est pas coutume...) mérite ses critiques élogieuses et ses prix internationaux. Asghar Farhadi nous livre une œuvre magistrale, avec un éclairage intelligent sur la société iranienne coincée entre conservatisme et modernité. Le début du film est un peu poussif, mais une fois que la trame est mise en place, c'est un véritable bijou de scénario qui se déroule et qui décrit avec brio la complexité des rapports humains. Le casting est formidable avec des acteurs d'une grande justesse. Un film magnifique à voir absolument.
SansCrierArt
SansCrierArt

60 abonnés 434 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 août 2011
Cela fait bien longtemps que le cinéma ne nous avait pas offert d’accompagner des personnages aussi parfaitement dépeints au coeur d'une histoire si bien écrite, dans son extrême simplicité et la complexité qui en découle. Par petites touches, peu nombreuses mais marquantes, dés son début, le scénario installe, avec une efficacité rare, la personnalité de chacun des héros. Puis, tout au long de l’histoire, chaque action et réaction des personnages, combat ou renoncement, dans la violence, la douceur ou la réflexion, chaque battement de cils nous parlent d’eux et aussi de la société Iranienne, du poids de la religion, de l’émancipation ou non des femmes, de la place des hommes, de politique mais avant tout de ces héros-là dans cette culture-là.
La mise en scène ne fait pas d’esbrouffe. Vive et au plus près des comédiens - tous exceptionnels, enfants, adultes ou vieillards - elle accompagne les personnages, laissant toute la place à leur droit d’expression.
Quel bonheur, alors qu’il est si facile au visionnage de tous ces films fait au kilomètre de prendre à défaut les scénaristes qui donnent dans la facilité quite à défigurer leurs personnages, quel bonheur de voir Une Séparation rester à tout instant fidèle à ses héros, les respectant dans ce qu’ils sont jusqu’au dénouement.
C’est sans doute la plus grande qualité du film : ses héros ne sont jamais trahis par leur créateur.
C’est leur force et celle du film, un chef d’œuvre du genre.
xavierch
xavierch

57 abonnés 1 167 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2011
Que de battage pour un film au final assez commun. Ok, ça se passe en Iran, et alors, c'est juste une banale histoire de mensonges et d'hypocrisie qui fait boule de neige, donc rien de renversant. C'est pas mauvais non plus, même si le film est trop long, les acteurs principaux sont bons, excepté la fille du couple aisé qui a le charisme d'une moule, peut être parce qu'elle est jeune. Enfin bon, c'est pas un film qui mérite tous les prix qu'on lui a donné.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 juin 2011
Un peu laborieux à démarrer, ce film devient réellement palpitant au bout de 20 à 30 minutes. L'étude du caractère des personnages est très réussie et l'ensemble est vraiment passionnant. On nous montre également une société iranienne assez éloignée des stéréotypes classiques. La religion est évidemment présente (l'Islam chiite y est quand même religion d'Etat !), mais hommes et femmes semblent assez égaux et jouir des mêmes droits et privilèges. C'est un monde où existent les conflits, la maladie d'Alzheimer, le divorce et le mensonge. La fin du film est subtilement amenée et on revient au titre du film : suite à cette "séparation", qui donc Termeh (la fille) suivra-t-elle ? Nader (son père) ou Simin (sa mère) ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 août 2011
Une œuvre incroyablement forte sous un couvert brut d'émotions refoulées. Ce père qui plus que tout aime sa fille mais qui ne fait pas les bons choix, le quotidien des femmes iraniennes et la place de la religion, cette jeune fille d'une intelligence et d'une subtilité bouleversante (incroyable Sarina Farhadi)... Ces personnages ne sont pas juste des gens de papier, ils ont toute la complexité de l'être humain, nous ressemblent et agissent comme nous le ferions. Asghar Farhadi a tout compris: une histoire ne serait rien sans des personnages puissants; et d'un postulat somme toute assez banal il livre un superbe film doublé d'une réflexion sur la nature humaine. Bluffant...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 juillet 2011
Bons dialogues, bon scénario, excellents acteurs, une histoire très prenante et réussie. Avantage supplémentaire : le film permet de .comprendre un peu comment on vit en Iran actuellement
scrabble
scrabble

36 abonnés 467 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 juin 2011
magnifique. tous les acteurs méritent leur récompense. la maladie d'alzeimer, le mensonge et la vérité, les 3 thèmes sont traites avec brio
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