6916 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
624 critiques spectateurs
5
171 critiques
4
289 critiques
3
92 critiques
2
42 critiques
1
15 critiques
0
15 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Critiques d un passionné
142 abonnés
274 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 6 août 2023
Voici le film qui m’a fait découvrir le cinéma Iranien, qui me surprend de plus en plus, mais surtout un immense réalisateur Asghar Farhadi. Il fait partie de ses artistes, dont le simple nom sur une affiche suffit à me faire déplacer dans une salle obscure. Comme souvent dans ses films on retrouve des thèmes qui lui sont chers, la famille, les non-dits, le respect des anciens, les classes sociales, le mensonge, le poids de la religion, mais aussi un état des lieux de la société Iranienne. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il apporte toujours un soin particulier à l’écriture de ses personnages et l’écriture des dialogues.
Lorsque son couple est sur le point de se séparer, Nager engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Un incident se produit et va entrainer les deux couples dans une spirale infernale.
Le spectateur va voir ces deux couples s’affronter, se déchirer, et essayera de démêler le vrai du faux. L’écriture est magistrale et rebattra régulièrement les cartes. Car une des forces du film est de réussir constamment à nous faire douter et notre avis changera continuellement sur les protagonistes…
Farhadi a clairement un don pour ce qui est de traité de la psychologie de ses personnages. Il n’est jamais manichéen et ne les juge jamais, en essayant au contraire de nous faire comprendre leurs actes. Ce qui fait que même si on est parfois choqué par leurs décisions, on a finalement énormément d’attachement et de compassion pour ces quatre protagonistes. D’autant plus que c’est un directeur d’acteur hors normes. Chacun est au diapason, jusqu’au moindre second rôle : que ce soit les deux gamines ou même le grand père qui sans un mot de tout le film réussit à nous arracher des émotions. Sans aucuns pathos, ni surjeu, les acteurs arrivent à nous nouer le bide tellement ils se retrouvent dans des situations qui semblent inextricables.
Le film est très bavard, mais chaque dialogue, chaque scène à sa place et approfondit un peu plus le propos, jusqu’au moindre silence ou regard qui en disent tellement long.
Difficile de rester de marbre devant ce drame intense, où on se sent aussi impuissant que les gamines, jusqu’à un plan final grandiose, aussi puissant qu’ingénieux, qui laisse le spectateur abasourdi.
Chronique ordinaire et très problématique d'une famille de la bourgeoisie moyenne-aisée de Téhéran, très éloignée du misérabilisme ambiant, prise entre mille contradictions, conservatisme religieux ou désir de modernité ? Dans ce cas, le film est remarquable et intéressant, malgré le fait qu'à force de donner la voix à toutes les opinions au final on a de la peine à se repérer. Chacun a ses raisons, on peut l'admettre, pourquoi pas? La réalité est très complexe, mais parfois cela peut agacer car on a le sentiment que le metteur en scène ne veut ou ne peut pas prendre position. Il faut faire un effort pour comprendre que via son personnage principal, plutôt antipathique mais courageux et digne, Farhadi nous lance discrètement un message. Dommage que le film est trop long, les rebondissement parfois gratuits. ! Belle mise en scène, les interprètes sont à l'hauteur. Film à découvrir,
On peut qualifier le film de thriller familial et social, un « genre » qui caractérise le cinéma de Asghar Farhadi . L’action prend corps dans un quotidien plutôt banal, du moins largement répandu : un couple se sépare, avec l’impact que cela peut avoir sur son enfant, et il faut s’occuper du papa qui a la maladie d’Alzheimer. La grande force du film est de transformer peu à peu ce quotidien de stress en tension, puis en véritable suspense. Grâce d’abord à un scénario d’une qualité et d’une construction exceptionnelles, très élaboré, plein de rebondissements, plein de correspondances, où des détails qui peuvent paraître sans importance en prennent soudain une. Grâce ensuite à une mise en scène de même niveau, qui sait passer du long plan fixe, comme celui de la première scène, qui place la caméra, et donc le spectateur, dans la situation du juge, et symbolise l’immobilisme dans leur approche des deux personnages présentés, à des moments de montage vif et haché, qui accompagne et exprime le stress vécu à l’écran. Qui sait utiliser l’espace, des plans symboliques (la descente en ascenseur) et des plans de coupe saisissants (ceux des enfants ou du vieillard). Toute aussi admirable est l’approche compréhensives et fine des personnages. Même dans les moments conflictuels, dans ce méandre de malentendus, de dissimulations, de mensonges et de petits arrangements, chacun a ses raisons, face auxquelles le réalisateur, sans parti pris, laisse le spectateur se faire, si possible, une opinion. Dans ce grand film humain, Asghar Fahradi montre aussi, habilement et admirablement, son pays, son administration, sa justice, ses différences sociales et le poids central de la religion. Une très grande réussite.
Film qui fouille l'âme humaine avec subtilité. L'histoire commence comme une sorte de téléréalité mais on sent rapidement une tension dramatique réelle. Le metteur en scène parvient à créer un thriller psychologique avec des rebondissements tout au long du film. Une très bonne histoire très bien jouée.
Drame d'un réalisme frissonnant, joué génialement par acteurs & actrices aux multiples facettes, à certains moments attendrissants et à d'autres détestables. Les gros plans permettent au spectateur d'être témoin des actions, la mise en scène et le montage de ne pas s'ennuyer à un seul moment. On est aussi surpris par la narration, qui prend un tournant très original...
6 239 abonnés
18 103 critiques
Suivre son activité
1,0
Publiée le 7 avril 2021
C'est probablement l'un des films les plus ennuyeux que j'ai regardé dans ma vie. Même le titre est trompeur car seules la première et la dernière scène ont quelque chose à voir avec une séparation réelle. Nous voyons Simin (la femme) et Nader (le mari) devant un juge en train de débattre des raisons pour lesquelles ils veulent se séparer. En fait Simin veut se séparer et Nader semble s'en moquer ce qui ne donne certainement pas envie de poursuivre. Les deux ont un enfant qui reste avec Nade tandis que Simin est retournée vivre avec sa famille attendant qu'il décide si elle veut quitter le pays avec elle ou rester avec lui. Après l'introduction des personnages principaux l'histoire déraille. Les deux heures d'ennui insoutenable sont occupées par l'histoire de Razieh une femme ignorante engagée pour s'occuper du père de Nader qui souffre d'Alzheimer et qui est la raison principale pour laquelle il veut rester sur place. Razieh fait un gâchis total d'un travail relativement simple et finit par créer plus d'ennuis pour elle-même et pour tout le monde autour d'elle y compris son mari sans emploi. Quel est le rapport avec la séparation du titre il n'y a rien ou presque. Le film n'en finit pas de parler de Razieh et de ses problèmes perdant de vue les personnages principaux. Pour aggraver les choses même la fin est une déception totale. Une blague suffisante du genre je suis plus intelligent que toi jouée au public. Par conséquent Une séparation commence lentement et ne va nulle part et va tout aussi lentement dans un style de faux-documentaire...
Synopsis : une affaire de divorce mêlée à une procédure plus grave impliquant un homicide.
Critique : "Une séparation" est un film de la vie aussi bien par son rythme que sa mise en scène. Il n'y a plus de distance entre l'action et le spectateur ; par conséquent, il devient juge (hélas passif). Une histoire de moeurs pensée en arborescence pour mieux appréhender le tumulte de la vie.
Ce film est un polar social et humain ultra-réaliste, très bien filmé et réalisé. Le suspense est maintenu de bout en bout. En revanche, l'histoire n'a rien d'extraordinaire et il y a certaines longueurs.
Asghar Farhadi démontre encore une fois à quel point il sait dépeindre les relations humaines et familiales, avec cette complexité et cette nuance qui font sa marque de fabrique. Aucun personnage n'est enfermé dans une case et comme d'habitude, plus le film avance et plus on découvre que tout n'est pas forcément noir ou blanc. Le scénario prend le temps de donner de l'épaisseur aux idées, aux situations, aux protagonistes, et le déroulé de l'intrigue est implacable même si on regrette certaines longueurs.
Il n'est pas évident de parler d'un film qui parle d'une société-d'un pays dont les arts sont exclus. Alors, l'histoire qui y est racontée à t'elle une portée politique ou c'est juste la volonté de raconter le quotidien de manière soit réaliste soit romancée ? Mais en levant un voile sur la condiction féminine et humaine des habitants d'un pays critiqué sur le plan international, il y aura toujours une part de réalité et de fantasmes qui empêcheront de juste voir une chronique sociale du quotidien. Mais permet aussi de montrer un autre point de vue sur ce qu'on pense savoir, que si certains droits qui existent chez nous ne sont pas accordés ailleurs, nous en découvrons d'autres que nous n'avons pas et qui sont une belle initiative ou opportunité / liberté. Ça ouvre à une culture avec une manière de filmer différente, un rythme différent, une implication différente. Et ce n'est pas fait que pour critiquer négativement, c'est pour apporter un autre point de vue. Et si une séparation était l'occasion d'un rapprochement !
Au-delà du problème universel de la séparation d’un couple, ce film nous offre une plongée ultra-réaliste dans la société iranienne. Mené comme un véritable thriller social, « Une Séparation », film de 2 heures, nous embarque dans cette histoire au demeurant simple mais dans laquelle nous pouvons tous nous reconnaître. Chaque acteur joue merveilleusement bien, avec une pudeur des sentiments et une réserve bien senties collant au naturalisme de l’histoire. Outre la séparation d’un couple, le film donne le prétexte à montrer le divorce entre la bourgeoisie (désirs de modernité et d’affranchissement du poids des traditions) et classe populaire (superstitions, respect des règles religieuses). « Une Séparation » : Asghar Farhadi saute finalement de l’affrontement privé à un conflit social, donnant à son propos une portée beaucoup plus politique qu’on ne le pense au début de cette histoire a priori simple et ordinaire. Un bon film, à voir.