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Jean Marc B
122 critiques
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4,5
Publiée le 13 juillet 2026
film iranien mais sujet international. suite à la séparation d'un couple,la femme quitte le foyer conjugal et le mari se voit contraint d'engager une femme pour s'occuper de son père malade d'Alzheimer. de là tout bascule,un enchaînement d'événements s'ensuit qui bouleverse le cotidient de cette famille. très bon film avec une excellente interprétation des acteurs. un film à recommander.
Avec "Une Séparation", Asghar Farhadi est capable de transformer un conflit familial en une réflexion universelle sur la vérité et la morale. L’histoire débute lorsque Simin décide de quitter l’Iran pour offrir un meilleur avenir à sa fille. Son mari refuse de partir afin de s’occuper de son père atteint de la maladie d’Alzheimer. Leur séparation semble d’abord être un simple conflit conjugal, jusqu’au moment où Nader engage une aide-soignante religieuse pour s’occuper de son père. Chaque personnage possède ses raisons, ses contradictions et sa part de vérité. Le spectateur change sans cesse de point de vue, incapable de désigner clairement un coupable ou un innocent. Le scénario est d’une précision extraordinaire où chaque détail compte. La mise en scène semble presque invisible, mais c’est précisément ce qui la rend si puissante. Tout repose sur les visages, les dialogues et cette tension morale permanente qui transforme chaque scène en véritable champ de bataille émotionnel.
Avec Une séparation, Asghar Farhadi signe en 2011 l’œuvre qui lui vaut l’Oscar du meilleur film étranger. Mais réduire le film à sa consécration serait passer à côté de sa radicalité. Il s’inscrit dans une trajectoire déjà amorcée par À propos d'Elly : un cinéma du groupe, du secret, du déplacement progressif de la vérité. Ici, Simin souhaite quitter l’Iran pour offrir un avenir plus ouvert à sa fille Termeh. Nader refuse de partir, invoquant la nécessité de s’occuper de son père atteint d’Alzheimer. Le divorce est demandé. Une aide-soignante, Razieh, est engagée. Un incident éclate. Une accusation de violence. Une fausse couche. À partir de là, le film cesse d’être un drame conjugal pour devenir une exploration de la vérité fragmentée.
Farhadi ouvre frontalement, plaçant la caméra à la hauteur d’un juge face aux époux, nous interpellant comme arbitres. Farhadi construit ensuite son récit comme une mécanique d’engrenage. Chaque décision produit une conséquence pratique, qui engendre une réaction, qui déclenche une nouvelle chaîne d’événements. Rien d’exceptionnel, seulement l’addition des décisions ordinaires. La mise en scène cadre les corps à travers portes, vitres, escaliers, matérialisant un monde morcelé en segments sociaux, religieux, générationnels. Le cadre devient l’équivalent plastique d’une société divisée. Farhadi distille les informations avec parcimonie. Un détail surgit, modifie notre perception, puis un autre vient encore déplacer le centre de gravité moral.
Les enfants, surtout Termeh, absorbent en silence la violence des adultes. Son éventuel mensonge pour protéger son père constitue l’un des nœuds les plus douloureux du film. Farhadi filme son visage plus qu’il ne souligne ses paroles. La foi de Razieh, le devoir de Nader, l’aspiration de Simin sont des systèmes de valeurs en collision. Caméra portée, absence de musique, scènes étirées comme des plaidoiries inachevées ; tout concourt à refuser la catharsis.
Une séparation montre comment des individus raisonnables, mus par l’amour familial et le souci de dignité, peuvent produire un désastre sans intention malveillante. La vérité n’y est jamais un bloc stable mais une surface fissurée, vue depuis des angles incompatibles. Ce qui se sépare alors est notre désir de justice claire face à l’irréductible complexité du réel.
À travers des personnages complexes, Asghar Farhadi construit une tension constante, transformant un conflit familial en véritable réflexion morale et politique. a voir.
8/10 Magnifique film iranien allégorique, une femme veut partir en occident pour ses enfants, le mari refuse de la suivre et de divorcer, coincé par sa famille malade et son statut
Auréolé de l’Oscar et du César du meilleur film étranger en 2012, ce long-métrage du réalisateur iranien Asghar Farhadi débute comme un drame familial avant de se transformer en thriller judiciaire implacable. A partir d’un simple évènement, le scénario échafaude une intrigue complexe remplie de rebondissements. L’obsession d’un homme pour conserver sa dignité face à la justice et au détriment de sa famille offre une lecture radicale de la culture iranienne où les rapports humains et sociaux restent marqués par un conservatisme religieux étouffant. Bref, une œuvre puissante et humaine contenant une multitude de thèmes finalement universels.
Ce film iranien d’Asghar Farhadi est une œuvre d’une incroyable densité. Un drame intimiste mise en scène avec une grande sobriété, et écrit avec beaucoup de finesse, formidablement interprété, le long-métrage au-delà de son histoire passionnante livre une réflexion intéressante sur les problèmes sociétaux iraniens. Intelligent et bouleversant.
Un film magnifique, un scénario d’une complexité à couper le souffle, une analyse magistrale des rapports humains, le tout dans un Iran dont on découvre la civilisation, l’humanité au-delà du fief islamo-terroriste que les images d’Épinal nous montrent. En cours de visualisation, je me suis demandé quel film occidental pouvait être équivalent en complexité et richesse scénaristique. Ma faible culture cinématographique m’a fait songer à « The Barber », pas du tout le même thème, bien entendu, mais la même virtuosité. Pour revenir à « Une séparation », hommage aussi aux acteurs, tous de grand talent, même les enfants. Une belle histoire, où se mêlent vérité et mensonge, loyauté et trahison, classes sociales riches et pauvres, tradition et modernité, avec des passages d’une grande intensité émotionnelle et des personnages pris dans des alternatives infernales. Non, mais, quel film !
Ce réalisateur iranien Asghar Farhadi est un sacré mysogyne. Les femmes sont à chaque fois des menteuses par qui surgissent tous les drames (volontairement ou pas car en plus elles sont naïves et irresponsables). Ce sont d'eternelles mineures qui n'ont pas la maturité nécessaire pour anticiper les conséquences de leurs actes. Les hommes eux sont des victimes qui essaient de réparer les pots cassés. Ça saute aux yeux quand on regarde ses films et pourtant ce MONSIEUR a tous les honneurs des bobos. J'ai qd même trouvé quelques articles parlant de cette misogynie. Regardez ses films et vous verrez par vous même que "ce type" exploite toujours le même schéma (Une séparation; À propos d'Elly; le passé).
Un film vraiment formidable et un drame fort qui raconte évidemment beaucoup de la vie en Iran. C'est sensible et émouvant surtout en regard des traditions et du jugement d'autrui. Que va penser tel ou untel de mon comportement ?? Captivant et prenant.
Ours d'or au festival de Berlin ( 2011) , " une séparation " est, selon moi, à ce jour, le meilleur film de A.Farhadi, cinéaste Iranien de grand talent.
La séparation sentimentale d'un couple de la bourgeoisie iranienne, entraîne par un enchaînement de circonstances les personnages principaux dans un puits de problèmes sans fond.
La richesse scénaristique de " une séparation " et son interprétation constituent les points forts d'un opus qui mérite d'être vu plusieurs fois pour en saisir ses subtilités.
Il me semble qu'" une séparation " montre avant tout pourquoi le bonheur est aussi difficile à atteindre. La part des egos surdimensionnés, les comportements irrationnels, les mensonges, n'y occupent pas la moindre part, dans cette entreprise à la fois simple et compliquée, selon ce que montre le film.
La filmographie de A. Farhadi, mérite d'être connue dans son ensemble, même si " une séparation " fût son plus grand succès public et critique et occulte parfois malencontreusement ses opus antérieurs.
Voici le film qui m’a fait découvrir le cinéma Iranien, qui me surprend de plus en plus, mais surtout un immense réalisateur Asghar Farhadi. Il fait partie de ses artistes, dont le simple nom sur une affiche suffit à me faire déplacer dans une salle obscure. Comme souvent dans ses films on retrouve des thèmes qui lui sont chers, la famille, les non-dits, le respect des anciens, les classes sociales, le mensonge, le poids de la religion, mais aussi un état des lieux de la société Iranienne. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il apporte toujours un soin particulier à l’écriture de ses personnages et l’écriture des dialogues.
Lorsque son couple est sur le point de se séparer, Nager engage une aide-soignante pour s’occuper de son père malade. Un incident se produit et va entrainer les deux couples dans une spirale infernale.
Le spectateur va voir ces deux couples s’affronter, se déchirer, et essayera de démêler le vrai du faux. L’écriture est magistrale et rebattra régulièrement les cartes. Car une des forces du film est de réussir constamment à nous faire douter et notre avis changera continuellement sur les protagonistes…
Farhadi a clairement un don pour ce qui est de traité de la psychologie de ses personnages. Il n’est jamais manichéen et ne les juge jamais, en essayant au contraire de nous faire comprendre leurs actes. Ce qui fait que même si on est parfois choqué par leurs décisions, on a finalement énormément d’attachement et de compassion pour ces quatre protagonistes. D’autant plus que c’est un directeur d’acteur hors normes. Chacun est au diapason, jusqu’au moindre second rôle : que ce soit les deux gamines ou même le grand père qui sans un mot de tout le film réussit à nous arracher des émotions. Sans aucuns pathos, ni surjeu, les acteurs arrivent à nous nouer le bide tellement ils se retrouvent dans des situations qui semblent inextricables.
Le film est très bavard, mais chaque dialogue, chaque scène à sa place et approfondit un peu plus le propos, jusqu’au moindre silence ou regard qui en disent tellement long.
Difficile de rester de marbre devant ce drame intense, où on se sent aussi impuissant que les gamines, jusqu’à un plan final grandiose, aussi puissant qu’ingénieux, qui laisse le spectateur abasourdi.