Nebraska
Note moyenne
3,9
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230 critiques spectateurs

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Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juin 2014
Une quête d'un Graal qui permet à un fils de découvrir son père, sans être pathos.

Personnellement, je cherche encore l'intérêt du NB.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2014
Étonnant comme parfois de simples petits films qui tiennent d’avantage de l’anecdote sont pourvus d’un attrait aussi fort. Alexander Payne s’y connaît évidemment comme personne pour faire du portrait familial un sujet fort. Si le metteur en scène n’aura sincèrement pas toujours su faire de ses films des modèles du genre, celui-ci est une pure réussite, toujours dans le même genre. Après le jeune retraité, le jeune divorcé en quête de son héritage, voilà venu du tréfonds de l’Amérique profonde un vieil homme naïf ou simplement idéaliste partant à la recherche de son gain mirobolant. Seul personnage à ne pas afficher du pessimisme tout du long, le vieux Woody est d’un naturel confondant, d’une grâce filmique sans beaucoup d’équivalent. Oui, l’acteur, Bruce Dern, qui n’est pas né de la dernière des bruines mérite pour le coup amplement sa distinction aux Oscars.La force de Nebraska, outre d’être une formidable vitrine, en noir et blanc, d’une Amérique très profonde en phase descendante, une vitrine de paysages monochromes et d’une platitude qui rappelle les vastes et inquiétantes plaines de Fargo, est également l’une des plus belles fables sur l’âge avancé entrevue au cinéma depuis des décennies, voire plus. Bruce Dern ne force pas son trait, s’avachissant sur sa silhouette pourtant costaude et laissant sa tignasse partir au vent, entre littéralement dans la peau de Woody, vieillard tant têtu qu’attachant. Accablé par un passé qu’il passe sous silence, incapable de s’ouvrir aux autres, le vieil homme voit en cette chance de gagner le gros lot son unique façon de laisser son empreinte sur ceux qui passeront après lui. Son fils, incarné parfaitement par Will Forte, prend la route avec lui, non pas pour aller chercher quelque chose que le père espère, mais pour passer du temps avec lui, pour orchestré un pèlerinage sur les traces de la jeunesse et la famille de son père gâteux. Bruce Dern, toujours lui, assure le show dans ses frasques tantôt amusantes, tantôt touchantes. Incarnation plus vraie que nature d’un vieillard tel que l’on pourrait en croiser plein, l’on se marre devant ses confrontations dantesques avec sa femme, mégère au grand cœur. D’une autre part, l’on s’attriste à voir cet homme plein de regrets referment tout gentiment la porte sur sa vie passée et la vie tout court. Le personnage est si bien écrit qu’il s’étonne même que sa descendance puisse s’intéresser encore à sa jeunesse à lui. Nebraska ne dresse pas simplement le portrait passif d’un vieil homme, d’une famille, mais exploite au plus profond la condition de devenir vieux, très vieux. Étonné de voir ses proches s’attacher à lui, toujours un brin d’esprit ailleurs alors qu’on lui cause, Alexander Payne fait de son personnage une sorte d’enfant à qui il faut tout répéter, qui prend son temps pour saisir les choses et qui s’obstine à vivre selon ses convictions. Au final tout sera question d’héritage, mais pas financier, simplement d’estime de soi.Seule ombre au tableau, mais cela n’est que mon avis, l’utilisation inadéquate du noir et blanc. Si ce mode filmique permet certes à quelques occasions de faire ressortir toute la nostalgie contenue dans l’œuvre d’Alexander Payne, elle coupe au passage toute tentative de s’émerveiller devant les fantastiques plans larges du road movie qui compose l’essentiel du métrage. Les plans sont magnifiques mais les lignes de partage sont indistinctes. Dommages. Mais passons là-dessus et prenons acte du meilleur film de Payne à ce jour et de l’une des plus belles performances d’un acteur âgé au cinéma depuis belle lurette. Signalons tout de même quelques baisses gênantes du rythme, accentuées par des séquences presque mutiques qui ne collent pas franchement bien avec le ton donné aux divers dialogues tout au long du film. Presque un sans-faute, même si le thème est bien trop léger pour prétendre à l’appellation chef d’œuvre. Quelques kilomètres restent à parcourir à Alexander Payne pour qui celui-ci entre dans l’histoire comme une cinéaste référentiel. Mais il s’en approche tout gentiment. 16/20
Pasthen
Pasthen

75 abonnés 1 028 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 juin 2014
Je ne ferai pas une montagne de Nebraska. C'est un film sympathique qui se laisse regarder comme une bonne petite comédie "dramatique" made in US. Un vieil homme sénile veut absolument se rendre à Lincoln pour toucher un million de dollars. Mais, ses fils et sa femme tentent de lui faire comprendre qu'il s'agit d'un courrier publicitaire. Bien décidé à toucher son chèque, il fuit à plusieurs reprise son foyer. Résigné, son fils David accepte de faire le long voyage avec lui. Une aventure humaine commence et avec elle un parcours sur fond de souvenirs, bisbrouilles familiales et altruisme. Un peu naïf, le film propose une belle leçon de vie.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 novembre 2021
Agréablement surpris par Nebraska ! J'ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début car le film est un peu "pince sans rire", je veux dire par là que c'est une comédie mais avec un ton très calme et lent et des personnages très crédibles et réalistes, ce qui ne rend pas les blagues hilarantes à s'en tordre par terre mais pour autant, les dialogues sont très bien écrits et m'ont décroché pas mal de rire. Nebraska se rapproche dans le fond de "Little Miss Sunshine" que j'ai vu il y a peu : on suit une petite famille qui va d'un point A à un point B, seulement dans Nebraska, il n'y a majoritairement que le père et son fils, ce qui rend le film beaucoup plus intimiste mais crédible aussi. Les relations entre les personnages sont de ce fait très réussies et les personnages attachants, alors même qu'il n'y a pas spécialement d'événements marquants ou de grands moments d'émotions. Seul petit regret de mon côté, c'est la couleur noire et blanche du film qui viennent donner un ton sombre et triste à l'œuvre alors que ce n'est pas forcément justifié, je pense que des couleurs plus vives auraient rendues ce road trip beaucoup plus mémorable à la manière de Little Miss Sunshine ou Into The Wild. Nebraska reste un bon film avec des personnages très bien écrits et des dialogues excellents, malgré son rythme lent, j'ai passé un bon moment devant et je vous le conseille !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 février 2015
Un très beau film sur la période de fin de vie d'un homme interprété par Bruce Dern s'étant fait l'illusion d'avoir remporter la somme d'un million de dollars qu'il se doit d'aller chercher à Lincoln, NEBRASKA.
Avec l'aide de son fils , le naturel Will Forte, commence alors un road-movie au travers d'Etats, en passant par le Mont Rushmore et la ville d'Hawthorne.
Véritable leçon de cinéma, ce film signé Alexander Payne, aux couleurs noire et blanche nous émeut par ces personnages touchants que forme cette la famille Grant en pleins règlements de comptes dû à cette grosse somme, qui passionne les habitants de la ville d'origine de Woody et Kate.
Tous les acteurs sont géniaux, la grande révélation de Bob Odenkirk dans ces premiers rôles au cinéma.
Une magnifique fin, un film pleins d'émotions, Oscars à toi !
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2014
J'aime beaucoup le cinéma de Alexander Payne, sa mélancolie tendre, son ironie douce, l'élégance des sentiments de ses films.
Après "Sideways", "Mr Schmidt" et "The descendants", "Nebraska" est son film le plus abouti accueilli par une critique élogieuse.
Bruce Dern n'y a pas volé son prix d'interprétation à Cannes, qui en joue le rôle principal. Un vieillard alcoolique et quasi-grabataire qui s'est mis dans la tête d'aller au Nebraska récupérer le prix qu'il croit y avoir gagné à une loterie. Après avoir tenté de l'en dissuader, son fils cadet (Will Forte) finit par l'y accompagner.

"Nebraska" est un road-movie placé sans surprise sous le signe de la réconciliation père-fils. Il a pour cadre l'Amérique profonde des Etats méconnus du nord du Midwest : le Montana, les Dakota, le Nebraska. Des Etats sans cachet que l'on traverse sans les voir - sinon pour les sculptures monumentales du mont Rushmore où nos héros s'arrêtent un instant - filmés dans un noir et blanc crépusculaire.

Ceci étant, on aurait tort de passer à coté de ce faux petit-film qui parvient, avec une étonnante économie de moyens, à brosser les portraits des habitants de cette Amérique profonde, de leurs vies cabossées, de leur petitesses mais aussi de leur générosité.
NoPopCorn
NoPopCorn

33 abonnés 286 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2014
Un road trip en noir et blanc, haut en couleur !
Porté par l'interprétation de Bruce Dern et des dialogues cyniques, Nebraska est un road trip sobre et tendre au milieu de l'Amérique profonde, avec des personnages hauts en couleur, même si l'on subit un rythme un peu lent.
Pour en savoir plus, lisez notre critique complète NoPopCorn !
dominique P.

904 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 avril 2014
Un excellent road movie américain !
Je mets 4,5/5 et pas 5/5 car c'est en noir et blanc et je n'aime pas.
Et je ne vois pas l'intérêt de l'avoir fait en noir et blanc.
Sinon j'ai vraiment beaucoup apprécié ce road movie à la fois dramatique et amusant.
C'est un film lent, tout en psychologie, assez triste mais il y a des scènes drôles, de l'humour, de l'émotion.
Le vieux papa est très têtu et veut aller jusqu'au bout de son voyage au grand dam de sa femme et ses deux fils.
D'ailleurs l'un de ses fils l'emmène, fait la route avec lui et ils vont rencontrer de la famille, des anciens amis.
Le fils qui l'accompagne va d'ailleurs se montrer gentil, compréhensif, il va aider son père, le supporter, le défendre, être exemplaire avec lui.
Tout l'intérêt du film, outre les magnifiques paysages, c'est les relations humaines et surtout la relation père/fils.
MC feely
MC feely

84 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2014
Une belle histoire de famille avec beaucoup d'humour,on s'attache aux personnages et le but du film est atteint .Le rythme s'essouffle pas mal par moment mais c'est loin d'être mauvais et ça reste un bon road movie.3/5
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 mars 2014
Woody Grant a gagné un million de Dollars ! Seulement il faut aller les récupérer à Lincoln, Nebraska. Woody décide de s’y rendre, coûte que coûte…
Même si ce million providentiel n’est qu’une arnaque.
Même si le Nebraska se trouve à 1200 km et que seul son fils semble disposé à l’y emmener…
Même s’il sait que sa vieillesse et son vécu sont un poids que les autres n’hésiteront pas à lui jeter à la figure s’il ne partage pas son hypothétique fortune.

Il faut à la base, vraiment apprécier l’univers d’Alexander Payne, et sa manière de se poser en conteur poétique de la mélancolie humaine : NEBRASKA ne fait pas partie de ces films dits… haletants.
Les allergiques aux instantanés de vie, aux bulles nostalgiques, aux regards pleins de vague à l’âme devront passer leur chemin. Les fans du réalisateur devront aussi s’attendre à un rythme encore plus mou, sans le glamour de George Clooney, la finesse névrosée de Paul Giamatti, le charisme de Jack Nicholson.
Ce road movie n’aura d’intérêt que si l’on cherche vraiment à percer les mystères de son personnage principal, Woody Grant.
Ceux ci se révèleront au compte goutte, au hasard d’interactions douces ou mesquines avec sa famille, de rencontres fortuites avec de vieilles connaissances, de conversations décalées et bienveillantes avec de parfaits inconnus.

Le génie du cinéma d’Alexander Payne, est d’arriver à raconter le vécu d’un Homme, à décrire son âme, à travers de tout petits détails. Ici, un regard (euh. beaucoup de regards en fait), la, une anecdote en apparence banale et pourtant pleine de sens, ici encore, une pièce vide qui ravive des souvenirs…
Il faut donc observer, être attentif.
Énormément de choses passent par le regard des personnages, aussi important que ce qu’il voit, que ce que la caméra montre, que ce que chacun peut dire. Il trahit souvent les sentiments réels de ces gens, sentiments toujours influencés par leur vécu.

Davey, par exemple. Le second fils de Woody.
Davey accompagne Woody à chaque étape, physiquement mais aussi avec perspicacité : en paraphrasant les situations sensées le toucher, il cherche à comprendre son père, à recomposer progressivement ce lien parental qu’il n’a jamais eu.
Un garçon simple qui se cache derrière une barrière de cynisme et de détachement. Cette protection, pourtant, cédera à chaque évènement, chaque révélation sur son père. Alors que son père lui à apparemment fait beaucoup de mal, Davey est paradoxalement très tendre et patient avec lui.
Il faut donc bien observer Davey, car comme pour son paternel, ses émotions sont repérables en étant attentif à l’intensité de son regard : incrédulité, étonnement, admiration envers Woody. Indifférence, parfois tristesse envers les autres.
Will Forte l’interprète avec justesse, simplicité et minimalisme.

Sa mère, est aussi un protagoniste vraiment intéressant. D’abord montrée comme une banale vieille aigrie, principalement à cause de l’indifférence générale, elle révèle ensuite à travers quelques anecdotes croustillantes ce qui à façonné ce caractère moqueur et vengeur envers les autres, mais aussi plein de tendresse dissimulée derrière son agressivité envers son mari, ses enfants.
June Squibb donne vie en quelques répliques à ce personnage, de façon ludique et surprenante.

Puis les autres. Chaque personnage existe en dehors du film, cela se voit à travers les détails visibles et invisibles qui composent chacune de ces existences, leur quotidien, leurs habitudes. Tous ces gens qui croiseront la route de Woody Grant auront quelque chose à dire même s’ils s’expriment peu. Soit ils tenteront de l’arnaquer, soit de réveiller un souvenir qui semble disparu, soit serviront de phare, de GPS émotionnel.
Car NEBRASKA semble aussi vouloir parler de cupidité humaine, d’une avidité qui serait montrée avec légèreté et sans misanthropie, à l’inverse d’un Haneke par exemple. Et si les protagonistes les plus jeunes sont traités avec moins de subtilité, les anciens ont droit au même soin de l’effeuillage que Woody, même lorsque leur importance narrative est moindre.

Woody est donc le personnage principal de cette histoire dans le sens ou, bien malgré lui, il provoque toujours une réaction chez l’autre, ce qui amène généralement à une révélation sur lui même, sur son passé.
Son comportement laconique, impénétrable et éparpillé, renvoie aux autres protagonistes leurs propres peurs de la vieillesse, de la pauvreté, de la solitude, du monde.
Bruce Dern incarne Woody avec une mystérieuse intensité. Ce n’est pas une question de performance d’acteur, mais de subtilité dans l’interprétation. Ses émotions se transmettent par son physique gauche et fatigué, mais encore et surtout, par son REGARD.
Bruce Dern fait de Woody Grant une sorte d’éponge hermétique : s’il a l’air toujours perdu, en fait il ne l’est pas tant que ça… Cela se voit précisément dans son regard, à l’apparence vide, mais ou l’on perçoit des réminiscence de vivacité, ou le souvenir ravive une flamme étrange, entre folie, candeur, amertume et mélancolie. Son regard retient, absorbe tout. Chaque évènement à un impact sur lui. Mais il n’en montre rien.
Ce n’est pourtant pas une maladie, un début d’Alzheimer… Non, c’est juste un type qui s’est crée une défense très personnelle contre le monde, qui s’échappe dans le mutisme et une fausse incompréhension des autres.

Découvrir petit à petit qui est Woody Grant, percer toutes les bulles de mystères enveloppant sa personnalité, voila le vrai sujet du film.

La photographie noir & blanc du film illustre bien cela. Elle cherche continuellement à illuminer les personnages grâce à la clarté environnante, celle des paysages magnifiques du Nebraska, celle de ces suburbs aux relents d’une autre époque. Comme une volonté de ne laisser aucune zone d’ombre, aucun ressentiment chez ces hommes et femmes. Cela rend le film à la fois solaire et inconséquent. Car excepté la mélancolie, tout est traité avec légèreté. Aucune intention de choquer ou de déranger, de prouver quoi que ce soit, de rendre le film « oscarisable ».
Juste émouvoir par la puissance de quelques regards, par la touchante histoire d’un homme plein de non-dits.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 juillet 2014
Alexander Payne, pour son sixième long métrage, nous offre une virée sur les routes longilignes du Nebraska. Une virée, en noir et blanc, qui évoque pourtant toutes les nuances des sentiments. Un film authentique sur l’amour filiale, et dans un moindre mesure la rapacité des proches. Une fresque, à la photographie soignée de Phedon Papamichael, et bercé par la musique jazzy de Mark Oton.

Woody Grant (Bruce Dern) vient de recevoir une brochure publicitaire où on l’informe qu’il est peut-être l’heureux gagnant (si son numéro est tiré au sort) d’un somme d’un million de dollars. Le voilà, dans l’instant, qui prend la route, à pied, convaincu d’être gagnant. Rattrapé plusieurs fois, par sa famille, ou par la police, le vieillard fugueur se désespère. Sur un coup de tête, pour changer d’air, son fils David (Will Forte) décide de l’emmener à 1500 km de chez eux, dans la ville de Lincoln au Nebraska, pour retirer ses gains. L’occasion se présente alors de s’arrêter à Hawthorne (en réalité Plainview au Nebraska), ville natale de Woody.
Nebraska, c’est un road-movie baigné dans la lumière crue des plaines américaines, adoucie par le choix de filmer en noir et blanc. Cette décision rajoute à la fois au cachet artistique de l’œuvre, tout autant qu’elle apporte une certaine sérénité à son propos. Chaque plan est aussi beau que le précédent, on acquière la conviction que chaque image trouverait sa place dans une exposition photographique de qualité. Papamichael et Payne font preuve d’un sens aigu du cadrage et de la lumière pour rendre hommage à la beauté dramatique des visages, et à la beauté naturel des décors.

D’un point de vue scénaristique, Bob Nelson signe un script à la fois touchant et par endroit comique. Les liens ténus qui lient Woody, père alcoolique, qui ne semblent pas s’être beaucoup occupé de ses enfants, ajoute à la délicatesse de son fils, David. Ce dernier, avec une noble bienveillance, accompagne son ascendant dans ce qui pourrait être la dernière illusion de sa vie. L’occasion pour lui de découvrir par touche, l’homme que fut son père : un rescapé de la guerre de Corée, peu bavard et peu enclin à se plaindre, se réfugiant dans l’alcool. Il découvre aussi une bonne pâte dont les membres de la famille et les associés ont profité tout au long de sa vie. Les prestations de l’ensemble de toute la troupe d’acteur est remarquable. Aux côtés de Bruce Dern, récompensé par le Prix d’interprétation masculine à Cannes en 2013, et de Will Forte, tout deux débordants d’émotions sincères, June Squibb (Kate Grant) joue une matriarche forte de caractère, cachant derrière son autorité éprouvée, un amour protecteur envers son mari et ses fils. Son personnage haut en couleur donne lieu à quelques instants de franche hilarité, notamment lorsqu’elle rend « hommage » aux membres défunts de la famille de Woody au cimetière protestant. Bob Odenkirk (popularisé pour avoir joué l’avocat dans la série Breaking Bad), incarnant Ross Grant, le frère de David, est ici métamorphosé dans ce rôle de jeune premier que rattrape les émotions provoqués par la découverte du passé paternel. Le sel de Nebraska, la question que nous pose le film, à travers ces retrouvailles familiales à la fois touchantes, et éprouvantes, est celle de cet instant de grâce. Risquons-nous de passer à côté ? Savons-nous suffisamment qui sont nos parents ? Woody déclare à son fils qu’il tient à la récompense parce qu’il veut leur laisser quelque chose. Il n’y aura pas de récompense sonnante et trébuchante. Pourtant, David et Ross, emporteront avec eux, une rétribution bien plus forte. Woody vivra à jamais dans leur souvenir, bien plus fort et complexe qu’il l’aurait pu avant cette aventure. En quelque sorte, son tendre souvenir s’imposera comme le plus beau des héritages.

Mâtiné d’humour, profondément touchant, visuellement parfait,Nebraska est certainement le film à voir, que dis-je, à contempler, cette semaine.

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 septembre 2014
Très joli film, émouvant et touchant. Visuellement très travaillé et très beau.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2015
Un véritable chef-d'oeuvre où la distraction prend la forme d'un sujet rébarbatif : la vieillesse. Et il semble que tout soit fait pour ne pas qu'on puisse en discuter : le vieil homme, sénile ? Perdu dans ses rêves ? Cet aspect parmi tant d'autres a été réalisé avec tant de finesse que toutes les scènes semblent marcher sur la ligne de crête entre une interprétation et une autre. Le tournage en noir et blanc aurait pu prendre l'apparence d'une prétention superflue (comme le fait Woody Allen d'une manière tout à fait détestable) si quelque chose l'avait justifié. Mais il est utilisé avec tant d'innocence qu'il est difficile de le critiquer négativement. Étonnant tout de même de gâcher toutes ces potentielles magnifiques scènes en les dépeignant en monochrome. Il parvient aussi à être caricatural en faisant se demander le spectateur si tous les personnages sont réellement des acteurs ; leur texte coule et les conversations découlent harmonieusement de leur jeu d'une crédibilité rare. Un road-movie, un drame, un documentaire mélangés à l'unisson que même une personne qui n'aime aucun de ces genres ne peut qualifier de raté.
Nico591
Nico591

53 abonnés 800 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2014
Peu de films choisissent des vieillards pour héros, et celui ci le fait plutôt bien.
Avec un superbe noir et blanc, on suit le retour dans on village natal d'un vieil home brillamment interprété par Bruce Dern qui accompagné de son fils va retrouver toute une galerie de personnages loufoques mais authentiques.
On retrouve un peu l'esprit des frères Coen mais Alexander Payne rajoute une pointe de tendresse dans le récit, dommage que le film souffre de quelques longueurs ainsi qu'un manque de rythme par moments.
"Nebraska" reste toutefois un très bon film atypique qui nous ballade dans l’Amérique profonde.
Lorry-James
Lorry-James

12 abonnés 218 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2014
Road-movie aussi amusant que bouleversant, chronique familiale aussi piquante que sincère, peinture de vie aussi subtile qu’authentique, Nebraska nous happe vers une traversée emprunte de mélancolie, d’espoir et de rédemption où la mise en scène se révèle impeccable et où les acteurs s’épanouissent pleinement. Un long-métrage fascinant !
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