Hitch parade. En vrai: Alfred Hitchcock, 60 ans et 44 longs-métrages en 1959, est au faîte de sa gloire grâce à La Mort aux trousses. Refusant de céder à la facilité, c'est-à-dire de refaire le même genre de film pour contenter ses producteurs, il choisit d'adapter un roman très saignant, Psychose. De sa mise en chantier à sa sortie, ce film sera l'un des plus difficiles entrepris par le Maître. Une galère qui donna lieu à un livre, en 1990, Alfred Hitchcock and the Making of "Psycho", de Stephen Rebello (encore disponible, mais toujours pas en français), point d'ancrage de Hitchcock, le film.
En faux: Anthony Hopkins, grossi et maquillé comme il faut, incarne Alfred Hitchcock. La causticité lui va à merveille, en symbiose parfaite avec la bienveillance de sa femme, Alma Reville, interprétée par Helen Mirren. Peu présente dans le livre de Rebello, très effacée dans les gazettes, elle est le supplément d'humanité apporté par le réalisateur, Sacha Gervasi. Le portrait de sir Alfred est craché. Et le film, aussi inabouti qu’inégal, ne nous apprend pas grand-chose, à part que son scénariste à bâcler son job en rendant un scénario assez malmené qui laisse de grosses fentes d’ignorance entre les séquences. Donc, lorsqu’une scène finit et qu’une autre déboute, on croirait passer d’Hollywood à Néchin…