Je ne comprend pas les mauvaises critiques sur cette biopic qui a le mérite d'être rythmée et de ne pas manquer d'informations quant à la production ardue du plus grand chef-d'oeuvre du réalisateur, "Psychose", et à sa vie privée... La réalisation est belle et soignée tandis que la transposition dans la fin des années 50 est réussie, que ce soit dans les costumes ou dans les décors. La biopic se concentre sur une étape de vie d'un des plus grands réalisateurs, le maître du suspense alias Alfred Hitchcock. Après une quarantaine de films réalisés, Hitchcock est à la recherche de quelque chose de neuf et d'inédit dans sa carrière, un scénario qui donne le frisson et qui embarque le spectateur dans un suspense fascinant. Il s'ensuit alors la production d'un des plus grands films d'horreur de tout les temps, à savoir "Psychose", qui, lors de sa production et de son tournage, a semé bien des doutes et était loin de s'imaginer un tel succès. Une fois l'histoire tirée d'un roman, Hitchcock tente de convaincre sa plus fidèle collaboratrice, sa femme, qui croit en ses capacités. L'originalité du scénario est qu'il mêle la radicalité de la biopic "professionnelle" (sur le tournage) avec la complexité de sa vie intime avec sa femme Alma, brillamment interprétée par Helen Mirren. On découvre alors la vie d'un réalisateur à l'aise avec ses actrices, pris d'angoisses et d'hallucinations, et peu sympathique envers sa femme. Ce portrait dessine un homme tenace et perfectionniste voulant mener ses réalisations à terme. Les deux s'entremêlent subtilement et constituent un film complet et et joliment raconté. En effet, l'un des parti pris, c'est Hitchcock qui parle face caméra et nous présente son aperçu sur la situation. De nombreuses scènes m'ont marqué, comme le tournage de la scène de la douche (mis en scène de façon adroite et bien pensée), les scènes de dialogues entre Hitch et sa femme ainsi que la superbe scène où Hitchcock réagit aux cris des premiers spectateurs de "Psychose" et jubile. C'est sans doute la meilleure scène pour Anthony Hopkins, qu'on sent parfois encombrer sous la tonne de maquillage, mais qui réussit à retransmettre le regard vif et la diction prononcée du personnage original. Helen Mirren est parfaite en femme de l'ombre et tire son épingle du jeu grâce à une interprétation maîtrisée. On apprécie beaucoup la présence de Scarlett Johansson (notamment pour la scène de la douche) et de Jessica Biel en actrices respectables des années 50. Étrangement, j'ai passé un bon moment et je suis quelque peu étonné de voir le peu de reconnaissance que rencontre le film, sans doute est-ce à cause d'un petit manque d'émotions et de profondeur dans le scénario et dans le personnage tenu par Hopkins...