Au Diable que le fait de radoter, j'espère de tout coeur que quelqu'un réagira contre cette doxa qui porte Brian de Palma aux nues. Voilà bien un cinéaste que je n'ai jamais jugé bon. Ce qui pourtant, ne pas m'a pas empêchée d'être alléchée par sa dernière réalisation. A la suite de la vision d'une bande-annonce outrageusement prometteuse qu'attendions nous ? Sensualité maladive, glacement de sang, sublimations féminines et érotisme ambiant... Que nenni. C'était sans compter les obsessions rances et perpétuelles du vieux Brian. Perverses ont longtemps été ses œuvres. Non pas que l'aspect soit condamnable, attention, mais qu'il le soit à l'excès rien ne semblerait plus naturel. Attirance/répulsion, jeux de masques, sexe, doubles, sadisme, meurtres... Quel plaisir pourrait-il y avoir à retrouver ces abjections déjà maintes fois essoufflées ? Je ne le sais. Pas même pour une réalisation qu'on qualifierait de virtuose; car si dans la simplicité on peut se retrouver ce n'est pas le cas d'une banalité techniquement pseudo-complexe. Mesdames et Messieurs, sachez que ce grand homme, pour servir l'immensité de son propos, nous a fait l'honneur de réaliser un split screen. Procédé intéressant dans certains cas d'ici éloignés, il n'est devenu qu'agression visuelle et lourdingue appui scénaristique. Si certains plans auraient pu s'avérer visuellement réussi (nous parlons d'un cinéaste à renommée cinéphile, c'est la moindre des choses) l'esthétique est littéralement pervertie par un design excessivement moderne. A des lieues de faire rayonner ses actrices, notre « artiste » les moule dans cet univers composé de verre, de blanc, de toc, de métal (et de placements de produits). Sans parler des couleurs excessives au mauvais goût prononcé. Ce ne pourrait également être le plaisir d'un scénario exceptionnel. Là où Corneau avait su rester digne au milieu de ses grosses ficelles, De Palma salit de son ignorance, une histoire déjà peu palpitante. On parle de visionnage d'un ballet qui à l'origine est d'une durée de dix minutes pour ensuite annoncer que le dit « visionneur » serait parti au bout de la première demi-heure ? Non, nous ne sommes pas tous incultes. Invraisemblances dues à d'inutiles objets qui ne servent qu'à assouvir une prise graphique malheureusement peu palpitante de maigres secondes. Ne parlons pas de cette représentation d'une sexualité pseudo-subversive exacerbée à laquelle on ne croit pas une seule seconde. Toujours loin de son but, notre réalisateur peine à donner sa dimension réellement fantomatique à sa création. Ce n'est certainement pas par l'intermédiaire de ce bruit ambiant qui a été (de façon terrifiante) qualifié de musique qu'il se pouvait de réussir. Pauvre Brian... Si certains s'amusent à lui trouver des excuses (ce pour ne pas avouer qu'ils sont fascinés par ses penchants) et disent qu'il s'applique à ne réaliser que des séries B assumées et parodiques, ils devraient y regarder bien après. Le tout n'est alors intéressant que pour cinq minutes, le temps de nous rendre compte qu'il n'y a rien de plus à nous apporter. Mais également, pauvre Noomi Rapace (à l'immonde coupe de cheveux) qui peine à trouver sa place au sein de ce manque de subtilité faisant passer cette œuvre ratée pour un mauvais téléfilm. Une bien pauvre passion que celle d'un réalisateur poussiéreux voulant gravir les grandes marches du temps. Et ce (c'est sans regret qu'il serait délectable de lui annoncer) en chutant aussi minablement que faire se peut. Adieu.