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eireval
1 critique
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4,0
Publiée le 19 février 2013
Un film surprenant, déroutant en son début comme dans son dénouement mais extrêment efficace si l'on accepte de sortir des schémas figés du cinéma contemporain. Esthétiquement très réussi en prime.
Je suis allé ce film car il y avait à l'affiche Brian de Palma (Mission : Impossible, Obsession, Carrie) et Noomi Rapace (Millenium, Prometheus). Je ne savais pas que c'était le remake d'un film français. Un très bon thriller, hitchcockien évidemment, De Palma oblige. Le film, de part son intrigue, m'a rappelé Black Swan d'Aronofsky et Les Biches de Chabrol. Après niveau ambiances, outre l'héritage hitchcockien, je trouve que ce film aurait pu être fait par Almodovar dans certaines scènes. J'ai trouvé que le film critiquait avec virulence certaines tares de la société moderne. La compétition à outrance, les coups en douce par derrière, le harcèlement, l'hédonisme. Le registre hitchcockien de la pulsion est ici appliqué à la société de ce début du XXI° siècle. Dans leurs relations professionnelles, deux femmes ambitieuses sont prêtes à employer des méthodes à la Norman Bates pour écraser l'adversaire. Il n'y a plus de frontière entre le conquérant avide de pouvoir et le psychopathe déchaîné. Brian de Palma expose ici les pulsions destructrices qui apparaissent lorsque l'esprit devient fanatique de sa propre jalousie.
Rachel McAdams est surprenante dans ce rôle contre-emploi de dominatrice sûre d’elle et manipulant tout ce qui gravite autour d’elle. Elle m’a vraiment convaincu. Je la préfère d’ailleurs dans ce style plutôt que dans celui qu’elle a plutôt l’habitude de jouer, c’est à dire les comédies dramo-romantique (N’oublie Jamais, Hors du Temps etc…). On prend vraiment plaisir à la détester lorsqu’elle dévoile ses atouts de garce. Quand à Noomi Rapace, qui est en quelque sorte la protagoniste de ce film, elle joue toujours de manière juste. On compatit à tout ce qui lui arrive, que ce soit les moments positifs comme lorsqu’elle parvient professionnellement à surpasser sa boss et les instants négatifs comme l’humiliation publique subite par cette dernière pour se venger. De plus Brian De Palma arrive à nous surprendre en nous faisant tourner en bourrique sur l’identité de l’assassin de la victime tué(e) au deux tiers du film. Et c’est dans cela que ce remake se démarque de l’original.
Je n'avais pas vu le film original d'Alain Corneau qui ne m'avait pas tenté à sa sortie en salle. Là avec Brian De Palma derrière la caméra et le duo Rachel McAdams - Noomi Rapace, il faut dire que ça a plus de gueule ! Je n'ai pas été déçu et j'ai passé un bon moment. J'adore la mise en scène de Brian De Palma. Je trouve juste que l'histoire était assez prévisible, ce n'était pas très difficile de deviner l'issue du film. C'est ce qu'on appelle un bon film d'auteur d'après moi !
Ce qui est chiant avec les vieux réalisateurs qui ont une carrière longue comme le bras, c'est qu'ils ne se sentent plus l'obligation de rien. Vous allez me dire que laisser l'artiste sans bride, ça ne peut qu'avoir du bon. Pour ce "Passion", je trouve quand même que De Palma se la joue un peu trop. Et va-y que te reprend tous les codes du polar des anciens temps, avec fondus à gogo, musiques d'un autre temps et jeu des acteurs très verbeux et très emphatiques. Alors OK, le mec maîtrise à mort et s'amuse comme un gosse. Le problème c’est que - justement - je trouve qu'il manque totalement de mesure, si bien que tout le long de ce film, j'ai eu du mal à prendre cette intrigue au sérieux. Dommage car, franchement, je trouve que l'intrigue est en fin de compte remarquablement ciselée et sait, pour le coup, brillamment se référer aux grands classiques des périodes précédentes. Seulement voilà, à ne pas suffisamment s’effacer face à son film, à rappeler en permanence que ce n'est pas n'importe qui est derrière la caméra, l'accumulation d'effets de style rend l'ensemble très boursouflé et – j'ose dire – presque indigeste. Mais bon, ne vous y trompez pas : dire cela c'est expliquer les limites à mon plaisir car, en définitive, ce "Passion" reste un film qui se regarde sans difficulté et sans ennui. Je dirai presque « dommage » car, au vu des performances de chacun, soit devant, soit derrière la caméra, il y avait largement moyen de faire en sorte que ce film aille au-delà...
On a retrouvé Brian de Palma mais seulement dans la dernière demi-heure du film et on est déçu car l'intrigue est d'une lenteur excessive dans la première partie et l'ensemble est trop convenu pour nous passionné vraiment .
Passion est ce genre de film qui essaye de se maintenir constamment sur le fil qui sépare le ridicule du spectaculaire. En ce sens il est très proche du giallo, et en particulier du cinéma de Dario Argento.
Première partie : jeu d'influence entre deux garces dans un milieu professionnel très codifié. C'est propre, mais déjà entâché de multiples insultes au bon... la suite ici : http://0z.fr/P97yM
Rachel McAdams est magnifique,envoûtante,perfide,ses tenus lui vont à merveille. l'intrigue était connu puisque remake et il n'y a pas de réelles surprises,d'innovations et c'est bien dommage.
Brian De Palma restera à jamais ce réalisateur de génie de film de mafieux des années 80. Son Dalhia Noir des années 2000 avait fait circuler le bruit qu'il n'était plus capable de pondre quoi que ce soit pourvu de talent ; Passion arrive sur les écrans pour démentir ce constat. Et, dans ce film très old school sur la forme, on prend plaisir à voir l'intrigue évoluer grandement à deux reprises. On a donc trois films en un. Le premier nous fait danser sur la corde raide de l'admiration qu'une employée a pour sa chef tout en se tapant son mec. Au fur et à mesure qu'elle prend le dessus sur celle qui s'approprie son travail pour accéder à l'échelon supérieur, Rachel McAdams, magnifiquement froide, renverse le film en faisant étalage de tous ses pouvoirs de manipulatrice. On se retrouve alors dans un semblant de De Bon Matin traitant du harcèlement moral en entreprise, avec une dimension plus lyrique et moins réaliste. Et puis, au fur et à mesure que Noomi Rapace encaisse les coups, sa haine prend le dessus et fait exploser le film dans la dernière demi-heure. On passe d'un thriller psychologique à un film d'épouvante mystique sur fond d'enquête policière, comme aurait pu le faire Roman Polanski il y a 35 ans. Les plans s'articulent parfaitement avec la musique oppressante qui remplace toute parole devenue inutile. L'exercice de style et les surprises sont réussies, mais le film souffre tout de même quelque problème de rythme. Un peu plus de pêche et on avait à faire à un grand film.
Un bon thriller à rebondissements où chaque personnage se révèle bien différend au fur et à mesure de l'action. le dénouement est inattendu et bien amené.