A sa sortie, on a beaucoup critiqué le Crime d'amour de Corneau, trop artificiel et sans chair véritable. Le remake de Brian de Palma est-il meilleur ? Pas si sûr ! Certes, on gagne en glamour ce qu'on perd en analyse sociale et ce combat de femmes pour la domination n'est pas désagréable à regarder avec ses images excessivement bien léchées. Tellement d'ailleurs qu'elles en font oublier le fin mot de l'histoire, qui vaut ce qu'elle vaut, et qui ne prétexte pour de Palma à recycler ses éternelles obsessions. La brune contre la blonde, avec la rousse tapie dans l'ombre, les gladiatrices de Passion ont beau jouer des hanches et faire admirer leur plastique, cet érotisme sur papier glacé ne vaut pas tripette sur l'échelle de Richter de l'excitation. Le style fait l'homme mais pas toujours le cinéaste.
Passion regorge d'originalité, on sent qu'on est dans un type de film pas courant, y compris la manière de filmer. Le tout rappelle un Hitchock, sans même avoir lu les critiques presse, c'est ce à quoi ça m'a fait penser. Il y a une phase où on découvre les personnages, une phase de thriller qui monte en escalade et une phase où tout retombe et croit vivre la folie. De nombreux rebondissements sont à prévoir et c'est intéressant de savoir qu'on se fait balader bien qu'on ai parfois une petite idée de ce qu'il se trame derrière l'intrigue. Les acteurs sont raisonnables et on très bien assimilés leurs rôles. Un film cru 2013 qui fera parler de lui, c'est certain ! Merci Brian De Palma !
Il ne suffit pas de racoler en montrant ce qui était habilement suggéré dans la version originale "Crime d'amour" pour que ce soit meilleur, à force de surenchères ce film se perd dans des invraisemblances peu crédibles jusqu’à en devenir ennuyeux, seule l’interprétation des deux héroïnes donne un peu de crédit pour éviter le nanar
Je n'ai carrément pas perçu l'intérêt du film. Des personnages glacés, pas le moindre frisson. Je n'ai pas cru à leur histoire une seconde. Vaguement le charme d'un vieux Hitchcock, mais sans le moindre suspense, c'est embêtant !
Brian De Palma est au meilleur de sa forme et signe un superbe film (remake du bon film "Crime d’amour"). C'est impeccablement réalisé, c'est bouillant, troublant, sombre, lumineux et hitchcockien.
Drôle de sensation en voyant ce film, et pas grâce à la relation passionnée des personnages de cette intrigue "business to business" ... mais à cause du plagiat que de Palma nous impose ! Une copie quasi conforme du film de Alain Corneau (sortie en 2011). Certes le duo de femmes de cette version nouvelle est beaucoup plus convaincant, les 5 dernières minutes sont top, mais ça ne suffit pas. Une impression de déjà vu et surtout aucune contribution de ce réalisateur : paresseux !
Un peu décu par ce dernier opus du grand Brian. Il revient certes à ses premiers amours hitchockiens avec des thèmes qui lui sont chers comme la manipulation, les faux semblants, la trahison, le thème des soeurs jumelles (qu'il avait déjà évoqué dans Soeurs de Sang (1973), le sado masochisme, le côté giallo et l'érotisme baroque mais l'ensemble se perd un peu dans un flou artistique malheureusement, probablement dû aux multiples rebondissements vers la fin du film. On retrouve néamoins le style De Palma avec l'utilisation du split screen, une direction d'acteurs solide, une vraie alchimie entre les deux protagonistes McAdams/Rapace et une bande originale aux accents baroques, fruit d'une nouvelle et très fructueuse collaboration entre De Palma et ce génie de la musique qu'est Pino Donaggio. Certains passages m'ont rappelé la bande originale de Body Double (1984), déjà composée par Donaggio. Un film à voir mais qui, à mon avis, ne restera pas comme un des meilleurs De Palma comme le sont Les Incorruptibles, Carrie, Outrages, Scarface ou Pulsions.
Avec Passion, Brian De Palma revient aux sources et livre un thriller magistralement mis en scène et interprétée dans lequel on retrouve toutes ses obsessions de cinéaste (jeux de masques, doubles, voyeurisme, sadisme). Cette virtuosité peut sembler un peu vaine mais le film est souvent éblouissant tant il joue, non sans humour, avec les clichés les plus éculés du genre. Manièriste, excessif avec une imagerie proche des polars de série érotiques des années 90, Passion est un exercice de style réussi qui rappelle aussi le Palma des années 70 (et notamment de Pulsions). Noomi Rapace et Rachel McAdams sont éblouissantes dans ce face à face saphico-pervers et certains scènes sont magistralement exécutés (ah le retour du spli-screen). Si l'intrigue, qui reprend celle d'un film d'Alain Corneau, est celle d'une série B quelconque, De Palma la transcende pour entrer dans un monde ou le fantasme et la réalité finissent par se confondre. Peut-être pas toujours abouti (la fin est un peu expéditive et bâclée) mais souvent captivant et intriguant. Un grand film de genre qui joue avec les codes qui le constituent.
"Passion" est beaucoup moins convaincant que ce que j'espérais ! D'emblée, les deux personnages féminins principaux sont trop typés un peu comme des caricatures de cadres, de dirigeant d'entreprise sans aucune subtilité. Les personnalités ne sont pas assez fouillées et trop vite dévoilées, on a donc tout de suite compris qui est qui, et les jeux de chacune d'entre elles... Tout est donc un peu trop facile comme si De Palma avait peur que le spectateur ne suive pas l'intrigue ! Si bien, que beaucoup trop vite, on devine déjà le cheminement de l'histoire et on prévoit les moindres retournements de situation. Ainsi plus aucun suspens ne nous donne le frisson attendu... Malgré tout, il n'en reste pas moins que la première partie est cependant assez intéressante en dépit des défauts déjà cités ! La suite est quant à elle, plus décevante dans la mesure où tout ce qu'on avait justement imaginé ou deviné, prend forme comme on l'avait prévu, comme une enquête facile et sans imagination ! Un sentiment de frustration puis de déception apparaît donc rapidement au lieu de la surprise espérée qui en aurait un très bon film ! Et de plus, pour confirmer cette critique, on ressent dès les premières images, une ambiance de téléfilm avec des décors stéréotypés ou un peu kitsch, des plans répétitifs, une campagne de pub peu crédible qui sent le fabriqué... Au final, un film formaté un peu facile car sans réelles ambitions, sans prises de risques inutiles pour ne pas décevoir et en même temps ne pas satisfaire le spectateur qui lui aurait bien aimé un peu de spectaculaire !
Ce film est un navet infâme. Le scénario est creux, complètement tiré par les cheveux et se contredit sans arrêt. Au départ on est intrigué. Rapidement, on s'ennuie. A la moitié du film, on s'énerve. A la fin, on en rigole.
La musique est celle d'un film érotique des années 90. L'image est techniquement irréprochable, mais l'absence permanente de lumière et de couleurs donne juste envie de dormir. Les quelques scènes où De Palma semble essayer de faire dans l'artistique (cf. Le ballet) sont simplement inutiles et incompréhensibles...
La preuve la plus flagrante de cette nullité reste les fous rires des spectateurs lors des scènes finales, et la bronca lorsque "The End" apparait à l'écran.
Voilà un film désastreux où il n'y a pa grand chose a sauver. Le scénario est affligeant et enchaîne (surtout dans sa première moitié) des scènes d'une bêtise hallucinante. La musique est absolument innommable et digne d'un téléfilm érotique italien des années 1980. A cela on peut ajouter que la mise en scène de De Palma est maniérée au point de devenir grotesque notamment sur la fin. Ses influences (Hitchcock, Kubrick, Almodovar) dépassent l'hommage pour devenir une caricature bien vide. Enfin je terminerai sur l'interprétation des deux actrices qui n'est pas en reste. N Rapace joue bien mais manque tellement de charisme et de présence que seuls des rôles spectaculaires lui vont. Elle est donc tout aussi lisse que dans Prometheus. R Adams en fait des tonnes et aussi jolie soit-elle il lui manque l'aura requis pour un tel rôle et la subtilité. Elle fait le numéro d'une jeune femme tout juste sortie de l'adolescence et jouant les allumeuses de bas étages. Que d'ennui et de grotesque. Passez votre chemin sans crainte.
Ben il est fatigué le pépère... Pas étonnant que ce remake d'Alain Corneau soit produit par des français et non par des majors américaines tant le maniérisme des films d'auteur gaulois y est présent. Produit par des bobos ampoulés pour des bobos ampoulés, l'habituelle puissance du réalisateur est noyée sous les effets cheapouilles (ah ce split-screen affreux, raté et maladroit !) d'une mise en scène digne des pires téléfilm d'Arte. Normal me direz-vous, puisque le film se passe en Allemagne (oh c'est petit ça). Faux film choc, "Basic Instinct" du pauvre, manipulations foireuses que l'on voit venir avec de grands sabots. Érotisme toc, il est loin le temps des "Pulsions" ou des "Body Double", les obsessions du cinéaste fétichiste sont ici caricaturales et n'habillent que les abysses du néant. Réduit à sa plus simple expression et désossé de sa substantifique moelle, le talent de de Palma est noyé sous les flots arides du manque d'inspiration et de créativité. Putain Brian, donne-nous de l'ampleur, donne-nous de la grandeur, donne-nous de la splendeur mais ne nous donne plus jamais ça ! 1,5/5
BRIAN DE PALMA signe là un très beau film, le jeu des actrices est sublime, il arrive un moment où on ne sait plus qui manipule qui, très belle musique, le suspence est rondement mené, RACHEL McADAMS et NOOMI RAPACE irradient littéralement l'écran!!!!
Un immense film, beau et palpitant. Un rythme completement hyplotique, une ingeniosité et une precision dans la mise en scene qui donne beaucoup de plaisir. Et De Palma sait filmer les femmes comme personne!
Il y a trois ans, j'étais sorti d'un cinéma parisien, tout sourire, après avoir vu "Crime d'amour" du regretté Alain Corneau, réalisateur à la voix charismatique. Kristin Scott-Thomas et Ludivine Sagnier y formaient un duo sucré-salé intéressant. Le film de monsieur de Palma en est le "calque" assez réussi, à quelques nouveaux détails près et au parfum parfois almodovaresque. En voulant se changer les idées et fuir le train-train quotidien d'une semaine rythmée par le boulot, son stress et pour beaucoup, la vie en entreprise; on retombe en fait en plein dedans. Mais, l'intrigue contribue vite à nous en faire sortir. L'action se passe à Berlin, dans une rutilante agence de pub, avec réunions complexes, codes sociaux pubeux et call-conférences souriantes dans lesquelles on voit forcément un mug dans un coin... La patronne, blonde gravure de mode qui le sait, a une relation professionnelle et humaine avec une de ses directrices de clientèle plutôt fusionnelle. Elles font tout ensemble, s'embrassent même parfois, se cherchent, se cirent les Louboutin ( pour l'une des deux au moins ), partagent un businessman peu liant mais ne peuvent en fait pas se blairer. La taulière décide un jour d'enclencher une guerre des nerfs, où l'hypocrisie et la mesquinerie, entraineront ces deux femmes actives vers des destins peu enviables, en y mêlant une petite chef de pub, elle même amoureuse de l'une d'entre elles. Il y du meurtre dans l'air et pendant un long moment, on se demande qui a tué et même dans le fond pourquoi. C'est la première fois que je voyais un film de Brian de Palma et j'aime bien en général les premières fois.