Véritable hommage à l’univers du jeu vidéo, Les Mondes de Ralph nous plonge dans le quotidien de plusieurs personnages de jeux qui regagnent leur vraie vie à la fermeture de la salle d’arcade dans laquelle des joueurs viennent régulièrement. Le personnage principal Ralph la casse rappelle fortement Donkey Kong avec sa grande taille et ses longs bras pendants. Il joue pourtant le rôle du méchant dans Fix it Felix Jr, en détruisant des parties d’un immeuble tandis que le héros Felix Fixe les répare en évitant ses projectiles. Ce jeu inventé n’est pas sans rappeler le classique Wrecking Crew, et ce jusque dans le titre original du film Wreck-It Ralph.
La présentation du tout début est super bien animée et les références fourmillent tout au long du film. On voit par exemple Ryu et Ken qui quittent le stage japonais pour aller prendre un verre dans l’univers du jeu Tapper, Kano de Mortal Kombat qui arrache un cœur, un point d’exclamation avec le bruitage attestant qu'on s'est fait repérer dans Metal Gear Solid, Chun Li accompagnée de Peach et de Daisy, Sonic qui perd ses anneaux, la manette de la NES avec le fameux code Konami, ou encore de nombreux autres personnages et leurs bornes d’arcade des années 80 comme Pac-Man, Q*Bert, Space Invaders et Dig Dug. On assiste même à une réunion de plusieurs méchants comme Zangief, Bison, Robotnik, Bowser et Diablo parlant de leurs difficultés.
Le thème abordé est celui du méchant mal aimé : tandis que les héros vivent à l’intérieur et reçoivent des médailles pour leurs bienfaits, les antagonistes sont parfois mal aimés et trouvent refuge dehors. Normalement interdits de quitter leur jeu, c’est pourtant bien ce que va faire Ralph pour prouver sa valeur au monde en allant obtenir une médaille. Mais en voyageant dans d’autres jeux, il va risquer la disparition de son jeu car son absence ne permet pas son bon fonctionnement. Il croise en chemin Vanellope Van Schweetz, une petite fille au caractère fort porté par la VF de Dorothée Pousséo, qui rêve de gagner une course automobile dans un univers fait de sucreries tandis qu’elle est rejetée de tous en tant qu’erreur de programme provoquant des bugs d’affichage sur elle-même.
Si les deux héros n’ont pas un charisme fou, ils forment un duo bien animé et émouvant dans sa recherche d’acceptation des autres. Le scénario les amène à s’entraîner pour la course de Sugar Rush et à traverser l’univers futuriste de Hero's Duty, avec ses soldats en armure rappelant fortement des séries de jeux comme Halo et Mass Effect, voire Metroid pour sa commandante au fort caractère et à la silhouette non sans rappeler Samus Aran. Des références de films s’intègrent pour l’occasion, à commencer par Alien avec les nombreux facehuggers qui sortent des œufs pour devenir de gros insectes. Le véritable méchant de l’histoire amène à quelques surprises et apporte une réflexion intéressante sur la place de chacun. Un film d’animation exploitant les jeux vidéo de manière pertinente, bien avant d’autres œuvres comme Pixels et Ready player one.