Le premier film d'Erwan Le Duc est un objet filmique non identifié, qui se situe quelque part entre un Wes Anderson vosgien et un Roy Andersson rural, assemblage hétéroclite et pas toujours absolument convaincant d'humour décalé et de comédie romantique au xième degré.
Pour ma part j'ai beaucoup apprécié les scènes abracadabrantes de psychanalyse collective du chef et de terroristes nudistes. La mélancolie triste du film (finalement tout le monde est seul dans cette famille) a quelque chose de profondément séduisant, quand elle s'associe au burlesque à la Tati de certaines scènes (la priorité à droite pour le char, les étagères qui s'écroulent, etc).
Perdrix, au-delà de ses qualités de fond, ne néglige pas les morceaux de bravoures gratuits (le lac, la descente en VTT, la reconstitution de guerre, la fête en boîte), qui lui permettent d'être un spectacle total : fantaisie colorée et déjantée, non dénuée de fond romantique.
Pour l'apprécier, il faudra un esprit léger, libéré de tout a priori.
Ambiance étrange et déstabilisante où les personnages font preuve de folie et ou on peut avoir du mal à suivre cette déraison. Risque de perturber des gens fragiles.
Perdrix fait partie de ces films qui échappent à la catégorisation pure et simple. C’est drôle, oui : les personnages sont truculents, de l’électron libre qu’est Juliette Webb (parfaite Maud Wyler) aux gendarmes nonchalants, en passant par le frère de Pierre, Julien, biologiste qui nourrit une passion pour les lombrics (qui connaissait le mot « géodrilologue »?). L’humour naît de l’absurde (des circonstances, des dialogues…), et la façon dont Erwan Le Duc filme ses personnages renforce le côté incongru (voire poético-burlesque) des situations. Mais derrière ce ton décalé, transparaissent les angoisses existentielles qui animent les personnages, ce qui donne un ton quelque peu mélancolique au film. Un manque de rythme affaiblit un peu l’ensemble, mais malgré tout ce premier long fait bonne impression, car le réalisateur et scénariste a réussi à faire de ce sujet somme toute banal un film doté d’une réelle personnalité. Beaucoup citent le cinéma de Wes Anderson pour évoquer l’ambiance de ce film. Pour ma part j’ai pensé à un autre cinéaste, beaucoup plus confidentiel, dont la marque de fabrique est ce type d’humour aussi fantaisiste que déconcertant. Aussi, si vous avez aimé le ton décalé de Perdrix, je ne peux que vous recommander de tenter le dernier film de Dominique Choisy : Ma vie avec James Dean.
Un humour pince-sans-rire qui ne décolle pas et se prend au sérieux, dans lignée du pire cinéma d'auteur des Larrieu ou d'un Serge Bozon. Même les acteurs ne sauvent pas la mise, à l'exception de Fanny Ardant, impériale dans un film qui ne la mérite pas.
quel plaisir et quel remède anti morosité... on en sort plein d'entrain et de force. Les acteurs sont excellents avec mention spéciale au frère amateur de lombrics. Ah ça fait du bien
« Perdrix » est le premier long métrage de Erwan Le Duc. Au fin fond des Vosges, vit autour de Thérèse (Fanny Ardant) qui ne se remet pas de la mort de son mari, qui lui écrit à chaque anniversaire et qui anime sur une petite station radio locale une émission de type « la ligne est ouverte », avec ses 2 fils : l’un est écologiste spécialiste des lombrics et a une petite fille (sa mère ayant fui la maison) et l’autre Pierre (Swann Arlaud), 37 ans, célibataire et capitaine dans une petite gendarmerie où tout ronronne hormis l’apparition depuis quelques temps d’un « groupe de nudistes révolutionnaires ». La famille vit ainsi très confinée sur elle-même bercée par la voix si singulière de Fanny Ardant. Juliette (Maud Wyler), qui a quitté il y a longtemps ses parents après avoir demandé son émancipation et vit au jour le jour sur les routes de France, remplissant ses petits carnets. Elle va débouler dans la vie du gendarme Perdrix car le groupe des nudistes lui a volé sa voiture, et exaspérée par l’absence de réponse, Juliette va mener partout son enquête et débouler aussi et s’incruster dans la vie de la famille Perdrix … et bien sûr à la fin, malgré des caractères totalement opposés, l’amour viendra. Si le thème est classique, le film ne manque pas de sel car il comporte de nombreux aspects très humoristiques un peu décalés rarement vus comme ce « groupe de nudistes révolutionnaires » voulant se débarrasser du matériel inutile, ce frère en tenue de plongeur dans une mare pour montrer aux enfants d’une école la vie des lombrics, la personnalité de certains gendarmes et la séance de psychothérapie de groupe dans la gendarmerie, l’arrivée devant la gendarmerie d’un tank pour servir à la reconstitution d’une bataille locale durant la seconde guerre mondiale, reconstitution effectuée par un groupe amateur de militaria jouant tantôt le rôle des Français, tantôt celui des Allemands … Le montage rend ce film très divertissant très touchant même si la fin en est prévisible et les Vosges sont magnifiquement filmées. A voir … en attendant le second film de cet auteur ingénieux.
Un ovni. Un moment de vie en France, filmé et joué avec talent et dont le rythme, qui en rebutera plus d'un, sert pourtant l'environnement et le réalisme du film. Recommandé pour les amateurs du genre.
Les situations sont cocasses, drôles jamais lourdes, les comédiens sont formidables, c'est déjanté mais les dialogues sont intelligents, les prises de vues superbes, une belle comédie romantique et un nouveau réalisateur à suivre ...
Je ne sais pas si Erwan le Duc se situe là mais son beau film poétique est fils de Rohmer et Mocky (les meilleurs de). il faut aller le voir, il ne marche pas assez bien, cest enchanteur
Un excellent film (tourné dans les Vosges, ça fait plaisir !) ! On voit une très bonne performance de la part des acteurs, une image très esthétique, et un très bon choix de musiques. L'ambiance est assez spéciale, l'histoire pas forcément originale, mais tout est très bien traité... Pour moi, ça fonctionne parfaitement. A voir sans hésiter.
Très belle réalisation, très belle histoire d'amour, une dose de fraîcheur, de simplicité et d'humour qui fait du bien. Allez y les yeux fermés ! Bravo Erwan Le Duc
Perdrix est un film à la fois loufoque et drôle mais à la fois émouvant et touchant. C’est l’histoire d’un Pierrot, chargé de famille et capitaine de gendarmerie (ne se servant pas souvent de son pistolet) qui rencontre Juliette, une fille sans attache, en fuite vers nulle part et qui passe son temps à consigner sa vie sur des petits carnets afin de rester en contact avec elle-même. Une rencontre entre deux mondes, quoi ! Classique, oui mais traité avec tellement de justesse qu’on en demeure tout attendri. Je suis retourné le voir une deuxième fois et ne l’ai que mieux apprécié. Du grand cinéma avec du cœur, subtil, généreux et intelligent. Un réalisateur à suivre…
Erwann Le Duc a assurément des bonnes idées et du talent mais ça ne suffit pas à faire une comédie réussie. Passé le premier quart d'heure très prometteur avec des personnages barrés et originaux, il ne se passe plus rien et toutes les bonnes idées ne sont que pétards mouillés. Grosse déception, comment raconter si peu de choses en 1H30 qui semblent durer le double. S'il c'était s'agit d'un court métrage ce serait assurément une réussite. Espérons que pour son prochain film, il conserve toutes ses qualités : son univers, sa patte particulière, son sens des images et des scènes mais que ce soit au service d'une vraie histoire avec du rythme.