Les Chants de Mandrin
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Yves G.

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2,0
Publiée le 27 septembre 2023
À l’occasion de la sortie du "Gang des bois du temple", le "Grand Action" a la bonne idée de reprogrammer les précédents films de Rabah Ameur-Zaïmeche. C’est l’occasion, si vous ne l’avez pas vu, de découvrir "Histoire de Judas", qui compte au nombre des films préférés d’une personne qui m’est chère, ou de voir, comme j’en ai eu l’occasion, ses autres films.

"Dernier Maquis" est le dernier film d’une trilogie sur la banlieue, ouverte en 2002 par "Wesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?" et poursuivie en 2006 par "Bled number one". Son action se déroule dans une petite entreprise dirigée par Mao, interprété par Rabah Ahmeur-Zaïmeche en personne. Feignant la proximité avec ses employés, Mao ouvre pour eux une salle de prières où ils peuvent exercer leur culte et se choisir un imam. Mais ce libéralisme cache en fait un comportement plus sournois.

"Les Chants de Mandrin" est à première vue un film radicalement différent, dans le temps et dans l’espace. Il se déroule au milieu du XVIIIème siècle, dans les Causses où les compagnons de Mandrin, un bandit de grand chemin capturé et roué vif à Valence en 1755, poursuivent tant bien que mal l’œuvre de leur chef et font publier par un éditeur clandestin ses écrits révolutionnaires.

Pour autant, les deux films présentent une réelle unité. Au premier chef à cause de la même bande d’acteurs qu’ils font tourner : des amateurs, proches du réalisateur et qui font, pour certains, partie de sa propre famille. Le résultat est assez déconcertant, surtout quand il s’agit de demander à des Français d’origine maghrébine d’interpréter des bandits de grand chemin du XVIIIème siècle.

Au-delà des différences historiques et géographiques, ce qui intéresse R.A.Z. ce sont les mêmes prolétaires – même si l’expression est anachronique pour désigner des bandits de grand chemin au dix-huitième siècle. Des gens de peu qui se battent pour défendre un idéal ou, à tout le moins leur dignité. J’ai trouvé particulièrement intéressant dans "Dernier Maquis" la place occupée par la religion, opium des peuples, utilisée par Mao pour endormir ses employés. Au contraire, dans "Les Chants de Mandrin", je regrette qu’on n’en sache pas plus sur l’idéologie défendue par Mandrin dont seule la veine poétique de ses "Chants" est évoquée.

Enfin et peut-être surtout, c’est la même façon de tourner qu’on retrouve d’un film à l’autre, dans les films de R.A.Z. Elle détonne de celle à laquelle on est aujourd’hui habitué, dans des films millimétrés où rien n’est laissé au hasard. Au contraire, chez R.A.Z, la caméra s’attarde sur des détails insignifiants, le scénario se fait la malle, offrant par exemple au beau milieu de "Dernier maquis", comme dans cette scène bucolique où Géant (Sylvain Roume) libère un ragondin, une échappée belle. Seul défaut que je reproche à "Dernier Maquis" : sa fin bâclée.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 février 2012
Démarche sympathique ou excellent film? Ce n'est pas la même chose....
On ressent le message politique (la lutte des "gueux" contre le pouvoir établi.
Une jolie photo, des gros plans qui donnent vie et qui dégagent la chaleur humaine et la solidarité.

J'ai adoré la bande musicale "arabisante" et les instruments anciens (vielle) qui nous remettent en mémoire cette chanson célèbre: La complainte de Mandrin.

Mais....le scénario est "court", le rythme du film, lent.
Voulu ou non, ça sent le manque de moyens financiers. La bande de copains ne comportent pas seulement, des comédiens confirmés.

Voilà! Je ne suis pas enthousiaste...
Romain Z
Romain Z

14 abonnés 246 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mars 2014
Quand les "métèques" s'emparent avec une ferveur toute révolutionnaire de l'Histoire de France pour une apologie de l'économie parallèle, de la fraternité communautaire et de la résistance armée contre toutes les flicailles,les libertaires de souche et de salon n'ont qu'à bien se tenir...
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 février 2012
Il devrait exister une prime de pénibilité au spectateur pour ce genre de production cinématographique. L’autosuffisance de son auteur (acteur, producteur, scénariste et metteur en scène) est flagrante, tout autant que son amateurisme. Rien ne fonctionne dans son récit. Il n’y a aucun rythme, les dialogues sont affligeants, la direction d’acteur invisible. Le souffle de l’anarchie et de l’injustice a bien du mal à résister et à trouver écho dans notre réalité tant il est malmené et galvaudé par cette supercherie artistique de haut vol.
Ykarpathakis157

6 192 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 mars 2021
Je voulais regarder ce film français historique car c'est un film à très petit budget qui m'intéressait. Mais malheureusement je n'ai pas réussi à trouver un véritable objectif a cette histoire. Et peut-être qu'il n'y a pas de film. C'est très statique et dénué de sens pour autant que je puisse en dire mais peut-être que je suis stupide. Il se déroule en France en 1755 quelque temps après l'exécution du célèbre hors-la-loi Mandrin. Et ses amis même ceux qui ne le connaissaient pas de près décident de parcourir la campagne en chantant leur défunt chef. Il y a quelques séquences d'action mais cela n'explique pas le sens de tout cela. Ce n'est pas très inintéressant et je suis contrarié d'avoir peut-être manqué quelque chose de valable. Il y a peut-être une sorte d'allégorie politique sur la lutte contre le pouvoir de l'État et le gouvernement j'ai dit peut-être car je n'en sais rien car je n'ai pas tout compris...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 février 2012
L'action se passe au XVIIIème siècle, quelques années avant la Révolution française. Le "bandit" Mandrin est mort mais son esprit est bien vivant parmi ses anciens compagnons qui perpétuent son souvenir et font de la contrebande un art de vivre. Avec "Les Chants de Mandrin", Rabah Ameur-Zaimeche nous livre une sorte de western crépusculaire qui ne serait pas désabusé (ici, pas de final tragique comme dans "La Horde Sauvage") mais au contraire franchement utopique (ah, qu'elle fait plaisir à voir cette bande autogérée, sans distinction de classe, habitée par l'esprit des Lumières et vivant en harmonie avec la nature !). Utopisme, oui, mais sans optimisme béat : les vers tirés de la complainte de Mandrin, "Du haut de ma potence, je regardais la France", le rappellent bien, le chemin de la liberté est semé d'embûches et il peut déboucher sur un gibet. En même temps, on prend de la hauteur...
Avec son ton et ses dialogues anachroniques, "Les Chants de Mandrin" est un faux film en costumes mais un vrai film d'époque : la nôtre. On ressent la flamme libertaire réjouissante, bienvenue et salutaire qui habite le film sans nostalgie. Elle est tout à fait d'actualité et il est peut-être urgent de la raviver. Au niveau du style, on est aux antipodes de la série ORTF des années 70 (désolé mais perso, c'est la seule référence qui me vient au sujet de Mandrin) : une action sur un faux rythme, beaucoup de pauses contemplatives pleines de poésie avec de superbes plans des Cévennes, une interprétation "libre"... C'est d'ailleurs à cause de cette direction d'acteurs et de dialogues approximatifs qui sentent l'impro à plein nez qu'Ameur-Zaimeche nous perd parfois en route dans ses chemins de maquis. Mais il nous rattrape in extremis pour une géniale scène finale de veillée avec un crescendo festif des plus réussis. Le grand soir ?
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 30 janvier 2012
Un superbe film, magnifiquement dirigé et qui nous parle de la France, d'hier peut-être et d'aujourd'hui sûrement, de l'amitié, de la résistance, des alliances inattendues...
Quasiment chaque plan est intéressant, le jeu des acteurs est enthousiasmant. J'ai passé 90 minutes de grand bonheur cinématographique.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 2 septembre 2014
Mandrin est/était une figure locale importante de ma région. D'un point de vue local, beaucoup de légendes, de lieux, témoignent de sa vie et ont en fait un personnage mystérieux et quelque peu légendaire. J'étais donc ravi d'apprendre l'existence d'un film relatant sa vie ou du moins la vie de sa bande de contrebandiers. Curieux d'en apprendre plus sur ce personnage, j'ai donc visionné ce film. Que dire... Hum... Les acteurs sont mauvais, très mauvais... Le peu de dialogue qu'il y a dans le film frôle le ridicule. Le scénario, inexistant, on dirait qu'il n'y a pas de trame et que les scènes sont improvisées sans arrière-pensée. Le résultat est un mélange de scènes excécrables qui s'enchainent et se ressemblent sans aucune logique. J'ai essayé, tout de même, de trouver des circonstances atténuantes à ce film, en regardant du coté du budget notamment. Cela aurait pu expliquer un manque de moyens... Attention, on parle d'un film avec 2,12 millions d'euros de budget, c'est énorme pour un tel navet ! Quand on sait que des films audacieux, tels que Cube, ont couté environ 250 000€... Je met tout de même 1 étoile pour la photographie, qui est pas si mal...
Nestor Makno
Nestor Makno

7 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 mai 2013
C'est vrai que ce film est déroutant, et pas seulement par le manque de moyens qui oblige à simplifier beaucoup les décors, personnages, etc. Rien ne correspond à ce que l'on attend du film historique : pas de grande reconstitution, pas l'histoire du héros hollywoodien. Mais au contraire, ce filmnous montre ce qu'il y a après la vie du héros, comment il devient une légende.
La façon de filmer, les personnages, les dialogues sont tellement vrais, authentiques, ils ne collent tellement pas aux canons du cinéma... que c'est déroutant.
Mais finalement, quand on est près à sortir des normes, on se laisse attraper par cette magnifique esthétique, ces personnage si naturels qu'ils en sont tous attachants.
Quel souffle de fraicheur sur le cinéma français.
Certaines personnes qui n'aiment pas sont ces personnes qui vous disent que le théatre c'est nul parcequ'il n'y a pas de décors assez réalistes... comme si onavait besoin de ça pour apprécier cet art !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 22 février 2012
deçu tres deçu. je suis le real depuis le debut. je me faisais une joie de voir les chants et là catastrophe. a part une scene: celle de la fabrique de papier. les plans la nuit avec uniquement la lumiere des torches, les cheveaux, les paysages. il n y a rien. j ai bien compris ou il voulait en venir mais la c est mal ammene. toujours aussi poetique, belles images mais sans histoire, aucune narration, aucune credibilite, il y a un decalage, une distance et l exercice je ne le trouve pas rock n roll. c est minable, limite foutage de gueule.c est dommage, y a comme une regression. je suis deçu. je me suis fais chier. rebel revolution on casse les codes et on fait un film de bric et de broc, ok pour l effet de style mais le message ne passe pas.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 janvier 2012
Hymne à la liberté sublime RAZ! comme les précédents films la poésie et la beauté sont au rendez-vous.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 18 août 2012
ennuyeux, anachronismes, ennuyeux ...ooops déjà dis! au vu de la tête des acteurs, ce n'est pas très réaliste de la France du 18ième, il ne manquait que les ninjas fous
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 juillet 2012
très bon film au contraire,de l'aventure du drame de l'histoire,le tout avec une réalisation soigné.
jeff2u12
jeff2u12

5 abonnés 40 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2013
Un souffle de liberté, une bouffée d'oxygène et, comme toujours avec RAZ, un rythme, une direction d'acteurs et un travail sur la photo qui montrent que le cinéma d'auteur est toujours vivant, et bien ! Bien sur, les amateurs de film 'historique' seront surpris, déçus ou choqués (les critiques extrêmement agressives sur ce site le prouvent), à l'instar de ce que tout créateur original a toujours récolté.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 13 février 2012
Les Chants de Mandrin,

Un réalisation esthétiquement superbe, une bande son magnifique... Mais où est passé le film?

Passons sur l'indigence du scénario, que le parti-pris contemplatif peut éventuellement expliquer.
Passons aussi sur le ratage du 'dialogue politique' entre 18ème et 21ème siècle, massacré à coup d'anachronismes d'une subtilité BenHillesque (Parmi un florilège je me suis étranglé avec celle ci : "Achetez les chants de mandrins... Les prémisses de la révolution..." hurle le colporteur à un moment dans le film...). Oui, le sujet était beau... Non, il ne passe pas à coups de klaxons et d'appels de phare...

Tout particulièrement, les dialogues -pourtant réduits- m'ont consterné. L'anachronisme s'y engouffre comme le froid par une porte ouverte en plein hiver, glaçant toute velléité d'adhésion. J'ai eu parfois l'impression d'avoir à faire à un doublage calamiteux, à l'instar des parodies de films sur you-tube dans lesquels des dialogues débiles remplacent la bande son originale. Des expressions modernes y côtoient des incohérences, des lieux communs, des bouffonneries... Que penser par exemple de la première phrase du compagnon libéré d'une geôle royale du 18ème siècle: "Ils m'ont tapéééééé!" Ayant accouru voir ce film, presque conquis d'avance, j'en suis même venu à me demander s'il n'y avait pas là une volonté délibérée de sabordage... A y réfléchir, j'aurais peut-être adoré ce film s'il en était resté sur cette veine contemplative, sans aucune parole échangée. Comme si une voix off n'avait cessé de vouloir m'expliquer, par le truchement des personnages, ce que je devais comprendre de tel ou tel passage, ce qui aurait pu rester dans une beauté énigmatique et qui en venait à se substituer au jeu d'acteur. Je serais d'ailleurs bien en peine de vous dire si les acteurs sont bons. Ils sont bien filmés, mais perdent toute crédibilité dès qu'ils ouvrent la bouche. Quand au jeu d'acteur de l'impénétrable Belissard, il transparaît du personnage un tel désir de revanche sociale, que j'ai d'avantage senti planer l'ombre de la Terreur que perçu l'exaltation révolutionnaire. Il n'y a rien de mal à cela, mais j'ai vu, peut-être à tort, dans le comportement de ce héros paternaliste et assoiffé de camaraderie, le pathétique désir d'identification d'un homme moderne blessé... et un énième anachronisme.

Je voudrais aussi noter à quel point, déjà plombé par les dialogues, le surlignage du message politique est insupportable de bon sentiments... Et à ce sujet, je frémis tellement d'indignation -en rapport avec le niveau de gâchis d'un thème si riche- que vous pardonnerez ma méchanceté.

Oui, la morale est sauve, les méchants de la maréchaussée sont bien punis. spoiler: D'ailleurs, pas un ne survit dans le film.
Bien fait pour eux, ils n'avaient qu'à être plus instruits ou moins cynique. De toute façon cela leur pendait au nez; les gens qui brûlent les livres en souriant derrière leur moustache ou méprisent les conventions internationales du droit des prisonniers n'ont que peu de chance de survivre à l'issue d'un film digne de ce nom.

La morale est sauve aussi du côté des "camarades" brigands de Mandrins! Qu'ils sont généreux, qu'ils sont propres, qu'ils sont nobles sur leurs beaux destriers, qu'ils sont instruits.... Mention spéciale au brigand faisant la promotion d'un ouvrage de Rousseau devant des bouseux impeccablement costumés venus découvrir les principes du consumérisme et sa réplique fameuse à un de ces campagnards feuilletant un autre ouvrage : "Ah Voltaire, très bon choix"... Que d'érudition et de subtilité... Et surtout l'évidence qui s'impose à même l'écran: la crème de la civilisation du 21ème siècle se tenait déjà là au 18ème : le raffinement culturel des indigents, le respect instinctif de la nature et d'autrui... Comme sur un dépliant publicitaire d'éco-tourisme solidaire. Oui, cette taiseuse bande de scouts costumés et leur campement touareg au coeur du massif central m'ont presque redonné le goût au camping.

Comme ce film l'illustre si bien, je retiendrais que si l'épopée de Mandrin a pu résonner si noblement au cours de notre glorieuse révolution, elle aura surtout contribué à la boboïsation précoce de nos montagnes.

Moralité, je n'avais pas réalisé à quel point un mauvais dialogue pouvait transformer un bon film en navet.
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