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Un visiteur
2,0
Publiée le 15 avril 2012
Il y a des passages excellents, d'autres passages plus qu'inutiles, et hélas, ce sont plutôt les passages inutiles qui l'emportent. Ce film souffre de cette tare qui veux, afin d'être sûr d'être compris du spectateur, on accentue tout. Ainsi, on se retrouve avec un jeune garçon de 12 ans au comportement et à l'esprit trop irréaliste pour être vraiment soutenu et crédible. Bref, cette exagération juste exaspérante et ses quelques passages à vide empêcheront l'enfant d'en haut de sortir vraiment son épingle de son jeu. Dommage, car certains éléments valaient vraiment la peine. Bon ; n'oublions pas que c'est du cinéma Suisse... Le paysage vaux le détour
Une relation saine mais qui devient de plus en plus compliquée au dur et à mesure que l'enfant se complait dans ses activités. Finalement, les deux personnages vivent bien séparément. Leurs retrouvailles sont toujours intéressées. Léa Seydoux incarne plutôt bien son personnage. Et j'ai bien aimé Kacey Motteit Klein également.
J'ai été portée par ce film du début à la fin et surtout par les deux personnages principaux campés par Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein, frère et sœur dans le film, et jouant très justement l'un comme l'autre. La réalisatrice raconte leur difficile situation - un jeune adolescent plein d'imagination et de confiance en soi et une adulte irresponsable qui se fait entretenir par son frère - et leurs manières de s'en sortir, mais sans tomber dans le mélo. La grande moitié du film se passe en montagne, dans une station de ski, mais presque aucun paysage n'est véritablement montré, tout se concentrant sur les protagonistes. Ursula Meier nous offre même un petit retournement de situation vers le milieu du film, mais toujours en le faisant un peu passer au second point,ainsi qu'une surprise avec la présence de Gillian Anderson (que je me disais connaitre tout le long du film, mais sans réussir à me remettre qui elle était). J'ai également apprécié la scène finale sous entendant que le frère et la sœur reprennent leur véritable place dans la famille. A voir!
Il y a des films tous simples qui vous bouleversent ...
Simon gravit les montagnes, seul, dans un téléphérique, il s'envole vers la station où se pressent les riches touristes venus profiter des joies de la neige, du ski et du luxe de la montagne aménagée par l'homme. Il a seulement 12 ans mais déjà il tente de subvenir à ses besoins en volant les vêtements sportifs et les skis des pensionnaires de la station puis il les revend à ses copains, en bas. Ce sont deux mondes qu'opposent ici Ursula Meier pour son deuxième film. Deux mondes que l'on pourrait résumer ainsi : le monde d'en bas, les oubliés et le monde d'en haut, ceux que servent, dans l'ombre et pour la plupart , ceux du monde d'en bas.
Une ligne de téléphérique, un col de montage seulement suffit à les séparer. Quittant, dans les 10 premières minutes du film (on est centré sur Simon, en plans serrés) la station d'hiver, Simon redescend vers le bas, dans un rituel bien rodé, il range ses nouvelles affaires fraichement acquises dans un casier et dépose ses skis sur une luge, avant de rentrer chez lui, là où la neige se fait plus rare, là où le monde est plus étouffant mais où, choix esthétique intéressant, les plans s'élargissent pour laisser nos yeux observer les grands espaces enneigés.
Au milieu de ce vide se dresse, presque irréelle, une tour HLM où Simon vit avec sa sœur (Léa Seydoux, étonnante et juste). Une sœur qui devient dépendante des larcins de son frère d'à peine 12 ans.
Ursula Meier construit leur histoire entre complicités (ils vont découper un sapin pour noël en plein milieu de la nuit et de nulle part avec un couteau), haine (chacun est le « boulet » de l'autre à les entendre) et mensonge presque hallucinant, laissant sommeillé sa surprise et la révélant dans le dernier tiers du film.
Dès lors, le film prend l'aspect d'un conte où Simon croise des personnages atypiques, à l'image de cette mère de famille anglaise auprès de laquelle il cherche de l'affection ou encore de cet hôtelier anglais, sorte d'ami burlesque venu de nulle part.
Sans jamais porter de jugement sur ses personnages, ni livrer un discours moralisateur, la réalisatrice, fort prometteuse, nous livre un film à la fois beau esthétiquement (en particulier le plan des deux frères et sœurs, presque nus, en plan rapproché, avec les larmes douces et amères de Seydoux), bien écrit et servit par de très bons acteurs à l'image du petit Gainsbourg d'autrefois qu'interprétait Kacey Mott Klein et qui livre ici une grande performance, juste et mature.
Le film fait réfléchir mais surtout bouleverse parce qu'il est simplement humain, sans pathos, simple et grand, il fait de petits êtres des grands sujets, ceux qu'on voudraient voir s'épanouir. Et quand on quitte ces deux là pour qui la relation se solde comme un rendez vous manqué (dernier magnifique plan du film), on se détache difficilement de l'écran et l'on se pose la même question éternelle, qu'arrivera-t-il quand aura fondue la neige, quand l'enfance sera passée ? Un beau film, grand par le cœur et le regard et éternel par le sujet, qui persistera tant que grandira ce monde coupé en deux.