Il y a 20 ans un ami m'avait prêté un Babel - la collection de poche d'Actes Sud en était à ses balbutiements - en me disant qu'il s'agissait d'un des romans les plus captivants qu'il ait jamais lus Son titre : "Le mur invisible" de Marlen Haushofer Son sujet : une femme venue passer le week-end dans un chalet de montagne est soudain isolée du reste du monde par un mystérieux mur invisible. Près de 50 ans après sa publication en 1963 ce roman est porté à l'écran. Le défi n'était pas facile à relever : comment donner vie à une histoire réduite à un unique caractère ? Car très vite, l'héroïne renonce à rechercher les causes de la fatalité qui la frappe. Au risque de frustrer le spectateur de la résolution d'une énigme intrigante, elle va se concentrer sur la dure tache de survivre. Martina Gedeck, l'héroïne de "La vie des autres" prête ses traits lisses à l'héroïne - dont on ne saura jamais - et pour cause - le nom. Elle est tour à tour effrayée, révoltée, effondrée, réconciliée. Dans la seconde moitié du film, on sent poindre une routine un peu lassante. Mais le récit est tendu vers un épilogue qu'on ne révèlera pas dont l'inquiétante sauvagerie dévoile la raison d'être. A voir et à (re)lire.
Le thème de la barrière invisible fut empoyé jadis par Luis Bunuel ("L'Ange Exterminateur") pour dénoncer les travers de la bourgeoisie. Ici, un mur invisible fait une femme assez ordinaire se transformer en une sorte de Robinson Crusoe des montagnes. Elle a tout le loisir de se livrer à l'introspection et de développer une philosophie de la nature proche de celle de Jean-Jacques Rousseau. D'aucuns s'extasient devant le premier film de Pölsler, cela me paraît excessif. Le scénario est parfois bancal (voir la scène de l'intrus). Pourquoi avoir introduit des cauchemars dans un histoire déjà cauchemardesque à souhait ? Et puis, vers la fin, un ralenti interminable, censé susciter l'émotion, m'a seulement agacé. "Die Wand" doit beaucoup au chien "Luchs", dont la performance éclipse par moments celle de Martina Gedeck. Wouahhh....
Ce film a fait un tabac lors du dernier festival "Augenblick" (festival du cinéma allemand en Alsace) ; il y récolta le prix du jury, distinction hautement méritée... L'ambiance du film flirte avec le fantastique, mais c'est surtout la beauté des paysages alpins (au fil des 4 saisons), la qualité de la lumière et bien évidemment l'interprétation renversante de l'actrice principale Martina Gedeck qui marquent l'esprit... Une nouvelle pépite de la nouvelle vague du cinéma allemand !
Evidemment quand on va voir ce genre de film on sait que le rythme sera lent, Mais c'est justement ces longueur, ces silences qui font monter l'angoisse, pour mieux nous entraîner dans le film C'est MAGNIFIQUEMENT filmé, les couleurs, les paysages,... L'actrice (vue dans le merveilleux film " la vie des autres") est solaire ! J'ai beaucoup aimé et me suis laissée transportée au coeur de cette foret de bonne grace.
Un film qu'on n'oublie pas et qui fait parler. Très belle réflexion sur la relation entre l'humain la nature et les animaux. Une femme qui se dépasse dans la survie et trouve une certaine sérénité. Le chien est un acteur extraordinaire ! Beaucoup d'interprétations possibles sur la psychologie du personnage qui m'ont conduite à lire le livre dont il émane.
Une sorte de nouvelle passion morbide pour le cinéma autrichien, que je ne partage avec personne de raisonnable, je dois bien le reconnaître, m'a poussé à aller découvrir le film du jeune prodige Julian Roman Pölsler : Le mur invisible. En réalité, je dois dire que c'est également le pitch du film, tiré d'un roman de Marlen Haushofer, Die Wand, qui m'a attiré.
Une femme se rend chez des amis, dans.... la suite ici :
Bonjour, Je n'ai pas lu le roman "Le Mur invisible" de l'écrivaine autrichienne Marlen Haushofer (1963), mais le film a eu l'effet de la madeleine de Proust en évoquant ma jeunesse en montagne. Le début étrange rappelle le film "le territoire" de Raoul Ruiz (1980), et le climat général celui "Des nouvelles d'Agafia" de Vassili Peskov chez Actes Sud 2009 ou encore "Les enfants de Noé" de Jean Joubert (1988). Laissez-vous emporter ...
Le postulat de départ est de l'ordre du fantastique mais Le mur invisible est avant tout métaphysique et ... physique. Dans le film, il n'y a pour personnages qu'une femme, un chien, un chat, une vache et quelques autres bêtes. Seuls dans les Alpes autrichiennes, isolés par une paroi infranchissable d'un monde qui semble figé dans la mort. Porté par une voix off envoûtante, quoique parfois envahissante, Le mur invisible captive pendant près d'une heure cinquante alors que rien, ou presque, n'arrive si ce n'est le passage des saisons qui rythment les états d'âme de cette survivante qui va changer radicalement, chercher sa part d'animalité en elle, se reconstruire une personnalité loin de tout modèle social, en accord avec la nature. Le film pourrait d'ailleurs être une sorte d'allégorie sur une lente guérison après une dépression mais qu'importe. La nature, justement, est filmée de façon magnifique, terrifiante d'abord dans sa part d'inconnu puis apaisante, au fil du temps. Dans un dispositif qui rappelle les derniers films de Terrence Malick, l'autrichien Julian Roman Pölsler donne une leçon de simplicité, loin de la pompe prétentieuse du cinéaste américain. La vraie merveille, elle est du côté du Mur invisible.
Etrange et beau. Quand la vie est débarrassée du superflu, des oripeaux, des distractions, et des autres, qu'est-ce qui reste. La vie ramenée à l'essentiel, le lien qui unit le personnage à ses animaux et à la nature, la subsistance arrachée de haute lutte, la menace diffuse au delà de son rayon d'action, la réflexion sur les prédateurs, la place de l'homme au milieu des animaux et la nature. Il reste une impression durable et triste, comme une ombre qui s'étend sur un paysage. C'est dense, minimaliste et prenant.