Si vous avez la curiosité d'aller voir la bande-annonce du film, il ne vous aura sûrement pas échappé qu'ici, les zombis ressemblent plus à des humains casaniers à mort à cause de leur pâleur et qui auraient mis des lentilles.
Mais sachez que c'est un des points sur lesquels le film réussi le plus, le côté "kitch" volontaire et faisant référence à la culture des premiers films de zombis apparus dans les années 70. Le genre parodique est totalement assumé et ne vous attendez pas à des effusions de sang.
Ici les zombis ont la capacité de penser comme les humains même si aligner plus de trois mots en dix secondes est un exploit pour eux. Ils ont un quotidien morose et chiant à mourir dans un aéroport et ils doivent manger des humains pour survivre. R, le personnage principal est un des leurs et c'est par son intermédiaire qu'on découvre leur vie et leur phase terminale : les osseux, à peine différents entre eux et qui tendent vers les véritables monstres de muscles.
Car oui, on s'attache aux zombis car ils nous paraissent réellement humains. Les osseux représentent le non-retour et les antagonistes du film.
Dans une scène exceptionnelle du début du film (no spoil), R, par un concours de circonstances banal, va bouffer le cerveau de Perry, le petit ami de Julie. Les deux faisant partie d'une escouade formée de quelque uns des rares survivants. Après avoir sondé les souvenirs du pauvre défunt dans des moments assez émouvants, R va ainsi tomber amoureux d'elle et devenir tout à coup plus humain. Il va ensuite la protéger dans l'avion qu'il possède, rempli de collections en tout genre. Est-ce le début d'une amitié? Je ne vous en dis pas plus.
Le film ose un pari risqué : il tend à la fois vers la parodie sans gore mais non moins jouissive grâce à l'humour souvent décapant. Mais aussi vers l'histoire d'amour entre R, un zombi attachant et maladroit (brillamment interprété par Nicholas Hoult, parfait dans le rôle et non sans rappeler Edward avec son côté pâle, maladroit mais attachant) et Julie, qui a une seule envie : rentrer chez elle. Les fans des films de zombis de la première heure se contenteront des rares scènes d'action présentes plutôt réussies.
En somme, ce mélange des genres est subtilement dosé et le film ne nous fait pas seulement rire, ou être ému, ou impressionné, mais effectue un parfait équilibre. Le film est accompagné par une BO tour à tour hyper pêchue, épique, nostalgique et émouvante.
Le côté "cheap" des zombis peine à les rendre crédibles au début mais peu à peu vous comprendrez pourquoi c'est astucieux. Cet aspect kitch contribue avec les décors à nous plonger dans l'atmosphère si singulière du film. Gros plus à ce niveau là.
Vous l'aurez compris, je ne rangerais pas ce film dans les sous-daubes abyssales méritant d'être oubliées. C'est un film à la fois déjanté, touchant et surprenant grâce à R (digne d'Edward comme je l'ai dit précédemment), la bande-son super, cette atmosphère vue des tonnes de fois, mais qui fonctionne toujours autant et ce scénario tout con mais mine de rien super bien trouvé. Bref, si vous vous étiez dit en voyant l'affiche que ce serait un énième Twilight, je vous rassure, c'est un très bon film.
Ma note : 7/10.
A voir : pour voir les cadavres sous un autre angle. :p
Ah oui, si vous vous demandiez depuis le début, c'est mon plus gros coup de coeur de l'année au Cinéma, ou surprise, comme vous voulez.