L'Apollonide - souvenirs de la maison close
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327 critiques spectateurs

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soniadidierkmurgia

1 443 abonnés 4 348 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2014
"Souvenir de la maison close", le film porte bien son sous-titre qu'il ne faut pas à dessein confondre avec un autre presque semblable qui serait "Souvenirs des maisons closes". En effet l'emploi du singulier défini par Bertrand Bonello attire notre attention sur la confusion installée dans notre inconscient collectif qui nous fait perdre de vue ce qu'étaient vraiment ces maisons dites de plaisir devenues au fil du temps l'objet d'une nostalgie née en premier de la loi Richard de 1946 les ayant condamnées à la fermeture puis entretenue par les récits littéraires ou cinématographiques qui en ont donné une vision idyllique complètement tronquée. Le cinéma français en particulier sous la plume très talentueuse d'un Michel Audiard a contribué en l'amenant sur le terrain comique à nous faire presque regretter le bon vieux temps des lupanars comme autrefois celui béni des colonies. Pris au premier degré, un film comme "Le cave se rebiffe" (1961) avec Bernard Blier et Ginette Leclerc en tenanciers franchouillards et sympathiques susciterait presque des vocations parmi toutes les jeunesses tellement l'univers qu'il décrit parait bon enfant. La réalité s'est donc progressivement affadie au profit d'une vision fantasmée qui s'est encore renforcée avec l'apparition du Sida et la résurgence du bon vieux discours sur les vertus prophylactiques des établissements d'autrefois où la propagation du terrible mal d'alors ( la syphilis) était circoncise dans un cadre restreint plus favorable au contrôle sanitaire. Le sujet n'était donc pas facile à aborder sans tomber dans une certaine forme d'outrance inhérente au sujet. C'est le pari qu'a brillamment relevé Bertrand Bonello avec cette immersion dans le quotidien d'une maison close parisienne au début du XXème siècle. De "l'Apollonide" on peut ne retenir que les partis pris esthétiques de Bonello et de sa chef opératrice Josée Deshais qui nimbent le film d'une douceur froide presque clinique qui malgré ses hardiesses parfois un peu too much comme le recours au "Night in white satin'" des Moody Blues (sans doute le syndrome "Marie Antoinette" de Sofia Coppola) n'est pas sans rappeler l'épure du "Thérèse " d'Alain Cavalier (1986). Rien de plus efficace en effet que la description d'un milieu par ses rituels observés sous l'œil d'une caméra témoin et sans le recours à une intrigue qui détournerait l'attention du sujet. Par la description minutieuse du quotidien des prostituées avec et en dehors des clients, Bonello nous fait toucher du doigt la grande détresse de ces femmes toujours dans la crainte du dérapage d'un pervers ou de la syphilis qui galope alors dans le tout Paris. Par une osmose qui se fait grâce à la grande maîtrise de Bonello, le spectateur en particulier s'il est mâle comprend que la présence des filles dans ces maisons ne peut relever que d'un choix contraint, la plupart du temps imposé par la condition sociale d'origine. Mieux même, sans que Bonello en rajoute dans le salace ou le misérabilisme, finit par se créer un malaise face à cette domination sans partage de l'homme pour qui l'assouvissement de ses fantasmes s'impose à toutes les souffrances. La force du film est de nous imprégner de ce sentiment par la voie de la poésie et de l'esthétisme comme si nous étions enivrés par les effluves d'un parfum diffus mais entêtant qui s'échapperait des tentures en taffetas de l'Apollonide. Bonello n'omet pas de nous montrer la direction de ces entreprises soumises au bon vouloir des édiles locaux avec une Noémie Lvovsky formidable en tenancière naviguant en permanence entre le rendement nécessaire à la survie financière de sa maison et la préservation de la santé de ses filles. A côté d'elle les actrices sont toutes formidables dans des rôles où elles doivent beaucoup montrer d'elles-mêmes sans pouvoir défendre chacune un personnage. Une mention particulière toutefois à Céline Sallette et à Alice Barnole saisissante d'émotion en "femme qui rit" victime de la fantaisie d'un client sadique qui n'a rien trouvé de mieux que de lui taillader le visage. L'Apollonide finira par fermer malgré tous les efforts de sa tenancière et par un raccourci peut-être un peu facile Bonello nous ramène en 2013 où les filles si elles ont déserté les maisons closes et les centres villes se retrouvent sur les boulevards périphériques. Il y aura toujours des hommes pour acheter les faveurs des femmes. Vaste débat et formidable film.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 1 novembre 2013
Mon Dieu quel ennui! Un film fait pour les critiques bobos et snobinards... (Pardon pour le pléonasme!)
QuelquesFilms.fr

362 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2013
L'Apollonide est un film très singulier : séduisant et dérangeant, poétique et politique, globalement raffiné, mais long et lourd sur la fin. Pas facile à cerner. Mais audacieux et marquant. Bertrand Bonello nous plonge ici dans un bordel de luxe, offrant une chronique fantasmée, doublée d'une rêverie décadente. Pas de grands développements narratifs, mais des fragments de vie, tableaux et portraits, pour évoquer quelques femmes, actrices d'un théâtre de plaisirs et d'illusions. Dans ce quasi-huis clos, le réalisateur capte, sans érotisme, les chuchotements, les froissements d'étoffes, les regards alanguis ; il dit le rythme des jours, la fatigue des corps, la tendresse et la cruauté, les rêves d'amour et les jeux pervers. Il le dit dans un cadre très pictural, où tout est savamment composé : décors, costumes, lumières, poses des acteurs... Ces compositions, Bonello les anime d'un mouvement nonchalamment élégant, caressant, mais traversé de scènes fulgurantes. Et surtout, il parvient à faire sourdre de ce "paradis" artificiel un parfum vénéneux, mortifère, ainsi qu'un spleen profond. Son film navigue au croisement des influences de Sade, Manet, Huysmans, Baudelaire, Freud, The Moody Blues (Nights in White Satin dans la BO !)... C'est original et fort. Sur le fond, on reste toutefois avec un sentiment trouble face à ce mélange de fascination et de nostalgie de l'époque des maisons closes. Quant à l'épilogue, qui introduit une rupture de l'unité de temps (et de ton), il apparaît comme un message politique aussi plaqué que maladroit.
DAVID MOREAU
DAVID MOREAU

162 abonnés 2 390 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2013
IMPITOYABLE. Dans ce joli bordel, les corps sont magnifiquement mis en scéne. Celine Sallette, Jasmine Tinca, Adele Haenel...sont dans la lumière de la camera de Bertrand Bonello. Et pour finir, un très beau final.
gandalf001
gandalf001

21 abonnés 952 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 31 août 2013
Le rythme extrêmement lent. Il donne l'impression de jamais commencer. Il n'y a pas d'actions et le film ne s'attarde pas non plus sur les différents personnages. Au final, on ne reconnaît à peine quelques filles. En plus d'être assez répétitif, le film revient plusieurs fois sur les mêmes scènes. Le scénario mise beaucoup sur l'ambiance mais sans substance.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 août 2013
un défilé de nichons (plus ou moins beaux).....quelques postérieurs en balade.........c'est bien beau , mais a part ça ?.............et ben on s'emm........!! (2h durant........si on veut aller au bout)...........
cylon86

2 840 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 août 2013
Bertrand Bonello nous immerge dans une maison close parisienne à l'aube du XXème siècle et nous dépeint les habitudes, les rêves et même les malheurs des prostituées quitte à parfois un peu choquer mais sans jamais tomber dans un voyeurisme gratuit. Au contraire, la mise en scène est très soignée, chaque plan faisant quasiment penser à un tableau, le tout grâce à de superbes costumes et une très belle photographie. Le problème c'est que les scènes s'enchaînent sans grand lien fort entre elles et qu'il faut s'accrocher pour suivre un peu. Mais quand on y pense, il colle au plus près de son sujet en se contentant de décrire ce mode de vie fidèle à lui même : souvent monotone et surtout loin de toute autre réalité que celle de la maison close. Malgré la justesse de sa mise en scène et de ses actrices, Bonello nous perd quand même parfois en chemin mais parvient à nous récupérer au détour de très belles scènes qui valent le coup.
Yvo37
Yvo37

3 abonnés 75 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 mai 2013
Très esthétisant, y'a des idées mais néanmoins on s'ennuie fermé ... La série maison close est nettement plus intéressante en traitant le même sujet avec plus d'intérêt ... Dommage.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 mai 2013
Œuvre ambitieuse voire audacieuse qui, évitant soigneusement la lourdeur historique et un exhibitionnisme gênant, dérive habillement vers une poétique inattendue. Il me semble important de souligner qu'avant de présenter, en effet, un intérêt social, historique, culturel etc. l'Apollonide est avant tout une œuvre artistique. Et si certains défauts sont bien présents, ils n'en demeurent pas moins noyés dans une cruauté qui s'accomplie au sein d'une tendresse et d'une délicatesse prégnantes. Si le parfum de la décadence, presque incroyablement, se perçoit, jusque dans la dernière image, c'est finalement une grâce suprême qui émane, sous la forme merveilleuse d'une jouissance renouvelée, inespérée, et d'un torrent de larmes fécondes.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 8 avril 2013
C’est très esthétique mais l’ennui c’est qu’au final ça ressemble plus à une campagne de pub pour Dolce&Gabbana qu’à un véritable film. Il y a cependant de bonnes choses : une certaine ambiance s’installe et le film réussit bien à nous faire ressentir l’ennui, l’attente, la lassitude, la peur, le dégoût, l’enfermement que ressentent ces jeunes femmes et cette sorte de fatalité qui pèse sur elles. Le problème c’est qu’il n’y a pas réellement de place pour le jeu des actrices et les relations entre elles ne sont pas assez exploitées. On a à la fois le sentiment que c’est beaucoup trop long et en même temps finalement trop court, puisqu’aucune histoire n’a été réellement racontée.
Roub E.

1 317 abonnés 5 405 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 février 2013
J'ai trouvé ce film très bon. L'esthétique est très soignée décors et costumes sont très beaux. La réalisation fourmille d'idée quelques problème de rythme mais un film à voir.
Hastur64
Hastur64

269 abonnés 2 289 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 février 2013
Avec « l’Apollonide, souvenirs de la maison close », Bertrand Bonello réussi à traiter du sujet potentiellement délicat sans faire dans le scabreux, ni dans un romantisme imaginaire. Il se consacre à la vie dans la maison de tolérance où les femmes vivent en quasi prison, toute sortie n’étant autorisée qu’avec la mère maquerelle ou un client. Il n’idéalise aucunement ce métier et en retranscrit froidement les coulisses : toilette post rapports, visite médicale pour savoir l’état de santé des pensionnaires ou leur éventuelle grossesse, dettes à rembourser pour quitter la maison… La grande solidarité de ces femmes est aussi montrée avec beaucoup de délicatesse comme une forme de résistance à cette vie de labeur déshumanisant. L’intervention d’une musique moderne permet de se sentir plus concerner par le propos en créant une proximité avec le spectateur qu’une musique plus contemporaine de l’action n’aurait pas pu créer. Mais malgré tout le film générer quand même une certaine froideur qui gène un peu pour se sentir vraiment concerner par les problèmes de ces femmes et on finit sur la longueur par regarder ces personnages avec un regard un peu distant et détaché. Ce sentiment est en outre renforcé par le jeu très naturaliste et un peu austère des actrices qui ne force pas la sympathie par le spectateur. Néanmoins le film mérite d’être vu pour connaître ce qu’étaient réellement les maisons closes du tournant du XXème siècle, une époque dont on peut sûrement se féliciter qu’elle soit fini ne serais-ce que pour l’hypocrisie des hommes qui les fréquentaient tant vis-à-vis du monde extérieur que des femmes qui y résidaient. À voir pour les décors et le sujet traité avec beaucoup de délicatesse.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 mars 2013
Appuyé par une bande son planante, le côté suave et presque toxique de la maison close est enivrant. Je me permets de citer la critique Guillemette Odicino (Télérama) afin de résumer ma pensée : « [l’Apollonide est un] des plus beaux films sur la chair féminine ». Critique complète sur :
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 27 janvier 2013
Un film trop lent, trop long, trop ennuyeux. Seul la musique anachronique, façon sophia coppola tient un peu en haleine.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2013
Bertrand Bonello nous donne à voir le meilleur du cinéma français grâce à une réalisation précise, une image élégante, une musique pertinente et un casting intelligent.
Le propos du film est ambitieux et courageux, et les actrices sont toutes formidables.
Le film ne tombe jamais dans le vulgaire, loin de là: tout ici n'est qu'humanité, espoir et poésie.
Une grande oeuvre.
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