Tous les matins du monde
Note moyenne
3,7
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101 critiques spectateurs

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GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mai 2023
Ce long-métrage, réalisé par Alain Corneau, évoque à travers les yeux et les souvenirs de Marin Marais (Guillaume et Gérard Depardieu selon les époques) la vie du musicien Jean de Sainte-Colombe (Jean-Pierre Marielle). Au XVIIème siècle, cet homme veuf mène une existence austère entièrement dévolue à la musique baroque et plus particulièrement la viole de gambe. L’œuvre est magnifiquement interprétée et restitue parfaitement l’ambiance de cette époque. On peut reprocher quelques longueurs bien que nécessaires à la mise en exergue des sentiments profonds des personnages. Aussi improbable que cela puisse paraître, cette comédie dramatique a obtenu la première place des films français au box-office de 1991. Elle a également remporté de nombreux César, dont celui du meilleur film et de la meilleure actrice dans un second rôle (Anne Brochet). Bref, une peinture qui sublime l’Art.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2025
Il y a dans Tous les matins du monde quelque chose d’éminemment rare, presque sacré. Un film qui se tient dans le clair-obscur d’un siècle disparu, au seuil d’un art oublié, avec la retenue d’un souffle qu’on ne veut pas troubler. Alain Corneau, en adaptant le roman de Pascal Quignard, a fait le pari d’une œuvre dominée par l’introspection, le deuil et l’absolu artistique. Un pari aussi risqué qu’ambitieux, qui touche souvent juste, mais pas toujours au cœur.

La première chose que l’on retient, c’est l’austérité du geste. Cette retenue, revendiquée, structure tout le film : pas de dialogues inutiles, pas de plans spectaculaires, aucun pathos facile. spoiler: L’histoire de Sainte-Colombe et Marais, de l’élève et du maître, du monde et du retrait, est racontée comme une fugue — sobre, lente, grave.
Chaque silence est pesé, chaque regard retenu, chaque note de viole semble jaillir d’une peine profonde. Dans cette exigence formelle, le film impose une ambiance envoûtante, presque hypnotique, mais qui risque aussi d’enfermer.

Il faut reconnaître à Corneau une maîtrise visuelle époustouflante. Grâce à la photographie d’Yves Angelo, chaque plan ressemble à une toile de Lubin Baugin : nappes brunes, lueurs vacillantes, intérieurs crépusculaires où le temps semble suspendu. On ne regarde pas ce film, on le contemple. Et pourtant, à force de vouloir capter la lumière de l’âme, Tous les matins du monde glisse parfois dans l’immobilité. L’émotion, contenue à l’extrême, finit par se diluer, et certaines scènes, superbes à l’œil, peinent à toucher plus loin que la rétine.

Le jeu des acteurs épouse cette rigueur, avec des fortunes diverses. Jean-Pierre Marielle, en Sainte-Colombe, habite le silence avec une intensité sobre, tout en colère rentrée et en chagrin fossilisé. spoiler: Guillaume Depardieu, en jeune Marais, apporte une fragilité saisissante, qui rend crédible l’avidité de son personnage, son besoin de reconnaissance. Mais Gérard Depardieu, dans le rôle de Marais adulte, reste en retrait — imposant mais un peu monolithique, comme une présence qui peine à faire vibrer l’histoire qu’elle raconte.


Il faut aussi souligner que le film repose sur une tension magnifique mais parfois mal résolue : celle entre l’élévation et l’émotion, entre l’ascèse et la chair. spoiler: Le parcours de Marin Marais, partagé entre la recherche spirituelle et l’attrait du pouvoir, aurait pu donner lieu à un affrontement intérieur bouleversant. Mais ce tiraillement reste trop souvent théorique. Le spectateur observe un conflit d’idées là où il aurait pu ressentir un déchirement.
On comprend les enjeux, on les admire même, mais on ne les vit pas toujours.

spoiler: Et pourtant, certaines scènes brillent avec une puissance inattendue. La leçon finale entre le vieux maître et son élève — cet instant suspendu, intime, presque sacré — atteint une simplicité bouleversante. Là, le film trouve sa justesse parfaite, débarrassée du décor, du discours, du souvenir : deux hommes, deux instruments, une transmission. Ce moment donne un sens à tout ce qui précède, et il le fait sans effets, dans une épure admirable.


La musique, bien sûr, est la colonne vertébrale du film. Grâce à Jordi Savall, la viole de gambe retrouve une voix bouleversante. Elle dit ce que les personnages taisent, elle pleure, elle implore, elle se souvient. C’est elle qui, par moments, sauve le film d’un certain enfermement : dans une scène muette, une simple phrase musicale suffit à tout renverser.

Il est évident que Tous les matins du monde est un film important. Il a ressuscité un pan oublié de l’histoire musicale, ouvert les portes du XVIIe siècle au grand public, et offert une alternative salutaire à l’agitation du cinéma contemporain. Mais c’est aussi un film qui s’adresse d’abord à l’intellect, à l’œil et à l’oreille — moins au cœur. Il impressionne, sans toujours bouleverser ; il fascine, sans totalement emporter.

En définitive, l’œuvre de Corneau est un objet rare, exigeant, magnifiquement composé, mais inégal. Elle atteint parfois des sommets d’émotion silencieuse, mais demeure ailleurs prisonnière de sa propre solennité. Un film à admirer, à écouter longuement — mais dont l’empreinte, paradoxalement, s’efface un peu trop vite.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 septembre 2010
Un film très singulier, tellement singulier que j'ai rarement eu autant de mal à attribuer une note, j'aurai aussi bien pu mettre 4.5 ou 2.5 tout dépend de la manière dont on l'aborde. C'est le genre de film où chacun peut avoir une vision complètement différente de l'oeuvre. Pour moi, ce film se vit scène par scène mais l'ensemble ne forme pas un tout, et pourtant... il en ressort à la fin quelquechose de profond, de palpable, que je n'arrive pas bien à définir. Marielle et Depardieu sont irréprochables et je tiens souligner le gros travail sur la lumière qui est extraordinaire, j'ai souvent eu l'impression de voir des tableaux de Vermeer.
idril_dragona
idril_dragona

14 abonnés 256 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2009
un beau film pour ses décors, ses musiques, ses lumières et ses poésies... Cependant je trouve que les textes sont un peu trop chuchotés, mais ce film reste de toute évidence magnifique
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2021
Film qui se veut plus artistique que commercial et, à mon avis, peu exportable. Lent, il fait la part belle à la musique* et aux images* en s’inspirant des éclairages des tableaux d’époque. En revanche, les dialogues sont marmonnés Il s’inspire de Jean de Ste Colombe (qui a réellement existé), compositeur à la viole de gambe, instrument très prisé au Grand Siècle : veuf inconsolable et musicien hors-pair, il refuse les fastes royaux que son jeune élève –également amant de sa fille, ce qui conduira au drame – ne dédaigne pas. A noter que Gérard Depardieu père reprend le rôle du fils vieillissant joué au début par son propre fils Guillaume.
*Pour donner une idée de l’ambiance du film, l’héritage musical que cherche à récupérer l’élève s’intitule « Le tombeau des regrets : les pleurs »
Mafoipourquoipas
Mafoipourquoipas

13 abonnés 732 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 octobre 2018
3 étoiles - Tous les matins du monde

Film austère. Il y a des images et des acteurs remarquables (Mariel est très bien, Anne Brochet aussi) ; une mise en scène plutôt bien pensée (surtout durant la première moitié du film). Je suis par contre réservé sur le jeu de Guillaume Depardieu (maladroit) et sur la mise en scène qui a tendance à s'essouffler en seconde partie. Que dire de plus .... Pour quelqu'un qui apprécie ce genre de musique (et qui a aussi une approche mystique par rapport à la musique), c'est divin. Mais objectivement, il y a de notables faiblesses : les ingrédients du grand film sont là ; mais Alain Corneau n'a pas toujours su les assaisonner.
Chaplin1925
Chaplin1925

12 abonnés 83 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2021
"Tous les matins du monde" est un film très contemplatif sur le thème de la musique et de la viole de gambe, qui ne plaira absolument pas (mais genre c'est vraiment impossible) aux habitués de grands films d'action avec Dwayne Johnson, ni même pour les autres spectateurs, car je ne pense pas qu'il s'agit d'un film qui est censé être aimé pour son scénario mais plus pour son style cinématographique assez particulier. Nous avons un rythme extrêmement lent, et l'histoire ne possède presque aucun rebondissement, ni montée en suspense spoiler: (à part peut-être la mort de Madeleine)
, le film est vraiment calme mais regorge tout de même d'une beauté visuelle hors normes. Chaque image ressemble à un tableau du 18ème siècle, qui se regarde longtemps avec admiration, teintés de couleurs chaudes vraiment artistiques. Et puis il y aussi les morceaux de viole de gambe que l'on entend tout le long du film qui nous fait vraiment rentrer dans une profonde mélancholie, ce qui fait que l'on ressent énormément d'émotions durant le visionnage : tristesse, douleur, apaisement… Le style cinématographique est vraiment surprenant et innovant, mais le rythme vraiment lent est vraiment un énorme défaut, et les vingt dernières minutes du film, bien que très émouvantes, sont vraiment éprouvantes au niveau de la cadence, et on se demande même, si, tout compte fait, le film n'est pas légèrement prétentieux, et les jeux d'acteurs pas du tout impressionnants (même Gérard Depardieu n'est pas au top de son incroyable niveau) augmentent encore plus cet impression. Malgré tout, ce long-métrage français est pas mal, et plaira absolument aux passionnés de films contemplatifs et aux instrumentistes pour la douce musique que l'on entend mais aussi pour toute la philosophie portée sur l'univers musical qui est retracé dans l'histoire. "Tous les matins du monde", c'est un "Blade Runner" français et je lui adresse la note de 3/5 (pas mal).
Phoenix
Phoenix

14 abonnés 70 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mai 2020
Tous les matins du monde est un film qui m'a vraiment plu. Il tourne autour de la viole de gambe, et l'histoire de ses plus célèbres interprètes. Et c'est à travers le son de ce magnifique instrument que vous ferez voyage auprès de la belle spoiler: et tragique
histoire de Marin Marais. Ce film transmet des sentiments qui soient colère, désespoir ou bien tranquillité rien qu'en en écoutant la somptueuse musique. C'est ça que je trouve génial dans ce film.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 4 décembre 2010
Film intéressant à partir du moment où, selon moi, on a lu l'œuvre de Quignard. Etant donné que l'histoire est similaire mais, vu sous un autre angle que celui du roman. Une BO très sympa, tout de même.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un film austère, très austère... à l'image de Monsieur de Sainte Colombe, aussi froid que rigoureux, le Bach de la viole de gambe. Et voilà que tout à coup, du fond de cet univers froid et dépouillé se laisse entendre l'âme même de la musique, aussi authentique que la douleur humaine la plus poignante. Alors tout se tait à l'écoute de ce "tombeau des regrets" joué en duo par le maître et l'élève. Tout s'éteint comme un cierge sur lequel on souffle, et la musique s'élève. Non, elle n'est pas cet assemblage de sons joués pour distraire la cour. Elle ne se prostitue pas. L'élève le comprendra enfin, dans cette ultime leçon, et leçon ultime, léguée par le maître...
Tasha Y.
Tasha Y.

3 abonnés 37 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 mai 2019
Quelle arnaque que ce film ! On pense voir et entendre Jean-Pierre Marielle à la voix inégalable, et on se retrouve à devoir supporter la voix off de Gérard Depardieu ! Que reste-t-il de Marielle dans le film ? Sûrement pas la musique puisque ce n'est pas lui qui joue. Bref, de toute sa filmographie, ce film est celui à NE PAS VOIR quand on aime Marielle !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 20 janvier 2008
Un film qui n’est pas seulement un film. Un Film qui a su cueillir la beauté au cinéma, la poésie des mots de Pascal Quignard, la musicalité de l’oreille de Jordi Savall et surtout le regret, le désespoir et la douleur de l’homme qu’on aborde ici avec tendresse, pour ne pas oublier, dans l’espoir que cette musique, Le Tombeau des Regrets, nous quitte bientôt…à regret cependant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 mars 2009
Magnifique!
Bien que le personnage de St Colombe soit romancé, la façon dont est décrite l'époque, tant au niveau de la musique, des costumes, des décors et des moeurs, est sans doute très proche de la réalité historique.
La bande originale est superbe, et chaque scènes du film, jouant avec de belles lumières, ressemblent aux peintures du XVIII ème siècle.
L'atmosphère du film, singulière, est aussi servie par des acteurs d'exception.
( le roman ne pouvait être que bien adapté, puisque c'est Quignard lui-même qui a travaillé au scénario...)
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 juin 2025
Musique sublime, décors sublimes, Depardieu sublime et pourtant, si peu de cinéma. Ce film s’écoute, se regarde, mais ne se suit pas. Le temps que capte Corneau est plat, parfois même ridicule. Ce qu’il tente de dire, avec une belle littérature, s’effondre dès qu’il essaie de le mettre en scène. Corneau semble trop timide pour vraiment montrer ; il se retranche dans l’énonciation. Il perd son sujet en cours de route, et n’ose pas affronter la sonnerie de Sainte-Geneviève, sans doute par crainte de ne pas être à la hauteur du génie qu’il filme.

Dès le premier plan, on entrevoit la faiblesse de la mise en scène. Et c’est aussi ce qui touche : une sincérité palpable habite le projet. Filmer Depardieu en gros plan, le laisser vibrer à travers les textes, c’est déjà quelque chose. Pas du cinéma fort, mais un hommage fragile.
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 528 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 novembre 2020
Un film difficile. Rien n'est dit, tout est suggéré. L'histoire inspirée sur des faits réels tient la route. Jean-Pierre Marielle est surprenant, il tient le film épaulé par Gérard Depardieu. La musique est magnifique bien sûr mais la photographie n'est pas en reste, avec une recherche permanente du cadrage et de la lumière. C'est lent bien sûr mais cela ne pouvait être autrement. Dommage Guillaume Depardieu est un peu en retrait. Pour public averti uniquement.
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