Film trop lent et trop prétentieux, qui reste tout de même intéressant si on aime la musique et son histoire, et le jeu de grands acteurs comme Gérard Depardieu (et son fils ici), Jean-Pierre Marielle ou Anne Brochet.
Je serais courtois en disant que je me suis ennuyer en regardant « Tous les Matins du Monde » par respect envers Alain Corneau et de l’immense Jean-Pierre Marielle, récemment disparu.
Quelle arnaque que ce film ! On pense voir et entendre Jean-Pierre Marielle à la voix inégalable, et on se retrouve à devoir supporter la voix off de Gérard Depardieu ! Que reste-t-il de Marielle dans le film ? Sûrement pas la musique puisque ce n'est pas lui qui joue. Bref, de toute sa filmographie, ce film est celui à NE PAS VOIR quand on aime Marielle !
Hommage à Jean-Pierre Marielle ce soir sur Arte... on annonce un chef d'oeuvre... Les premières minutes me font peur puis je me dis qu'il faut que je fasse confiance... et je rentre dans le film... les images, la musique, le jeu fin et sobre, tellement d'émotions... j'en sors émue et subjuguée... triste que JP Marielle nous ait quitté, mais heureuse d'avoir vu Tous les matins du monde.
Passionné de musique baroque, Alain Corneau réalise Tous les matins du monde en 1991. Ce film en costumes, baroque et austère surprend de la part d’un cinéaste passé maître dans la réalisation de polars en digne héritier de Jean-Pierre Melville. La surprise est même double quand on constate que le rôle principal est confié à Jean-Pierre Marielle utilisé ici dans un registre janséniste diamétralement opposé aux personnages hâbleurs et extravertis qui ont fait sa notoriété. Tous les matins du monde est le plus grand succès public de Corneau. Le même accueil favorable est constaté du côté des professionnels qui récompensèrent le cinéaste du Prix Louis-Delluc en 1991 et de sept Césars en 1992 dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
C’est avec Tous les matins du monde que Depardieu père et fils se retrouvent pour la seconde fois, après Pas si méchant que ça en 1975 ; c’est le début de la carrière du fils.
On est ici en 1991, sept ans après Fort Saganne où Corneau avait mis en scène le père dans des tons aussi jaunes. Le réalisateur était plus glorieux sur les grands chevaux militaires que sur les chevalets artistiques. Ses plans ne manquent pas de poésie, au bénéfice du gros plan magistral, ou de grâce avec ses éclairages aux couleurs de vieux papier à musique (peut-être sa réinterprétation cinématographique des noires et des blanches), mais il semble qu’il ait un peu forcé la teneur en « arts » de son œuvre.
Son image est une nature morte constante, qui finit par se résumer à la lumière qui la révèle à force que la musique entêtante des violes ne cesse de ne pas s’arrêter. Fier d’avoir eu l’œil quant à la figuration de Guillaume Depardieu dans la jeune version du rôle de son père, Corneau a aussi édité la prouesse chez Anne Brochet et Carole Richert, formant une cohésion discrète chez un casting minimaliste, houletté par Marielle et sa force tranquille traduite en amertume. Mais le prétexte de la musique comme langage « inhumain », convoyant ce que les mots ne peuvent convoyer, est molle face aux dialogues qui manquent d’imparfait du subjonctif et de liaisons pour nous rappeler correctement au XVIIème siècle.
Si l’absorption dans la musique est réelle et qu’on arrive à se ficher que les acteurs n’en jouent pas vraiment, l’exhibition de perruques comme symbole de noblesse faisait promettre une grandeur qui n’y est pas, même dans la douceur.
Mon enfance a baigné dans la musique de la BO... J'aurais donc dû être ravie de voir le film! Mais non, grosse déception, principalement musicale: un film où tout tourne autour de la viole de gambe, mais où l'acteur ne sait absolument pas faire semblant de jouer de cet instrument (alors que pour une toute petite scène, le fils Depardieu se débrouille très bien!) Impossible donc pour moi de savourer les scènes musicales... ce qui fait qu'il ne reste plus grand chose à apprécier, car la photographie est belle, mais le temps est siiiiii long.... interminable. J'ai regardé jusqu'au bout, mais j'ai lutté.
Alain Corneau laisse de côté le polar pour faire un film en costume assez austère sur la viole de gambe. Trop austère et c’est le gros défaut de ce film qui multiplie les scènes de musique en plan fixe qui finissent par être redondantes. En revanche le sujet du film sur le dilemme de l’artiste entre recherche de la perfection de son art et le goût pour le succès est formidable. Les acteurs sont eux aussi excellents Jean Pierre Marielle en tête en artiste intransigeant dévoré par son art. Dans le rôle de son disciple on retrouve les Depardieu père et fils excellents eux aussi. La photo du film est elle aussi remarquable tout comme les costumes qui crédibilisent la reconstitution. C’est vraiment dommage que la plupart des scènes de viole manquent de dynamisme c’eût put être grandiose.
Film austère. Il y a des images et des acteurs remarquables (Mariel est très bien, Anne Brochet aussi) ; une mise en scène plutôt bien pensée (surtout durant la première moitié du film). Je suis par contre réservé sur le jeu de Guillaume Depardieu (maladroit) et sur la mise en scène qui a tendance à s'essouffler en seconde partie. Que dire de plus .... Pour quelqu'un qui apprécie ce genre de musique (et qui a aussi une approche mystique par rapport à la musique), c'est divin. Mais objectivement, il y a de notables faiblesses : les ingrédients du grand film sont là ; mais Alain Corneau n'a pas toujours su les assaisonner.
Au niveau de l’esthétisme, le film est très beau, un peu comme si chaque plan était un tableau. Le travail visuel est remarquable. Mais le reste est beaucoup trop soporifique, surtout à travers la longueur des plans. Mais j’adore ce film car il m’a toujours aidé à me détendre et à lutter contre mes insomnies, très efficace.
Un de mes proches m'a dit avoir trouvé "Tous les matins du monde" nul, ennuyeux et sans grand intérêt. Mais comme j'aime me faire ma propre opinion et vu les critiques unanimes du film, j'ai décidé de me le mater. Alors ce film m'a laissé très incertain. Le fait que "Tous les matins du monde" n'émet pas forcément de dynamisme et que ce soit au spectateur de ressentir les émotions des personnages m'a un peu dérouté. Parce que ce qui caractérise le mieux ce film, c'est qu'il est à la fois beau et long. L'ambiance très baroque rend le film particulièrement grandiose (au niveau des décors plus particulièrement). Niveau mise en scène c'est excellent : Alain Corneau filme toujours très bien, et il a choisi Gérard Depardieu, accompagné de son fils Guillaume Depardieu. Ces deux acteurs sont très bons, mais ce sont leurs personnages qui intéressent plus que leur jeu. On a d'un côté le narrateur, Marin Marais, un violoniste de Louis XIV, joué par Depardieu père, et de l'autre LE personnage du film : Jean de Sainte Colombe, interprété par Depardieu fils jeune et par Jean-Pierre Marielle âgé. Le gros point qui m'a dérangé avec ce film, c'est qu'il est lent ; on n'a pas tout à fait une incitation à la vie baroque du XVIème siècle, mais on peut largement l'interpréter ainsi. C'est mis en valeur à travers le fait qu'on suive tout le temps les personnages tout en nous laissant observer les décors et les paysages. Le plus gros point négatif que je trouve au film, c'est sa fin : je l'aurais considérée comme étant plus efficace si on en avait vu un peu plus. De plus elle a tendance à trainer en longueur et partir de plus en plus dans le contemplatif ennuyeux. De plus le personnage de Anne Brochet est assez énervant et inutile spoiler: (sa seule utilité est au final de nous servir une scène de pendaison vers la moitié du film ^^). "Tous les matins du monde" n'est pas un film que j'ai vraiment apprécié, mais je pense qu'il est au dessus du moyen, donc ça vaut 3/5. Un film beau et lent à la fois, à voir si vous avez acquis une certaine maturité face à l'évocation de la vie baroque.
Un très très bon film, véritablement fidèle au roman de Pascal Quignard. L'ambiance de ce film est magnifique. Les décors sont époustouflants et clairement inspirés du clair-obscur si bien qu'on se croirait parfois face à une peinture de Georges de la Tour. Ce film est cru sans être grossier. Il nous présente plusieurs vies d'hommes et de femmes, dont les caractères et les sentiments sont magnifiquement dépeints, à l'époque de la Renaissance. Le contexte historique est respecté dans les moindres détails et cela crédibilise l'ensemble de l'oeuvre. Le thème de la musique, et même de l'Art en général, est au centre du film. Mais l'un des sujets du film, c'est aussi l'humanité. Les personnages sont différents, et profondément humains. Rien à redire sur les acteurs. Ils sont impeccables. C'est une très belle oeuvre de Monsieur Corneau.
Un sujet difficile, à partir d'un roman exigeant, et au final une réussite. Tout est dans le non-dit et M. de Sainte-Colombe, comme sa fille aînée, choisit l'exégèse et l'ascèse dans l'exercice de son art, ainsi que dans sa vie. Il fallait des interprètes à la hauteur d'un tel défi : Marielle et Anne Brochet sont admirables. Un des meilleurs Corneau.
Magnifique film de genre. Quel plaisir de se retrouver à l'époque de ces musiciens talentueux. Film rare pour une évocation rare de la musique de la renaissance. Marielle est formidable en esthète incorruptible. La musique avant tout, avant l'être même. C'est superbe et quel univers passionnant