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Un visiteur
4,5
Publiée le 21 février 2012
Un film profond, un acteur très sensible et très précis dans son jeu Une belle mise en scène La construction du film est soignée dans un Oslo à plusieurs facettes
On connaissait de Louis Malle l'adaptation cinématographique du roman de Drieu La Rochelle, "Le feu follet". Belle noirceur assurée et portée du début à la fin par le remarquable Maurice Ronet. Voici à présent la version norvégienne du même roman assumée cette fois par un comédien amateur, Anders Danielen Lie, tout aussi étonnant de justesse. C'est toujours le registre noir qui domine même si la lumière d'un été scandinave donne quelque fraîcheur à l'ensemble. Même errance dans la ville (ici Oslo, présentée sans la moindre concession au pittoresque), même suite de rencontres pour un bilan dont on devine l'issue, même remise en question malgré quelques sourires d'un homme jeune qui en a séduit plus d'une. On apprécie ce regard sur une jeunesse en proie au pessimisme le plus corrosif, même si plus d'une fois on déplore cette tendance au bavardage et aux plans qui s'étirent pour parvenir tant bien que mal à la longueur désirée d'un long-métrage.
Quelques jours de désintoxication pratique dans les rues d’Oslo. Anders lutte pour revivre, cherche la pente à gravir pour fuir l’impasse de la drogue. Mais le ravin est proche, et l’été se termine. En préambule différents témoignages autour de la capitale norvégienne, manière d’insister sur le décor urbain et marqué où s’ancre le récit. Les parcs où l’on flâne, les vélos que l’on monte, les nuits de défonces. Puis vient la mission, ses doutes, sa perte de confiance, de repères, la lutte contre le désir tenace de l’abandon. L’image est laide, le montage expérimente sans toujours convaincre, l’histoire manque de surprise. L’essai vaut en fait surtout pour son exotisme et sa vérité crue. Aurait-il tant plu s’il avait pris place à Paris ? Rien n’est moins sûr. A réserver aux adeptes d'Un certain regard et autres cinéphiles transfrontaliers.