Certains lui reprocheront un manque d'action évident, mais peut-on critiquer les longueurs de ce film alors qu'il les utilise de manière volontaire et efficace ? Car Trier, et c'est en cela que ce film est incroyable, arrive à saisir l'essence de l'homme et à les magnifier à travers les situations les plus banales ! Le personnage d'Anders, magnifiquement interprété par Danielsen Lie est à lui seule l'image même de la vie humaine, avec ses doutes, ses remises en cause, ses moments d'extase... Le scénario reste très lucide sur ce qu'il ne doit pas être, un moralisateur omniprésent, pour laisser le spectateur interpréter son message en fonction de ses propres convictions. En une journée, on fait le tour des tourments humains de manière très crue, on apprend à les accepter sous un angle nouveau, plus terre à terre et on divague avec Anders dans cette douce entropie qui nous est dépeinte si justement. On est loin de la pseudo-philosophie de bas étage, on est au coeur de l'existentialisme le plus concret, magnifiquement mis en abyme par une fin presque prévisible, mais qui clôt parfaitement une histoire qui pourrait être celle de n'importe qui.
Grosse déception concernant ce film norvégien ! La mise en scène manque cruellement d’émotion, mais le pire finalement dans ce film de Joachim Trier c’est qu’il ne s’y passe pas grand-chose au niveau de son histoire que j’ai trouvé particulièrement basique. L’interprétation d’Anders Danielsen Lie n’a, en plus, rien de formidable, en tous les cas je n’ai jamais réussi à me sentir proche de son personnage de toxicomane. Bref, j’ai été en présence d’une œuvre vraiment très frustrante et extrêmement ennuyeuse.
Beau film triste, lent, mais d’une grande beauté. La mise en scène est fluide, l’histoire est riche de détails et de réalisme, notre héros a une présence et une subtilité de jeu époustouflantes. Il solde sa jeunesse, un gâchis, et refuse de rentrer dans l’âge adulte. Il sortira donc de la vie avec une noblesse et une détermination glaçantes mais discrètes. Une œuvre forte dont on ne sort pas indemne et qu’il vaut mieux ne pas aller voir un jour de déprime !
La tentative de revivre après la came est réaliste et super bien jouée. La seconde partie est un peu lente, mais le fond et la forme valent le coup d’œil !
La fin de parcours d’un junky vu d’Oslo dans les années 2010, tel pourrait être l'autre titre du film de Joachim Trier. Il s’inscrit très précisément dans le moment où les drogués sont lâchés à nouveau dans la nature après une cure de désintoxication. Que faire quand on a plus la dope qui vous colle à la peau mais qu’on a pas réappris à vivre ? Chercher un boulot ? C’est le seul rendez-vous qu’Anders a pour sa journée de sortie. Il va donc tuer le temps en se promenant dans sa ville natale en allant à la rencontre de ceux d’avant. Sa petite amie ne veut plus le voir et son copain d’enfance lui paraît à mille lieux de l’univers qu’ils s’étaient construit ensemble du temps de leur adolescence. Anders cherche à se rappeler tout ce qui a pu lui réchauffer le cœur et embellir l’esprit dans sa jeune vie. Que des impressions fugaces dont il n’arrive pas à retrouver l’odeur. Même sa sœur n’est pas encore prête à le voir. La recherche d’emploi n’est pas plus fructueuse, Anders refusant à se justifier sur cette période douloureuse de sa vie. Il ne lui reste plus qu’à se rendre à la party que lui avait indiquée son ami Thomas pour humer un peu de ces ambiances festives qui délient les langues et allègent les timidités à force d’effluves alcoolisées. Là il rencontrera une ancienne conquête qui comme Thomas va lui avouer la vacuité de son existence. Pas de doute désormais pour Anders la vie n’a pas grand-chose à lui offrir avec ou sans héroïne . C’est dans la maison vide de ses parents et dans sa chambre d’enfant qu’il fera son dernier voyage comme un retour dans le ventre maternel qu’il n’aurait peut-être jamais voulu quitter. Joachim Trier comme Louis Malle avant lui (1962) mais de manière plus fidèle adapte le « Feu follet » de Drieu La Rochelle. Tel l’essai de Louis Malle, le film de Trier qui ne peut qu’afficher une mélancolie noire, bouleverse le spectateur qui appréhende avec Anders le long et parfois impossible parcours pour sortir de la dépendance.
Amorphe et apathique à l'image de son personnage principal,"Oslo,31 août",ne mérite pas forcément tous les éloges qui lui ont été attribués,mais il permet de découvrir le cinéma norvégien actuel,ce qui n'est déjà pas si mal.C'est l'histoire basique d'un ex-junkie qui essaie de se réinsérer dans une société qui ne veut pas de lui.Anders Danielsen Lie donne de la sobriété et de l'intériorité à son jeu,qui manque tout de même de force.Le réalisateur Joachim Trier semble s'être inspiré du cinéma européen des années 60,pour une mise en scène naturaliste,qui questionne les conditions de l'existence humaine.Le tout donne un drame assez froid,opaque mais en même temps lisible dans ses intentions jusqu'à un final trop démonstratif.C'est une ballade mortuaire dans le Oslo quasi automnal en compagnie d'un être au sort déjà scellé.Paradoxalement,les autres personnes qu'il croisent paraissent solaires,bien vivantes.Un film étrange,qui m'a échappé.
C’est le dernier jour de l’été et Anders, en fin de cure de désintoxication, se rend en ville le temps d’une journée pour un entretien d’embauche. L’occasion d’un bilan sur les opportunités manquées, les rêves de jeunesse envolés, et, peut-être, l’espoir d’un nouveau départ… Ce n'est pas un film exceptionnel, mais en même temps est-ce vraiment son but ? Je ne crois pas. C'est un film d'une simplicité et d'une sincérité sidérante, qui raconte l'histoire d'Anders un ancien toxicoman le temps d'une journée pour passer un entretien d'embauche. Banale en effet. Mais comment rester sans réaction devant la prise de conscience de ce jeune homme qu'on hésiterais pas chez nous à qualifié de raté ou de mec qui n'as rien compris à la vie pour être polie. Car lors de son fameux bilan on peux difficilement lui donné tort. Sa critique sur la société en générale n'est que véridique. On en est naturellement gêné que cette leçon de moral vient d'un toxicoman, c'est vrai ! Qu'à t-il à nous apprendre ? Lui qui a gâché sa vie (pour autant qu'on sache). Au fur et à mesure Anders se révèle très attachant, sa détresse interpelle notre pitié. Il faut dire que l'interprétation Anders Danielsen Lie y est pour quelque chose, son jeu sonne très juste ! En bref un drame particulièrement réussis, sombre, tellement sombre que je pense qu'il vaut mieux ne pas montrer ce film à un dépressif, il se suiciderai juste après... D'ailleurs je recommanderais de voir se film seul, car ce n'est pas du tout le genre de film à voir en groupe. [17,5/20]
Un film d'une sincérité désarmante, en forme de parenthèse vaporeuse et mélancolique, purement émotionnelle et très touchante. Le parcours de ce personnage est très bien mis en scène, et on suit ce fantôme de la vie dans les pas de son ancienne existence, celle qu'on ne connaît pas, mais dont on entend parler, celle dont on comprend qu'elle l'a détruit. Tout repose sur cet acteur formidable qui porte toute la peine du monde sur ses épaules, sans qu'on sache quoi que ce soit sur lui, ou seulement en pointillé. Un petit bijou sans prétention, très juste et poignant.
Ayant adoré ce film je ne regrette cependant pas de l'avoir raté au cinéma, un visonnage sur grand écran n'apportant certainement pas grand chose à ce film. J'aurais même tendance à dire que ce film a sûrement plus d'impact si on le voit tout seul, bien tranquille chez soi. Oslo, 31 août montre encore une fois que le cinéma scandinave a beaucoup de belles choses à nous montrer. Le film est à la fois charmant et déprimant et traite de l'addiction aux drogues de façon assez originale à travers un personnage qui semble avoir décroché mais ne ressent aucun soutien à son retour. Ses anciens amis le regardent bizarrement, sa soeur semble le rejeter, il parvient difficilement à nouer le contact avec autrui ou à faire confiance. Tout forme de bonheur semble lui échapper, ce qui rend son personnage désespéremment triste. L'intégralité du film est terriblement prenant, j'ai savouré chaque dialogue, chaque regard entre les protagonistes, les dialogues les plus réussis étant pour moi ceux entre Anders et Thomas. Le personnage principal est aussi attachant que contradictoire et ses rencontres m'a captivé, d'autant que la réalisation atteint parfois des sommets de beauté et de romantisme (lorsque Anders, un peu émêché, est traîné en soirée par une fille qui lui prend la main). Qui plus est, le pouvoir du film réside dans son ambiance très froide, blanche, très scandinave. Le même film tourné ailleurs n'aurait pas eu le même effet, le même charme, la même mélancolie, et c'est d'ailleurs surprenant. La souffrance du personnage est terrible et le dénouement impitoyable.