C'est par le prisme du monde de l'éducation, de la jeunesse, que le réalisateur va réfléchir de façon certe désabusée, d'une noirceur sans concession et hautement pessimiste, mais il va nous donner son point de vue sur la santé de notre société : des filles réduites à l'état de vulgaires putes par l'image qu'on leur renvoie, des êtres humaisn vidés de leur substance, des écoles dépassées par une société où la jeunesse a été laissée de côté, voir abandonnée par des parents à la dérive ; ces parents qui ont un rôle abominable dans le film, de par leur absence et ses conséquences, de par les secrets qu'ils cachent, de par leur lâchez-prise ou leur manque de "savoir éduquer". Le film est à la fois poétique et sinistre, hautement dramatique -puisque de multiples drames vont s'y jouer, tous plus ou moins relié par un thème central- et pourtant traversé par quelques lueurs d'espoir. Très engagé, je dirai même intellectuel, dans la bonne appréciation du terme, relevé de dialogues et de monologues qui méritent que l'on s'y arrête dessus, que l'on y réfléchisse. Cette oeuvre est une perle, d'une grande sensibilité sous ses allures de "film écorché vif", grinçant mais bouleversant et déchirant : un film dont on pourra tous tirer des leçons, des pistes de réflexions personnelles. A. Brody y trouve sans aucun doute l'un de ces meilleurs rôles, il se fond au personnage et on sent que l'acteur a eu un véritable coup de coeur pour le scénario. Et puis nous avons la caméra et le regard impliqué de T. Kaye qui nous offre une réalisation en état de grâce, moins emphatique qu'incisive, mais dosant savamment ces effets à des fins littéraires plus qu'esthétique (flous, zooms avant abrupts, inserts, animations, noir & blanc, flash-backs, montage parallèle...etc"). Le film est traversé de tant de moments de grâce et de thèmes sublimes et somptueusement traités, de personnages tous aussi puissants les uns que les autres : ce professeur que l'on imagine devenu fou, cet autre adepte d'étranges pillules, ces personnages forts en apparence qui s'avère si faibles, ces élèves tous plus perdus les uns que les autres, ce grand-père au seuil de la mort avec son secret ; le thème de "l'invisibilité", du "vide", celui de l'amour perverti qui a perdu ses codes essentiels, celui des rapports ado/adultes, celui de la mort associé à la délivrance, celui de l'école (= intéresser les enfants avant de leur inculquer quoique ce soit, c'est les faire grandir avant de les rendre intelligents) ; le discours d'Hitler inséré (???), des scènes chocs mais pudiquement mises en scène, la métaphore sur La chute de la maison Usher, ces images de couloirs vides... Un film de fond pour qui saura le comprendre et ouvrir en grand son esprit, un film important mais rude. L'idée majeure de cette oeuvre magistrale est induite à la fois par son titre et sa conclusion : c'est la pratique du détachement. Un film qui malgrès un succès vraiment mitigé, surpasse pas mal de blockbuster et comagnie. Ici, l'émotion nous gagne ; tout comme d'autres sentiments et ne nous lache pas du début à la fin. Je n'y verrais presque que des qualités (même si subjigue quelques petits défauts ou incohérences). Mais même avec ses quelques points "négatifs", l'ensemble surpasse le reste cela et rend le film appréciable, plein d'émotion...
Ce film relate la vision de la société américaine d'un professeur notamment à travers le système scolaire dans lequel il est plongé et les différentes personnes qu'il est amené à rencontrer. Une vision sinistre d'une société où généralement les jeunes n'ont aucune ambition, aucun but et pour beaucoup aucun avenir. Un film poignant avec un très grand Adrien Brody.
Detachment est un film qui raconte une histoire mais aussi dénonce un système scolaire, et montre les éleves sans triche. Criant de vérité par moment je qualifirai quand même ce film de grand pessimisme , un peu trop même ...
Grand film, très sombre. La représentation qu'il donne des États-Unis à travers les yeux d'un professeur de collège est terrifiante. Brody est un formidable acteur, sa capacité à nous transmettre une émotion est incroyable. J'avoue avoir pleuré plus d'une fois. Dans un monde où la tentation du suicide est permanente il parvient à faire preuve d'une humanité et d'une tendresse qui illuminent le film. Il a pu sauver une de ces personnes à la dérive et cela vient adoucir la fin d'un film très noir.
Detachment peut se targuer de plans magnifiques, avec une photographie maîtrisée, et d’un casting impeccable : Adrian Broody, Marcia Gay Harden (Damages), Christina Hendricks (Mad Men, Drive), Lucy Liu et même un chouilla de Bryan Cranston (héros de Breaking Bad qui décidément apparaît sur tous les écrans en ce moment). Alors pourquoi le public, dont je fais partie, tend-il à le noter avec sévérité ?
SYNOPSIS
Henry Barthes est un professeur remplaçant qui réussit, malgré des conditions de travail souvent difficiles, à garder une certaine distance émotionnelle par rapport à ses élèves. Son passage dans un lycée particulièrement difficile de la banlieue New-Yorkaise va remettre en question sa ténacité et bouleverser son existence.
Je suis bien trop dure avec ce film qui m’a pourtant beaucoup touchée. Trop, même. En fait, en sortant, j’avais envie d’ouvrir une fenêtre tout en haut de la Tour Montparnasse et de m’en jeter après avoir demandé pardon à la société et aux générations futures. Pardon pour quoi ? Je ne sais pas, mais si tu as tendance à culpabiliser, tu vas en prendre pour ton grade avec Detachment.
D’une part donc, nous avons un aspect dramatique extrêmement efficace visant à nous faire réaliser les défauts d’un système éducatif inadapté, et le quotidien difficile des professeurs confrontés à une réalité épuisante. Par système éducatif, le film ne s’arrête pas aux écoles mais s’attarde également à l’indifférence de parents qui laissent leur enfants partir à la dérive. Detachment, c’est donc celui qu’Henry tente à grand’peine de garder pour se protéger, mais également le détachement dont font preuve ces parents, responsables d’une génération en détresse.
Avec une mise en scène impressionnante, Tony Kaye nous livre, encore plus qu’un drame, un véritable compte-rendu. Pas de clichés, et pas question non plus d’épargner les sentiments du spectateur. Vraiment intéressant. D’ailleurs, il remporte le Prix de la Critique Internationale au Festival de Deauville en septembre dernier. Entre autres.
…intéressant, et déprimant. Malheureusement, le scénario verse bien souvent dans le pathos, accompagné de la voix off moralisatrice d’Adrian broody Brody qui rendra la dernière demi-heure de film à peine supportable. A voir, pour l’émotion et la beauté, mais préparer en conséquence Kleenex et Kinder à la sortie.
mon avis rejoint l'unanimité des commentaires : magnifique, époustouflant... grosse claque dans la g... bouleversée... brody est superbe dans ce rôle qu'il interprète à merveille ! rien à voir avec ces clichés des années 80-90 qui retracent les difficultés d'existence de nos jeunes !
Le sujet , qui est vue de nombreuses fois au cinema , mais celui-la ce demarque des autres par son intelligence et par sa poesie . Le personnage d'adrien est peut etre trop ''malheureux'' mais il livre une tres belle performances pour moi mieux que celle du ''pianiste'' ! Une fin tres belle en poesie mais certes un peu triste ...
Un film extrêmement pessimiste quant à la vocation d'enseignement voire quant à l'avenir tout cour... Comme dans son excellent Amercan History X, Tony Kaye a tendance à un peu trop appuyer son propos, en noircissant le tableau au maximum, mais sont sujet est fort et percutant, réel et préoccupant même, et infiniment désarmant. On a l'impression que tout le monde est irréprochable dans le corps enseignant (ce qui évidement est absolument faux...) et que la société est pourrie jusqu'à la moelle (pas un seul personnage positif dans l'histoire...), et cela finit par biaiser le constat, mais il a le mérite d'aller au bout de sa noirceur et de son doute sur un futur pas joli joli, ce qui est à saluer à l'heure où Hollywood nous sert des happy ends ou de fausses perspectives d'espoir à la chaîne... Adrien Brody est sidérant de justesse et d'émotion et le reste de la distribution n'est pas en reste... Un très beau film très... noir... à voir un jour où vous avez la pêche et un moral d'acier... On vous aura prévenu...