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Hastur64
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4,5
Publiée le 3 mai 2014
Un film scénarisé par Matt Damon et réalisé par Gus Van Sant avait tout pour attirer mon attention, pourtant le sujet en lui-même, sans être inintéressant, ne m’enthousiasmait pas vraiment. Je redoutais le côté trop engagé de Matt Damon dans les thématiques écologiques qui lui feraient sonner une charge un peu trop lourde contre les multinationales de l’énergie. En effet si l’acteur ne ménage pas ces dernières, il a l’intelligence de ne pas nous pondre un thriller complotiste où l’entreprise en question serait toute puissante et agirait à grands coups de sommes d’argent et de manœuvres illégales. Il se concentre plus sur son personnage de VRP de l’achat d’exploitation de sous-sol auprès des fermiers de petites villes en voie de désertification et de chômage en augmentation. Il en fait un idéaliste persuadé de rendre service à ces communautés en voie de paupérisation en leur offrant une voie pour faire beaucoup d’argent avec des terres qui ne rapportent plus rien. On n’est donc pas dans un personnage cynique (qui sait exactement de quoi il retourne avec ces contrats) ou volontairement aveugle comme sa collègue qui considère que c’est « juste un job » et refuse de se poser des questions qu’elle sait dérangeantes. Du côté des fermiers on n’est pas non plus dans la caricature de personnes aveuglées par l’argent et qui ne réalisent pas qu’ils vont être exploités et trompés ; le fermier (interprété par Scoot McNairy) pose même le problème avec la plus claire des visions : « vous êtes ici parce qu’on est pauvre et qu’on n’a rien d’autre à vendre ». L’interprétation de Matt Damon est vraiment très sobre et offre au personnage un combat intérieur qui signe une remise en cause de toutes ces croyances. Un film dans les beaux paysages de la Pennsylvanie qui offre une vision belle et terrible du monde paysan et des petites villes rurales américaines qui s’appauvrissent de plus en plus et qui parfois se retrouvent à la merci des grandes multinationales (qu’elles soient de l’énergie ou de l’agroalimentaire). Un beau drame tout en pudeur en en nuance à voir absolument.
Gus Van Sant dans un film plus classique, ça reste Gus Van Sant. Alors que je m'attendais à un film un peu convenu et sans trop de relief (malgré ma passion portée à ce cinéaste), j'ai été agréablement surpris par cette intrigue qui enchaîne les excellentes scènes, entrecoupées de brefs passages musicaux savoureux. Comme à son habitude, Matt Damon est excellent de bout en bout, même s'il a parfois du mal à rendre son personnage passionnant, la faute à l'écriture du personnage. C'est le principal problème du film ; des personnages pas assez mis en valeurs malgré un sujet très intéressant. Pourtant ce n'est pas le casting qui manque, de Frances McDormand à John Krasinski, en passant par Hal Holbrook et Titus Welliver. La fin du fin est également trop convenue et pas suffisamment percutante pour nous faire ressentir quoique ce soit, mais le réalisateur prend soin de ne pas exagérer son propos en usant de toute sa légendaire et admirable subtilité. A noter, en plus, de nombreuses situations amusantes et quelques dialogues très bien écrits et parfois très drôles.
Le sujet est très intéressant. L’arrivée d’une grosse entreprise prête à proposer de l’argent à des agriculteurs désargentés pour utiliser leurs terres. Dans Promised Land, On assiste à « l’affrontement » entre deux hommes qui n’ont pas du tout les mêmes idées, l’un, Steve Butler, représente l’industrie, l’autre, Dustin Noble, défend l’écologie. Steve Butler représente l’industrie et est persuadé que ce qu’il propose, l’argent qu’il va « offrir » va être bénéfique pour le village. Ce personnage au fur et à mesure de l’avancée du projet, se pose beaucoup de questions sur lui même. La rencontre avec l’institutrice du village va aussi le bouleverser. Quant à Dustin Noble, il est dans la séduction, engagé et donc arrive à toucher la population. Le « combat » se joue sous nos yeux, et chaque personnage avance à petites touches. Steve Butler est accompagné de Sue Thomason, une femme qui travaille sans conviction, elle fait ce qu’elle a à faire un point c’est tout. Pas de suspense, le scénario est prévisible…
Tout y est, un réalisateur de talent, un sujet intéressant, un casting béton mais il manque un petit quelque chose pour passionner. Peut être un manque de rythme… Promised Land ne marquera pas mais celà reste un film à découvrir
Sur un fond d'écologie, ce film manque de rythme et on s'ennuie beaucoup, à part vers la fin du film quand il y a les rebondissements, bien que le scénario autour du gaz de schiste soit bien abordé et que la mise en scène soit bonne. La fin est assez attendue.
Il faut s'accrocher pour ce passionner pour ce film long... très long.. avec un sujet des moins passionnants. Matt Damon reste Matt Damon, un très bon comédien, qui s'implique vraiment dans ces rôles mais pour cette histoire, il méritera moins de récompenses. Ça manque d'action, de suspense..
Gus van Sant, réalisateur et Matt Damon, acteur, scénariste et producteur, prennent leur temps pour dénoncer les pratiques des exploitants du gaz de schiste. Film engagé comme on n'en fait de moins en moins, le film a le mérite de poser le problème intelligemment en se concentrant sur un jeune homme plutôt convaincu par le bienfait de sa démarche, du moins au début du film. Si le film est intéressant sur le fond, il n'en est pas moins inintéressant sur la forme, Gus van Sant filmant l'Amérique profonde avec respect et avec l'œil d'un photographe. Un film américain bien au-dessus de la moyenne de la production actuelle.
C’est l’un des plus beaux dialogues que j’ai entendu dans un film ces derniers temps. Dans The promised land de Gus Van Sant le personnage de Franck Yates incarné par l’excellent Hal Holbrook dit au prospecteur sans scrupules (joué par Matt Damon) venu lui acheter sa terre pour exploiter du gaz de schiste : « Vous venez ici avec tout votre argent en étant certain qu’il fera notre bonheur. En échange il faudrait mettre en danger ce à quoi on tient le plus, notre seul bien. Nous n’avons plus rien à vendre et nous n’avons plus les moyens d’acheter. Mais ne vous méprenez pas, je ne suis pas mieux que mes voisins et j’ai aussi besoin de cet argent. Seulement j’ai sans doute une chance qu’ils n’ont pas, eux, je suis un vieil homme qui pourra mourir debout et digne. C’est un privilège et j’y tiens. C’est pour ceux qui resteront que je m’inquiète. » La fin du film est un peu prévisible peut-être, de par la rencontre du personnage de Matt Damon avec celui de Rosemarie De Witt, mais l'habile manipulation du faux écolo est néanmoins surprenante. C'est très réel et surtout bien documenté. Le scénario est co-écrit par Matt Damon qui a également produit le film, on y sent une vraie sincérité. Frances McDormand est également excellente. C'est l'un des rares films américains (avec Take shelter et certains films de Soderbergh) à aborder les problèmes sociaux du moment au milieu de blockbusters plus aveuglants les uns que les autres... Gus Van Sant retrouve ici la patte ds premiers films, notamment Drugstore cow-boy que j'ai revu récemment et qui n'a rien perdu de sa force.
Il y a deux types d'œuvres dans la filmographie de Gus Van Sant : les plus intéressantes, celles qui portent réellement la marque de leur auteur, que ce soit la démarche de la contrainte absolue (le remake plan par plan de "Psychose"), ou le travail sur le décrochement de la perception du réel ("Elephant", "Gerry", "Last Days", "Paranoïd Park") ; et puis il y a les films plus classiques, destinés à rencontrer le grand public comme "Will Hunting", "À la rencontre de Forrester" ou " Harvey Milk". "Promised Land" fait incontestablement partie de la deuxième catégorie, à tel point que si on faisait un blind test, à savoir de présenter le film à des cinéphiles en leur demandant de deviner le nom du réalisateur, peu nombreux seraient sans doute ceux qui citeraient Gus Van Sant.
À part un plan large du village balayé par le passage en accéléré de l'ombre des nuages, il n'y a pas grand chose de "Van Santien" dans ce film de facture ultra classique. Déjà, il s'agit d'un duel entre deux hommes, Steve et Dustin (incarnés par Matt Damon et John Krasinski qui cosignent le scénario), et beaucoup de scènes se résument à des dialogues filmés en champ-contrechamp, que ce soit entre les deux protagonistes, entre Steve et sa collègue Sue, ou entre Steve et Alice, la jeune femme qui devient le second enjeu de l'affrontement entre les deux hommes. De plus, Gus Van Sant n'hésite pas à avoir recours aux bons vieux trucs : usage du ralenti, musique très peu burtonienne de Dany Elfman pour ponctuer les passages les plus émouvants du discours de Steve devant l'assemblée du village, gros plans sur les visages saisis par l'émotion...
Malgré celà, "Promised Land" reste un film intéressant par ce qu'il nous raconte, et finalement très efficace grâce à cette facture à l'ancienne. Comme le lui dit Frank Yates, le vieux professeur opposant au projet (joué par Hal Holbrook, 88 ans), Steve est un homme bien. Ce type qui descend du bus avec sa valise à roulettes est certain de la justesse de son attitude, et le fait qu'il provienne de Elridge, Iowa, lui donne une supériorité par rapport aux autres démarcheurs de sa boîte : il connaît tous les codes de cette Amérique de Norman Rockwell, celle où l'épicier affiche "Guns - Groceries - Guitars - Gas". Il semble croire en la valeur de ce qu'il raconte, tout comme sa collègue Sue, jouée par la toujours formidable Frances McDormand sait toucher la corde sensible de ses interlocuteurs en faisant miroiter le plus que leur apporterait l'argent du gaz pour l'éducation de leurs enfants. On comprend a contrario combien il croit à son propre discours sur la valeur émancipatrice de l'argent quand on lit sur son visage la désapprobation et la stupeur en voyant un fermier arriver avec la Corvette flambant neuve qu'il vient d'acheter avec l'intégralité de sa prime.
Le film cherche à rester proche de la réalité et malgré un bon scénario ça reste mou, à l'image de Matt Damon tellement prévisible, heureusement qu'il y a Frances Mcdormand pour mettre un peu d'ambiance. Un film engagé pas désagréable, de là à ce qu'il reste dans les mémoires il ne faut pas trop y compter.
Un bon casting, un scénario qui aborde en sujet pas commun, une réalisation globale appréciable, tous les ingredients étaient pourtant réunis... Oui mais voilà on s'ennuie! On attend encore et toujours que le film démarre, que le rythme s'emballe, on attend l'étincelle qui aurait fait de cette production un très bon film. Mais cela n'arrive jamais. Ça reste lent et contemplatif et donc terriblement ennuyeux... Vraiment dommage car le scénario est intéressant et les acteurs pas mauvais du tout.
Gus Van Sant, déjà connu pour avoir réalisé notamment Will Hunting, Elephant ou encore Harvey Milk, revient avec Promised Land, écrit par l’interprète principal qui n’est autre que Matt Damon.
Un film engagé à tendance écologique abordant le problème, qui fait actuellement débat, du forage de gaz à travers la fracturation hydraulique. En l’occurrence l’histoire se situe au fin fond des Etats-Unis.
Gus van Sant signe une œuvre tout en retenue et en subtilité. Le film traite, à travers un récit relativement classique, du problème écologique en question appuyé par une mise en scène d’une sobriété remarquable. Le réalisateur américain se laisse le temps d’évoquer tous les thèmes en douceur et sans aucune brutalité et met en avant la performance d’un Matt Damon sensible et attachant.
On ressent le choix artistique comme une certaine retenue et humilité de la part de Gus van Sant qui sait se mettre en retrait par rapport au sujet traité.
Ce drame social n’en est pas moins une réussite et un réel plaisir mais aussi et surtout une belle manière cinématographique de lancer le débat.
Le film souffre à l’évidence des imperfections de son scénario (co-écrit par Damon et Krasinski, qui jouent les deux rivaux du film). Le personnage du militant écolo, le twist final, le discours larmoyant dans le gymnase du lycée, tout ça est en trop et donne malheureusement au film un côté cheap. Mais il y a aussi des qualités : les deux personnages principaux sont très bien écrits et l’alchimie entre Damon et McDormand saute aux yeux. Le mélange de vulnérabilité et de machiavélisme qui les caractérise fonctionne très bien. Et surtout, j’ai aimé l’ambiance: la photographie bleutée, la réalisation sobre de Van Sant, les paysages de l’Amérique rurale, la bande originale qui mêle ballades folk et morceaux composés par Danny Elfman... Bref, je trouve beaucoup de charme à ce film très imparfait.
Vous voulez du gaz de schiste ?.. Voici un film militant qui se bat pour vous convaincre du danger de la fracture hydrolique comme les masses américaines en ont bien besoin. Un beau film touchant, et qui espérons le réveillera certaines consciences...
Gus Van Sant est décidément un très grand metteur en scène. Il le prouve encore ici en donnant à Matt Damon un rôle particulièrement riche en sentiments, en sensations diverses sur un sujet écologique dont le traitement ne pourra que ravir tous ceux qui s'opposent aux manipulations diverses des grandes multinationales...