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P. de Melun
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3,5
Publiée le 19 mai 2018
Scénario simpliste mais bien mené au sujet de l'exploitation du gaz de schiste avec ses enjeux et ses risques. « Promised Land » dénonce l'abus des grandes compagnies sur les populations pauvres et l’attrait du gain, et pour l’industrie et pour les personnes acceptant les forages sur leur propre sol. Matt Damon est, une fois de plus, excellent dans son rôle avec ses propres certitudes puis ses doutes qui s’installent au fil de l’histoire. La fin est un peu raccourcie donc forcément légèrement décevante mais le film a le mérite de nous interroger sur ces technologies dont on ne connait pas toujours d’emblée les répercutions. Reste de très belles images d'une Amérique paysanne à travers ses superbes campagnes, ses jolies maisons, ses habitants cultivant leurs champs mais pas toujours leur esprit.
Bonne surprise. Un sujet qui m'emballait pas à la base mais le traitement est bien filmé. Il y a même un certain suspense. un seul bémol la mise en scène de Gus van sant trop en retrait pour servir sans doute l'histoire.
Face à une multinationale rapace, les seuls choix possibles sont de résister, d’accepter ou d’en profiter. Et la question est intéressante : le bilan écologique n’est pas simple, et le manque de moyen est confronté aux éventuelles considérations morales. Et les vendeurs d’espoirs le savent pertinemment : l’auditoire de leur discours salvateur est la pauvreté. C’est le carburant de leur bulldozer. Le personnage de Matt Damon, employé de la firme, est au cœur de ce conflit idéologique, déchiré entre la conviction d’aider ces paysans, la lucidité vis-à-vis de ce qu’il vend, et sa carrière en construction. C’aurait été un bon film jusqu’au bout s’il n’avait pas choisi un raccourci inattendu mais grossier, qui vient fausser le débat. Le portrait de cette pénible réalité n’en reste pas moins pertinent.
Gus Van Sant réalisé ici un métrage engagé et pleinement réussi sur l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. Le réalisateur produit une oeuvre sobre où il abandonne ses plans à rallonge comme dans Last Days ou Gerry et gagne en efficacité. Le spectateur ne perd ainsi pas une miette du récit et durant les trois quarts de son métrage, le réalisateur pose le cadre de son intrigue en nous présentant sans jugement toute la complexité du sujet. Ce n'est qu'à la fin du film que le renversement se produit et que la moral arrive tout en sobriété et avec beaucoup de discrétion. Le réalisateur met ici son immense talent au service de son sujet pour nous servir un film maîtrisé de bout en bout qui fera réfléchir le spectateur.
Dans l'Amérique profonde, un employé d'un groupe énergétique doit convaincre des locaux de laisser exploiter le gaz de schiste, en échange de juteux dollars. Sorte de "Erin Brockovich" à l'envers, "Promised Land" est un film à charge contre le gaz de schiste, qui toutefois évite certaines caricatures. Loin de présenter les cadres comme des condescendants élitistes, Matt Damon incarne ici un petit-fils de fermier sensible aux problèmes des gens ruraux, mais qui sait également utiliser leur pauvreté pour leur faire signer n'importe quoi. De même, le scénario pointe également du doigt les manipulations de certains groupes écologistes, qui font usage de lobbies douteux et d'arguments affectifs pour arriver à leurs fins. Toutefois, le rebondissement un peu tiré par les cheveux du dernier acte est quelques peu décevant, et le film ne creuse pas assez le sujet technique (l'exploitation du gaz de schiste), laissant quelques imprécisions pour se centrer sur l'aspect dramatique. A côté, l'image est jolie, Gus Van Sant sait filmer, et nous livre un long-métrage "grand public" divertissant.
Peut-être le meilleur film de Gus Van Sant, celui dont l'histoire s'avère la plus intéressante, avec un message écolo très juste et très percutant. En plus, une BO de choix, avec, entre autres, 2 chansons par Emmylou Harris, 3 par The Milk Carton Kids et Frances McDormand qui reprend une chanson de Hank Williams.
Un film à thèse très sage sur la forme – et aussi finalement un peu sur le fond – qui ambitionne spoiler: d'alerter sur l'exploitation du gaz de schiste, plus précisément sur les méthodes employées par les grandes compagnies pour arriver à leurs fins aux Etats-Unis. Un long-métrage qui parle aussi beaucoup de la crise profonde que traverse une certaine Amérique rurale. Les personnages sont imaginés de manière assez intelligente, de telles manière qu'il ne tombent jamais dans la caricature. Sobre et efficace.
"Promised Land" (2012) Arte le 08.04.2016 C'est l'histoire de gentils agriculteurs US, un poil écolos, face à un vilain suppôt du capitalisme qui projette de se faire du blé en faisant des trous dans leurs terres pour y trouver du gaz de schiste. C'est tout, rien de plus ! Le vide comme sur l'affiche ! Si bien qu'on devine rapidement la fin comme on voit le nez au milieu de la figure ! Il en résulte un film avec beaucoup de longueurs, des passages musicaux qui meublent pour rien, avec cerise sur le gâteau une interprète sans voix et qui chante faux ! En outre, malgré une écoute avec plateau sonore additif Bose, le doublage son de certains acteurs est infect et on devine plus certains dialogues qu'on ne les comprend. Heureusement, au sein d'un casting de misère, il y a Matt Damon (le méchant qui veut se faire du blé) un poil sympathique qui donne un peu de vie à ce rafiot promis au naufrage. C'est l'avant dernier film du réalisateur Gus Van Sant, et certainement pas sa plus grande réussite. Essentiellement porté sur les fonds baptismaux pour le public américain il ne nous séduit pas : la preuve, on n'a même pas pris la peine de traduire le titre du film ! Tout ceci explique que ça n'a pas été la ruée dans les salles pour le découvrir : 159 000 spectateurs en salles. Des écolos ? A moins qu'il n'y ait eu de l'eau dans le gaz ? willycopresto
GVS nous livre ici un petit film, sans prétentions, sans réels défauts ni qualités. Le message est quelque peu simpliste: le mal ne se cache pas au fond du cœur des hommes mais au cœur des secrets inavouables des big companies.
Si l'on peut faire crédit à ce film d’un sujet intéressant et d'acteurs de qualité, on doit vite constater que Promised Land tape un peu à côté de la cible. Le film n'est pas tant un plaidoyer écologiste qu'une fable sur la manipulation des hommes, qui retourne son histoire comme une chaussette dans le dernier quart d'heure (un peu prévisible d'ailleurs) et expédie finalement son sujet en deux temps trois mouvements, l'air de rien, sans vraiment finir. Si le cynisme et la soif de profit sont assez bien décrits tout au long du film, le scénario est en définitive un peu trop plat et convenu, la mise en scène rudimentaire. On saura gré aux acteurs de tirer un peu l’ensemble vers le haut même si ça ne case pas la baraque.
Très bonne surprise que ce film ! Je me suis mis devant en craignant qu'il ne soit inabordable ou un peu casse pieds mais en fait cela se suit très bien et c'est même carrément passionnant. Matt Damon est parfait comme d'habitude et le sujet de ce film mérite réflexion. La fin du film est étonnante et on ressort choqués et dubitatifs. Je ne regrette pas du tout d'avoir vu ce Gus Van Sant et je le recommande vivement
La belle surprise de l’année 2013 en ce qui me concerne, surprise parce que Gus Van Sant ou non, le sujet ne m'intéressait pas (enfin si c'était un documentaire absolument, mais pour un film c'est quand même pas super engageant) et pourtant le film m'a à la fois captivé et touché. Il reste assez en surface en ce qui concerne les questionnements écologiques liés au gaz de schiste ou le cas des lobbies aux USA, mais ce n'est pas la volonté de Gus Van Sant de faire un documentaire ou un film militant. Il y a bien sûr un peu de ça mais au final l’exploitation gazière est surtout un cadre, le véritable enjeu –et sujet- du film étant la relation des gens à leur espace de vie. Il y a quelque chose de mélancolique chez ces habitants qui sont amenés à choisir entre conserver la terre de leurs familles même s'ils elles ne produisent plus grand-chose et les tuent à petit feu, et les promesses de richesses mirobolantes de la compagnie de gaz. Ce choix est loin d’être tout noir ou tout blanc, justement parce que les gens ne prennent pas toujours la décision qui peut sembler la plus logique (prendre l’argent et se tirer loin d’ici) que ce soit par fierté envers leurs racines ou par pure connerie comme l’illustre assez bien spoiler: le cas de ce fermier qui plutôt que de dépenser son argent tout frais dans quelque chose d’utile s’en sert pour acheter une bagnole flambant neuve . Ca c'est pour les reproches que j'ai pu entendre selon quoi le film présenterait la bourgade et ses habitants tout gentils et parfaits en tous points, c'est pas tout à fait le cas. Si le film m’a autant plu c’est aussi et surtout parce que Van Sant prend tout le temps de nous balader aux quatre coins de la ville avec ses personnages, de nous faire vivre leur vie, et on s’y attache sans difficultés. Ca donne à cette chronique un côté assez planant. Un mot tout de même sur l’intrigue qui n’est pas non plus en reste et propose même quelques rebondissements très malins. En bref un film qui n’a rien d’un plaidoyer facile et larmoyant en faveur des gentils locaux opprimés par la méchante compagnie capitaliste, mais cherche à toucher à quelque chose de plus profond, chez moi en tout cas la sauce a bien pris.
Avec un sujet rarement évoqué au Cinéma, celui du Gaz de Schiste et du démarchage chez les habitants des commerciaux d’une société qui l’exploite, on pouvait avoir un grand film comme les américains savent le faire (je pense entre autres à « Erin Brockovich, seule contre tous » (2000) ou à un degré moindre à « Michael Clayton » (2007)). Malheureusement, le film est lent et long et à part un retournement de situation inattendu et subtile très bien amené, le film avance à la vitesse d’une tortue avec un final un peu trop convenu et une réalisation on ne peut plus conventionnelle. C’est vraiment dommage car l’interprétation était très juste et certains pans de l’histoire intéressants. Dans le genre, j’ai préféré, et de loin, « Thank You For Smoking » (2006).
J'aime bien les films qui se passent dans l'Amérique profonde, avec campagne splendide, mugs dans les bars, gens simples et chemises de bûcherons. ça me rappelle toujours un peu Twin Peaks. Et puis c'est assez savoureux qu'un film contre le gaz de schiste soit financé par une boîte de production émiratie... la guerre des lobbies fait rage ! Sinon, bon, bof... Gus Van Sant est toujours à mi-chemin entre le film d'auteur (Elephant) et le film à thèse pour grand public (Harvey Milk). On se rapproche nettement plus du second que du premier ici, et moi je préfère le côté Elephant. En plus on ne croit absolument pas au dénouement baba-gauschiste (mouarf)... Surtout que la question de la décroissance est évacuée en 2 secondes, ce qui est assez honnête, les Américains (mais les autres aussi) préférant flinguer la planète plutôt que de renoncer à un mode de vie énergivore. Frances Mc Dormand, parfaite comme toujours.
Film assez classique avec un sujet d'actualité. Toujours impeccable dans la réalisation le film pêche peut être un peu au niveau du rythme et du scénario assez simpliste. Pas le meilleur de Van Sant c'est une certitude. Il reste agréable, divertissant et d'une grande justesse.