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Un visiteur
4,5
Publiée le 6 juin 2018
Le génie de ce film réside sans doute dans l'art qu'à François Ozon d'y jouer sur la porosité de la frontière qui y sépare réel et fiction, ou plutôt fiction du film et fiction dans cette fiction. "Dans la maison" reposant sur un texte écrit petit à petit par un lycéen, qui décrit une maison et ses occupants ainsi qu'il narre leurs faits et gestes, en émettant par ailleurs divers jugements, cette frontière se gomme, parce qu'on ne parvient plus à distinguer la part de réalité dans l'écrit de Claude de la part d'invention. Par ailleurs, la limite finit par se gommer entre dimension descriptive et narrative de son texte et dimension performative : jusqu'où le jeune Claude est-il transcripteur ? A quel point agit-il lui-même sur le déroulement des événements afin que ceux-ci se fassent conforment à sa volonté d'écrivain ? Cette pluralité de strates fictionnelle perd le spectateur, le tient en haleine, et ne tient elle-même debout que grâce au jeu des deux acteurs principaux, un Fabrice Lucchini grandiose et tout en mesure, et un jeune homme au jeu tout en subtilité, étonnant par la maîtrise de ses expressions.
Malgré le déséquilibre entre la longue durée (presque 2h) et le peu d'action, ce film psychologique de société se laisse regarder très facilement. La perversité du voyeurisme est amenée subtilement et progressivement.
Un adolescent étonne son professeur de français dans une rédaction. Le film est brillamment écrit et construit. On suit littéralement pas à pas les remises de rédaction d'élève avec curiosité puis impatience. Les acteurs sont remarquables chacun dans leur rôle, le jeune est clairement une découverte. C'est original, agréable tout en étant légèrement dérangeant. François Ozon construit lentement mais surement une oeuvre digne d'attention.
Un thriller de François Ozon . Ce film est faut comme raconte Germain dans le film pour l'histoire d'un de ses élèves Claude ce qui crée de l'originalité en plus du sujet. L'histoire comporte des rebondissements et des dyrori parmi quelques révélations qui reste claire si on est attentif donc si on suit le film du début à la fin sans interruption car il y a des éléments à ne pas manquer pour comprendre. Un excellent scénario. Des personnages intriguant surtout Claude . Une très bonne fin . Un très bon dialogue. Luchini ,Scott Thomas ,Saigner (Emmanuelle) , Moreau , ... sont impressionnants . À voir en étant concentré uniquement sur le film sinon impossible de tout comprendre .
Passionnant, intéressant et bien ficelé, ce scénario ravira les fans de suspense. Sous ses apparences de thriller, Dans La Maison est un film français qui vaut le coup d'œil, avec un casting au top.
Malgré l'excellentissime Luchini entouré d'acteurs plutôt à leur aise (le jeune Claude est remarquable), ce polar est rempli d'invraisemblances, le scénario original n'est pas toujours bien exploité avec des bavardages incessants. Les personnages récitent un peu leur texte sur ce film long, lent et quelque peu linéaire. Les 40 premières minutes laissaient entrevoir un film différent et intelligent, puis le voyeurisme a pris le dessus dans la seconde partie.
un "thriller" (sic) ou plutôt un navet qui navigue entre voyeurisme, boboïsation et clichés. Luchini, avec pourtant un rôle taillé sur mesure, ne sauve pas ce film ennuyeux avec un twist minable. Un épisode de Derrick n'aurait pas fait pire.
On se laisse emporter dans l'histoire. Luchini juste mais jeu un peu théâtral, un jeune homme au sourire narquois un peu énervant mais qui colle bien au personnage. 2
Le début de l'intrigue est intéressant mais la suite tourne en rond. Comme toujours avec le cinéma français, le regard porté sur les classes populaires est maladroit et caricatural. Lucini ne suffit pas à rattraper un film très creux sonnant très faux.
C’est un jeu de manipulation. De savoir qui est plus fort que qui. C’est un jeu de pouvoir. D’arrogance, même. Et François Ozon nous fait vite entrer dans son petit jeu. C’est sans doute le point fort du film – le meilleur du cinéaste. Un jeune étudiant remet à son profes- eur de français une copie sur son week-end. Il est allé chez son meilleur ami, Rapha, et les décrits comme des personnes sans valeur, pas à leur place. Avec une phrase (magique) à la fin de son texte : « A suivre... ». La relation entre le professeur et l’enfant est comme un metteur en scène avec son acteur. François Ozon évoque sans doute son amour pour le cinéma avec ce film. La chose mystérieuse, presque dérangeante du film, c’est qu’on ne sait pas si ce que l’enfant écrit est vrai ou pas. Le cinéaste ne distingue plus réel et irréel. Le film plaît aussi grâce à un casting cinq étoiles : Fabrice Luchini en tête, avec toujours autant d’aisance, la révélation de Ernst Umhauer, Kriten Scott Thomas au top, et Emmanuel Seigner parfaite en mère de famille perdue. Reste les seconds rôles aussi rechercher que les autres... Ozon nous embrouille, Ozon se perd, les acteurs aussi, et on adore ça. On doute. Tout le temps. On a peur. Puis tout redescend. Le film nous met une pression. On est angoissé. Et on relâche. C’est tout le temps comme ça. François Ozon est un vrai curieux – comme tous les cinéastes au monde – mais avec "Dans la maison" il se pose sur une question et s’arrête dessus. Puis il va en rechercher une autre. Cette relation entre le professeur et l’élève est-elle une sorte de relation sado-maso ? Peut-être que oui ou que non. Et c’est là où le cinéaste fait rentrer le spectateur avec lui. Le spectateur aide le cinéaste à trouver une réponse à sa question. Dans ce film tout est question de sensibilité et de psychologie. Et au bout, d’une heure, le film monte en tension, comme un changement de cap. L’atmosphère est envoûtante, tout est encore plus savoureux que le reste du film. Et puis le plus petit rôle de la famille des Rapha devient important, et prend de la place. Est-ce une fiction ou une réalité ? Mystère. Ozon manipule le spectateur, l’éblouit, et lui transmet ses propres émotions. Mais qui est vraiment cet élève ? Quel est son but ? Là encore, le cinéaste bluffe par sa maîtrise de tempérament. Et si "Dans la maison" était un thriller à suspense ? Ce vieux, genre – qui n’est traité que par de mauvais blockbuster – est traité ici avec une douceur infinie. Cet élève veut montrer qu’il est fort, écrit-il pour son professeur, sans doute puisqu’il dit « Je croyais que cette chute allez-vous plaire ». Le film est aussi une leçon de français. Les conseils que donne Germain (le professeur) à son élève est remarquable. On apprend tout le temps dans ce film. Cinématographiquement, et même en termes de littérature, donc. Ozon a sans doute voulu infliger dans ce film sans doute toute son amour, aussi, à la littérature. Le film ne manque pas de tact, ni de rythme car à tous ses points forts. L Et ce qui est aussi superbe c’est que tout le monde veut se perdre, se perd, et doit se perdre. Le spectateur joue un rôle crucial dans le film. Ozon a donc l’art de diriger ses acteurs, ses spectateurs et a l’art de l’élégance. Car tout au long du film, la mise en scène est simple mais carré. C’est ce qu’on attend du cinéma contemporain. "Dans la maison" est un film inclassable, qui se distingue des autres grâce à son audace et son originalité. François Ozon remplit son contrat, il l’a même dépassé : il réalise un chef-d’œuvre, troublant, subtil. Tout est poétique, sensuel. Ozon est un doux rêveur qui veut emmener son spectateur dans un nouveau terrain, inconnu. Et puis il embarque tout une troupe d’acteurs. Ça passe ou ça casse. Des petits destins parmi des milliards de personnes, en font des films magnétiques et magiques. Comme celui-là. C’est la vie. Soudain, le prof et l'élève regardent dans un immeuble, tels des voyeurs de Hitchcock et de son Fenêtre sur cour, des êtres qui s'aiment, se disputent, se tuent. Sans doute jaloux l’un de l’autre. Ozon aime le doute. Il fait douter. Dans tous ses films. Et puis, comme dans une fin d’article, l’élève n’arrive pas de trouver de fin. A-t-on besoin d’une fin dans un livre ? Une fin pour qui ? Pourquoi ? Mieux vaut laisser le lecteur imaginé la fin qu’il veut. On ne saura jamais la vérité de ce film. Ni de cet article, d’ailleurs. « A suivre... ». – Sandro Martinez, 10 ans