Byzantium
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Buddy_Noone
Buddy_Noone

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3,5
Publiée le 27 décembre 2020
Neil Jordan ne s'était plus penché sur les suceurs de sang depuis son sublime Entretien avec un vampire, il y a presque vingt ans . Avant d'annoncer son adaptation d'une pièce de Moira Buffini sobrement intitulée A Vampire's tale.
Retitrée Byzantium, l'histoire de Buffini compte le périple de deux jeunes femmes de 200 berges se faisant passer pour des soeurs alors qu'elles sont en réalité mères et filles. Poursuivies par une mystérieuse confrérie aux forts relents misogynes, elles échouent dans une petite ville, station balnéaire décrépite, et s'installent bientôt dans un hôtel désaffecté, le Byzantium.

Avec Entretien avec un vampire, Neil Jordan nous parlait surtout de la perte de l'innocence et de l'appréhension du temps qui passe. Deux thématiques que l'on retrouve à nouveau dans Byzantium.
Empreint d'une sensibilité toute particulière, son récit épouse les réminiscences du passé des deux protagonistes, éclairant le spectateur sur le lien qui les lie, leur parcours et les raisons qui les poussent à fuir.
Il dresse ainsi les portraits de deux femmes aux tempéraments différents. Tout comme Louis dans Entretien avec un vampire, Eleanor est renfermée, prostrée dans sa solitude et la culpabilité de son état, là où sa mère Camilla, charmeuse, épicurienne et manipulatrice comme pouvait l'être Lestat, semble vivre sans complexe sa condition inhumaine. A la différence que Camilla reste malgré tout une mère soucieuse de sa fille.

Jordan met donc l'emphase sur cette relation conflictuelle entre mère et fille, empreint d'un désir de révolte et d'émancipation. Une relation un rien compliquée si l'on prend en compte le temps qu'elles sont restées dépendantes l'une de l'autre et leur jeunesse trompeuse et confondante.
C'est dans ce lien mère-fille impossible à situer tant leur apparence leur donne presque un âge similaire, et dans cette contradiction des apparences, que Jordan confond dans un premier temps les spectateurs. De même qu'il jouait de l'ambiguïté d'une femme-enfant dans Entretien avec un vampire, Jordan s'appuie à nouveau dans Byzantium sur cet âge figé du vampire, ce physique immuable qui ne reflète en rien la maturité morale de ses personnages.
Alors que Camilla nous apparaît comme une jeune trentenaire dont la beauté scandaleuse fait tourner toutes les têtes, sa fille, Eleanor, est contrainte de traverser le temps prisonnière d'une adolescence qui n'est plus depuis longtemps. D'une beauté froide et mystérieuse, vampire compatissante incapable de prendre une vie sans l'assentiment de sa proie, Eleanor semble vouloir s'émanciper coûte que coûte de sa mère en livrant leur histoire. Ce que Camilla condamne radicalement en tuant systématiquement de sang froid ceux qui en savent trop.
C'est par le biais du récit enchâssé que le scénario nous compte alors le parcours de ces deux sublimes vampires. C'est d'abord Eleanor qui parle et raconte leur vie humaine avant d'introduire un troisième narrateur en la personne de l'énigmatique Darvell (Sam Riley), puis Camilla apporte un point final au récit de leurs origines.

Le scénario prend soin d'éviter la plupart des clichés classiques inhérents au mythe vampirique (pieux, gousses d'ail, crucifix, méchants coups de soleil) pour n'en garder que quelques-uns et se consacrer ainsi à une intrigue sans réelle ligne directrice mais dont le moteur narratif (celui de la nécessité pour un être éternel de se raconter), le même que celui d'Entretien avec un vampire, permet une agréable alternance des époques et des lieux et de mieux comprendre les mystères et les enjeux qui englobent les personnages.
C'est donc dans cette recherche perpétuelle de la confession et par extension dans la quête d'une âme soeur, quête entravée par l'amour étouffant et l'inquiétude d'une mère pour sa fille, que l'intrigue prend tout son sens. L'immortalité ne peut être un remède à long terme pour ceux qui se condamnent à une éternelle solitude.
Quant à leurs énigmatiques poursuivants, ils symbolisent les fantômes archaïques d'une pensée machiste que l'on souhaiterait révolue, où la femme ne pouvait prétendre accéder au même statut que l'homme.

D'un point de vue formel, c'est somptueux. Jordan va à contre-courant des canons gothiques en magnifiant ses séquences nocturnes par l'utilisation contradictoire de couleurs parfois flamboyantes jurant avec l'obscurité urbaine. Ici, la beauté froide de Saoirse Ronan (Eleanor), cagoulée d'un chaperon rouge (clignant de l'oeil à La Compagnie des loups, autre film de Neil Jordan), semble déambuler le long des rues et des couloirs des hospices comme un ange de la mort apportant la paix à ceux qui veulent être libérés de leur fardeau. Camilla, elle, prédatrice plus classique et donc plus sanglante, pleine d'une vitalité trompeuse, hante les trottoirs et les couloirs de bordels et se révèle au fil du temps, une femme impitoyable prête à tout pour préserver sa fille.
Les scènes de jour ne sont pas en reste. Sur des promenades le long de la plage et au fil du temps, nos deux héroïnes promènent leur regard, leur spleen et leurs souvenirs dans une grisaille quotidienne et immuable. Chargé de cet air marin que l'on flaire en imagination, les scènes diurnes épousent les contours d'un rêve de solitude et donnent un sentiment d'éternité.

Nous noterons quelques élans gores du plus bel effet (le sang écarlate contribue à l'esthétisme de certaines séquences), lesquels ponctuent de leur surprenante et fugace violence un récit pourtant loin des débordements d'horreurs graphiques promis par son sujet.

A l'aune de toutes ces qualités, il est alors dommage que Jordan ne précipite son récit dans un climax bancal et une résolution un peu trop prévisible. Le rythme de son film s'en voit bouleversé, tout autant que sa cohérence, lorsque le personnage de Darvell s'impose comme un deus ex machina tellement évident qu'il saccage le mystère de la poursuite englobant le récit qui a précédé.
Mais après toute la poésie dont le réalisateur aura su imprégner sa pellicule, on sera tenté de faire preuve d'indulgence devant cette conclusion un rien trop hâtive. D'autant que Neil Jordan avec cette oeuvre a su à nouveau tirer vers le haut un mythe depuis longtemps ridiculisé par les vampires scintillants de Twilight. Certes, on est loin de la puissance émotionnelle et romantique d'Entretien avec un vampire, mais Byzantium par son scénario intriguant, par ses personnages ambivalents et par son esthétique classieuse, reste bel et bien le meilleur film de vampires que l'on ait vu depuis Morse.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 août 2013
Une mère et sa fille semblent éternellement coincées dans leur conflit générationnel par leur état de vampire.

L'adolescente éternelle (Saoirse Ronan, à l'aura exceptionnelle) a du mal à couper le cordon. Sa mère a des formes plantureuses qu'elle monnaye, sans honte, pour les faire vivre (épatante Gemma Arterton, repérée dans "Tamara Drewe", vamp sexy et énergique en diable). Voilà deux beaux personnages de femmes fortes et complémentaires. On a aussi plaisir à retrouver le héros de "Antiviral" (Caleb Landry Jones) dans le rôle du fragile amoureux.

Dans une belle ambiance décrépite de station balnéaire et d'hôtel désaffecté spoiler: (le BYZANTIUM),
spoiler:
nous suivons avec calme et élégance les tribulations de d'Eleanor et de Clara. Le chef op de "Only God Forgives" soigne une photo sans épate. Le travail sur la bande son est envoutant. Javier Navarette ("Le labyrinthe de Pan") a composé une musique délicate pour piano et Chœurs élégiaques.

Eternellement coincée à ses 16 ans, Eleanor a du mal à vivre avec ses souvenirs séculaires. D'où de nombreux flash-backs gothiques sur l'origine de son entrée dans la fraternité vampirique. Ce ballotage permanent entre deux styles (deux époques) ne trouve pas vraiment d'acmé. C'est le mariage difficile de Mary Shelley et du film "Morse". Bien qu'apportant du sang neuf au genre spoiler: (pas de gousse d'ail, pas de crocs qui sortent, les vampires n'ont pas peur du jour)
spoiler:
, à trop vouloir être spectaculaire, le film reste plaisant mais pas grisant, pertinent mais pas assez profond, subtil mais pas assez baroque.

spoiler: Au cœur du film, l'adolescente participe à une séance de relaxation en 3 étapes: EXPERIENCE+IDENTITE+IMAGINATION. C'est un bon canevas pour comprendre pourquoi les vampires fascinent tant les ados (crise de croissance, sentiment d'être un monstre) puis les adultes amoureux d'un cinéma fantastique ouvrant les portes du possible.
Avec ce dernier opus, Neil Jordan retâte du vampire car il aime le genre et le respecte. il y réfléchit, fait preuve d'un imaginaire fertile ( spoiler: la difficulté à accepter la mort, la maladie incurable, l'euthanasie, les secrets lourds à porter
). C'est déjà beaucoup. Il manque juste un brin de folie (ou de romantisme mieux assumé) pour que "Byzantium" accède à la case chef-d'œuvre.

De "Nosferatu" à "True Blood" (en passant par tous les films de la Hammer), le sang en a vu de toutes les couleurs. Celui de "Byzantium" à un goût raffiné qui nous laisse un peu sur notre faim.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 4 décembre 2013
J'attendais beaucoup de ce film quand j'ai vue le nom de neil jordan, mais j'aie était très déçu. Une fresque vampirique entre thriller de serie b assaisonner d'une sous romance sans émotions , le scénario aussi léger comme l'air nous délivre ici des personnages stéréotyper comme l'adolescente perdu , la mère possessive égocentrique , le sauveur , et le grand méchant bref .....le scénario peine a être convaincant est nous fait tourner en rond pendant plus de 2 h , certaines scènes ce veulent flipantes mais ne le sont pas mais ressemble plus a un mauvais pastiche de serie tv année 90 , les effets visuelles semblent intéressent dans leurs approches mais sont juste pathétique est décerve considérablement la crédibilité du récit , pour ce qui est de la légende du vampire dans ce film tous est transparent et linéaire on a quelque ongles crochu par ci par la ..... mais pas de canines , gemma arterton est juste par moment insupportable dans sont role de prostituer vulgaire voir irritable elle en fait des tonnes on a juste envie qu'elle y passe , par contre saoirse ronan quand a elle joue parfois de manière très juste mais sont jeux n'est pas faciliter par la transparence du récit .
Yoan Cipoire
Yoan Cipoire

2 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 février 2026
J’ai beaucoup apprécié ce film, cette séparation entre le fardo et l’accomplissement d’être un vampire. Les acteurs sont très bons et l’histoire très prenantes. Je recommande.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 janvier 2014
Superbe film emprunt d'une belle poésie sur le thème du vampire mais à mille lieux des clichés habituellement véhiculés. Casting impeccable, la très sexy Gemma Arterton en tête.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 septembre 2013
A l'heure où j'ai vu ce film il n'y avait pas encore de sortie dvd prévue pour la France.
J'ai donc pu pleinement apprécier cette histoire en version originale.
Neil Jordan nous refait le coup des vampires et il faut avouer qu'il maîtrise bien son sujet. Autant dans "Entretien avec un vampire" (presque film d'époque) que dans "Byzantium" il a su injecter le romantisme qui sied à cette créature des mythes modernes.
Il faut dire que les deux héroïnes sont belles à se damner, mais c'est étrangement la candeur du personnage de Saoirse Ronan qui nous hypnotise et non l'attirance suscitée par la beauté hiératique de cette "déesse" mère incarnée par Gemma Arterton, pourtant déjà vamp' avant d'être vampire.
Sans tomber dans le fanatisme absolu pour ces deux actrices il est étonnant que le film n'ai pas connu de sortie en salles de cinéma pour la France.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 janvier 2014
Saoirse Ronan , l'actrice principale se voit jouer un rôle peu différent de celui que peter jackson lui a donné dans lovely bones . La fille torturée qui porte le récit d'une voix tragique . J'ajoute que son jeu de regard et d’expressions est très captivant .
Accompagnée de gemma Arterton , sa protectrice endurcit et irrésistible .
Le Duo fonctionne .
Le récit est Clair et Explicite .

Un film fort et esthétique que j'ai regardé avec plaisir .
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 1 novembre 2013
Pas le meilleur Neil Jordan et ce malgré la présence de Gemma Atterton. Le mythe du vampire n'est pas assez revisité pour être intéressant. Un film qui peine à trouver son style.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 16 août 2020
Pas mal mais il y avait bien mieux à faire. Le comportement des héroïnes pose souvent question, et l'intrigue de la confrérie des vampire est sous-exploitée et bizarre. spoiler: Par exemple on ne comprend pas pourquoi ils arrivent toujours avant la police sur les scènes de crimes commis par les vampires ; s'ils sont si forts que ça pourquoi leur a-t-il fallu plusieurs décennies pour retrouver la trace de celles qu'ils veulent tuer ?
Le scénario est donc souvent bancal et au final on est plus proche du navet que du chef-d'oeuvre.
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