La bande annonce de ce film est souvent passée au cinéma ces temps-ci et elle donne envie d'aller voir ce film. En même temps je craignais que ce film soit trop superficiel et sans intérêt. Bon le début, la première demi-heure, je me suis un peu inquiétée en me disant que cela démarrait mal et puis finalement on se laisse carrément embarquer dans l'été du héros principal, le jeune homme qui revient voir sa famille et ses amis à Sète en août 1994. Alors oui il y a des choses superficielles dans ce film, notamment le réalisateur s'attarde beaucoup trop sur le corps des femmes (fesses, seins) et puis certaines scènes de plage ou de restos ou de boîtes de nuit sont trop longues. Cependant, on trouve fort heureusement de la profondeur dans cette histoire (le héros principal qui observe tout cela et qui reste sérieux, la fille qui s'appelle Charlotte et qui est plus sérieuse et intelligente que les autres filles, certains dialogues, et aussi et surtout l'élevage de chèvres et de brebis). De plus, il y a quelques scènes vraiment drôles malgré elles. Ce film montre bien la différence entre les êtres humains au niveau amours, sentiments, relations, drague, famille (certains sont plus sérieux, timides, d'autres plein de bagout, frivoles, infidèles). Aussi je tiens à ajouter qu'en 1994 j'avais le même âge que cette bande de jeunes (22 ans précisément). Malgré de la superficialité inhérente à ce genre d'histoires, j'ai passé un très bon moment.
Kechiche ose à la fois une grosse prise de risque, avec un film "sans" intrigue et reste dans sa zone de confort en misant énormément sur les acteurs, qu'il sait diriger à merveille. En effet, chaque rôle est juste et j''ai l'impression d'avoir déjà croisé tous ces personnages dans ma vie tant ils sont réalistes. Certaines critiques indiquent que les dialogues sont inintéressants et répétitifs, je pense qu'ils sont réussis parce que très bien interprétés : les voix hésitent, les paroles se chevauchent, on fait répéter une question mal comprise, on change de sujet, on fait semblant de ne pas entendre... C'est sur ces détails que les propos prennent toutes leur saveurs ! Le réalisateur choisi aussi d'omettre certaines scènes pour les faire exister seulement par les dialogues des personnages ; Quand Ophélie parle du regard qu'à Charlotte sur elle, quand Charlotte parle de ces rendez-vous avec Tony ou qu'elle indiqué à Amine qu'elle a changé de lieu de résidence. D'ailleurs, le réalisateur se sert souvent des ignorances du spectateur pour le tenir en haleine. Au début déjà, on ne sait pas qui est Amine pour les personnes qu'il observe, et puis, on est perturbé de renter dans l'intimité de personnages dont on ignore tout. Néanmoins, le spectateur apprend très vite à les connaître comme s'il était lui même un vacanciers qui faisait de nouvelles rencontres, le temps d'un été. L'effet est renforcé par une caméra très libre, qui bouge beaucoup et qui expérimente de nombreux points de vus. La caméra n'hésite d'ailleurs pas à adopter le regard de différents personnages: dans la boîte de nuit, on adopte les yeux d'Amine, quand on rencontre la tante pour la première fois, on prend la place de Charlotte, qui assiste impuissante à des discussions où elle n'a pas vraiment sa place. Bref, Mektoub my love est vraiment un film de personnages, ils influencent le scénario, la mise en scène, les cadrages (très serrés), les dialogues. Rappelons que la plupart des acteurs jouent leur premier rôle, c'est impressionnant !
Kechich voulait piquer un truc à Fellini; il avait le choix entre ses phantasmes et son talent. Devinez ce qu’il a pris ? Oui ses phantasmes. Par contre ,j’ai bien aimé le documentaire animalier sur l’elevage des ovins; c’était très concis: rassemblement du troupeau, traite , mise bas; pas de superflu. Canto uno hélas, canto due, ho là.
A ce niveau là ce n'est plus du cinéma : c'est une caméra cachée parfaite. Chacune des scènes transpirent la réalité et font oublier totalement la caméra derrière. Un petit côté théâtrale à la "fences". J'étais tellement bluffé par les prestations des acteurs/actrices que j'ai ensuite découvert sur le net qu'elles étaient pour la plupart non professionnelles. Ce fait associé à la "méthode Kechiche" explique en partie pourquoi ce film est un chef-d'oeuvre. Vous aurez par ailleurs, pour des raisons que vous ne comprendrez pas, beaucoup de frissons durant le film. A voir de toute urgence.
Pourquoi s’esbaudir devant des dialogues nuls (t’es trop belle 100 fois ...) des acteurs certes très beaux et lumineux....mais ne jouant pas toujours très bien, une absence totale d’histoire, et des longueurs, des longueurs...snobisme lié à ce réalisateur ...? Franchement on s’ennuie beaucoup et la vulgarité est souvent là...mentions tout de même pour le charisme des deux comédiens principaux qu’il faudra suivre...
Pour profiter au maximum du film, il faut en connaître plus sur le réalisateur et sa façon de travailler (qui a évoluée, donc aucune comparaison possible avec ses derniers films). Cela va permettre de mieux comprendre sa manière de voir, de tourner, et de travailler avec les acteurs. Pour ce qui est de ces derniers, ils ont magnifiquement réussi à créer des personnages très attachants et dont on a envie d’en savoir plus.
Un navet ce" Mektoub ,my love"Arrêtez Kechich de vous moquer du Cinéma!Ça ne marche pas votre jeu.Vous avez trop misé sur le CORPS.Un film incohérent du début jusqu'à à la fin....Meme la mise à bas est exploitée pour sauter du" corps" à l âne.Une médiocrité qui crève l écran!
Pas de scenario. Même si rendre l'ambiance était l'objectif principal (réussi), un petit minimum aurait été bien venu pour le spectateur. Et pourtant, il y avait plusieurs pistes qui auraient pu être exploitées. Je ne vois pas l'intérêt de démarrer les premières secondes avec cette scène; elle aurait pu arriver plus tard. Acteurs / Actrices très naturels; même si quelques tics deviennent à la longue dérangeants (mains dans les cheveux par ex.) J'avais aimé "La vie d'Adèle".
Affligeant. Des dialogues d'une pauvreté sans nom et le spectateur est mis dans une position voyeuriste des plus scandaleuses. Qu'on arrête de me parler de "film solaire" ou je ne sais quoi. Sous couvert de ces mots, on cautionne une image bêtifiante et chosifiante de la femme.
Allez... on ne va pas se le cacher... ce film est une pure daube. Inutile de tourner en rond et de se prendre la tête. Ce n’est pas du naturalisme, ni de la poésie; c’est du cru, du sale, du vide. Simplement affligeant et atterrant. 3h de supplice. 3h à se rincer l’œil, celui d’un vieux barbon égrillard. 3h de sidération et le vague sentiment écœurant,gluant, et coupable de ne pas avoir eu le courage de quitter la salle par peur de déranger les voisins ! Inutile de croire « que la misère (intellectuelle ?) est moins pénible au soleil » ou que cette même misère est supportable dans les salles obscures sous couvert d’un esthétisme minimaliste ou d’un pseudo-intellectualisme décadent. Deux citations incrustées laissent augurer une certaine poésie ensoleillée et méditerranéenne.... Que nenni ! Tu parles Charles ! Kechiche te prend à froid et par derrière dés les premières images ! Le ton est donné spectateur : tu vas te laisser fourrer... le doigt dans l’œil ! Une mention spéciale et une pensée émue pour la brebis, seul personnage féminin qui semble mériter le respect du réalisateur. Bref... je m’arrête là, je vais prendre mon caméscope et aller pondre un chef d’oeuvre. Cap’ ou pas cap’ ? Chiche ou pas Kéchiche ?
Il y a quelque chose de Hong Sang-Soo chez Kechiche dans cette volonté délibérée de saisir le regard masculin sur les femmes. Tantôt délicat et suggestif, tantôt charnel et accusateur, ce regard est toujours un puissant désir. C'est aussi, ne l'oublions pas, un hymne pour la vie.
Le film est long, incontestablement. Mais encore une fois dans un film de Kechiche, "oui c'est long, mais si on veut faire plus court, on enlève quelle scène?" et c'est là que ça devient compliqué. Toutes les scènes se valent, toutes les scènes ont leur charme, leur importance pour la suite du récit, mettent en valeur les acteurs. Magnifiques acteurs, sur tous les plans. Pas d'antagoniste, pas d'élément perturbateur, juste des humains, avec leurs bons côtés comme les mauvais. Hommes, femmes, jeunes, vieux, ils sont tous mis en lumière, avec des dialogues qui sonnent juste et des scènes qui sentent l'expérience de la vraie vie. Car c'est bien ça la qualité première de Kechiche, "filmer du vrai de la vraie vie et pas le vrai made in cinéma". Kechiche filme une tranche de vie, avec simplicité et tendresse, et il le fait merveilleusement bien. Son film respire l'humanité, le soleil, les vacances, l'amour, la sensualité, sans jamais être niais ni verser dans la facilité. C'est juste beau, simple, et vrai. Une merveille.