Derniers Avis : Mektoub My Love : Canto Uno - Page 13
Mektoub My Love : Canto Uno
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Un visiteur
4,0
Publiée le 8 avril 2018
Il faut se le dire : une séance de 3h, il faut pouvoir se la caser. Après une tentative un matin, j'ai dû me résoudre à y aller un soir de 20h à 23h, malade et fatigué : ambiance. Pourtant, je fus scotché. 3h et pas une minute de trop, pas une seule fois, j'ai baillé ou détourné le regard. Que ce soit la photographie ou la musique, c'était un beau moment de cinéma.
Il est vrai que l'idée de filmer pendant 3h des jeunes sur la plage au soleil n'a rien d'enthousiasment. Vous espérez un scénario ? Et bien, pas du tout. Grosso modo : soleil, jeunes, plage, dragues, rire, alcool. Puis dans une seconde partie : jeunes, soirées, sueur, rires et un peu de larmes. C'est tout, rien de plus. Pas de message politique ou de revendications; juste du soleil et des commérages. Car il s'agit tout de même de l'histoire d'amis, de famille, de cousins qui ont grandi ensemble devenus adultes et qui font aussi face à leurs actes, à leurs choix. Les égarements de la jeunesse qui font face aux leçons des plus vieux. Quand l'une trompe son fiancé, l'autre vient juste de divorcer. Notre héros de l'histoire quand à lui, remarque à peine que toutes les filles sont à ses pieds tandis que son cousin est un gros lourd de dragueur-baratineur qui jure à toutes les filles qu'il emballe qu'elle est la femme de sa vie. Bref, entre amour, jalousie et romantisme : la vie. C'est le cœur du film. La vie. Sous un soleil éclatant (avec une petite pique au climat parisien).
La vrai force du film, c'est la relation acteurs/actrices - personnages. Les acteurs principaux qui jouent les jeunes sont bluffants de sincérité. Ils ne jouent pas, ils sont. Leur relation est intime voir fusionnelle alors qu'on parle d'acteurs non professionnels. Certains gardent même leur prénom insistant sur une ambiguïté dont le film joue beaucoup. On hésite entre le film et le documentaire. Je dirai que Shain Boumedine et Ophélie Bau sont éclatants par leur rôle, leur prestance et leur simplicité. Boumedine particulièrement dans son rôle de jeune homme un peu timide un peu romantique, artiste à ses heures perdues mais intrigué et simple. Il nous dévoile tous ses talents notamment dans une des plus belles scènes du film lors d'un accouchement de brebis. Son regard est pétillant. Le tout sublimé par une musique enivrante. Un autre des personnages que j'apprécie beaucoup, bien qu'un peu malmenée, est celui de Charlotte, touriste qui va croiser le chemin du cousin dragueur. Rôle assumé avec brio.
Le contraste entre l'obscurité de la boîte de nuit et le soleil éclatant est saisissant d'effet. La photographie est particulièrement travaillée. Enjolivée par une musique juste et équilibrée, on savoure chacun des plans de ce film.
Je pourrai, je pense, disserter pendant des heures sur mon ressenti assurément positif mais comme pour le film, toutes les bonnes chose sont une fin. Et c'est plus que motivé que j'attends la(les) suite(s). Si on reste sur un niveau de qualité similaire, je pourrai y passer des journées dans une salle de cinéma !
Malgré la beauté et le charme de ces acteurs, j'ai attendu pendant 2h 30 qu'il se passe quelque chose, il n'y a pas d'histoire et je me suis ennuyée du début à la fin. Et 2h30 si il ne se passe rien, c'est très long! au moins 10 personnes ont quitté la salle avant la fin, si je ne l'ai pas fait , c'était pour ne pas déranger mes voisins ... Si le message du film est qu'il y a quand même des musulmans qui osent faire la fête, le cinéaste a perdu l'occasion de construire une histoire intéressante autour de ce thème. Dommage!
"J'ai tout mon temps", Amin le dit à la fin de ce premier « chant », Kechiche le pense aussi. Il a pris son temps pour faire naître se film, le réaliser et il prend le temps de nous embarquer dans cette bulle concentrée d'été. Qu'on se reconnaisse en Amin, l'artiste réservé, Ophélie, la séduisante ou Toni le séducteur, Charlotte la candide, Céline la libérée, les mères, la tante, les oncles…Mektoub my love, pour peu qu’on lui laisse une chance de nous charmer, nous projette à nos plus beaux souvenirs d’été, nous rappelle la fraîcheur de cette jeunesse, nous livre des cœurs en liesses ou en miettes, allume le désir, montre la beauté sous toutes ses (généreuses) formes. Voir Mektoub my love sans a priori, sans polémique, juste pour ce qu’il a offrir, c’est découvrir la sensibilité d’un regard sur la jeunesse, sur la sensualité, le temps qui passe. Les protagonistes et leur histoire, même leur vocabulaire ont tout de contemporain pourtant, c’est en 1994 ( pas en 1976 comme dans le livre, ni dans l’époque de jeunesse de Kéchiche non plus, en 1994, il y a 24 ans) que le film se déroule comme un rappel que le temps passe, que Sète, c’est fini. Empreint d’une nostalgie vivace, Kechiche arrive à faire ressurgir l’été dans Mektoub avant le printemps et même encore après (le tournage s’est poursuivie jusqu’à octobre-novembre). C’est une prouesse et une belle œuvre. Ralentir, s’arrêter, prendre le temps de regarder, d’observer, de s’immerger pendant 3h…une invitation à saisir.
Ne connaissant pas les oeuvres d'Abdellatif Kechiche et n'étant pas particulièrement porté sur le cinéma d'auteur non plus, je suis allé voir ce film avec pas mal de réserves... et j'ai vécu une expérience de cinéma unique. Ce n'est pas un film dans le sens traditionnel du terme car il n'y a pas d'histoire. C'est plutôt une tranche de vie, une chronique estivale qu'on est invité à partager. C'est un film qui se perçoit et se ressent beaucoup plus qu'il ne se raconte. Pour l'apprécier, il faut garder l'esprit ouvert et accepter de se laisser transporter par cette oeuvre envoûtante, enivrante... Les acteurs, pourtant débutants pour la plupart, sont d'un naturel sidérant ; on n'a jamais l'impression qu'ils suivent les dialogues d'un scénario. Mention particulière pour Shaïn Boumédine et Ophélie Bau dont la présence irradie l'écran. On a le sentiment de vivre le film, d'être intégré à cette bande de copains, de les connaître depuis toujours, de vivre avec eux cet été à Sète entre la plage, le bar, la boîte de nuit, moment charnière entre l'adolescence et le passage à l'âge adulte. Hymne à la vie et à la beauté de ses petits bonheurs simples, les trois heures de projection passent bien vite et on en redemande.
Mektoub, c’est le destin, celui d’un jeune homme, celui qui écoute les autres, les regarde et vit un peu sa vie par procuration. C’est aussi le regard du spectateur, notre regard de voyeur de ces images, allégorie de la jeunesse, de l’insouciance et de la séduction, des rêves et des espoirs qui restent à concrétiser. De la vie et de l’amour qui est devant soi. Le spectateur est happé par le vertigineux réalisme de ces acteurs, de leurs mots, de l’osmose vitale qui les unit. Tout hypnotise : la lumière sur les corps, les intrigues et les liens qui se tissent progressivement entre les protagonistes, le désir dans leurs regards, leurs projections, leurs espoirs déçus, la virtuosité ahurissante du jeu des acteurs, la mélancolie des soleils couchants, des fins d’été, du dur retour à la vie en attendant le « satori », l’accomplissement, le « canto due » du génie Kechiche.
Kechich voulait piquer un truc à Fellini; il avait le choix entre ses phantasmes et son talent. Devinez ce qu’il a pris ? Oui ses phantasmes. Par contre ,j’ai bien aimé le documentaire animalier sur l’elevage des ovins; c’était très concis: rassemblement du troupeau, traite , mise bas; pas de superflu. Canto uno hélas, canto due, ho là.
trop long , sur le fond ininteressant , frisant l'obscénité , comme le précédent histoire d'adele , seule la magnifique photographie mérite des éloges , un lamentable navet qui a du couter tres cher et rapporter zero ! pouah !
Un film envoûtant.. Du début à la fin j'ai été plongée dans l'univers d'une jeunesse insouciante, qui vit comme elle l'entend et qui profite de son été. J'ai été marquée par le réalisme et le naturel des dialogues j'avais l'impression d'être dans le film! Un film qui m'a vraiment transporte, j'ai qu'une hate c'est de voir le 2!
Abtelatif Kechiche, c'est un peu ma mère qui joue au tarot. Elle balance ses rois en première main, en disant toujours : "ça passe ou ça casse". Bon bah là, pour moi, la méthode Kechiche atteint ses limites. On est typiquement en face d'un réalisateur reconnu qui est en roue libre, qui n'a plus de garde fou pour lui dire qu'il faudrait quand même penser à nous raconter une histoire et à mettre un peu de dramaturgie dans tout ça. Alors oui, certaines séquences sont pleines de vie comme peu de réalisateur savent faire, mais honnêtement, 3h de dialogues creux, de personnages qui n'évoluent pas, de répétition sans fin restaurant/plage/restaurant/plage/restaurant, d'épuisement systématique de TOUTES les scènes... Je crois qu'on aurait montré le film en cachant le nom du réalisateur, le film aurait été bien plus dégommé que ça. Et c'est pourtant un admirateur de La graine et le mulet & La vie d'Adèle qui vous le dit ! ;)
Un fascinant et énorme "merde" de Kechiche aux islamistes ! "liberté et amour" s'écrie Camélia, (Hafsia Herzi, déjà l'extraordinaire danseuse de La Graine et le mulet) , en s'éclatant en boîte. Il ne se passe pas grand chose, c'est long et c'est pourtant captivant, émouvant et tellement beau. Des garçons et des filles en liberté au début des années 90 . On regarde ces femmes et ces filles libérées et qui explosent de vie et on pense aux corbeaux noirs et voilées que l'on croise parfois dans les rues.
On se laisse porter par ce beau film, d’apparence simple mais finalement profond et complet. Les 3h passent facilement ! Il ne se passe rien ... et à la fois beaucoup de choses. Une très belle surprise !
De la lumière, des vagues et de la tchatche. Kechiche contemple le ballet des corps et des désirs au sein d'un groupe de jeunes Sètois qui cherchent l'amour. Un film réaliste, solaire et hédoniste. Une réussite.
Il y a du Rhomer dans ce Kechiche, qui sait si bien capter la lumière du Sud méditerranéen. Beaucoup d'insouciance et de légèreté humaine, de bonté et de croyance dans la beauté de la nature humaine et à défaut d'indulgence (dire bienveillance aujourd'hui...). Les acteurs sont remarquables et pour lier le tout, il faut assurément une direction d'acteurs de grande qualité. Malheureusement, comme toujours chez le réalisateur, il y a toujours des longueurs et, notamment, une scène qui se rallonge sans fin, et sans que le gros quart d'heure de trop ne rajoute grand chose (cf. l'attente insupportable pour l'intérêt de l'intrigue de la livraison du couscous dans "la graine et le mulet"). Dommage, car c'était sinon un des films de l'année, mais cela reste quand même une oeuvre incontournable.