Quand on sait que Klapish a dédié 8 mois à l'écriture de ce volet (contre 3 semaines à l'Auberge Espagnole), on s'attend à ce que Casse-tête chinois soit au moins aussi bien que ses deux aïeux. Eh bien, on n'est pas déçus. Klapish pourra se satisfaire d'avoir réussi ce que peu de réalisateurs parviennent à faire: maintenir le niveau du premier film dans les suites, attente grandissante et exigence remusclée comptées.
Il le doit d'abord à sa palette d'acteurs de talent, qui lui est resté fidèle depuis 10 Duris interprète toujours Xavier, qui a 40 ans et qui est père de 2 enfants désormais. Le hic, c'est que Xavier n'a pas 40 ans dans sa tête, mais s'il le martèle tout au long du film. Il a encore une vie d'adolescent. Célibataire, logeant dans un appartement de 10m2, sur un matelas rapiécé, dans une ville qu'il ne connaît pas, à la recherche d'un travail. Et comme si ça ne suffisait pas, il a 3 fils, dont un qu'il a octroyé à sa meilleure amie lesbienne en guise de preuve d'amitié, amie lesbienne qui trompe sa femme, femme qui l'a aidé à trouver son appartement. Il doit trouver une femme américaine pour avoir le droit de résidence permanente. Son ex (Audrey Tautou, subilme comme toujours) revient à la charge, avec deux enfants sous le bras. Un véritable casse-tête, sur lequel se seraient cassé les dents la plupart des réalisateurs. Mais pas Klapish. Usant de sa mise en scène hyper dynamique (split screen tortueux, séquences d'animation totalement libres et fantaisistes, BO rocambolesque) Klapish insuffle un rythme unique à sa comédie. La voix-off de Duris ajoute au cachet de cette franchise qui ne cesse de porter la comédie française dans des sphères rarement empruntées. L'histoire est captivante. Les personages, auxquels on reste attachés, et qu'on retrouve avec la joie indescriptible qui suit un long moment d'attente, de solitude, et de nostalgie.
Un vrai bonheur, qu'on dévore avec plaisir. Merci de nous faire rire, vous réhaussez le niveau de la comédie française, Monsieur Klapish!