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Stéphane C
75 abonnés
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5,0
Publiée le 1 décembre 2016
Portrait d'une femme remarquable, teigneuse et investie comme jamais qui dénonça l'un des plus gros scandales de santé publique. Le film est clair, passionnant et percutant !
La réalisatrice Emmanuelle Bercot signe ici un portrait d'une femme d'exception, en l'occurrence Irène Frachon, à l'origine de la révélation du scandale du Médiator. Sidse Babett Knudsen joue le rôle de cette femme débordante d'énergie (avec son accent danois délicieux) et combative face à un grand laboratoire pharmaceutique (Servier, pour ne pas le nommer). La fille de Brest relève le défi de nous passionner pendant deux heures sur un sujet pas forcément facile d'accès. Après sa prestation remarquée dans "L'hermine" (un César), SBK nous dévoile l'étendue de son talent à l'image d'une Julia Roberts dans "Erin Brockovich"!
Erin Brockovich à la brestoise, Irene Frachon est une grande héroïne de notre temps. Dans la lignée des films illustrant le combat des lanceurs d'alerte (Snowden sur la NSA et L'enquête sur les banques au Luxembourg) ce thriller montre comment cette pneumologue, mère de famille nombreuse humaine et drôle, a pu s'élever, pour sauver des vies, contre la toute puissance d'un grand laboratoire et face à une agence chargée de la sécurité des médicaments qui ne remplissait pas son rôle. On suit pas à pas la progression de son action, ses échecs, ses peurs, mai aussi l'aide qu'elle reçoit de l'équipe de chercheurs du CHU de Brest, de certaines personnes du milieu de la santé et de la sécurité sociale, d'un éditeur, de journalistes et de politiques. Connus ou pas ces hommes et femmes de bonne volonté, de tout âge, démontrent que tout n'est pas pourri dans la société française et que les contre pouvoirs doivent être activés si la Justice le requiert. Un bon film qui éduque par l'exemple.
Excellent film qui rappelle Erin Brokovitch à la différence que le thème semble beaucoup plus proche de nous. Et bien plus intéressant que Spotlight qui use pourtant des mêmes ficelles. Sidse Babett Knudsen est certes parfois agaçante mais sans qu'on sache si c'est le rôle ou l'actrice. Pour le reste le film bouscule nos cordes sensibles du début à la fin. Il pose aussi la question de l'urgence à agir vs le temps nécessaire à une action efficace.
Vous le croyez ou pas : à 36 ans c'est la PREMIERE fois de ma vie que je sors de la salle avant la fin !!! je suis sorti vers la moitiée du film. aucun rythme, le jeu des 2 acteurs principaux est amateurs, les blagues tombent à plat, l'intrigue est attendue, les moyens sont minimalistes : on dirait un téléfilm de France 2 !!! Ce film est une caricature de ce que le cinéma français fait de pire !!! Tristesse... :-(
Histoire tristement vraie exposant la malhonnêteté des laboratoires pharmaceutiques et interprétée par de superbes acteurs avec une sacrée mise en scène.
Retranscrire sur grand écran l'affaire du Médiator n'était pas chose aisée, un combat d'intérêt général très peu cinématographique. Avec La Fille de Brest, Emmanuelle Bercot fait le bon choix de plutôt dresser le portrait d'une femme atypique, portée par la chaleureuse actrice danoise Sidse Babett Knudsen au jeu débridé, à la limite du cabotinage. Elle porte sur ses épaules une trame très fragile, thriller médical avant tout, avec le soupçon de genre que cela invoque, et Bercot préfère mener ce récit à tambour battant, sur-découpé, didactique, une énergie louable qui finalement ne nous fait que survoler cette histoire. Mais l'héroïne et son environnement insufflent une distance salvatrice sur les faits bruts, en témoignent quelques scènes surprenantes et très frontales qui mettent à vif ses enjeux et nos émotions. Imparfait, La Fille de Brest traduit toutefois efficacement la détermination d'une femme tout en rendant hommage avec humilité aux victimes de ce sombre dossier.
La performance de l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen (Borgen / l'hermine) est tout simplement remarquable. On est plongé dans un thriller en suivant le combat d'Irène Frachon pour dénoncer le Mediator. Véritable épopée qui tient en haleine malgré quelques longueurs (nécessaires toutefois pour montrer l'âpre combat qui a été mené par cette femme courageuse).
On peut applaudir un film qui redonne foi en l'humanité. David contre Goliath au 21ème siècle, c'est une femme qui a des convictions qui lutte contre un puissant groupe et des préjugés du milieu médical.
La conclusion n'est pas encore connue mais on souhaite tous que le laboratoire soit condamné à indemniser les victimes.
C'est un dimanche soir, que je suis allé voir ce film. C'était le bon jour, cela m'a rappelé le plaisir du film dominical télévisuel. Depuis Borgen, j'aime Sidse Babett Knudsen et c'est un plaisir de la voir incarner Irène Frachon. Les séances durant lesquelles elle est auditionnée en pantacourt sont touchantes. Cela nous renseigne sur le combat de cette femme, qui a dû médiatiser son combat pour faire entendre le scandale du Médiator. Entre la rentabilité d'un produit et les conséquences nocives sur l'humain, le choix est d'abord orchestré par la rentabilité. Ce n'est pas la protection des emplois, qui est alors visée, mais bien l'appat du gain. Le mandarinat de la recherche médicale est pointé du doigt dans ce film. Je crois quand même que ce que relate "La fille de Brest", c'est le pouvoir du verbe. Qui prend la parole a le pouvoir, qui se tait se soumet. Lorsqu'une parole est entendue, elle est reconnue, puis comme telle relayée et dès lors elle conquiert la possibilité de dénoncer, d'énoncer. Le combat d'Irène Frachon n'est pas celui d'une conquête narcissique, comme on a tenté de l'en accuser. Elle en a été blessé, car ce qu'elle visait, c'était la protection des patients. Courage et insouciance ont été ses moteurs, ses enfants et son mari semblent avoir été derrière elle, comme un précieux soutien. Benoit Magimel a énormément grossi et c'est troublant...
En plus de conter un combat difficile, avec une précision clinique, Emmanuelle Bercot ose faire une œuvre cinématographique avec des chiffres (combien de morts ?) et des passions humaines. Ce film transporte complètement, le dynamisme du montage est hallucinant. Sans compter la performance d'acteur. Le meilleur film de l'année.
La fille de Brest ne serait-il finalement pas un si mauvais titre ?
J'avais peur que ce film soit un pur documentaire à charge, revenant méticuleusement sur chaque rebondissement de l'affaire Médiator. En fait bien sûr qu'il y a un tout petit peu de ça, mais l'angle choisi apporte vraiment un regard nouveau sur ses protagonistes, et surtout bien sûr sur le docteur Irène Frachon.
Je ne connais pas la femme dont est inspiré ce personnage principal, ce qui me fait me demander quelle part du caractère qu'on nous montre est "vraie" ou exagérée. Frachon est, dans cette adaptation d'adaptation, une grande gueule. Elle a des convictions, et elle sait utiliser tous ceux qui passent entre ses mains pour leur donner vie. Sans parler d'une manipulatrice, elle choisit et place implacablement ses pions, sans émettre la moindre hésitation.
Malgré les quelques attaques évoquées de la part de Servier, elle reste stoïque, héroïque, et ne faiblit jamais. J'imagine que ce trait est un peu amplifié. La seule scène de relâche est très vite effacée par les mots de son époux, autrement peu présent. Mais justement, c'est cette forte tête que l'on prend plaisir à voir évoluer ! Sans cela, le film aurait pu être mou, une simple démonstration de la malhonnêteté implacable des labos. Cette simplification du personnage est donc un choix, et il sert judicieusement le film.
L'humour a lui aussi été utilisé de manière notable. Sans rire aux éclats (encore que), il allège des scènes autrement sombres et émousse le pavé lancé dans la mare aux labos. L'équilibre est parfaitement maitrisé.
Je m'attendais à un film dur, surtout poignant humainement, nous faisant vraiment ressentir de manière viscérale cet éprouvant combat. Au lieu de ça on montre plusieurs personnages très forts face à cette constante oppression. Finalement, à part les magnifiques scènes de chirurgie, qui auront marqué plus d'un spectateur surpris par tant de naturel et d'humanité (c'est leur quotidien après tout !), ce film est assez accessible.
Les acteurs sont bons et justes (par exemple le très bon père Noël) et l'action est bien rythmée y compris lors des phases de recherche et d'analyse Excel ce qui, même pour moi qui aime les chiffres, tient de la prouesse ! Je note également la scène de dénouement où la musique est utilisée de manière très élégante et entrainante, en mêlant musique de fond rythmée et percussions intra-diégétiques (jouées par le fils Frachon).
Les panneaux de fin sont expédiés, mais ils ne servent à rien, ce qui illustre la volonté, non pas de décrire les rebondissements, mais bien de raconter une histoire à échelle humaine. Face à un thème de départ peu engageant, ce film a brillamment relevé ses défis.
Emmanuelle Bercot raconte le combat du Docteur Irène Frachon, pneumologue à Brest, surnommée "la fille de Brest". C'est un combat de David contre Goliath, du Dr Frachon contre les laboratoire Servier. Avec son équipe, elle a en effet découvert et démontré la toxicité du "Médiator" (entre 500 et 1000 décès), utilisé chez des patients diabétiques et provoquant de graves problèmes cardiaques.
Malgré 2 bémols (des scènes crues et une lisibilité un peu opaque du monde des instances pharmaceutiques), je trouve ce film excellent. Bien sur pour ce qu'il dénonce, à savoir le pouvoir et l'infiltration des laboratoires dans le milieu médical, pharmaceutique, universitaire et de la recherche. Mais aussi parce qu'il est construit comme un thriller, sur un rythme soutenu et haletant.
Bravo à Sidse Babett Knudsen qui incarne Irène Frachon avec passion, émotion et conviction. C'est elle qui porte le film de bout en bout.
Une solide réalisation d'Emmanuelle Bercot, dans la droite ligne de ce cinéma américain militant qui dénonce pêle-mêle l'industrie du tabac, l'exploitation du gaz de schiste ou les ventes d'armes en Afrique, et où on retrouve souvent Matt Damon au générique.... Ici c'est Sidse Babett Knudsen qui interprète avec conviction Irène Frachon. Sidse est en train de combler un manque dans notre cinéma depuis le retrait d'Annie Girardot: la fille déterminée, battante, rentre dedans, grande gueule mais au coeur d'or, éventuellement clown, genre je-souris-à-travers-mes-larmes....
Film indispensable quand on n'a pas suivi par le menu la triste saga du Mediator, de la collusion entre l'Agence du Medicament et le laboratoire Servier, de la suffisance de ses dirigeants et même de la terreur qu'ils faisaient régner! Médicament remboursé par la sécu en tant qu'anti-diabétique.... et en fait largement prescrit comme coupe-faim! C'est à partir du modeste CHU de Brest qu'est partie l'étude, tout d'abord ridiculisée par les "grands professeurs de pharmacie" montrant une corrélation extraordinaire entre la prescription de ce médicament et l'apparition de graves attaques cardiaques. Rien n'aurait abouti sans l'acharnement d'Irène Frachon, pneumologue au CHU, protestante très consciente de ses responsabilités morales, mariée à un ingénieur militaire (Patrick Ligardes) et mère de quatre enfants, aidée par son collègue Antoine Le Bihan (Benoît Magimel) qui, lui, fait effectivement de la recherche et va voir ses contrats disparaître; il ne pourra pas continuer sa carrière au CHU. Ca fait froid dans le dos, quand on y pense....
Des années de bagarre, quelques rares soutiens comme celui, déterminant, d'un informaticien de la CNAM, puis l'écriture d'un livre aussitôt attaqué par Servier puis censuré car il porte sur sa couverture cette question "combien de morts", et la nécessité de médiatiser la lutte.... Et comme rarement dans la vie, c'est les bons qui gagnent!
Même si, comme la Girardot en son temps, Sidse nous énerve un peu parfois parce qu'elle en fait des masses.... elle est globalement excellente et le film se suit comme un polar!
Un film qui dénonce le scandale du médiator ce qui est intéressant. On y montre les pontes de l'industrie pharmaceutiques prenant de haut et avec beaucoup de mépris les travaux d'un pauvre petit hôpital de province. Mais il y a une très grosse erreur de casting ! Pourquoi prendre une actrice danoise avec un fort accent pour jouer le rôle d'Irène Frachon ? Les personnages et les situations sont parfois caricaturaux, la musique vraiment impossible, comme on est en Bretagne on a droit à du biniou ! et 2 heures c'est quand même un peu long et donc répétitif.