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Un visiteur
3,5
Publiée le 20 juin 2012
Le contraste entre le présent, où Depardon sillonne les routes tranquilles de France, et son engagement de reporter aux quatre coins du monde est tout à fait intéressant. Il s'agit de biographie professionnelle express que certains pourront trouver décousue, mais l'essentiel est qu'elle fasse découvrir des choses et donne envie de voir ses différents films. L'extrait avec Giscard est fameux tout comme le dialogue entre un prévenu et la juge en cour correctionnelle mais il y a de vraies découvertes : la guerre au Biafra notamment.
Ce qui donc étonne, voire choque, dans ce rétrospectif fourre-tout, composé d’images archivées, de bouts de films jamais montés, c’est l’écart d’approche entre le reportage à travers le monde et l’inclination passéiste avec laquelle Depardon observe et photographie au moyen d'une chambre préhistorique son propre territoire. La France rurale et de bord de mer qu’il traverse au volant de son camping-car sent bon les années 50, avec ses vieux commerces aux enseignes défraichies et aux vitrines démodées. Une curieuse nostalgie – qui peut en partie expliquer l’attirance pour un monde rural en voie de disparition – qui contraste singulièrement avec la façon d’être en prise directe avec l’événement, pour peu qu’il se déroule hors des frontières.
Au-delà de cette impression mitigée et dérangeante, le documentaire laisse également un sentiment d’inabouti et d’inachevé, se contentant d’empiler des extraits sans réelle mise en perspective. Ajoutons que le commentaire de Claudine Nougaret, ânonné d’une voix monocorde et soporifique, n’arrange rien à l’affaire. Pas sûr en conséquence que Journal de France rende hommage à son co-auteur qui, au volant de sa camionnette dans sa pérégrination solitaire, se montre peu disert et sympathique. Il faut néanmoins souhaiter que les images inédites compilées et assemblées par Claudine Nougaret donnent envie au spectateur de redécouvrir la filmographie de l’auteur de Faits divers et de réviser ainsi l’histoire contemporaine mouvementée et internationale.
Faisons simple : Deparnon écrase tous les blockbusters de merde qu'on nous balance et qu'on s'empresse d'aller voir sous pretexte que le réalisateur est connu. C'est humainement GRAND, c'est picturalement HALLUCINANT (putain je veux cette caméra qu'il a utilisé de 72 à 85 !!!), c'est un voyage de couleurs, de rencontres, de sens ... précurseur dans un style d'image aujourd'hui commun, Deparnon est juste un GRAND. Putain, foncez le voir. Merci.
"JOURNAL DE FRANCE", j'attendais donc de retrouver ce regard aiguisé, nostalgique, sur une France qui disparait et une nouvelle qui renaît. Là, ils nous ont fait: "le best of" J'ai été dérouté par le montage, pourquoi cette alternance des grands événements du monde, avec une boucherie, un bistrot de village paumé ??? Reste qu'on retrouve les silences, le désert, la contemplation... Manquent le fil rouge et la force de San Clemente, profils paysans ou de ses deux films au tribunal. Heureusement, ce citoyen du monde sait nous communiquer le Beau.
Voici un film que j'attendais beaucoup, voici un film qui m'a déçu. Alors je m'explique, cette déception est somme toute relative, parce que c'est un bon film, à n'en pas douter. Je n'ai ni vu la bande annonce ni rien, mais je pensais qu'on allait voir Depardon photographier la France. Et effectivement il y a ça dans le film. D'ailleurs je ne peux que vous recommander ces photos (bien que le bouquin coûte un bras). Et c'est pour moi des moments magnifiques, voir pour une fois Depardon en action. Le voir avoir des regrets parce qu'il n'a pas pris de photo, le voir attendre qu'il n'y ait plus personne pour prendre une photo, etc. Et d'un autre côté on a un montage avec la voix de Claudine Nougaret (sa compagne) des inédits de Depardon, mais aussi de ses films sortis en salle. Je trouve ça un peu plus faible et ceci pour plusieurs raisons. Parce que tous les sujets ne sont pas égaux, mais néanmoins c'est très beau à chaque fois, mais le fait de rajouter de la musique (qui colle très bien) je sais pas, ça me dérange un peu. Mais bon il y a des images magnifiques, tantôt drôles, tantôt tristes, tantôt émouvantes. Je pense à cette fille qu'il a croisé dans Paris lorsqu'il ne voulait pas éteindre sa caméra, une jolie blonde qui le regarde, il y a quelque chose qui se passe. Ou bien les mercenaires qui racontent leur travail. Mais pour moi le meilleur reste la première rencontre entre Depardon et Nougaret ou toute jolie, toute fraîche, un peu intimidée elle va être filmée par Depardon. Ou bien la scène où elle raconte que Depardon adore emmener des filles dans le désert tout en l'insultant, il y a un peu de magie amoureuse dans tout ça. En fait c'est un film sur Depardon. Et je dois dire qu'il le mérite vraiment. Seulement lorsque l'on voit des extraits de ses films, ça fait plus bande annonce qu'autre chose. Je suis un peu déçu, parce que soit ces films je les ai vu, soit je veux les voir et voir l'un des meilleures passages avant de voir le film ne me réjouis pas forcément. Mais ça reste des extraits de qualité, donc je ne peux pas dire grand chose. Après le film est rempli d'images magnifiques. Mais à la fin il y a un montage d'images filmées par Depardon, mais ça fait un peu zapping j'ai trouvé, il filme parfois des choses sublimes, mais le plan dure 2 secondes, c'est dommage, c'est des plans sur lesquels on pourrait s'attarder des heures. Je suis très critique puisque j'en attendais beaucoup et je n'ai pas retrouvé la lenteur des docu de Depardon. En tous cas c'est vraiment un grand photographe, revoir les extraits d'un homme sans l'occident qui visuellement est tomber ça donne des frissons, quelle photographie noir et blanc !
Ma seule réserve pour ce film se portera sur le titre. Il aurait du s'appeler "L'oeil de Depardon" ou 'Le regard de Raymond" mais pas "Journal de France" même si cela concerne quelques plans de ce film mosaïque tout à fait passionnant. Bien sûr, il y est un peu question de la France que Raymond Depardon sillonne au volant de sa camionnette/camping-car dans le but de photographier des bouts de village sans voiture ni passant, clichés en forme de réflexion nostalgique. Mais le vrai sujet est ailleurs. Ce documentaire est à la fois le portrait plein de tendresse du grand reporter et une petite rétrospective de son travail à partir des chutes (ou non) de tous ses films ou reportages. Je l'avoue, j'en ai pris plein les yeux ! Les images de Mr Depardon, qu'elles soient en noir en blanc, granuleuses, filmées sur le vif, sont à chaque fois l'oeuvre d'un oeil expert qui saisit admirablement la beauté d'un lieu, même le plus banal, la force de l'instant présent quand il filme les événements dramatiques ou politiques, l'humanité dans son expression la plus vraie quand il se pose en observateur de ses contemporains. Et quand la caméra nous montre le Raymond Depardon d'aujourd'hui, son regard bleu, intense, illumine l'écran et nous fait comprendre que celui-ci est unique. Ce film est une leçon de vie. Quelle trajectoire ! La suite sur le blog http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/06/journal-de-france-de-claudine-nougaret.html
J'aimais déjà beaucoup Depardon pour Giscard, 10ème chambre, la trilogie paysanne, la photo: cela continue avec ce film. La trame principale tourne autour de son périple en France pour photographier ce que j'appelle "la France de Le Pen", c'est à dire les villages paumés, les petites villes d'où l'industrie a disparu etc. Comme c'est sa femme qui raconte en voix off le parcours de Depardon, des images coupées de ses anciens reportages, films forment une deuxième trame. Tout cela est un peu disjoint, mais ce qui frappe à chaque plan, c'est sa compréhension et son empathie pour les gens qu'il rencontre. Distance, science du documentaire (quasi) anthropologique, humanité. Auteur à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas.
Raymond Depardon est un humaniste, un vrai. Ce n'est pas nouveau mais c'est ce qui ressort de ce film-hommage. Aussi bien lors de son dernier voyage en France profonde que dans ces fragments de reportages inédits, ce n'est pas seulement un photographe qui apparaît mais plutôt un homme humble et courageux, toujours curieux de ses contemporains de toutes conditions. Technicien de la lumière, certes, mais capable surtout de saisir la vérité profonde de ceux qu'il approche.
Dans le titre "Journal de France", certains tiquent sur le mot "France" alors que de nombreuses séquences d'archive ont été tournées à l'autre bout du monde. Le mot "journal" pose pourtant tout autant problème, car le film étant composé de matériaux très différents (les archives et les séquences tournées spécialement pour le film), on devrait parler de "journaux". Claudine Nougaret voulait mettre en relation les archives de Depardon avec ses photographies de la France rurale : soit, la réflexion sur le rapport entre photographie et cinéma étant toujours passionnante. Seulement voilà, les archives inédites ne sont pas toujours aussi fortes qu'on pourrait le penser ; les scènes coupées des grands films de Depardon donnent quant à elles clairement envie de les (re)voir, mais on frôle presque le bonus DVD. A l'inverse, un film entier aurait pu être fait sur Depardon sillonnant les routes de France avec sa chambre, avec ses magnifiques plans en Scope et ses travellings en voiture. La démarche était ambitieuse, et si elle n'est pas complètement convaincante, "Journal de France" demeure quand même l'occasion rêvée de (re)découvrir Depardon, photographe et documentariste indispensable.
« Journal de France » revient sur le passé de Raymond Depardon, grand cinéaste, photographe et journaliste français, grâce à des archives inédites. C’est avec sa femme, Claudine Nougaret, qui est habituellement productrice et ingénieur son sur ses films, qu’il réalise ce « Journal de France ». Leur documentaire alterne scènes du présent, dans lesquelles l’on suit Raymond Depardon partit prendre des photos sur les routes françaises, et des morceaux d’archives du passé de Raymond Depardon que Claudine Nougaret nous commente. La première pensée qui nous traverse, lorsque l’on découvre « Journal de France », est que Raymond Depardon a été partout où était l’actualité. On découvre ainsi un pan de l’Histoire où Raymond Depardon filme de futurs dictateurs, des rebelles du Tibesti, les révolutions au Venezuela ou à Prague, ou encore la campagne présidentielle de Valéry Giscard d’Estaing. Claudine Nougaret, qui commente ces images, va se contenter d’analyser et ne nous montrer l’intelligence de son mari dans son travail, sans pour autant tomber dans la flatterie ou la sacralisation. Mais ce documentaire ne fait pas que nous montrer des brides de reportages, il va aussi, par moments, être plus personnel. On découvre ainsi la première rencontre de Raymond Depardon et de Claudine Nougaret, via un essai qu’il lui fît passer à l’époque. Nous assistons, par ces images, au début de leur amour naissant. En parallèle à ces archives, l’on suit Raymond Depardon en vadrouille sur les routes de France. Avec son camping car, il se balade dans différents recoins de la géographie française et part à la rencontre des gens du coin. On assiste à une véritable leçon de photographie.
Plus de critiques ici => http://masemainecinema.wordpress.com/
Documentaire pas vraiment comme les autres et plutôt intéressant, Journal de France permet de découvrir tout en même temps une partie du travail et de la vie de Raymond Depardon, de façon assez originale.
Ne pas se fier au titre du film qui est trompeur. En effet, ce « Journal de France » s’aventure régulièrement au-delà de nos frontières. Curieuse initiative artistique que ce composite fait de chutes de films et d’extraits de documentaires réalisés par Raymond Depardon durant toute sa carrière. Aucune cohérence ne se dégage de ce qui ressemble à une tentative de rétrospective ou d’hommage mais qui n’est résolument pas destiné au grand public. Mieux vaut découvrir ou redécouvrir ses œuvres existantes pour pleinement apprécier la qualité et la constance de son travail. Ni la présence de Raymond Depardon devant l’objectif ni surtout celle, principalement en voix off, de sa compagne et collaboratrice (débit laborieux et voix « enrhumée ») n’encouragent vraiment le spectateur à supporter ce documentaire complètement raté qui n’est que du remplissage.
Très bon moment, se laisser porter au fil des années, des pays, des couleurs, des émotions, de la réfléxion... plein de choses à prendre et d'images à voir, absolument !
Pourquoi diable appeler ''Journal de France'' un journal du Monde? Raymond Depardon nous donne là 2 films en un. Ils n'ont certes aucun fil conducteur, mais ces voyages méritent le détour, par l'émotion, le rire, la cruauté ou la beauté.