Première impression : présenter ce film comme un documentaire est ouvertement une imposture. C'est après avoir découvert que ce film faisait partie de la liste des nominés pour les César 2013 (catégorie documentaire, donc), que la curiosité me prit de savoir ce qu'il se cachait derrière ce titre provocateur. Mais dès les premières minutes, on s'aperçoit vite que ce n'est qu'un film de propagande assez vulgaire, très idéologiquement orienté “anticapitaliste”, rempli des certitudes du prêt-à-penser et des dogmes marxistes (la domination du monde par l'oligarchie médiatico-financière, le complot de l'argent, la manipulation des médias, les cercles secrets des franc-maçons, les rituels d'anthropophagie... Ah non, ils se sont arrêté avant ça). Pas vraiment d'enquête donc, mais une compilation des poncifs contestataires de la “critique des médias”, mis en rapport avec des images avec lesquelles on les fait à peu près coller, tous les serpents de mer de cette idéologie qui dérive bien souvent, et le film n'y fait pas exception, vers un anti-impérialisme nauséabond (celui qui fait le pont entre extrème-gauche et extrème-droite) sont servis ici au spectateur avec la régularité d'un menu de gargote : en entrée, pâté de tête d'experts médiatiques, puis soupe de suspicion aux copinages, quelques amuse-gueules où on se paye la tête des hommes politiques (ça mange pas de pain et ça fait plaisir par où sa passe), en plat de résistance, ragout à la langue de bois avec morceaux de truffes de journalistes, et en dessert, un méli-mélo de fruits acides et quelques tronches de cake (l'inévitable BHL, leur tête de turc préférée, Hummm !) Si après cela vous n'avez pas d'indigestion, on espère au moins que vous n'aurez plus jamais envie de regarder un journal télévisé, et que vous rigolerez au nez du premier expert venu ! Malheureusement, ces pseudo-journalistes fiers comme Artaban de leur “culture” marxiste, outre leur médiocrité en tant que réalisateurs, leur incapacité à sortir de la moquerie pour trouver de véritables arguments, prennent en plus leurs spectateurs pour des idiots prêts à engloutir n'importe quel discours contestataire, particulièrement le plus simpliste. Et je ne me leurre pas, des arguments solides pour démontrer la main-mise de l'économie libérale sur les médias de masse, il en existe, mais le film, aveuglé par son idéologie boursouflée, préfère à l'enquête critique le spectacle régressif et puéril de clowns dérisoires. Et oui, c'est bien comme ça qu'on racole un public inculte, le film utilisant donc les procédés de ceux qu'il veut dénoncer. CQFD Mais ce qui me sidère le plus, c'est que ce film qui relève purement de l'escroquerie (et constitue même une insulte au cinéma documentaire), ait pu être sélectionné pour concourir à un prix récompensant les meilleurs films français. Cela laisse songeur quant aux complicités que dût avoir son producteur vis à vis des sélectionneurs de Cannes...
Un film étrange, qui cherche à dénoncer la main-mise du capital sur les média tout en cherchant à nous refourguer son idéologie communiste en étant tout aussi partial que ceux qu'il dénonce...
Même si ces liens très étroits qu'entretient le gratin du monde journalistique avec les hommes de pouvoir sont connus depuis longtemps, l'intérêt de ce film est de nous faire une bonne piqure de rappel. Il est assez jubilatoire d'entendre s'esclaffer la fine fleur des présentateurs télés des années 90 devant l'image d'un Alain Peyrefitte s'invitant au journal télévisé pour expliquer son contenu, jurant que ce temps là est largement révolu. Puis, sarcastique, le film nous prouve, documents à l'appui, que le pouvoir actuel n'a pas besoin de s'inviter puisque tout ce joli monde de l'info se presse à des dîners réunissant nos décideurs, lieux où se nouent amitiés et donc discours au service des puissant et des groupes financiers et industriels qui par ailleurs leur allouent de coquettes sommes pour des "ménages" internes. Par contre, dans sa dernière partie, "Les nouveaux chiens de garde" aborde un sujet plus original, celui de l'omniprésence médiatique de pseudo experts dont la ronde infernale sur tous les supports de l'information occulte tout véritable débat. Véritables prédicateurs des vertus des marchés financiers, ils se bousculent sur les plateaux télés ou derrière les micros des radios. Présentés comme de brillants universitaires, occultant le fait qu'ils sont très souvent membres, conseillers ou actionnaires de grands groupes industriels, ils propagent la bonne parole du système libéral. Le montage malicieux du film montre tout d'abord que l'effet de répétition ressemble tout bonnement à un lavage de cerveau mais que ces experts ne sont que des marionnettes dangereuses, inféodées au capital et qui de plus, se sont ridiculisées juste avant la crise financière, en ne la voyant pas du tout arriver. Voir l'abominable Alain Minc expliquer en juin 2008 que le génie de notre système financier était, quelque soit les soubresauts qui le secouait, de s'autoréguler et d'éviter le krach est, certes risible mais glaçant, car c'est toujours lui à qui l'on fera appel pour nous expliquer le contraire trois mois plus tard. A ce stade, le spectateur commence à sentir monter la moutarde au nez et le film, pour mieux nous achever, enfonce le clou avec une fine démonstration sur l'aveuglement de tout ce petit monde, complètement coupé des réalités du monde et dont le but ultime est de museler la parole de ceux qui les font vivre, c'est à dire le peuple (les dominés). La fin sur le blog http://sansconnivence.blogspot.com/2012/02/les-nouveaux-chiens-de-garde-de-gilles.html
La critique des médias drôle et astucieusement montée dénonçant les collusions entre pouvoir, argent et médias. Des portraits à charge d'une trentaine de journalistes et experts, flirtant dangereusement avec le conflit d'intérêt, omniprésents et indestructibles, en dépit de leurs erreurs d'appréciation. Remparts du système capitalistique qu'ils s'escriment à régénérer car il leur octroie les meilleures positions, ces piliers de la pensée formatée et moralisatrice par endroits ressortent éreintés et ridiculisés du documentaire initié par le livre de Serge Halimi, lui-même une référence au brûlot de Paul Nizan. Film édifiant qui donne juste envie de bazarder sa télé et d'abandonner la lecture de la majorité des journaux.
C'est étonnant de voir comme les critiques presse sont peu à leur aise quand il s'agit de commenter un documentaire ouvertement provocateur mais ni plus ni moins complètement vrai et révélateur du bulldozer médiatique oeuvrant pour la pensée unique de notre environnement économique. Les journaux, et surtout internet, regroupent tout de même quelques très bons journalistes qui contribuent à l'évolution des réflexions. Hélas, la télévision ne peut se targuer de diversifier ses opinions et le constat présenté est édifiant : un petit groupe de journalistes-politiques-industriels-financiers-économistes s'auto-entretenant pour la conservation de leurs intérêts. Saez a raison, "des coups de pioche dans la télé" ! Et je ne suis pas de gauche, ni de droite d'ailleurs. Je suis juste un jeune ingénieur qui rêve d'un système bien meilleur, d'une politique dépolitiser, et de plus de justesse dans la gestion des richesses... Ahah quelle naïveté!
Un documentaire certes totalement orienté à gauche de la gauche (ce qui rend parfois certaines de ses ficelles un peu visibles) mais qui met en évidence une réalité qui crève les yeux et que tout observateur un peu attentif avait déjà remarquée depuis très longtemps : le copinage qui existe entre les grands groupes de la presse audiovisuelle et écrite française et toute la classe politique défendant l'économie de marché (l'éventail va du centre gauche à la droite dure) ; le film montre bien comment ce copinage est malheureusement inévitable dans la mesure où les journalistes des groupes en question et les hommes politiques néo-libéraux sont issus du même moule socio-culturel (tout ces gens sont donc solidaires les uns des autres dans la défense de leurs intérêts en tant que classe aisée) ; du coup, le docu permet de comprendre, par exemple, l'omniprésence du thème de l'insécurité sur certains chaînes de télé et dans certains journaux : en se déchaînant sur ce sujet, les médias ne relaient nullement ce qui est censé être une obsession des couches modestes de la société ; il s'agit en fait d'un transfert des propres peurs de toute cette chapelle politico-économico-médiatique, pour laquelle il n'y a, en dehors de ses murs, que des loups prêts à leur sauter à la gorge.
Les Chiens de garde est un essai de Paul Nizan sortie en 1932. Ce terme désigne les philosophes et écrivain qui servent le pouvoir c’est à dire les grosses fortunes et grands groupes industriels.
En 1997, Serge Halimi sort Les Nouveaux chiens de Garde dénonçant les radios, les chaînes de télévision et la presse qui revendiquent pourtant un pluralisme, une indépendance et une objectivité. Gilles Balbastre, journaliste de profession, et Yannick Kergoat adaptent l’essai de Serge Halimi dans un documentaire plutôt décevant. L’objectif étant de provoquer une prise de conscience. La suite ici:
C'est un devoir civique que d'aller voir ce film. On ne le verra jamais à la télévision, il n'y a que le cinéma pour le diffuser. Marine Le Pen a raison : l'élite, la caste, le Système, tout y est dans ce film fort bien documenté et expliqué. Courez-y avant que le Système ne le retire des grands écrans...
Très intéressant, sans parti pris, à propos de la fausse liberté des médias et de la pression volontaire ou non qu'ils exercent sur les masses. En dépit d'un léger excès de témoignages dans la partie documentaire, après le visionnage on a presque envie de revoir "Les Chiens" de A. Jessua. Au revoir les clébards. Wouaf ! Wouaf !
80% du film ne sont que des généralités bien connues. Mais le mérite de ce film est surtout dans le fait de nous rappeler le peu de liberté de notre presse, et le mélange, malsain, des genres....