Réalisé par Darren Aronofsky, auteur de films cultes comme Requiem for a Dream et Black Swan, Noé était l’un des films les plus attendus de l’année 2014. Ce blockbuster biblique porté par un impressionnant Russell Crowe et possédant d’incroyables effets spéciaux constitue un excellent divertissement. J’ai vraiment accroché à ce film, ce qui n’est pas le cas de tout le monde avec des critiques plus sévères que ce que j’attendais et elles ne sont pas aussi élogieuses comme nous l’annonçait l’attente et les bandes-annonces. Alors que l’humanité est en train de détruire la planète, Noé a des visions de désastre imminent détruisant toute vie sur Terre. Persuadé d’être inspiré par le Créateur, il entreprend de construire une arche destiné à préserver les espèces animales. Mais son projet excite la convoitise de Tubal-Caïn qui, lui, veut privilégier l’espèce humaine. La fin du monde n’est que le commencement. Cela faisait quinze ans que Darren Aronofsky rêvait d’adapter la courte histoire de Noé au cinéma. En 2011, le réalisateur de Black Swan et son scénariste Ari Mandel ont adpaté leur scénario sous la forme d’une bande-déssinée. Aujourd’hui, en 2014, le rêve du réalsiateur est devenu réalité puisque sa bande-déssinée est devenu un film ou plutôt un blockbuster à 125 millions de dollars de budget hors promotion. Après avoir effectué un très gros démarrage aux Etats-Unis avec environ 44 millions de dollars de recettes pour son premier week-end d’exploitation en salle et avoir été le plus gros démarrage aux Etats-Unis de son acteur principal, Russell Crowe, qui retrouve le chemin du succès, Noé est bien parti pour être un des succès de l’année 2014 au box-office et ce malgré son interdiction dans les pays du Moyen-Orient. Le film de Darren Aronofsky était au départ qualifié de péplum biblique alors qu’en fait il n’en est pas forcement un. Un péplum c’est un film où il y a un très grand nombre de figurants, des couleurs, des décors gigantesques et des morceaux de bravoures titanesques comme dans le film Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille avec Charlton Heston, symbole culte du péplum biblique. Ici avec Noé c’est différent car ce n’est pas un véritable péplum à proprement parler. C’est un film qui traite d’un évènement de la Bible avec un nombre d’acteurs plus réduit que dans un péplum, aux décors certes grandioses mais sans couleurs chaudes mais froides, aux morceaux de bravoures impressionnants mais en effectif réduit et enfin à l’ambiance noire et parfois angoissante. A ma grande surprise j’ai trouvé le film très fidèle aux écrits de la Bible alors que l’on pouvait s’attendre à une version plus inédite et nouvelle de l’histoire de l’arche de Noé contée dans Le Livre de la Genèse. Darren Aronofsky est donc, dans son film, très fidèle à la Bible car nous retrouvons les visions d’apocalypse de Noé, les membres de sa famille, la construction de l’arche, l’arrivée des animaux, le Déluge et l’ivresse du personnage à la fin du film. De plus le film met en avant ou plutôt prône l’idée de la Création, que c’est Dieu qui aurait crée la Terre, les animaux, l’homme et la femme. On retrouve aussi le mythe du Jardin d’Eden avec Adam et Eve ainsi que l’épisode de la Pomme avec le serpent,… bref le film met en avant un côté créationniste auquel croient les personnages. Et le problème du film c’est son aspect religieux trop présent et qu’il semble nous imposer cette croyance, nous sommes obliger de croire en la Création, et cela pourrait déranger certaines personnages qui ne sont pas croyantes, pas chrétiennes ou qui ne sont pas d’accord sur le débat de la création de notre monde par Dieu. Le film impose une croyance créationniste auquel on devrait croire avec des images et ne met pas en avant l’aspect de l’évolution de l’Homme, aucun personnage ne vient contredire Noé, peut-être à part Tubal-Caïn qui, lui, veut privilégier l’Homme pour survivre au Déluge au lieu des animaux. Certes il y a peut-être ces différentes questions existentielles, religieuses et scientifiques qui peuvent amener des débats différents mais moi j’ai regardé le film d’Aronofsky comme un objet cinématographique, à savoir un blockbuster grand spectacle très divertissant, qui en met plein la vue et qui amène des réflexions comme nous l’avons vu si dessus, ce qui peut poser problème à certains je le consoit. Mais moi je ne m’attarderais pas sur ces réflexions, je laisse faire les personnes qui ont plus de connaissances sur le sujet et je ne suis pas trop croyant. Alors parlons cinéma ! Comme je le disais le scénario du film est très fidèle aux écrits de la Bible mais Aronofsky et son scénariste ont rajouté des moments de fiction pour enrichir l’histoire de Noé qui tiendrait en à peine une page. L’histoire qui tourne autour de la lutte entre notre héros et Tubal-Caïn permet de complexifier l’intrigue et de la rythmer. De plus des éléments du fantastique ou de merveilleux ont été intégré à l’histoire, je pense aux géants de pierre, qui ont soigneusement été effacé de la bande-annonce pour ne pas révélé trop de choses sur le film et laisser la surprise. C’est aussi le cas pour la deuxième partie du film dans l’arche et durant le Déluge, plus encrée dans le drame famillial et psychologique que dans un film guerrier épique teinté de religion comme on nous le vendait si bien avec les trailers. L’histoire est au départ très simple, un homme a des visions d’apocalypse et entreprend de sauver l’espèce animale en construisant une arche pour permettre de tout recommencer à zéro, et elle s’épaissit grâce aux éléments scénaristiques rajoutés par Darren Aronofsky. La bataille grandiose et violente où Tubal-Caïn et son armée attaque l’arche où se cache Noé et sa famille est juste démente et très musclée jusqu’à ce que arrive le Déluge avec des geysers immenses qui jaillissent du sol et une vague gigantesque qui vient ravager tout sur son passage et emporte l’arche dans un océan infini. Une vision d’apocalypse terrifiante d’une noirceur sidérante et qui souligne en même temps l’impuissance de l’Homme face à une telle catastrophe. Et en effet en parlant de noirceur, je ne m’attendais pas à ce que le film soit aussi noir et violent, ce qui est peut-être la cause de l’interdiction d’exploitation dans les pays de religion musulmane après tout ? En tout cas le film possède une ambiance noire, même oppressante parfois avec les moments dans l’arche où la tension et la peur gagnent les personnages et cet aspect sombre est amplifié par les magnifiques paysages désertiques de l’Islande qui créent une sensation de solitude et de vide. Darren Aronofsky a donc réalisé un blockbuster destiné au grand public qui est très noir, assez violent tout de même et qui montre une vision très sombre de la Bible. De plus la superbe bande originale de Clint Mansell avec des sons dignes des Batman et d’Inception de Christopher Nolan viennent augmenter la gravité et le ton très sérieux du film. Ensuite le film, en plus d’être très divertissant dans sa première partie, l’est d’autant plus dans sa deuxième partie que j’ai dit plus encrée dans le drame famillial où la psychologies des personnages évolue fortement, surtout celle de Noé, ce qui donne des moments de tension entre eux, je pense à la volonté de Noé de tuer l’enfant d’Ila pour ne pas détruire tout son travail pour que le nouveau commencement se fasse sans l’homme car c’est selon lui la cause de la destruction du monde et de la volonté du Créateur de détruire ce monde. Noé est donc un film de divertissement mais très complexe de part ses réflexions religieuses, écologiques aussi avec la protection des animaux, mais aussi grâce aux psychologies humaines du film, l’un des points les plus intéressants du film, brillamment mise en scène par les acteurs. Russell Crowe qui joue Noé, l’acteur va devenir un habitué des rôles de guerriers dans des films type péplum ou de temps reculé comme dans Gladiator ou Robin des Bois mais c’est pas grave puisque l’acteur y est excellent a chaque fois et qu’il s’implique dans ses rôles comme jamais ! Crowe livre un Noé bien loin des représentations que l’on a avec la toge blanche bien propre, ici Noé est un homme puissant, musclé, crâne rasé avec une barbe imposante, qui combat à l’arme blanche et qui est prêt à tout pour protéger les siens. Mais c’est la pychologie qui emporte le pas ensuite puisque le personnage de Crowe va finir par être aveuglé par sa croyance en le Créateur jusqu’à en oublier ceux qu’il aime et vouloir commettre un acte violent sur des enfants. Le personnage de Noé est ici un homme qui prône la survie du monde par la destruction de monde finalement, il suit les « consignes » du Créateur, ne laisse aucun homme pénétrer dans l’arche pour que les animaux soient seuls et que le nouveau monde se fasse sans l’homme qui l’a détruit par la violence. Et de l’autre côté nous avons la vision opposée de celle de Noé, c’est le méchant, Tubal-Caïn, interprété par un génial Ray Winstone qui lui veut que l’espèce humaine survive au Déluge et veut donc s’emparer de l’arche, on peut voir en lui un certain humanisme en fait mais interprété par un homme de pouvoir, de guerre et assez autoritaire. Ensuite le casting du film est porté par la superbe Jennifer Connelly, par Emma Watson qui prouve qu’elle peut jouer autre chose que le personnage d’Hermione Granger de la saga Harry Potter et se révèle être une excellente actrice, après il y a le très bon Douglas Booth, Logan Lerman qui a un rôle essentiel à l’intrigue et enfin le vétéran Anthony Hopkins qui a prit part à l’aventure de Noé dans le rôle de Mathusalem, l’arrière grand-père du personnage. Pour conclure sur le film, je l’ai trouvé excellent, j’ai été prit aux tripes jusqu’au bout grâce aux excellents acteurs, au scénario même s’il y a plus complexe c’est vrai, aux formidables effets spéciaux, à la musique géniale et grâce à la réalisation d’Aranosfky qui a apporté du rythme à l’histoire biblique de Noé. Un film qui était très attendus par beaucoup de monde, par moi-même et qui ne m’a pas déçus. Maintenant il ne reste plus qu’à discuter sur les différentes réflexions et questions que pose le film à propos de la religion : Est-ce un film créationniste ? Fait par des créationnistes ? Dieu existe-t-il réellement ? L’arche de Noé a-t-elle existée comme le personnage ? Bref autant de questions fascinantes se posent après le visionnage de ce blockbuster plus intelligent que la moyenne.