A l’heure ou l’industrie du cinéma ne respire plus que par franchise, remakes et adaptations, toute création originale est bonne à prendre, quand bien même elle tiendrait en apparence du plus vil merchandising qui soit, “Tomorrowland� étant la zone rétro-futuriste des parcs Disney plus connue en Europe sous le nom de Discovery land. Sauf que malgré cette base peu engageante, ’on peut faire confiance à Brad Bird, ex Wonderboy des studios Pixar, pour ne pas se contenter d’appliquer une formule sans âme. “A la poursuite de demain� cantonne donc sa relation incestueuse avec les studios Disney à la représentation visuelle de cet univers futuriste utopique et à un petit clin d’oeil à l’attraction “It’s a small world�. Pour le reste, on s’inclinera devant le remarquable travail de synthèse orchestré par Bird et Damon Lindelof (scénariste de “Lost�) qui reprennent à leur compte les éternels thèmes de la science-fiction (univers parallèles, cyborgs, paradoxes temporels, uchronie, etc...) pour en livrer une version adaptée à la compréhension d’un public d’enfants et ce, sans qu’on puisse leur reprocher d’avoir abdiqué toute intelligence scénaristique ou de tenir le public adulte à l’écart de sa démonstration. Etant donné que le récit joue sur la croyance largement répandue que “Le futur, c’était mieux avant�, l’optimisme inhérent à toutes les productions Disney (au fond, ce spécimen ne fait que trouver un nouveau moyen d’asséner qu’il faut croire à ses rêves!) fait intrinsèquement partie de la logique du film, qui table sur l’existence d’une dimension parallèle où la curiosité scientifique et l’enthousiasme pour le progrès n’auraient pas disparu. Si le projet séduit sur le fond, “A la poursuite de demain� n’est pourtant pas une réussite totale : autant la mise en place des contingences du scénario suscite l’enthousiasme, autant le film livre une poignée de trouvailles formidables (“l’illusion� du monde futur lorsqu’on active le pin’s, toute la séquence qui se déroule sur la Tour Eiffel,...), autant on reste un peu sur sa faim face à d’autres éléments : sous-exploitant ses acteurs (notamment Hugh Laurie, ce qui est fort regrettable), univers qui présentait un intérêt majeur et n’est finalement que peu exploré, sans compter le film marque le pas dans son dernier tiers, celui de la résolution des enjeux de départ, qui laisse l’impression que les auteurs se sont désintéressé du contenu pour passer à la prévisible chorégraphie d’action light afin d’empêcher in extremis l’apocalypse d’advenir. Pour ma part, je crois surtout que “A la poursuite de demain� fait partie de ces films dont les développements narratifs ne peuvent que décevoir tant il leur est difficile de se hisser à niveau des attentes que leur potentiel avait fait naître. On ne se montrera cependant pas trop sévère : même si, pour avoir visé un peu trop haut, “A la poursuite de demain� ne tient pas toutes ses promesses, il n’en reste pas moins que sa nature même de création originale lui confère un capital-sympathie et une capacité à susciter l’émerveillement auxquels ne peuvent (plus) prétendre les franchises et les univers étendus dupliqués à l’infini.