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Un visiteur
1,5
Publiée le 20 janvier 2014
C'est simple, il ne se passe rien. Le film commence là ou il se termine. C'est vraiment plat. Chaque ouverture possible de scénario (le fils, l'audition à Chicago, la grossesse de l'amie) est totalement inexploitée. On nous donne des informations pour que finalement le héros n'en fasse rien et nous, on s'ennuie à mourir. Il n'y a aucun sursaut, aucune vision, aucun bol d'air à part les jolis moments de musique qui heureusement étaient là pour me réveiller.
Bien sûr, la musique est super... Mais oui, c'est un poignant témoignage sur l'art de tout rater... On sourit même parfois, malgré le côté "glauque" de l'ambiance ! Certes tout le monde n'est pas Bob Dylan... Bien filmé, comme toujours avec les Coen brothers, mais puisque l'on parle de "Brother", c'était quand même bien meilleur. Petit coup de chapeau aux "singers" qui ne sont pas tous pros (merci Justin) mais qui donnent beaucoup d'eux mêmes... on regrette vraiment leurs échecs répétés.
Un peu de mal à comprendre l'apparent délire d'enthousiasme des critiques professionnels, même si je n'ai pas regretté mes 3 € (merci Telerama !)
Inside Llewyn Davis est le titre d'un disque enregistré par un chanteur folk qui tente de percer dans le New York du tout début des années 1960. Seulement l'essentiel des copies moisit dans des cartons poussiéreux stockés dans le bureau de son imprésario... La vie n'est pas drôle pour cet artiste certes talentueux -mais l'est-il suffisamment ?- perdu dans l'hiver new-yorkais, avec quelques minces bagages et quelques rares soutiens, des amis qui l'hébergent sur de vieux canapés et une sœur qui tente en vain de le raisonner. C'est peu dire que Llewyn Davis est à la dérive; derrière la vie de bohème autour des clubs et des cafés pointe la misère, derrière l'humour et l'ironie cinglante se dessine le désespoir. Ayant hérité d'un chat roux suite à une série d'improbables péripéties et fuyant peut-être une femme très en colère, Llewyn part à Chicago, pour ce qui apparaît comme l’audition de la dernière chance.
On retrouve dans ce film dont la construction semble se perdre autant que son héros, tout l'humour et toute la poésie des frères Coen, avec des personnages toujours incroyables tout en paraissant si familiers. Et on y découvre également toute la noirceur en filigrane, celle dont se teinte souvent l'existence.
Llewyn Davis est terriblement touchant et éminemment agaçant aussi. La vie ne l'épargne pas tout comme lui-même ne transige avec personne. Loser magnifique, pathétique: victime et salopard. Où le mène son chemin dans la neige, alors qu'il choisit de tourner le dos à un possible amour, à une possible famille ? Son salut finalement n'aurait pu venir que de ce qu'il a tragiquement et irrémédiablement perdu, un autre lui-même.
Il y a tellement de matière à dire sur Inside Llewyn Davis qu’on pourrait parler de chaque détail. La poésie est encore au rendez-vous et certaines scènes sont juste fabuleuses mais on reste un peu sur notre faim avec un film qui ne sait sur quel pied marcher. Le road-trip est incomplet et l’hommage sur le blues-folk a déjà été mieux réussi par les frères Coen dans O’Brother. C’est vraiment dommage car le portrait du loser aurait pu être remarquable si le contexte l’entourant avait été mieux manié. Il y avait de l’idée, mais les frères Coen passent vraiment à côté du film parfait en choisissant de filmer la vie d’un perdant à la manière d’une success-story.
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L’étalage du nihilisme à son apogée. Les frères Cohen proposent une histoire banale, sans prétention, sans artifices. Un contre-pied marginal dans un système cinématographique américain qui fait étalage de son romantisme sans odeur, de ses personnages sans identités ou encore d’actions gratuites sans saveurs. Le film lui-même est une œuvre d’une très grande ingéniosité : le but du film ; sa réalisation, son scénario, sa mise en scène, etc… sont en parfaite concordance avec son sujet. En effet, le film aborde la situation des chanteurs de folk des années soixante. « De jeunes gens qui préfèrent l'ombre à la lumière, l'authenticité à la séduction, le retour aux sources ethniques et rurales au compromis commercial ou moderniste. » (Le monde). Tout comme la nature du film elle-même. Les frères Cohen rejettent radicalement le divertissement bas de gamme, au dépit d’une histoire qui peut sembler sans grand intérêt, au risque même d’ennuyer le spectateur. Si aller à l’encontre du courant semble défavorisant, les outils qu’ils utilisent pour ramer sont d’une grande efficacité et leurs permettent encore une fois, de s’en sortir avec brio.
On peux croire parfois qu'il va se passer quelque chose, que le talent de cet artiste va mener à quelque chose. Mais n'y croyant pas lui-même, on subit son ennuie, tout du long. C'est beau, c'est bien interprété, c'est mélancolique, certes, mais ça ne suffit pas, on s'ennuie ferme et on attend la fin, l'abandon inéluctable.
Le dernier opus en date des frères Coen est un nouveau témoignage de leur talent, pour ne pas dire "génie", proprement singulier et véritablement original, loin des clichés enfilés dans des films qui ne reposent que sur des "pitches"(?) squelettiques. Comment être drôle sans être cynique? Comment amuser le public sans mépriser ses personnages? A ces questions, le film relatant l'histoire de Llewyn Davis répond magnifiquement bien. Un looser qui a du talent mais qui arrive peut-être trop tôt dans l'histoire de la musique américaine, un homme qui ne fait que de mauvaises rencontres dans des lieux improbables, un homme qui rate tout, qui n'est pas foncièrement sympathique avec sa petite amie, qui est même incapable de garder le chat qu'on lui a confié: bref, un anti-héros attachant, drôle sans le vouloir. Si l'on ajoute une musique mélancolique et gaie, une construction qui réserve des surprises et une scène finale rétrospectivement prophétique, on n'est pas loin du chef d'œ scènes m'ont surtout paru intéressantes par l'attention minutieuse et respectueuse que les Coen attachent à des personnages grotesques dont il serait facile de se moquer: la secrétaire de l'impresario de Llewyn Davis, dont on peut dire qu'elle pâtit d'un physique ingrat, est traitée avec une empathie rare; les deux couples de professeurs d'université sont un modèle de caricature généreuse. Quand on réussit de telles silhouettes au cinéma, c'est qu'on est très fort...
Moins burlesque, moins second degré que leurs précédentes production, le dernier film des frères Coen est axé autour du personnage d'Oscar Isaac. Il réussissent à nous le rendre très attachant et l'histoire se suit avec un vrai plaisir.
Un biopic original sur la vie d'un looser malchanceux, bercé par une bof bien choisée. A conseiller particulièrement pour les amateurs de Folk musique (comme O'Brother des mêmes auteurs).
Qu'est ce qu'on se fait chier, mais qu'est ce que c'est bien pensé. Pour une fois qu'on voit un film sur ce thème qui ne reprend pas tous les clichés de l'artiste en galère, rien que ça, ça vaut 2 étoiles.
Ce nouveau cru des frères Coen est une fois de plus un bon cru. On suit avec plaisir les aventures de ce chanteur de folk qui excelle dans son rôle de loser magnifique.
Les frères Coen poursuivent leur alternance entre films "grand public" et films plus "personnels". A Serious Man avait succédé à Burn After Reading. Inside Llewyn Davis succède à True Grit. Dans ce nouvel opus, les Coen poursuivent par ailleurs leur exploration du monde de la lose, thème fétiche qu'ils traitent ici sur un ton assez différent. Rien à voir avec les variations philosophico-religieuses de A Serious Man ou avec la farce parodique de Burn After Reading. Moins burlesques, moins piquantes aussi peut-être, les mésaventures de Llewyn Davis sont traitées avec plus d'empathie, moins de cruauté. Ce qui rend le personnage central touchant. Touchant par sa déveine systématique et sa malheureuse radicalité artistique (comme en témoigne son choix de chanson lors de l'audition à Chicago). Mais pas aimable pour autant, avec son caractère orgueilleux, aigre ou méchamment cynique parfois. Au demeurant, comme souvent dans le cinéma des frères Coen, il n'y a guère de personnages sympathiques dans ce film (à part peut-être les chats...). Inside Llewyn Davis cultive une véritable amertume, assez rare sur la palette des cinéastes. La scène la plus amère étant celle qui fait se croiser brièvement Llewyn Davis et un autre chanteur dont la silhouette et la voix évoquent un certain Bob Dylan. L'ambiance générale, dont les caractéristiques cafardeuses et cotonneuses sont renforcées par les superbes lumières hivernales et/ou nocturnes du chef op' français Bruno Delbonnel, serait d'ailleurs totalement déprimante s'il n'y avait, comme toujours, mais plus en sourdine que d'habitude, cette ironie et ces touches absurdes assez jubilatoires. Finement structuré en boucle, le scénario charge méticuleusement de mille et un petits échecs la galère errante du personnage principal, lui qui n'arrive même pas à se reconvertir dans la marine marchande... Il lui manque probablement une ou deux idées ou scènes fortes pour atteindre une autre dimension, mais la qualité est là, indéniablement. Qualité d'écriture (dont le fameux dialogue avec John Goodman dans la voiture), qualité de réalisation (très maîtrisée, très classe), qualité d'interprétation (Oscar Isaac, révélation du film) et enfin qualité musicale, via une jolie BO.
Un film sur un morceau de vie d’un chanteur de folk, dont on suit le triste parcours. Il se construit autour du mythe de l’éternel retour- ou de ce qui se passe dans une journée quand on court derrière un chat fourbe. C’est un film voluptueusement dépressif sur l’impossibilité d’échapper à son destin, surtout quand on se le crée soi-même. La spirale de l’échec est tellement aspirante qu’elle engloutit le héros et, malheureusement, le spectateur aussi.