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Un visiteur
4,5
Publiée le 14 novembre 2014
On attend toujours avec impatience le nouveau film des frères Coen. Dans quelle époque vont-ils nous promener ? Dans quel imbroglio ses héros vont-ils tenter des réussites improbables, éternels perdants d’une American Way of Life, et par quelles trouvailles vont-ils transformer leurs malheurs en une comédie jubilatoire qui n’oublie pas en route la satire féroce de leur environnement, qui est aussi le nôtre ? L’époque: 1961, un hiver rigoureux fait grelotter New York que ne parviennent pas à réchauffer les nouveaux accents des musiques folk. Sur la scène du Gazlight Café, un jeune chanteur, Llewin Davis, aussi difficile à se rappeler qu’à écrire, termine son tour de chant et, en sortant, se fait tabasser. Il faudra attendre la fin du film pour savoir pourquoi. Il se fait réveiller dans le salon luxueux des Gorfein, par leur chat roux. Ce félin nommé Ulysses va devenir un personnage important, la trouvaille du film : Llewyn le laisse échapper et n’aura de cesse de le retrouver. La porte s’étant refermée, il se retrouve, lui, grelottant dans la rue. Ce n’est là que le début de ses aventures, j’allais dire, de son « odyssée ». Dans sa quête du succès, ou tout simplement du gîte et du couvert, il va retrouver le duo folk de Jean, sa partenaire de toujours, et de Jim. Les mauvaises langues disent que leur succès vient de ceux qui espèrent se taper Jean, et des autres qui visent plutôt Jim. Au cours d'une incursion chez son père impotent, chez sa sœur, dans les studios qui ne savent où stocker les invendus de son album « Inside Llewin», le temps d'un rendez-vous aléatoire avec un gros bonnet du show business, le grand Bud Grosseman, qui vit à Chicago ; il sera accompagné par un volumineux jazzman drogué (Roland Turner). Il retrouveront un chat, presque le vrai, avant de retrouver le vrai, (ce qui fait un de trop), se feront embarquer par un flic apparemment insensible aux tonalités « du train triste qui siffle dans la nuit » . Et ce sera le retour à la case départ, avant de repartir « voguer » vers d’autres cieux. Nous aurons eu la chance de retrouver des mélodies et des arrangements d’époque qui n’ont pas pris une ride, et surtout aurons goûté au charme des frères Coen, de leur humour et de leur talent : savoir faire rire les uns aux mésaventures des autres, sans jamais que ce rire ne soit dépourvu d'empathie. Nous trouverons même l’explication du mystérieux agresseur de la première scène.
L'HOMME QUI N'ETAIT PAS LA. Chez les Coen je demande le cousin de Serious Man: bonne pioche. Par contre si tu recherches Fargo ou No country for a old men: c'est loupé. Trop propre, trop lisse sans leur humour corrosif, les freros de la Coen se répète. Peut être es ce un film autobiographique sur le peur de se perdre ou de se separer....
C'est un bon film dans son ensemble. Le casting est très intéressant. L'histoire et la réalisation sont assurées. Petit reproche, un chouia trop long pour moi car le film perd en intensité par moment.
Un film fabuleux, mélancolique, touchant et souvent drôle. Les frères Cohen nous avaient habitué à des tours de manche éreintants, à une direction d'acteurs outrancière et à une prétention insupportable. Mais là, oh surprise ! Vient l'heure du dépouillement et de l'humilité. A l'image de la fabuleuse folk music qui émaille le film, celui-ci est simple et dépouillé. L'histoire de ce loser génial est bouleversante et on le suit avec émotion, on est suspendu au moindre accord qu'il joue et au moindre échec auquel il se heurte. On est véritablement emporté dans les 60's et on gratte avec bonheur le vernis du classique loser de cinéma pour y découvrir un être perdu et brisé. La mise en scène est également très fine et toujours discrète, à la fois classique et classieuse. Oscar Isaac est génial de simplicité et de profondeur et les seconds rôles sont tous épatants (Carey Mulligan en tête). La bande originale pour finir est un vrai bonheur avec une jolie surprise en forme de cerise sur le gâteau. Une vraie réussite !!!
Les frères Coen nous dresse avec talent le portrait d un looser magnifique et on se fait une réflexion sur le succès, à quoi il tient? Llewyn Davis est un chanteur folk qui galère dormant chez qui veut bien l accueillir, persuadé qu il est un artiste professionnel mais ne se faisant plus guère d illusion sur le fait qu il puisse vivre de sa musique, d ailleurs est ce que la musique qui a du succès aurait grâce à ses yeux rien n est moins sur. Naviguant d un soucis à un emmerdement l acteur principal Oscar Isaac est génial dans ce rôle en jouant la spontanéité, l abattement, une forme de dignité artistique comme une grande fatigue. Est ce voulu ou non j ai souvent pensé à Charlot en observant ce personnage vivant dans le dénûment mais sans s apitoyer. D un point de vue esthétique ce film est une merveille, avec ces tons délavés et ses ambiances brumeuses on a un sentiment de nostalgie et de rêve. On rit, on est touché, sans superflus, ça fait du bien.
J’avoue sans aucune honte que les frères Coen ne sont pas ma tasse thé. Ca reste un événement quand un film sort, mais je ne suis pas aussi impatient. « Sang pour sang » m’avait impressionné et j’avais apprécié l’ambiance de « True Grit » et le déjanté« Burn after reading ». Pour le reste, j’ai toujours été mitigé ; il faudrait que je revoie « Fargo » par exemple ! « Inside Llewyn Davis » a cette originalité qu’il décrit le parcours d’un looser et ça fait plaisir ! J’en assez des films qui narrent les mésaventures d’artistes pour les voir enfin reconnus ployants sous une pluie d’applaudissements, les larmes aux yeux. Aussi étrange que cela puisse paraître, ça fait du bien de suivre la chronique d’un échec annoncé d’un artiste. Combien sont-ils sur les bancs à s’employer pour vivre de leur art ? Combien d’élus comparés à ceux qui postulent, qui galèrent ? C’est le cas de Llewyn Davis et pourtant j’aime sa musique, le folk. Toute la bande son est sympathique et son trio avec Timberlake et Driver est savoureux. Mais les textes qu’il interprète sont à l’image de l’hiver glacial sur New York : froid, distant et surtout quand il chante, il passe peu d’émotion. J’ai ressenti la même impression que Bud Grossmann (F Murray Abraham) pendant son audition : Llewyn a du potentiel, mais il n’a pas l’âme d’un leader. Quand il chante, Llewyn donne l’impression de s’ennuyer. Comment peut-il réussir ? En effet, il faut qu’il reste en retrait. En a t-il l’humilité ? Les frères Coen font partie des ses metteurs en scène qui sont aussi de grands et indéniables directeurs d’acteurs et Oscar Isaac a nécessairement pris de la valeur ajoutée, même s’il n’a pas été « maltraité » par les frères Coen ; ici, pas de grain de folie. Pourtant l’interprétation d’Oscar Isaac n’est pas dénuée de nuances dans ses silences, dans ses regards. Enfin, faut-il voir dans le nom du chat Ulysse une référence à l’oeuvre de Homère et son Odyssée, celle de Llewyn ? Le chat revient seul dans l’appartement et Llewyn se résigne à revenir dans la Marine Marchande après une Odyssée des plus galères !
Ce qui est extraordinaire chez les frères Coen c'est qu'ils ont un style qui va de l'ironie mordante à la mélancolie la plus émouvante et qu'ils en jouent différemment selon leurs films ce qui fait que tous se ressemblent et tous sont totalement originaux. Là, le dosage était à 90% mélancolique, mais l'art et le plaisir toujours au maximum.
Probablement le parcours chaotique que les artistes subissent avant de décrocher l'audition de leur vie. Certains y parviennent, d'autres sombrent dans l'alcool ou le suicide. J'ai beaucoup apprécié ce film notamment la scène où l'acteur principal se fait un NYC-Chicago-NYC en l'espace de deux jours. Côté sonore, à écouter impérativement en Dolby Digital 5.1, c'est parfait.
J'aime le cinéma des frères Cohen mais je ne garderai pas en mémoire ce film comme étant l'un de mes préférés. A l'image de la musique folk qu'il joue, le héros est désabusé et presque résigné. Il s'accroche encore encore à quelques rêves mais on le sent en bout de course. Ne sachant pas où il va, on se retrouve à le suivre sans savoir nous mêmes à quoi cela va le mener. Les situations de ratage s'enchaînent tout comme les rencontres déplaisantes. On se demande si le plus grand talent de Llewyn Davis ne serait pas de se retrouver constamment sur des voies sans issue. Si l'on ajoute à cela des scènes se déroulant principalement en intérieur ou de nuit, le manque de lumière accentuant encore l'ambiance morose qui se dégage de cette histoire, ce film aura été trop maussade à mon goût.
Loin d être le meilleur film des frères Coen mais une tranche de vie comme ils savent les raconter avec une pointé d humour a voir pour la performance de oscar isaac
"Inside Llewynn Davis" c'est l'histoire d'un folkeux maudit, ou raté c'est selon, - comme bon nombre d'artistes de ce monde - dont les frères Coen nous narrent le parcours depuis ses débuts solo, contraints, et sa situation de SDF au carnet d'adresse plutôt rempli. Et cet home-trip ne sera pas une sinécure. La révélation du film c'est son acteur principal : Oscar Isaac, extrêmement touchant, très juste, et bon chanteur... ce qui n'est pas un mal tant sa folk est omniprésente, évidemment, durant tout le film. La réalisation des frères Coen est toujours aussi brillante mais il manque la folie à laquelle on est habitués, malgré quelques saillies et situations cocasses vraiment drôles... Elles sont plus rares, le sujet s'y prêtant peut-être un peu moins. La fin est quasi inexistante... Un Coen's mélancolique, qui m'a un peu déçu.
Une comédie dépressive jouissive. Recette des frère cohen, qui réalisent là un fort bel opus. Des lenteurs ici et là, des temps de relâche, mais certaines scènes arrivent comme des récompenses qui nous tiennent jusqu'à la fin.
Ce film n'est peut être pas le meilleur des Frères Cohen. Mais dans Llewyn Davis on retrouve un peu du Dude je trouve, un personnage un peu atypique en marge de la société, un peu je m'en-foutiste et sans gêne. Le scénario ne nous emmène effectivement pas dans un rythme effréné mais c'est ce qui pour moi nous laisse mieux percevoir l'univers du personnage et comprendre la manière dont il gère sa vie d'artiste incompris. Les rôles sont bien écrits et très bien interprétés. La bande son est un plaisir pour les oreilles du début à la fin. En bref il ne faut pas voir ce film en s'attendant à une intrigue interminable ou des rebondissements à répétition. Mais personnellement je me suis laisser entraîner dans cette ballade très agréable et qui confirme le talent des Cohen.
C'est peut-être à ça que l’on reconnait un réalisateur qui a du talent : à sa capacité de savoir nous captiver en seulement quelques secondes et nous hypnotiser pendant plusieurs minutes. En la matière, la scène d’ouverture de Inside Llewyn Davis est un exemple remarquable... Lire la suite sur Vivons curieux !