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Un visiteur
3,0
Publiée le 4 juillet 2015
Face à face historique entre le Gouverneur Allemand de Paris et le consul de Suède = face à face entre Niels Arestrup et André Dussolier. On vit avec intensité les dernières heures qui précèdent la libération de Paris. C’est un huit-clos, pas d’action de guerre, mais le résultat est super captivant !
Le réalisateur du « Tambour » (1979) adapte une pièce te théâtre de Cyril Gély reprenant dans les deux rôles principaux André Dussolier et Niels Arestrup qui avaient participé aux côtés du metteur en scène Stéphan Meldegg à l’aventure théâtrale entamée en 2011. C’est autour de la controversée destruction de Paris supposée programmée par Hitler que Gély a construit sa pièce, ramassant sur une seule nuit les négociations qui ont eu lieu entre un consul suédois Raoul Nordling (André Dussolier) et le général Dietrich von Choltitz pour surseoir à un ordre de destruction massif de toues monuments historiques et habitants. La vérité n’a jamais été établie sur l’ampleur des moyens de destruction entre les mains du général et sur la réalité effective de l’ordre venu d’Hitler lui-même. Le scénario écrit par Schlöndorff et Gély choisit bien sûr l’option la plus dramatique pour nourrir un suspense déjà limité par la réalité historique. Ce huis clos rappelle en nettement moins virtuose la joute oratoire que s’étaient livrés Claude Rich et Claude Brasseur dans « Le souper » d’Edouard Molinaro en 1993 où les deux acteurs dans les rôles de Talleyrand et de Fouché reprenaient eux aussi leurs tenues de scène. Si les deux acteurs sont excellents notamment Niels Arestrup qui joue à merveille l’ambiguïté de ce général pris dans la tenaille de ses douloureuses contradictions, le scénario a du mal à trouver sa crédibilité utilisant des ressorts dramatiques de circonstances trop visibles comme le malaise final de von Choltitz qui va finir d’emporter la décision. En dehors de la confrontation de deux monstres des planches et de l’écran qui semble être la justification de ce film on peut être déçu par cette réalisation de Volker Schlöndorff qui nous avait habitué à plus de maîtrise dans ses adaptations littéraires.
Un remake de "Paris brûle-t-il?" intéressant pour le rappel des faits historiques, mais qui n'apporte rien, et peu crédible dans son déroulement qui semble plus taillé sur mesures pour un Dusollier dans son rôle habituel de pleurnichard collant que dans un quelconque souci de vérité des négociations.
Dans le contexte de la libération de Paris en 1944, "Diplomatie" met en scène le bras de fer opposant le gouverneur de Paris Dietrich von Choltitz et le diplomate suédois Raoul Nordling sur la question épineuse de la destruction de la Ville Lumière. Les deux personnages sont magnifiquement incarnés par Niels Arestrup et André Dussollier. Ces derniers sont parfaitement rôdés puisqu'il jouaient déjà ces rôles dans la pièce de théâtre éponyme. Cette confrontation entre les deux protagoniste est source de dialogues croustillant menant à plusieurs réflexions comme la nécessité de préserver le patrimoine culturel ou encore, plus classique, celle de l'obéissance aveugle d'un militaire à son supérieur. Evidemment, tournant toujours autour du même sujet, le propos devient parfois redondantet l'échange verbal perd de son rythme. Si "Diplomatie" n'a pas un grand intérêt historique, le film n'en reste pas moins plaisant et de bonne facture.
Un huis clos théâtral très réussi, porté par deux acteurs dont l'excellence n'est plus à démontrer. On a affaire pendant 1h30 à un cours magistral, et un duel psychologique (dimension essentielle du film) entre deux visions du monde qui s'affrontent. Le film pose la question : peut-on obéir à n'importe quel ordre, surtout quand celui-ci a quelque chose d'irréversible et d'inutile ?
A mon sens, Diplomatie vaut le coup pour l'incroyable prestation habitée de Niels Arestrup. Fantastique acteur décidément. André Dussolier est moins à la fête parce qu'on le connaît tellement par coeur (jusque dans ses moindres intonations et mimiques) qu'il a du mal à faire oublier l'acteur derrière le personnage. Je crois par ailleurs fermement qu'un tel huis-clos sur une scène de théâtre doit être magique parce qu'il suscite l'imagination du public pour deviner ce qui se joue de nuit puis au petit matin derrière les rideaux de ce lieu plein d'une histoire encore vivace. Les anecdotes sur le voyeurisme de Napoléon III doivent également prendre une saveur toute particulière pour ce public en embuscade dans l'obscurité de la salle. Le film n'est pas mauvais mais il est assez plat côté mise en scène et pas extraordinaire côté dialogues. Il n'apporte rien de décisif si ce n'est encore une fois ce plaisir à venir détailler par des gros plans chaque expression, chaque regard de ce merveilleux acteur qu'est Niels Arestrup. Ca évidement, le théâtre ne le peut pas.
J'ai trouvé ça très bien. Un quasi huis clos où la tension règne jusqu'au dernier instant en craignant (même si on connaît la fin forcément) que l'impossible se produise tout de même. 2 beaux acteurs parfaitement dans leur rôle.
Basée sur des faits réels ce film est l’adaptation d’une pièce qui extrapole les conversations qu’auraient eu le diplomate suédois Raoul Nordling et le général-gouverneur nazi Friedrich von Choltiz alors même que les alliés sont sur le point de reprendre Paris dans leur cheminement vers l’Allemagne. C’est un huis-clos et comme tous les films de ce genre la force de l’intrigue, la qualité des dialogues et de l’interprétation sont nécessaires pour que le spectateur ne soit rapidement gagné par l’ennuie qu’une action unique dans un décors unique peut provoquer. Ici toutes ces qualités nécessaires sont présentes et nous permettent de passer une heure vingt-quatre de pur bonheur en compagnie de ces deux acteurs qui maîtrisent complètement leur sujet. On ne décroche pas un instant de ce face-à-face entre ces deux hommes et le suspens, pourtant inexistant puiqu’on sait que Paris n’a pas brûlé, reste pourtant présent tout au long de cette passe d’arme et l’on attend avec impatience de voir quel est ou quels sont les arguments qui vont faire que le général va finir par décider de ne pas obéir aux ordres d’Hitler. Un film tout en dialogue et en jeu d’acteur qui fascine autant qu’il passionne, à ne surtout pas manquer.
N'aimant pas la pièce de théâtre , je ne peux aimer le film puisque le film se résume essentiellement en une pièce filmée .Comment croire que les jeux diplomatiques se résument en une discussion de salon (qui n'a d'ailleurs jamais eu lieu )et que cet affrontement binaire a permis de sauver Paris ? On ne comprend pas d'ailleurs le changement subit de position de Von Cholitz au cours de la discussion passant sans raison apparente d'un refus obstiné de l' officier pour qui l'obéissance est un dogme à une attitude compassionnelle dans la deuxième partie de la discussion .Pour ceux que cette vision ultra simplifiée de l'histoire ne dérange pas et qui aiment le théâtre, il reste le plaisir d'admirer le jeu des acteurs (Niels Astrup étant cependant plus impressionnant qu'André Dussolier au jeu assez classique)
J'ai bien aimé ce film qui se voit comme un huis clos entre deux acteurs, André Dussollier et Niels Arestrup. Le jeu des acteurs est remarquable et nous romance une tragédie qui bien sûr ne peut que nous toucher, la destruction de Paris lors de la retraite des allemands en 44. Ici, pas d'action. Tout est dans la psychologie des personnages où l'intensité dramaturgique va crescendo. On appréhende ici tout l'art de la diplomatie.
Un film historique qui assume son côté fiction en imaginant la rencontre et la confrontation d'arguments entre 2 protagonistes dont les actes ont pu changer le cours de l'histoire. Comme beaucoup d'adaptations de pièces de théâtre au cinéma, il s'agit donc d'un huis clos. Comme attendu, la rencontre est intense même si on n'est pas au niveau de l'excellent « Garde à vue » de Claude Miller qui est pour moi la référence en la matière. Ici, le film est malheureusement trop court et m'a laissé un peu sur ma faim. Certes, la durée n'est jamais gage de qualité mais ici, je crois vraiment que la courte durée empêche l'ambiance de devenir véritablement oppressante et aussi intense qu'attendu. Peut être aussi que le budget a été un frein à l'étalement du concept vers des choses plus innovantes. Quoi qu'il en soit, les enjeux sont tellement forts qu'on ne peut qu'être un minimum intéressé voire captivé par cette confrontation entre les 2 personnages, le dilemme et ses arguments. Le rapport est en effet beaucoup plus complexe qu'on pourrait d'emblée le penser comme l'expose bien le scénario. Cette relation entre le général allemand et le consul de Suède était déjà bien traitée dans « Paris brûle-t-il ? ». Cependant, ici, c'est le centre du film. Un vrai film d'acteur qui permet au duo Niels Arestrup/ André Dussolier de signer de solide performance, le premier parvenant à donner une belle épaisseur et de l'humanité à son personnage et le second permettant une bonne identification avec le spectateur. Malgré ces enjeux d'une dramaturgie implacable, le film n'est pas inoubliable et l'ambiance pas aussi étouffante que prévue mais l'ensemble reste intéressant et plutôt prenant. A voir.
Adapté d'une pièce à succès le film est aussi une grande réussite grace aux jeux des deux principaux acteurs André Dussolier et Niels Arestup. On ne s' ennuie pas une seconde dans le récit romancé de la nuit du 24 août ou le destin de Paris c'est joué.
Fait historique que je ne connaissais pas en détail... Le sort de Paris entre les mains d'un allemand et un suédois, c'est assez fou comme contexte mais il s'agit au final principalement d'une fiction... dommage. Malgré l'intensité du film, cela donne une impression de se faire avoir. Certaines séquences sont en effet vraiment surréalistes, c'est assez déconcertant.
Vous vous attendez à voir un face-à-face Niels Arestrup-André Dussollier, seuls à l'écran pendant 85 minutes ? Eh bien vous ne serez qu'à moitié servis. Le principal problème de "Diplomatie" réside dans le fait que la dramaturgie est parasitée par des scènes annexes sans grand intérêt, à l'image du début peu intéressant. Lorsque la confrontation entre le persuasif Raoul Nordling et le pragmatique général von Choltitz bat son plein, le film devient plus intense et s'avère assez prenant grâce à la solidité des dialogues et au talent des acteurs. Malheureusement, leur joute verbale n'est pas assez étoffée et la chute est trop brutale, nous donnant l'impression d'une histoire au fort potentiel dramatique exploité de manière trop superficielle. Le résultat n'est donc pas désagréable mais gentiment anecdotique. Dommage !