Le cinéma bulgare a longtemps été le plus secret derrière le rideau de fer. Aujourd'hui, une nouvelle vague déferle avec des réalisateurs sans complexe bien décidés à rendre compte de la réalité post-communiste et néo-capitaliste, de Sofia aux rives de la Mer Noire. Après, Eastern Plays, Avé, Zift (sans doute le plus impressionnant de la liste mais malheureusement toujours inédit en France), au tour de Shelter, premier film de Dragomir Sholev, d'apparaître sur nos écrans (plus précisément sur un seul pour l'ensemble du territoire français. Soupir !) après avoir fait un tour du monde des festivals. Son thème est dans l'air du temps bulgare : le conflit des générations traité sur le mode de la comédie noire et grinçante. Entre des adultes vieux jeu et des adolescents destroy, c'est un euphémisme de constater que le courant ne passe pas. Tourné avec des moyens limités, Shelter est une radiographie convaincante et réaliste de la Bulgarie avec un ton décapant qui décoiffe. A l'iroquoise.